Philosophie pratique n°18 mar/avr/mai 2014
Philosophie pratique n°18 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°18 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 59,1 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... peut-on se changer soi-même et avancer dans la vie ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Débat d’idées Ens est seigner la phi ilosoph hie t-il néce ssairsair h s re ? Si l’on pose la question de la nécessité de l’enseignement de la philosophie à certains lycéens, il est probable que la réponse ne soit pas unanime. Pourtant, cet enseignement n’a jamais été remis en question en France, et ce quel que soit le gouvernement en place. La nécessité semble donc avoir été prouvée à des époques différentes, même si les critiques existent bel et bien. L a philosophie est obligatoire dans l’enseignement depuis Napoléon, en 1808 exacte- ment. Une belle constance au fil des années. Cela s’explique par le fait que la philosophie des Lumières a participé activement à l’avènement de la Constitution et à la Déclara- tion des Droits de l’Homme. Selon ce courant, le citoyen français se doit d’être actif et libre d’exprimer ses opinions. Des opinions formées grâce à la liberté de pensée, l’un des objectifs de la philosophie. L’ensei’ensei- gnement de la philosophie est donc un héritage révolutionnaire. Utilité ou nécessité Dans la vie quotidienne, on pourrait penser que n’est nécessaire que ce qui contribue au maintien de la vie, à nos besoins primaires, alimen- taires, génétiques, en bref, les néces- sités dites naturelles. On retrouve 28 Philosophie pratique L’enseignement de la philosophie peut parfois être considéré comme utile, servant donc à remplir cer- tains objectifs donnés, mais tous ne s’accordent pas à dire qu’il est « né- cessairee ». Selon une circulaire française de l’Education nationale, la philo- sophie est « l’apprentissage de la liberté par l’exercice ercice de la réflexion ».
Philosophie pratique BERGSON « Ce n’est pas une nécessité d’ordre physique, c’est une nécessité logique qui s’attache à la proposition suivante : deux corps ne sauraient occuper en même temps le même lieu. L’affirmation contraire renferme une absurdité qu’aucune expérience concevable ne réussirait à dissiper. » DÉFINITION DE VICTOR COUSIN (XVII E SIÈCLE) « Le caractère d’un fait nécessaire est de ne pas s’arrêter, d’être aujourd’hui et demain encore, d’être sans cesse et d’être partout. La nécessité d’une idée, d’une loi implique la domination de cette idée, de cette loi dans toute l’étendue de la durée, tant que l’esprit humain subsiste. » ainsi chez Jean-Jacques Rousseau cette notion : « Tout homme a naturellement droit à tout ce qui lui est nécessaire ». De nos jours, on peut ainsi prendre l’exemple du droit au logement qui est considéré en politique sociale comme une nécessité. Dans cette acception, il est bien clair que la « philo » n’est pas strictement nécessaire à notre survie. > De la nécessité En effet, la notion de nécessité a une définition bien précise en philosophie. Si cela signifie couramment un élément qui s’impose de façon irrémissible, en matière philosophique, il s’agit plutôt du caractère d’une chose qui ne peut ne pas être, ou ne peut ne pas être autrement. Ainsi, c’est « une nécessité de mourir », car la mort est inévitable. Il peut donc s’agir d’une contrainte à laquelle il est impossible d’échapper. Il est évident que lorsque la décision de l’enseignement de la philosophie a été prise, c’est qu’elle semblait nécessaire au sens philosophique du terme. Et cette opinion a perduré à travers les temps et les ministères. Cette approche est donc considérée comme absolument indispensable. La nécessité est de nos jours en philosophie une notion qui est du domaine de la logique et de la métaphysique. En mathématiques, il est nécessaire qu’un carré ait quatre côtés, car cela découle d’un raisonnement logique basé sur la géométrie. La nécessité est d’ailleurs le mode de raisonnement du discours scientifique. Historiquement, la nécessité s’oppose à la contingence. Ainsi, si je choisis de m’asseoir sur un banc dans la rue, il est contingent que ce banc soit celui qui ait été installé hier par la mairie. La contingence se situe dans le monde du possible : j’aurais pu m’asseoir sur un banc ancien. Dans le monde de la pensée, la nécessité est indissolublement liée à la rationalité. Considérer que l’enseignement de la philosophie est une nécessité relève bien évidemment de l’opinion, d’un désir politique et non pas de la nécessité philosophique. > De l’utilité On peut en revanche penser que l’enseignement de la philosophie est utile, et manifestement, les ministres de l’Éducation ont admis ce principe depuis Napoléon. Cette utilité a d’ailleurs été soulignée depuis la nuit des temps. Ecoutons Cicéron : « la culture de l’âme, c’est la philosophie : c’est elle qui extirpe radicalement les vices, met les âmes en état de recevoir les semences, leur confie, et pour ainsi dire, sème ce qui, une fois développé, jettera la plus abondante des récoltes ». À LIRE « LE HASARD ET LA NÉCESSITÉ : ESSAI SUR LA PHILOSOPHIE NATURELLE DE LA BIOLOGIE MODERNE » Cet ouvrage de Jacques Monod est considéré comme majeur dans la philosophie des sciences. En réalité, la nécessité est ici prétexte à mettre en lumière le hasard « seule source nouveauté dans la biosphère, le hasard, le seul hasard à la racine du prodigieux édifice de l’évolution : cette notion centrale de la biologie moderne n’est plus aujourd’hui une hypothèse. » « Tout homme a naturellement droit à tout ce qui lui est nécessaire. » (Jean-Jacques Rousseau) L’objectif premier était donc de former des citoyens capables de penser par eux-mêmes sans subir des influences nocives. Au fil du temps, il a été considéré que cet accès à des auteurs que nombre de jeunes ne liraient jamais constitue une véritable opportunité, et que cela participe à la fameuse culture générale. Éducation et culture générale La politique de l’éducation française a toujours fait la part belle à la culture générale. Portée aux nues ou vouées aux gémonies, cette fameuse culture générale fait toujours partie des cursus des écoles formant les élites. Un héritage des anciennes humanités où la culture générale se devait d’être inculquée aux enfants, mais pas seulement, la culture pouvant s’acquérir tout au long d’une vie. Victor Cousin en 1840 permet à la philosophie d’être enseignée en français au lieu du latin, et affirme « La philosophie sert tous les cultes sans se mettre au service d’aucun d’eux en particulier. N’est-ce pas là une noble mission et ne serait-ce pas un danger et un malheur public que d’altérer le caractère d’un pareil enseignement ? Que deviendrait alors l’unité nationale ? ». Il est considéré en France comme le fondateur de la tradition des études d’histoire de la philosophie et le réformateur de l’enseignement philosophique dans les lycées. Philosophie pratique 29



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