Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°27 de aoû/sep/oct 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'instant présent, secret de la joie au quotidien.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Suis-je libre de penser ce que je veux ? L’Homme a-t-il le choix de posséder « l’activité cervicale » (Spinoza) qu’il désire ? Autrement dit, sommesnous maîtres de nos pensées et désirs ? Philosopher, c’est « penser par soimême ». La Sagesse est d’abord une attitude, un effort et une exigence  : « se servir de sa propre raison et parler en son propre nom ». Or, fait remarquer Kant, c’est exactement ce qui définit son époque  : « Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières ». Ose savoir, cherche à comprendre et à juger par toimême. D’où il suit que sa devise est aussi l’injonction delphique  : « Connais-toi toi-même ». En effet, ce que le philosophe cherche à comprendre n’est pas de l’ordre du savoir. Il sonde les fondements du savoir. Il est en quête de soi et des principes qui déterminent sa raison, sa volonté, son être. Il s’exerce à la pensée critique 16 74 Philosophie pratique Libres de penser ? LIBERTÉ DE PENSER Notre droit fondamental ! La liberté de penser n’est pas seulement le droit reconnu d’avoir des opinions et de les exprimer. Il s’agit d’un exercice de la rationalité autrement exigeant, mobilisant la totalité de l’être qui s’y engage. Il présuppose notre capacité à transformer notre environnement, le réfléchir, participer à la vie collective et avoir prise sur le monde. N’est-ce pas le propre de la philosophie que de nous y aider ? Penser par soi-même « Penser c’est appliquer l’activité de son esprit aux éléments fournis par nos connaissances » (Petit Robert). Par cette définition chacun semble en mesure de penser par soi-même et à sa guise. La liberté elle, admet des définitions diverses. Il faut tout de même savoir qu’en règle générale, la liberté exprime une situation d’une personne qui n’est point sous la dépendance absolue de quelqu’un (Encyclopaedia Universalis). La volonté est le désir d’accomplir ou de penser un objet ; mais avons-nous déjà en nous-même cette liberté de la volonté ? Si le sujet est libre de penser, cette liberté de penser, pour certains philosophes, est transcendé par une instance supérieure. L’homme est t-il donc réellement en mesure de faire des choix selon ses désirs, sa nature même ? « Il n’y a que la liberté d’agir et de penser qui soit capable de produire de grandes choses. » (Jean le Rond D’Alembert) Selon la définition même au sens métaphysique ; la liberté est le principe selon lequel rien n’entrave la pensée à penser ce qu’elle veut. Cette définition moderne rejoint le principe de libre arbitre puisque l’homme peu, si on se fie à ce principe, s’autodéterminer sans contraintes extérieures. Nous sommes donc en mesure d’être libre de penser ce que nous voulons puisque la transcendance de l’âme stipule que nos pensées dominent donc tout le reste ; comment ne pouvons-nous pas être libres de penser ce que nous voulons ? Aux dires de Hegel, « la liberté est la plus haute destination de l’esprit humain » puisque l’homme est libre par essence ; mais notre liberté de penser n’est-elle pas elle-même dominée par une volonté supérieure ? Penser ce que l’on veut Il n’y a point de doutes que l’homme est le seul animal sur Terre qui se pose des questions sur son existence et qui naturellement en vient à espérer la liberté et qui plus est d’être libre de penser ce qu’il veut. Depuis Aristote il y a plusieurs milliers d’années jusqu’à aujourd’hui avec Rawls la question de la liberté de penser ce que l’on désire s’est posée et les réponses proposées divergent en fonction de la définition de la liberté, de la pensée, de la volonté ou même de l’Être. La liberté de penser semble donc acquise  : tout homme a la possibilité et la capacité de penser librement car c’est la seule liberté que l’on ne peut refuser a un homme même si ce dernier est emprisonné, qu’il ne peut parler et qu’il est torturé. La seule façon de le priver de cette liberté la plus fondamentale (c’est la base de la déclaration des Droits de l’Homme) est de le tuer. Ainsi donc, nous sommes libres de penser mais il nous est impossible d’être libres de notre volonté qui est déterminé soit par la nature (Kant) soit par la censure exercée par notre Surmoi (Freud). Si notre volonté est déterminée par une instance supérieure, notre liberté de penser ce que nous voulons s’en retrouve alors considérablement affaiblie. La volonté est dominée ; la pensée est déterminée. L’éclairage des philosophes C’est le propre des philosophes de réfléchir pour nous aider à tendre vers toujours plus de sagesse. Normal que la liberté de penser soit l’un de leurs thèmes préférés toutes époques confondues.
« Personne ne peut m’interdire de penser » Jean d’Ormesson La pensée des Lumières doit à Spinoza l’essentiel  : l’émancipation de la raison de toute espèce d’autorité extérieure. Au regard de certaines questions qui nous taraudent, des défis que nos sociétés doivent relever, les pages qu’il consacre dans « De la liberté de penser dans un Etat libre » aux rapports de la Religion et de l’Etat sont d’une actualité brûlante et peuvent être l’occasion d’approfondir le sens et l’approche que nous avons de la Liberté. « J’ai cru faire une bonne chose et de quelque utilité peut-être en montrant que la liberté de penser, non seulement peut se concilier avec le maintien de la paix et le salut de l’Etat, mais même qu’on ne pourrait la détruire sans détruire du même coup et la paix de l’Etat et la piété elle-même. » Descartes, pour sa part, caractérise l’expérience de la liberté comme pouvoir d’affirmer ou de nier, de prendre un parti ou un autre ; ce pouvoir, celui du libre-arbitre, il n’en conçoit pas de plus ample. « Pour affirmer ou nier, poursuivre ou fuir les « Je suis un ami de la liberté de penser, et aucune pensée n’est assez absurde pour que je n’aie pas le courage de la retenir. » (Soren Kierkegaard) choses que l’entendement nous propose, nous agissons en telle sorte que nous ne sentons point qu’aucune force extérieure nous contraigne ». Cette liberté s’éprouve lorsque nous jugeons. Il s’agit de la liberté de penser, de reconnaître et dénoncer la vérité ; de savoir choisir le meilleur parti. Philosophie pratique DE LA « PENSÉE UNIQUE » L’expression « pensée unique » est généralement utilisée dans le monde politico-médiatique européen pour accuser de conformisme les idées considérées comme majoritaires dans leurs pays respectifs et dans l’Europe communautaire, surtout depuis le dernier quart du XX e siècle. Elle vise à dénoncer  : pour les uns, ce qu’ils considèrent comme une domination idéologique qui promeut certains choix de société, présentés comme seuls légitimes, concernant l’économie, l’intégration européenne, la libéralisation des mœurs, l’immigration… ; pour les autres, ce qu’ils voient comme la permanence d’un esprit étatique, collectiviste, centralisateur et nationaliste promu comme seule voie respectable pour servir l’intérêt général et devant primer les libertés et responsabilités individuelles ainsi que l’ouverture sur le monde. En 1793, pressé par le sentiment d’une urgence politique, JohannGottlieb Fichte écrit et publie de façon anonyme un opuscule intitulé « Revendication de la liberté de penser », qui constitue un véritable plaidoyer en faveur de la liberté de penser et de communiquer, au nom des droits imprescriptibles de l’homme. Avec la liberté de conscience, c’est aussi le principe de la souveraineté du peuple qui se trouve soutenue, et Fichte prolonge avec éloquence cette apologie par une réflexion sur les conditions de l’émancipation de l’humanité. Son texte fait apparaître de manière très complète les enjeux philosophiques, politiques et historiques de sa pensée, dont le retentissement a été très durable tout au long du XIX e siècle. « La Liberté de penser » est également un article paru en 1866 dans la Revue des Deux Mondes sous la plume de Paul Janet (1823-1899), brillant élève de Victor Cousin, qui a enseigné la philosophie morale. La liberté de penser ou d’écrire, dit Janet, a Philosophie pratique 75 17



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