Philosophie pratique n°18 mar/avr/mai 2014
Philosophie pratique n°18 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°18 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 59,1 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... peut-on se changer soi-même et avancer dans la vie ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Sur les chemins de Compostelle » Ce qu u’ils ch erc hent au bout du chemi in… Qu’est-ce qui, aujourd’hui, peut bien pousser un individu à marcher jour après jour et dans des conditions parfois difficiles vers le lieu présumé de l’inhumation de l’apôtre Jacques le Majeur ? Notre enquête pour comprendre sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Q Quui n’a pas entendu par- Ql ler aujourd’hui du Che- Qm min de Compostelle ? À Q’étranger Qétranger, Ql l c’est surtout le livre de Paulo Coelho, « Le Pèlerin de Com- postelle » qui a motivé bien des gens de partout dans le monde à faire le Chemin. Des pèlerins en chemin Cette question du chemin de vie, Jean-Claude Bourlès se la pose depuis des années qu’il sillonne les mille six cents kilomètres d’un che- min prenant sa source au Puy-en- Velay. Après « Retours à Conques » et « Le Grand Chemin de Compos- telle », il interroge dans « Passants de Compostelle » surtout les autres, les pèlerins mais aussi des témoins privilégiés : agriculteurs, commer- çants et tous ceux, laïcs ou religieux, qui voient se succéder les « passants de Compostelle » et parfois les ac- « S Su u r e le CChe e m i n, co m me d da ans a la viee, a la sage s gess sse s n’a de va leu r que s i el le pe ut a ide r l’hom me à va incre un obstacl le. » (Paulo Coelho lho, Extr tra rai ait du « Le pèl èle ler eri rin de Compostelle oste le ») cueillent dans les gîtes, auberges ou refuges jalonnant leur itinéraire. A la suite de centaines de milliers de pèlerins qui, depuis le Moyen Age, vont en pèlerinage à Saint-Jacques- de-Compostelle, ils sont chaque année très nombreux à partir à pied sur le chemin des étoiles. Entre Le Puy-en-Velay et Conques, pendant quinze jours ou plus, à travers l’Au- vergne, le Gévaudan, le pays de Margeride, le plateau de l’Aubrac et l’Aveyron, ils progressent sur cette antique voie de spiritualité dans l’espoir d’atteindre un jour la tombe présumée de l’apôtre, 1700 kilomètres plus loin. Des questions éternelles Depuis le renouveau du chemin de Compostelle, le futur pèlerin se pose toujours les mêmes questions : quand vais-je partir, quel chemin dois-je prendre, de quelle somme d’argent ai-je besoin, quel poids doit faire mon sac à dos ? Est-ce que je pars seul, et pour combien de temps ? Vais-je dormir dans un gîte d’étape ou dans une chambre d’hôtes ? Je m’en vais à pied ou je décroche ma bicyclette, ou encore je mets le le barda sur un petit âne ? 44 Philosophie pratique Mais à ces questions techniques et matérielles, s’ajoutent des questions bien plus profondes : Est-ce que je supporterai la solitude, le froid,
Philosophie pratique Denise Péricard-Méa fut pèlerine en 1982, à cheval, entre Bourges et Compostelle. Elle est docteur en histoire, spécialiste des cultes à saint Jacques auxquels elle a consacré sa thèse Compostelle et cultes de Saint-Jacques au Moyen Age (PUF, 2000). Depuis 2002, elle anime avec Louis Mollaret, ancien président d’associations d’amis de Saint-Jacques, une association de chercheurs indépendants, la Fondation David Parou Saint-Jacques. Survolant une trentaine de récits de pèlerins, son livre « Compostelle 813-2013 - 1200 ans de pélerinages » (Editions Sutton) part des années 1980 et remonte jusqu’à Godescalc, premier pèlerin connu. Il présente des anecdotes et des témoignages vécus, démontrant l’influence des deux derniers siècles sur l’histoire de Compostelle. EXPERT Quel que soit le chemin, c’est l’objectif intérieur qui compte. la chaleur, la longueur du trajet ? Serai-je capable de suivre le balisage ? Je ne parle pas espagnol, et j’ai peur des chiens... Et pourtant, j’ai très envie d’y aller ! J’ai besoin de ce temps de pause dans ma vie, je veux goûter cette liberté merveilleuse, voir le soleil se lever, retrouver les choses simples qui fleurissent le monde, je veux prendre du temps pour moi et penser à mes proches. J’aimerais redonner un sens à ma vie, parler avec les autres, goûter le silence d’une chapelle, ressentir de nouveau le bien-être dans mon corps… Marcher, pourquoi ? Il y a ceux qui viennent après avoir perdu un proche, ceux qui veulent fuir une relation conjugale compliquée ou ceux qui ont à régler une affaire personnelle. Les motivations des cheminants d’aujourd’hui sont diverses : identifiées à une croyance religieuse établie, ou expression d’une quête spirituelle ou encore besoin d’un ressourcement et d’échapper aux enfermements sociaux. Elles expriment aussi bien le désir d’un autre rythme de vie, que la recherche de racines communes (« mettre ses pas dans les pas de… »), de liens et de rencontres, d’une construction identitaire, ou encore une curiosité culturelle pour l’art et l’histoire... Mais quelle que soit la motivation de départ, ces itinéraires demeurent une invitation à l’effort et au dépassement des limites habituelles. Pourquoi marcher ? Tous les pélerins se retrouvent dans cet acte. Marcher pour retrouver un contact avec la nature, avec un monde plus lent, plus tranquille. Marcher dans des paysages inconnus en ayant perdu tous repères, loin des lumières et des bruits de la ville. Marcher sur un sentier parcouru depuis des siècles en emboîtant nos pas dans ceux des pèlerins qui nous ont précédés. Marcher pour retrouver une paix, une intériorité, une conversation avec nos proches, avec qui nous n’avons plus le temps d’échanger. Marcher pour se retrouver soi-même. Et les autres. Marcher pendant des mois sur les routes de Compostelle et entrer dans une longue méditation intérieure. Marcher vers Dieu et se frayer son chemin. Marcher sur le chemin qui seul, importe. Marcher jusqu’à la révélation de soi. Jusqu’à l’essentiel ! Mais cheminer, c’est aussi respecter des valeurs de savoir vivre et de tolérance. La relation entre hôtes, accueillants et accueillis, constitue un lien social d’importance sur les chemins. L’humilité et le respect à l’égard des hommes et des choses représentent un devoir de passant, de pèlerin ou de randonneur. Selon la formule des bénévoles des associations : « tolérance, convivialité et patience doivent aussi faire partie de votre sac à dos ! » Un nom qui fait rêver Oui, Compostelle est un nom qui fait rêver les hommes… depuis 1 200 ans ! Car 813 est la date symbolique de sa découverte, liée à la légende de Charlemagne parti délivrer le tombeau des mains des Sarrasins. Mais les Sarrasins ne sont jamais allés à Compostelle du temps de Charlemagne, et l’empereur non plus ! Qu’en est-il alors ? Simplement, dès l’annonce de la découverte de ce tombeau, un pèlerinage est né, fréquenté par les proches du sanctuaire. Le XIX e siècle a quant à lui donné naissance au pèlerinage contemporain, devenu phénomène de société, avec sa publicité, ses associations de pèlerins et l’utilisation commerciale de la marque « Compostelle ». Chaque année, sur le bord du chemin, posés au pied des calvaires, à la croisée des chemins, ou parfois au milieu de nulle part, parmi les CONSEILS POUR FUTURS PÉLERINS• Ne chargez pas trop votre sac (15 kg maximum). Le charme des chemins, c’est le dépouillement ! Il faut donc être minimaliste : 2 tenues de rechange maximum, et une paire de chaussures ouvertes pour laisser reposer les pieds.• La meilleure saison pour partir est le printemps (mai-juin). Si vous comptez partir l’été, vous devrez vous lever tôt le matin pour ne pas marcher durant les grosses chaleurs. Les horaires habituels sont : départ à 5 h du matin, arrivée à 14 h et repos l’après-midi. Philosophie pratique 45



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