Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°27 de aoû/sep/oct 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'instant présent, secret de la joie au quotidien.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 60 - 61  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
60 61
PSYQUOTIDIEN Psy quotidien ambition dévorante par volonté de faire mieux que le père ou au contraire échecs répétés dans les entreprises pour, au contraire, épargner le père. De fait, la pratique clinique montre que toute réussite peut être rongée par un sentiment de transgression qui serait alors induite par cette culpabilité de faire mieux que son géniteur. Culpabilité et mélancolie Dans les années 1915-1917, Freud, dans son ouvrage « Deuil et mélancolie » montre que la psychose mélancolique s’articule autour d’un clivage inconscient chez le même sujet, à l’occasion d’un deuil. Celui-ci tient à la fois la position d’accusateur (qui s’en prend à l’objet d’amour disparu) et celui de l’accusé (qui retourne contre lui-même les reproches induits par cette disparition). L’instance psychique qui accuse le sujet, Freud l’appelle Surmoi. Il lui donne un rôle particulièrement important dans la vie psychique. Le Surmoi trouve son embryon dans le narcissisme primaire mais il prend sa forme accomplie au moment du complexe d’Œdipe. Il peut alors jouer un rôle stimulant pour le sujet, mais il risque également de « s’emballer » et de conduire celui-ci à retourner contre lui-même ses pulsions agressives. Ceci est particulièrement visible dans la névrose obsessionnelle et plus encore dans la mélancolie. « Ce n’est pas le mal, mais le bien, qui engendre la culpabilité. » (Jacques Lacan) En conclusion, il est clair qu’il est normal, c’est-à-dire humain, de culpabiliser. Là où le bât blesse, c’est si cette culpabilité devient constante et prédominante dans votre vie. Si tel est le cas, il est urgent de réapprendre à vivre et à sortir de cette culpabilité maladive par une psychanalyse notamment. N’oubliez jamais que la culpabilité est du côté de la mort, alors que l’épanouissement personnel est du côté de la vie. Ne laissez donc plus ce sentiment insupportable vous pourrir la vie ! I.N. 60 Philosophie pratique 42 FÉMININPSYCHO 62 FémininPsycho Culpabilité « Culpabilité » Culpabilité & altruisme On doit cette expérience, datant de 1978, à Katzev et Al. L’expérience se déroule dans un musée. Un premier expérimentateur déguisé en gardien s’approchait de certains visiteurs qui avaient touché les œuvres exposées et les réprimandait. Il faisait naître un sentiment de culpabilité en leur disant qu’ils abimaient des œuvres d’art précieuses. Avant la sortie des visiteurs, Un autre expérimentateur laissait tomber un sac rempli de stylo, de cartes et de pièces de monnaie. Les chercheurs observaient alors la réaction des Sujets. Les résultats sont les suivants  : Les individus qui s’étaient sentis coupables d’abimer les œuvres proposaient plus spontanément leur aide que les personnes n’ayant pas été réprimandées par le gardien. Ainsi, le sentiment de culpabilité avait incité les visiteurs à adopter des comportements altruistes. Culpabilité & finitude Pour Jacques Lacan, la culpabilité n’est pas forcément liée à l’Œdipe, mais au désir et à la place qu’occupe le sujet dans l’ordre du signifiant de son désir. Lacan désigne la source la plus profonde de la culpabilité lorsqu’il dit que le sujet se sent coupable toutes les fois où il en vient à « céder sur son désir ». Lacan met l’accent sur l’impossible plus que sur l’interdit, qui n’est qu’une défense contre l’impossible, car il est plus facile de se confronter à l’interdit que de reconnaître l’impossible. En fait la culpabilité a à voir avec l’impossible et non l’interdit (alors que le péché a à voir avec l’interdit en premier). Pour Lacan donc, la culpabilité est l’expression du manque, le « signifiant » de la finitude. Culpabilité & manipulation Certains, volontairement ou de façon plus instinctive ou inconsciente, sont des champions de la manipulation par la culpabilité. Ces personnes, ces manipulateurs, ont un véritable talent pour faire levier, de façon pathologique, sur notre culpabilité normale. Si la majorité d’entre nous est relativement préparée à réagir sereinement à ce type de manipulation (exemple  : « tu n’as pas fait ce que je t’avais demandé et cela me déçoit beaucoup »...), d’autres se retrouvent confrontés (sans bien comprendre ce qui leur arrive) à des sentiments de culpabilité qu’ils ne maîtrisent pas. Il faudra repérer la situation de manipulation, apprendre à y répondre, mais aussi se questionner un peu sur l’enracinement en nous de ces sentiments impertinents. Culpabilité au quotidien Selon Jérôme Vermeulen, psychologue, « Des questions doivent commencer à être posées si vous retrouvez très régulièrement la culpabilité comme façon d’être en contact avec autrui en général. Si vous rentrez tous les soirs du boulot en repensant à une dizaine de choses qui vous avez pu dire ou faire et à la peine que cela a pu créer chez autrui, quelque chose ne va pas ! Ce type de culpabilité pollue véritablement les relations avec les autres, par anticipation également  : peur de dire ce que l’on pense car cela va blesser, par exemple. Ici, un travail d’enquête et de remédiation s’impose. On ira voir du côté de l’enfance et de l’éducation ; souvent en effet, la culpabilité est utilisée comme moyen d’interaction principal, comme moyen de pression ou de punition ou de contrôle dans certaines familles dysfonctionnantes. » A LIRE « Le Sentiment de culpabilité  : 10 étapes pour s’en sortir » de Dougla H. Ruben, Ed. Dangles, 240 pages. « Culpabilité, paralysie du cœur » de Lytta Basset, Editions Labor et Fides, 105 pages.
PSYQUOTIDIEN Les méthodes pour s’alléger Et si, contre toute attente, il y avait une bonne raison à cette culpabilité qui nous empoisonne la vie ? C’est ce que découvre celui qui ose aller au bout de la culpabilité  : elle nous conforte dans l’illusion de notre toutepuissance. Se sentir coupable, c’est paradoxalement éprouver un sentiment de contrôle sur le monde et les autres ! Ainsi, ce n’est pas en luttant contre notre culpabilité que nous réussirons à l’éradiquer, puisqu’elle nous sert de protection. Elle disparaît d’elle-même au moment où nous acceptons notre angoissante absence de pouvoir sur autrui. Grâce à ce lâcher prise, nous devenons alors capables de dissocier exactement notre responsabilité de celle des autres dans nos relations. Et nous découvrons que nous ne sommes pas responsables de leur bien-être. Quelle liberté lorsque nous déposons enfin les fardeaux qui ne nous appartiennent pas ! Des erreurs naît la culpabilité Chaque être humain qui programme sa vie en ce monde commet obligatoirement des erreurs. Parfois, selon ce qu’il est, ses désirs, il quitte la ligne droite pour suivre des voies parallèles, mais au plus profond de lui, son âme l’incite à retourner sur le bon chemin. Parfois aussi, sur ces voies parallèles, l’âme incarnée commet des actes, a des pensées ou des comportements qui ne sont pas en harmonie avec ce qu’elle est en réalité ou avec ce que l’être profond est en réalité. L’être se laisse parfois déborder par son environnement, par ses désirs, par ses illusions et aussi par l’énergie très puissante de l’ego. Chemin faisant, les erreurs succèdent aux 44 FÉMININPSYCHO « Culpabilité » erreurs. Au départ, l’être qui chemine n’a pas forcément conscience d’être dans l’erreur, puis petit à petit, lorsqu’il se rend compte de la souffrance qu’il a générée pour lui-même et pour les autres, un sentiment de culpabilité très puissant, très profond naît en lui. Ce sentiment de profonde culpabilité s’étoffe chaque jour, et rien ni personne ne peut l’annihiler, tant que celui qui a généré ce comportement ne le supprime pas lui-même. Il est donc important de savoir repérer les manifestations de cette culpabilité, afin de pouvoir entretenir un rapport plus supportable avec elle. Un signal pour changer Pour qu’il puisse se comporter ainsi, il est nécessaire que des prises de conscience successives aient lieu. Celles-ci naissent parfois suite à des difficultés matérielles importantes, ou de réels soucis de santé. Ce sont en fait des signaux d’alarme qui préviennent la personnalité qu’elle doit changer de comportement et surtout EXPERT Philosophie pratique La culpabilité est un sentiment aussi répandu que pénible à vivre. Sain, lorsqu’il survient en réaction à une faute, il peut aussi devenir pathologique et envahir notre existence. Alors, comment s’en défaire pour s’alléger enfin ? retrouver sa véritable valeur. Personne ne perd sa véritable valeur, elle est tout simplement oubliée. Tout au long de la route qui vous mène vers le Père, beaucoup oublient non seulement ce qu’ils sont au plus profond d’eux-mêmes, mais aussi l’essentiel, c’est-à-dire l’Amour total qu’ils doivent avoir pour eux-mêmes. Nous en revenons à la culpabilité. Autrefois vous disiez  : « untel a soulagé sa conscience ». Essayez de réfléchir à la signification de l’expression « soulager sa conscience » ! Vous ne pouvez la soulager qu’en prenant conscience d’avoir suivi une mauvaise route et d’avoir commis des erreurs, et surtout en ne culpabilisant pas pour ces erreurs. Chaque être humain cheminant sur ce monde commet une multitude d’erreurs. Ce n’est pas grave en soi. Ce qui l’est, c’est de cristalliser sur ces erreurs, de les nourrir en permanence, car elles arrivent à vous gâcher la vie, à vous faire vous détester. JEAN-PIERRE WINTER, ancien élève de Lacan, psychanalyste et actuel président du Mouvement freudien. « S’accommoder de la culpabilité » « La culpabilité est un problème central pour la psychanalyse. Bien des gens qui viennent consulter se plaignent d’une culpabilité dont ils ne saisissent pas la raison. Cette culpabilité agit comme un aiguillon, à divers instants de notre quotidien. Au travail, avec nos enfants, nos parents, nos amis, dans notre vie amoureuse, dans notre attitude de citoyen aussi. Cet aiguillon peut avoir un rôle moteur, mais il peut également constituer un véritable frein, paralysant nos désirs et aspirations, et nous laissant ce goût amer de ne parfois vivre qu’à moitié, ou de ne pas être à la hauteur de nos propres ambitions. » Philosophie pratique 61 PHOTOS.COM D.R. FémininPsycho 63



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 1Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 2-3Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 4-5Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 6-7Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 8-9Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 10-11Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 12-13Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 14-15Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 16-17Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 18-19Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 20-21Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 22-23Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 24-25Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 26-27Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 28-29Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 30-31Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 32-33Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 34-35Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 36-37Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 38-39Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 40-41Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 42-43Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 44-45Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 46-47Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 48-49Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 50-51Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 52-53Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 54-55Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 56-57Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 58-59Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 60-61Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 62-63Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 64-65Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 66-67Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 68-69Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 70-71Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 72-73Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 74-75Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 76-77Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 78-79Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 80-81Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 82-83Philosophie pratique numéro 27 aoû/sep/oct 2016 Page 84