Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
Philosophie pratique n°27 aoû/sep/oct 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°27 de aoû/sep/oct 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20,5 Mo

  • Dans ce numéro : l'instant présent, secret de la joie au quotidien.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Développement personnel DÉVELOPPEMENT Personnel votre ego, vos capacités de réaction ne sont pas toujours celles qu’elles devraient être. L’ego a un pouvoir anesthésiant considérable ! Par moment, vous lui résistez, mais il revient si facilement à la charge qu’il rattrape aisément le terrain qu’il a perdu quelques secondes avant. Il faut donc être très vigilant par rapport à soi-même. Votre ego se manifeste souvent au-travers de votre autorité et de votre grand désir, bien souvent inconscient, d’imposer aux autres vos idées, vos façons de penser ou d’agir. Vous pensez que ce que vous dites ou faites est bien, que ce que dit ou fait l’autre n’est pas bien et c’est là que vous avez tort ! Chacun agit en fonction de la compréhension qu’il a de lui-même et de l’être spirituel qui est en lui. Sur la Terre, beaucoup d’êtres n’ont simplement que la conscience relative de l’humain. Ils ne se sont pas encore éveillés à la conscience du divin. Trop de pouvoir donné à l’ego empêche d’être dans l’acceptation, on est alors dans la création mentale. Ce sont des croyances qui sont comme des excroissances mentales, ce sont des choses apprises qui nous figent dans un référentiel de bien et de mal, comme un bagage génétique et mental parfois inconscient car étant un héritage. Or il n’y a pas d’ego dans l’instant présent  : l’ego se nourrit du passé ou a peur de l’avenir. La dimension mentale doit être au service de l’être. Les conseils que l’on donne aux autres sont un exemple de l’expression de l’ego, et si on insiste, cela relève même de l’orgueil. Un rapport aux autres difficile est révélateur des problèmes d’acceptation vis-à-vis de nos propres parents. Quand l’ego est le centre de votre être, votre conscience et votre vie émotionnelle sont dans un état de crispation. Vous êtes pétrifiés de peur et de cette position, vous êtes constamment sur la défensive. Lorsque vous êtes au stade de l’ego, vous faites toujours l’expérience d’un manque, d’un besoin de plus. 58 32 Philosophie pratique QUESTION DE PHILOSOPHIE L’ego a un pouvoir anesthésiant considérable ! L’acceptation d’un besoin de reconnaissance Selon Pamela Kribbe, l’ego enregistre le besoin d’amour et de sécurité mais il a pour but de répondre à ce besoin sans faire face aux ténèbres intérieures et à la peur. « Pour accomplir cela, il applique un « truc »  : il transforme le besoin d’amour en besoin d’approbation et de reconnaissance de la part des autres. Il transforme le besoin d’harmonie et d’unité en besoin d’exceller et d’être meilleur que les autres. Une fois que vous pensez qu’être aimé c’est être admiré pour vos exploits, vous n’avez plus besoin d’aller en vous pour obtenir de l’amour ; vous devez simplement travailler davantage ! De cette façon, l’ego s’efforce de maintenir le couvercle sur la marmite de la peur. » expliquet-elle. Votre aspiration originelle à l’amour a été transformée en désir de reconnaissance. Vous recherchez constamment une confirmation externe qui vous rassure temporairement. Votre conscience est essentiellement focalisée sur le monde extérieur. Vous vous fiez aux jugements des autres et vous êtes très crispé sur ce que les gens pensent de vous. C’est très important pour vous, car votre estime de soi dépend de cela. En fait, le sens de votre valeur baisse de plus en plus, car vous abandonnez votre pouvoir aux forces externes qui vous jugent selon vos performances extérieures, et non selon votre être véritable. Une vision déformée de la réalité Lorsque l’ego se met à diriger la conscience de l’âme, au lieu de fonctionner comme un outil, l’âme est déséquilibrée. Quand l’ego régente l’âme, (ce qui est le sceau d’une conscience fondée sur l’ego), il ne fait pas que traduire les impulsions intérieures en formes matérielles, mais il va contrôler et refouler de façon sélective ces impulsions. L’ego vous présente alors une version déformée de la réalité. L’ego déséquilibré est toujours à la poursuite du pouvoir et du contrôle et il interprètera les faits en positif ou en négatif selon cet éclairage. Il est très instructif de découvrir vos motivations fondées sur le pouvoir ou le contrôle dans vos actes quotidiens. Essayez de repérer à quelle fréquence vous voulez soumettre les choses ou les gens à votre volonté, même si c’est pour une noble cause. A quelle fréquence êtes-vous agacé par des choses qui ne vont pas comme vous le voulez ? Il est impor- « L’ego est moins ce que je suis que ce que je crois être, moins le je que le me. » (André Comte-Sponville)
tant de réaliser que derrière le besoin de contrôler il y a toujours une peur de perdre le contrôle. Posez-vous donc la question  : Quel est le risque de relâcher le contrôle, de lâcher-prise de ce besoin de prévoir ? Quelle est ma plus grande peur ? Affronter ses peurs Soyez bien conscients que sous la bannière de l’ego, vous pouvez être à la fois gentils et méchants, donner et prendre, dominer ou subir. Beaucoup de dons apparemment altruistes sont en fait un appel inconscient à recevoir de l’attention, de l’amour et de la reconnaissance de celui à qui vous donnez. Lorsque vous prenez toujours soin des autres et que vous leur donnez beaucoup, vous vous cachez simplement à vous-mêmes. Pour comprendre ce que signifie la domination de l’ego, restez simples  : observez-vous dans votre vie quotidienne. La présence de la domination de l’ego peut se reconnaître au besoin de contrôler les choses. Par exemple, vous voulez que certaines personnes se comportent d’une façon particulière. Pour que cela se produise, vous adoptez certains modes de comportement. Vous êtes par exemple aimables et dociles, et vous essayez de ne jamais froisser personne. Derrière ce comportement se trouve un besoin de contrôle. « Parce que je veux que tu m’aimes, je ne te contrarierai pas ». Cette ligne de comportement est fondée sur la peur. C’est la peur de vous affirmer, la peur d’être rejeté et abandonné. Ce qui paraît gentil et agréable est en fait une forme de déni de soi. C’est l’ego à l’œuvre. Coincé au stade de l’ego Aussi longtemps que l’ego gouverne votre âme, vous aurez besoin de nourrir votre âme avec l’énergie des autres pour vous sentir bien. Il semble que vous deviez mériter l’acceptation des autres, d’une autorité au-dehors de vous. Mais le monde autour de vous est instable. Vous ne pouvez jamais vous fier à l’adhésion permanente de ceux sur qui vous vous appuyez, que ce soit votre épouse, votre patron ou vos parents. C’est pourquoi vous devez travailler tout le temps, être toujours aux aguets pour attraper des « morceaux d’approbation » au passage. Ce qui explique l’état permanent de tension et de nervosité où se trouve celui qui est coincé au stade de l’ego. Renoncement et lâcher prise Dans la religion chrétienne, la mesure du véritable don de soi est le renoncement. Le « don de soi » est l’appellation positive que nous donnons à cette loi de vie, et c’est sur lui que nous devrions toujours nous concentrer positivement. Néanmoins, le don de soi implique toujours un oubli de soi et un renoncement à soi-même. Le renoncement par amour est le test réel du véritable amour du Christ  : le don devient pur. Le renoncement par amour est le test complet de l’amour véritable envers le Christ. « Si quelqu’un prétend aimer Dieu alors qu’il a de la haine pour son frère, c’est un menteur  : si on n’aime pas son frère que l’on voit, comment va-t-on aimer Dieu qu’on ne voit pas ? » (1Jn 4,20) Le véritable don Comme beaucoup de proverbes et de traditions familiales l’indiquent le don doit suivre des règles précises  : Il doit être spontané et désintéressé. Il ne doit donc pas être fait par obligation ou dans l’attente d’un retour. Ce point est certainement celui qui a suscité le plus de controverses. Pour beaucoup d’écoles psychologiques et sociologiques, un don qui procurerait un « bénéfice », quel qu’il soit, financier, social ou narcissique, au donateur ne serait pas un don désintéressé, donc ne serait pas un « vrai » don. Philosophie pratique Pour Derrida, par exemple, le don ne doit être reconnu comme tel ni par le donateur ni par le bénéficiaire, car reconnaître un don c’est admettre une obligation morale de rendre, et cet « intérêt » annule le caractère absolu du don. Pour Bourdieu, le désintéressement est une illusion, un mensonge fait à soi même et qui ne se perpétue que dans le non-dit. Par ailleurs, le don doit être proportionné. Proportionné à la relation, à la richesse du donateur et du bénéficiaire, etc. La relation de don a longtemps été tenue en suspicion parce qu’utilisée de façon asymétrique, dans des relations de clientélisme, de charité ostentatoire ou de paternalisme social. Lorsque le don est fait de telle façon qu’il ne puisse pas être rendu (pour des raisons diverses mais le plus souvent en raison de la « pauvreté » du receveur) il ne relève plus du mécanisme du don/contre-don mais de mécanismes de don perverti (le don sans possibilité de contre-don). Le don du don/contre-don doit être fait selon des modalités qui permettent qu’il soit accepté et rendu (même si le rendu a un caractère purement symbolique). A méditer… n F.G. EGO & SPIRITUALITÉ Pour un certain nombre de courants spirituels, l’ego est la représentation fausse qu’un individu se fait de lui-même. Cette représentation fait écran à la vraie nature de l’homme. Certains auteurs parlent de l’ego comme d’une fausse personnalité constituée de souvenirs et d’expériences. La confusion entre l’ego et la vraie nature produit une illusion qui prive ceux qui en sont prisonniers d’une vraie liberté et les enchaîne à des schémas de souffrance (égocentrisme, orgueil, vanité, amour-propre, perception erronée du monde…). Dans cette conception, une personne libérée de son ego connaît l’éveil spirituel. Les méthodes pour se libérer de l’emprise de l’ego sont diverses et chaque école spirituelle a plus ou moins la sienne, comme le bouddhisme par exemple. Philosophie pratique 33 59



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