Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°27 de aoû/sep/oct 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'instant présent, secret de la joie au quotidien.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Développement personnel DÉVELOPPEMENT Personnel Se détacher 60 de l’ego De tous temps, sociologues, psychologues, philosophes et religieux se sont penchés sur l’étude de l’ego. Cela a donné différentes interprétations, voire des regards très variés sur ce qui constitue le fondement de l’être humain. 34 Philosophie pratique QUESTION DE PHILOSOPHIE Ego est un substantif tiré du pronom personnel grec eyw (« je/moi »). Il désigne généralement la représentation et la conscience que l’on a de soi-même. Il est tantôt considéré comme le fondement de la personnalité (notamment en psychologie) ou comme une entrave à notre développement personnel (notamment en spiritualité). L’ego peut être étudié en effet de diverses manières. Force est de constater qu’elles ont toutes un intérêt, car elles donnent toutes un éclairage réel sur la personnalité humaine. Différentes interprétations de l’ego > Un concept philosophique L’ego serait, selon certains auteurs, l’équivalent psychologique de la conscience, au sens philosophique. Mais à la réflexion, un ego est un je, au sens cartésien  : un je qui perçoit des informations, les traite ou en exprime. Ce qui peut nous amener à dire, dans une conception platonicienne de la conscience de soi, que l’ego est un je sans la conscience. On parle d’alter ego pour faire référence
à cette entité qui compose l’autre, mais qui est semblable au moi. > Un concept psychanalytique Cette notion est au cœur de ce qu’on appelle l’ego-psychology, doctrine psychanalytique développée aux États-Unis par Ernst Kris, Heinz Hartmannet Rudolph Loewenstein. Sur le même axe de réflexion, Anna Freud a fait de l’ego le centre de la réalité du sujet. Cette théorie vise une adaptation à la réalité et s’appuie sur les travaux de Freud après 1920, où il donne une importance croissante au moi et aux mécanismes de défense. > Du côté de la spiritualité Pour un certain nombre de courants spirituels, l’ego serait la représentation fausse qu’un individu se ferait de lui-même. Cette représentation ferait écran à la vraie nature de l’homme. Certains auteurs parlent de l’ego comme d’une fausse personnalité constituée de souvenirs et d’expériences. Elle diffèrerait de la personnalité originelle de tout être humain, produit de sa naissance et de son héritage génétique. Une telle confusion produirait une illusion qui priverait ceux qui en sont prisonniers d’une vraie liberté et les enchaînerait à des schémas de souffrance (égocentrisme, orgueil, vanité, amour-propre, perception erronée du monde). Dans cette conception, une personne libérée de son ego connaît l’éveil spirituel. Les méthodes pour se libérer de l’emprise de l’ego sont diverses et chaque école spirituelle a plus ou moins la sienne. Dans le champ de la spiritualité moderne et du transpersonnel, l’ego est souvent utilisé en distinction du Soi (le moi supérieur). Pour certains enseignements spirituels, les relations humaines, et ce qu’elles entraînent à l’échelle planétaire, s’effectuent par « ego » interposés. Pourtant, l’ego n’a pas réellement de réalité, il ne serait qu’un « complexe » produit par des constructions mentales ou des dysfonctionnements psychiques. > Du côté du bouddhisme Le bouddhisme perçoit l’ego comme une construction mentale ne correspondant à aucune réalité tangible. Il s’interroge ainsi  : Où l’ego peut-il être situé ? Dans les bras, dans les jambes ? L’objectif serait de réaliser qu’il n’est ni dans le corps ni dans l’esprit. Cette voie consiste, entre autres, à libérer l’être humain de cette perception qui le place au centre de tout, et surtout, de le libérer de la souffrance, qui a pour cause notamment la croyance à l’existence du moi. D’où le concept de non-soi. Ego et analyse Parmi les œuvres importantes en ego-psychologie, ou psychologie du Philosophie pratique « L’amour est vide d’ego L’ego est vide d’amour. » (Sathya Sai Baba) moi, les plus célèbres sont « Le Moi et les mécanismes de défense » (1936), écrit par A. Freud ou encore « La Psychologie du moi et le problème de l’adaptation » (1930), écrit par H. Hartmann. Arnaud Desjardins, enseignant spirituel français, nous dit  : « Il faut d’abord un ego structuré pour qu’il puisse ensuite disparaître » (c’est-àdire ne plus être le seul guide, moteur, le seul référent de notre être). Quelqu’un qui a un ego peu, pas ou mal structuré peut être en danger s’il s’engage sans précaution ni discernement sur un chemin spirituel. Les dangers les plus fréquents sont  : Risque de décompensation, illusions, dissociation de la personnalité, gonflement de l’ego, etc. L’analyse sert à structurer (et non renforcer) l’ego, le moi, mais ne sert pas seulement à ça. Car la rencontre avec l’Inconscient amène Philosophie pratique 35 61



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