Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 44 - 45  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
44 45
EXPERT Idées genres IDÉES Genres (Geschwind & Galaburda, 1985). À partir de là, le pas a été vite franchi pour attribuer les différences psychologiques entre hommes et femmes à des différences entre les hémisphères cérébraux. Ainsi, les meilleures compétences des hommes en mathématiques résulteraient d’un plus grand développement de l’hémisphère droit par rapport à la femme. Tandis que l’aptitude des femmes au maniement du langage serait associée à l’hémisphère gauche. Or, cette théorie n’a jamais été validée par des données expérimentales rigoureuses (Bishop & Wahlsten, 1997). » Polémiques et études sérieuses CATHERINE VIDAL NEUROBIOLOGISTE, DIRECTRICE DE RECHERCHES À L’INSTITUT PASTEUR, AUTEURE DU LIVRE « CERVEAU, SEXE ET POUVOIR » Les cerveaux des hommes ne sont pas différents de ceux des femmes ! « Deux femmes peuvent avoir le cerveau bien plus différent qu’un homme et une femme. L’identité d’un homme ou d’une femme n’est pas prédéterminée par ses gènes… Grâce à la plasticité de son cerveau, l’Homo sapiens peut court-circuiter le déterminisme génétique et hormonal. L’être humain n’est pas une machine programmée par des gènes et des hormones. Il a un libre arbitre qui lui permet une liberté de choix dans ses actions et ses comportements. » 44 - Philosophie QUESTION PHILOSOPHIE de vie n°7 66 Les cerveaux des hommes et des femmes sont-ils ou non différents ? C’est donc une vaste et épineuse question, aux frontières de la médecine et des sciences sociales. Tout ceci fait bien souvent l’objet de vives controverses, comme en témoignent toutes les polémiques actuelles sur le concept de « genre ». Selon, Ragini Verma, professeur de radiologie et principal auteur de travaux publiés dans les comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS), les hommes montreraient une plus grande connectivité neuronale entre le devant du cerveau, siège de la coordination de l’action, et l’arrière, où loge le cervelet, source de l’intuition. Pour le Pr Ragini Verma, ces travaux expliquent pourquoi les hommes sont, en moyenne, plus aptes à apprendre et à exécuter une seule tâche, comme faire du vélo, du ski ou de la navigation. Concernant les femmes, les branchements relieraient l’hémisphère droit, où siège la capacité d’analyse et de traitement de l’information, à l’hémisphère gauche, centre de l’intuition. Ainsi, les femmes auraient de leur côté une mémoire supérieure et une plus grande intelligence sociale qui les rendent plus aptes à exécuter de multiples tâches et à trouver des solutions pour le groupe, précise la chercheuse. Une équipe de chercheurs dirigée par Amber N.V. Ruigrok (département de psychiatrie, Université de Cambridge, Royaume-Uni) vient par ailleurs de confirmer l’existence d’importantes différences à la fois neurologiques et pathologiques entre les femmes et les hommes. Les auteurs ont passé en revue et examiné pas moins de 126 études consacrées aux différences sexuelles dans le cerveau humain. Leurs conclusions, publiées dans la revue Neuroscience and Biobehavioral Reviews, rappellent les dissemblances entre les cerveaux des gentes féminine et masculine. La différence majeure concerne la taille  : en moyenne, les hommes ont un cerveau plus volumineux que celui des femmes. Dans le détail, l’excédent de volume chez les hommes est de 12% pour le crâne, de 9% pour la matière grise, de 13% pour la matière blanche et de 9% pour le cervelet. Les auteurs ont également observé un contraste de structure entre les cerveaux des deux sexes. En effet, la densité et le volume de certains tissus sont plus importants dans certaines régions du cerveau des hommes alors qu’elles le sont dans d’autres zones cérébrales chez les femmes. « Les différences cérébrales entre les deux sexes touchent certaines régions, comme le système limbique, impliquées dans le développement de troubles psychiatriques comme l’autisme, la schizophrénie ou la dépression. Cette analyse pourrait nous aider à mieux comprendre pourquoi certaines de ces pathologies se développent chez un genre plutôt que l’autre. » déclare John Suckling, un des auteurs. Cerveau rose et cerveau bleu ? Dans son ouvrage « Cerveau rose, cerveau bleu  : les neurones ont-ils un sexe ? » (publié en 2011 aux éditions Robert Laffont), la scientifique Lise Eliot écarte le débat sociologique. Elle explique préférer employer le terme de « sexe » (« fait biologique défini par les chromosomes et les caractéristiques anatomiques ») à celui de « genre » (« construction sociale qui désigne la somme de tous les attributs généralement associés à Les recherches actuelles tentent d’expliquer pourquoi certaines tâches seraient plus faciles pour chaque genre. un sexe ou l’autre »). Selon l’auteure, cette différence s’avère en définitive « peu réjouissante ». « Les garçons sont statistiquement plus exposés que les filles aux principaux troubles du comportement ou du développement. Ils risquent quatre fois plus de souffrir d’autisme, d’un trouble du déficit de l’attention et de dyslexie. Les filles, de leur côté, risquent au moins deux fois plus que les garçons de souffrir de dépression, d’anxiété et de troubles de l’alimentation. » explique-t-elle. Les chercheurs continuent toujours à comparer les cerveaux. De l’avis général, globalement, les hommes présentent beaucoup de substance blanche, qui caractérise surtout les connexions entre les différentes régions de l’encéphale. À l’inverse, les femmes sont mieux pourvues en matière grise, point de départ de la pensée. Selon l’étude de l’Académie américaine des sciences (PNAS), si l’on se focalise uniquement sur les branchements, ils s’orientent différemment selon le genre. Pour les hommes, ceux-ci sont plus denses au sein d’un même hémisphère, donc pour des liaisons d’avant en arrière. Chez les femmes, en revanche, les trajectoires perpendiculaires sont renforcées, car elles disposent de davantage de connexions entre chacun des hémisphères. Ragini Verma qui a dirigé l’étude ajoute  : « Si vous regardez des études fonctionnelles, la partie gauche du cerveau s’occupe plus de la pensée logique, la partie droite elle est plus
EXPERT RAGINI VERMA, PROFESSEUR DE RADIOLOGIE DES DIFFÉRENCES FRAPPANTES « Ces cartes de la connectivité cérébrale montrent des différences frappantes et aussi complémentaires dans l’architecture du cerveau humain, qui aident à fournir une base neuronale potentielle expliquant pourquoi les hommes excellent dans certaines tâches et les femmes dans d’autres. » pour la pensée intuitive. Donc s’il existe une tâche qui implique ces deux choses, il semblerait que les femmes soient connectées pour mieux les réaliser. Les femmes sont meilleures en matière de pensée intuitive, pour se souvenir des choses. Quand vous parlez, elles sont plus émotionnellement impliquées. Toutefois, ceci n’est semble t-il pas valable pour le cervelet qui joue un rôle dans le contrôle moteur et la coordination des mouvements notamment. Au niveau de cette structure cérébrale également divisée en deux hémisphères, c’est l’inverse qui a été observé  : les hommes montraient plus de connexions entre les hémisphères et les femmes davantage de connexions à l’intérieur des hémisphères, renforçant encore la conclusion au niveau des aptitudes de chacun. » De grandes variables indépendantes du sexe Catherine Vidal, neurobiologiste et directrice de recherche à l’Institut Pasteur parle également de variabilité  : « Les nouvelles techniques d’imagerie cérébrale comme l’IRM, ont révélé l’existence de très grandes variations entre les individus dans l’anatomie et le fonctionnement du cerveau, indépendamment du sexe. Cette variabilité s’explique par les extraordinaires propriétés de « plasticité » du cerveau. Nos circuits de neurones sont en effet largement fabriqués par l’apprentissage et l’expérience vécue. Quand le nouveau-né voit le jour, son cerveau compte 100 milliards de neurones, qui cessent alors de se multiplier. Mais la fabrication du cerveau est loin d’être terminée, car les connexions entre les neurones, ou synapses, commencent à peine à se former  : seulement 10% d’entre elles sont présentes à la naissance ; les 90% restants se construiront plus tard au gré de l’histoire vécue par chacun. La plasticité cérébrale est à l’oeuvre également pendant la vie d’adulte. Nous avons tous des cerveaux différents, y compris les vrais jumeaux. Il n’est donc pas étonnant de voir des différences cérébrales entre hommes et femmes qui ne vivent pas les mêmes expériences dans l’environnement social et culturel. » Penser différemment pour réussir Des études scientifiques corroborent ce que de nombreux spécialistes du développement personnel À LIRE enseignent depuis longtemps  : « les femmes qui réussissent penseraient différemment. Elles font autrement pour prendre leurs décisions, se fixer des objectifs, se remettre d’un échec ou surmonter une épreuve ». Valorie Burton, spécialiste en coaching et auteure de « Les femmes qui réussissent pensent différemment  : 9 habitudes qui contribuent au bonheur, à la santé, et à la force intérieure (Ed. Vida) » pense que les femmes doivent développer de nouveaux modes de pensée qui les aideront à progresser dans des domaines tels que les relations, les finances, la vie professionnelle, l’hygiène de vie physique et spirituelle. Dans son livre, elle explique comment cultiver des relations qui enrichiront votre vie, votre mission et vos buts, vous concentrer sur les solutions et non sur les problèmes, communiquer de manière efficace dans vos relations personnelles et professionnelles, vous débarrasser des schémas de pensée qui nuisent à la réussite, surmonter vos échecs et les transformer en avantages stratégiques. Deux modes d’expression En fait, la principale différence entre hommes et femmes tiendrait plutôt à leurs modes d’expression respectifs. Selon les sociologues, les femmes expriment plus facilement ce qu’elles éprouvent et perçoivent davantage ce que l’autre ressent. Elles ne sont donc pas plus émotives, mais elles communiquent mieux leurs émotions que les hommes. Ceux-ci, par exemple, expriment plus brutalement leurs affects ; les femmes parlent davantage de ce qu’elles ressentent. Les hommes expriment insuffisamment leurs émotions, ils les « agissent » au lieu de les dire. Pourquoi un homme veut-il toujours avoir raison ? Et pourquoi se met-il si facilement en colère ? Et qu’ont donc les femmes à s’angoisser de la sorte ? Chaque sexe a sa manière de réagir aux émotions de l’autre. Les émotions positives (joie, rire, humour) se manifestent généralement de la même façon et suscitent des réactions identiques. Elles UN LIVRE PUISSANT Hommes, femmes, avons-nous le même cerveau ? La différence des sexes s’ex¬pliquerait-elle, dès la naissance, par une différence de structure entre le cerveau des garçons et des filles ? Nos identités d’hommes et de femmes seraient alors irrémédiablement déterminées ? Et si nous quittions Mars et Vénus pour nous intéresser aux recherches les plus récentes sur le sujet et aux formidables capacités d’un organe vraiment pas comme les autres  : notre cerveau ? « Hommes, femmes, avonsnous le même cerveau ? de Catherine Vidal, Editions le Pommier, 19,90 € . Philosophie de vie n°7 - 45 QUESTION PHILOSOPHIE 67



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 1Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 2-3Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 4-5Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 6-7Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 8-9Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 10-11Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 12-13Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 14-15Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 16-17Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 18-19Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 20-21Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 22-23Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 24-25Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 26-27Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 28-29Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 30-31Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 32-33Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 34-35Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 36-37Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 38-39Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 40-41Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 42-43Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 44-45Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 46-47Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 48-49Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 50-51Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 52-53Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 54-55Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 56-57Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 58-59Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 60-61Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 62-63Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 64-65Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 66-67Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 68-69Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 70-71Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 72-73Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 74-75Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 76-77Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 78-79Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 80-81Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 82-83Philosophie de Vie numéro 7 jun/jui/aoû 2016 Page 84