Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°27 de aoû/sep/oct 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'instant présent, secret de la joie au quotidien.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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EXPERT Idées - Pensées La culpabilité décryptée IDÉES Pensées Très fréquemment décrit par chacun de nous, le sentiment de culpabilité est complexe et recouvre de nombreuses réalités. Il se situe au cœur de nos relations avec les autres. Un décryptage s’impose. La culpabilité est le sentiment plus ou moins diffus de commettre une faute. Nécessaire à toute vie sociale mais parfois douloureux et contraignant, le sentiment de culpabilité est l’impression de ne pas être juste, d’avoir, en fantasme ou réellement, enfreint un tabou, de nourrir un désir défendu, d’avoir eu un comportement coupable face à telle personne ou telle situation. Il en naît une forte angoisse et une tendance à l’autoaccusation. JÉRÔME VERMEULEN, PSYCHOLOGUE Ceux qui n’éprouvent pas de culpabilité Il existe des profils de personnes ne ressentant que très peu voire aucune culpabilité. Je fais référence aux psychopathes principalement, mais également à certains pervers. Il s’agit en fait de personnes n’ayant, dans les cas extrêmes, aucune conscience d’autrui. Ils sont capables d’actes extrêmement graves (agressions, viols, tortures, meurtres) sans que cela ne leur cause le moindre cas de conscience. Parmi les principales caractéristiques de ces inquiétants psychopathes  : Ils ne ressentent pas de culpabilité et d’empathie. » 66 40 Philosophie pratique Très complexe, le sentiment de culpabilité est inhérent à notre humanité, bien qu’il se rencontre plus facilement dans certaines cultures (dont la judéo-chrétienne) que dans d’autres. Surtout, le sentiment de culpabilité se situe au cœur de notre organisation sociale, de nos rapports aux autres et à notre groupe. Il n’est pas automatiquement pathologique ou morbide de ressentir de la culpabilité. Au contraire... Heureusement que la culpabilité est présente en nous. Mais parfois, la voilà qui nous envahit un peu trop, et nous pourrit la vie… Sain ou malsain ? Selon Jérôme Vermeulen, psychologue, il existe une « bonne culpabilité »  : « Heureusement que nous nous sentons coupable ? Oui ! Absolument ! Il s’agit d’une « saine culpabilité » ressentie lorsque nous avons conscience d’avoir transgressé certaines de nos valeurs. J’utilise les termes « culpabilité saine » pour indiquer qu’il s’agit d’une indication de bonne santé. Pouvoir reconnaître que nous avons mal agi, que nous avons blessé ou heurté quelqu’un est une qualité. Pas un défaut ou un symptôme morbide. On peut parler de culpabilité empathique (empathie  : capacité à se mettre à la place d’autrui, de ce qu’il vit ou ressent). Nous pouvons alors demander pardon, ou réparer notre erreur. Il s’agit d’une compétence typiquement humaine ! Très souvent aussi, la culpabilité est anticipative ; nous planifions une action pas très honnête, ou, par exemple, nous suivons dans la rue une personne qui perd un billet de 50 euros, et sommes guidés (ou pas) par un sentiment de culpabilité avant d’avoir pris notre décision et commis l’acte (je ramasse discrètement le billet, ou j’avertis la personne qu’elle l’a perdu ?). » Comment ça fonctionne ? Le sentiment de culpabilité ou culpabilité est une émotion relative au groupe social qui repose sur la conviction d’une responsabilité personnelle dans un événement fâcheux dans lequel on n’est pourtant pas toujours intervenu directement ou au contraire dans lequel on n’aurait pas pu intervenir. L’exemple caricatural est le malaise ressenti durablement par un enfant suite à la maladie ou décès d’un autre enfant (voire d’un parent), malaise se greffant sur le souvenir de sentiments négatifs de l’enfant à l’égard de cette personne. Il est habituel d’éprouver passagèrement un sentiment de culpabilité à l’occasion du travail de deuil d’un proche. L’absence de fondement objectif d’ordre causal à la culpabilité peut priver celui qui est envahi par ce malaise, des possibilités de s’en déprendre comme s’il s’agissait d’une responsabilité directe ; la réparation qui permettrait une reconstruction
« La culpabilité est un symptôme dangereux. C’est un signe qui manque de pureté. » (Eugène Ionesco) Philosophie pratique Philosophie pratique 41 67



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