Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Enquête société ENQUÊTE Société 8 - Philosophie de vie n°7 44 Hobbes oppose l’état de nature à l’état de vie en société. L’instinct de sécurité vu par les philosophes Thomas Hobbes a développé l’idée de l’état de nature théorique qui s’oppose à l’état de vie en société. Dans le premier cas, l’homme est un loup pour l’homme où l’on vit sans lois, sans police, où chacun lie ses alliances ou part à la guerre en fonction de son intérêt personnel. Sans ordre social, Hobbes suggère que l’humanité aurait fini par s’éliminer elle-même. C’est justement la peur de l’inconnu et de la mort qui va sauver l’homme  : point de salut dans l’état de nature, il s’agit donc Nietzsche a largement abordé le thème de l’insécurité. QUESTION PHILOSOPHIE de passer un contrat social permettant de vivre en paix et de prospérer. Nietzsche a quant à lui largement abordé le sujet du besoin de sécurité dans « Le Crépuscule des idoles » et l’a résumé de façon claire  : « L’inconnu signifie danger, inquiétude, souci… le premier instinct est de supprimer cette situation pénible. » Ainsi, lorsqu’une maladie comme la typhoïde ou le choléra sont étudiées, connues, plus question d’invoquer la colère des dieux, l’inconnu devient connu, ce qui permet à l’homme de se tranquilliser, voire de démontrer qu’il est capable de maîtriser cet inconnu qui n’en est plus un. Il devient en quelque sorte plus puissant grâce à son avancée en connaissance. Voici qui est mis en parole par notre philosophe  : « La jubilation de celui qui acquiert une connaissance ne serait-elle pas la jubilation même du sentiment de sécurité retrouvé ? » Face à ce penchant inné, Kant insiste sur le fait que l’homme doit utiliser son cerveau et non pas son instinct pour s’élever par lui-même. Il convient de passer de la nature à la culture. Il faudrait oublier ou plutôt maîtriser la partie animale en nous pour s’émanciper de ce type de fonctionnement primaire. La raison au-delà de l’instinct naturel, voici NE PAS BOUGER Les psychothérapeutes le savent  : certains de leurs patients souffrent de somatisation ou développent parfois des symptômes qui leur gâchent la vie, pourtant ils se refusent à aller à une remise en question. La raison principale est que ces souffrances sont connues elles, contrairement aux événements consécutifs à un changement. Certains vont jusqu’à penser que guérir pourrait entrainer la perte de l’amour de leur entourage. Avant d’aller vers un renouveau, il convient d’avoir générer une certaine énergie, une force qui permet d’aller de l’avant. l’homme moderne. La raison donnerait ainsi naissance selon Kant à la volonté en nous aidant du travail, l’une des composantes qui permet de nous élever. La peur, une émotion vitale ? La peur de l’inconnu développée depuis la nuit des temps serait intimement liée à l’instinct de conservation. Les existentialistes des XIX e et XX e siècles ont qualifié cette peur de « primordiale ». La peur engendre l’angoisse, mais il s’agit alors d’une émotion permettant de rester vigilant, de garder une tension et une attention permettant de vivre et surtout de survivre. Kant propose de placer la raison au-dessus de l’instinct. Mais si, finalement, cette peur de l’inconnu était en réalité une projection du connu ? Car si l’homme a généré une frayeur ancestrale, à l’origine cette peur s’est développée suite à des accidents et incidents qui lui ont prouvé qu’il existait un danger. Dans les films d’épouvante, la peur est éveillée semble-t-il par GUY DE MAUPASSANT Il a écrit une nouvelle dénommée « La peur » qui reprend l’idée que l’on ne craint vraiment que ce que l’on ne comprend pas. Ainsi le narrateur est épouvanté face à une brouette qui se déplace seule. En réalité, poussée par un enfant, il était simplement mal placé pour le voir. Dès que l’homme commence à apercevoir l’enfant, il entre dans un état de connaissance qui l’apaise immédiatement.
C’est la peur du danger qui provoque l’émotion. C’est donc sa représentation qui effraie et non la vérité objective. l’inconnu, assimilé à un danger qui rôde. Mais cette peur n’existerait pas si un danger préalable n’avait pas déjà été identifié. La projection de ce qui s’est passé est à l’origine de la véritable peur. L’inconnu en tant que tel ne peut effrayer sans cette projection, du moins chez une personne équilibrée. Décider d’une rupture avec un homme pour se projeter dans une nouvelle vie ne peut déclencher la peur. C’est la peur des dangers que l’on imagine qui vient provoquer l’émotion  : la réaction des enfants, les problèmes financiers, la solitude à venir, etc. D’ailleurs, on le sait, la peur augmente avec l’âge, car la connaissance des dangers augmente proportionnellement avec l’expérience. La peur de l’inconnu n’est donc pas à proprement parler vitale, elle est bel et bien d’ordre psychologique. C’est la représentation que l’on a d’un événement qui crée la peur et empêche le possible. Le danger n’est pas présent, mais sa simple anticipation suffit à effrayer, voire à terroriser. La peur vitale, face à un danger bien réel, est d’un autre ordre. Loin des philosophes, citons pour une fois une bande dessinée. Dans le petit village gaulois, on ne connaît pas la peur, sauf celle de voir le ciel tomber sur la tête. De même, les Vikings partent à la bataille avec assurance, voire enthousiasme, mais sont absolument paralysés face à la colère des dieux… Le courage permet effectivement d’affronter un danger identifié, comme cela est le cas pendant une bagarre ou une bataille. En revanche, il est bien plus compliqué de faire face à ses peurs imaginaires qui n’affrontent que des dangers potentiels et non réels. La peur n’a pas fini de nous interpeller, et révèle parfois des traumatismes anciens. Mais l’important est de savoir qu’elle est partagée parmi les hommes. La peur de l’inconnu est la plupart du temps une projection de dangers potentiels. Et pour anticiper ce danger, il faut l’avoir connu. Transmis par les générations précédentes ou par son expérience personnelle, peu importe, l’effet est présent, typique de la condition humaine. Si cette peur devient problématique à titre individuel, il est toujours possible de consulter un psychothérapeute. Mais que faire dans le cas où cette peur se transforme en psychose collective ? Pour terminer, citons Guy de Maupassant qui comme de nombreux écrivains et poètes a su mettre en avant cette peur, à la fois paralysante et créatrice, dans ses œuvres  : « A mesure qu’on lève les voiles de l’inconnu, on dépeuple l’imagination des hommes… On se dit  : « plus de fantastique, plus de croyances étranges, tout l’inexpliqué est explicable… la science, de jour en jour, recule les limites du merveilleux ». n V.D. LE TERRORISME AVEUGLE… Si le terrorisme effraie, au-delà des opinions politiques, c’est parce qu’il peut frapper n’importe où et n’importe quand, dans les endroits les plus surprenants. Une personne inconnue, souvent suicidaire, peut donc détruire un bonheur construit depuis des années. Et ce facteur inconnu rend méfiant vis-à-vis de tout un chacun, créant une peur sous-jacente et généralisée. QUESTION Philosophie PHILOSOPHIE de vie n°7 45 - 9



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