Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Philosophie d’aujourd’hui PHILOSOPHIE D’aujourd’hui « Aujourd’hui, j’essaie de vivre à fond les trois vocations que m’a données l’existence  : père de famille, personne handicapée et écrivain ». Accueillir le handicap et la joie Le jeune philosophe a publié il y a quinze ans un livre qui a fait sensation « L’éloge de la faiblesse ». Il imagine dans ce livre avoir comme guide Socrate et selon la tradition grecque commence à dialoguer avec lui autour du thème de la normalité. « Très vite, j’eus l’intuition qu’en fuyant le handicap, on s’isole. Il est là, il faut l’accueillir comme un cinquième membre, composer avec lui. Pour ce faire, la connaissance de ses faiblesses me semble primordiale » explique-til. S’il a étudié le grec ancien, c’est aussi pour comprendre au plus près dans le texte les philosophes hellénistes à qui va sa préférence. L’homme est absolument étonnant 38 - Philosophie de vie n°7 38 À LIRE et dit lui-même que sa pensée de philosophe s’est ancrée dans son expérience à l’institut pour personnes handicapées. L’élément qui séduit est évidemment que c’est la joie qu’il a retenue en premier lieu de ses expériences. Comment cela est-il possible ? Cela serait-il un exemple extraordinaire de résilience ? LES 4 GRANDES LEÇONS DE « LE MÉTIER D’HOMME » Dans cet essai (Ed. Le Seuil), Jollien développe notamment quatre idées  : - La vie s’invente tous les jours, que l’on soit handicapé ou pas. - Le corps est partie intégrante de notre condition humaine, il faut donc l’habiter quel que soit son état. - La joie et l’austérité sont les deux éléments sur lesquels il est possible de s’appuyer. - Retrouver son enfant intérieur, celui qui n’en veut à personne, une notion que l’on retrouve chez Nietzsche. Un véritable art de vivre Peut-être, mais selon Alexandre Jollien lui-même, cela est aussi la conséquence d’une véritable discipline et de ce qu’il appelle un « art de vivre ». Une pensée qui se rapproche de l’idée que l’on se fait du bouddhisme, mais aussi d’une vie religieuse de style monastique. La joie serait donc en nous grâce à une pratique régulière faite d’exercices LA CONSTRUCTION DE SOI Ce livre d’Alexandre Jollien (Ed. Points, 2012) rassemble une série de lettres qui dessinent un usage de la philosophie envisagée comme un mode de vie, une thérapeutique de l’âme. Ici, les philosophes sont interpellés et mis à l’épreuve. Tour à tour, le lecteur côtoie Boèce, Epicure, Schopenhauer, Spinoza ou Etty Hillesum. Ces guides présentent des voies pour se dégager du passé, des regrets ou de la haine de soi. Ils invitent à se libérer du regard d’autrui et ouvrent au risque de l’acceptation. Alexandre Jollien propose un dialogue intérieur qui prend la forme d’une correspondance adressée à Dame Philosophie, cette figure allégorique dont Boèce imagina recevoir la visite alors qu’il attendait dans sa prison d’être exécuté. Dans cet itinéraire, l’auteur esquisse le portrait de Dame Frayeur et de la Mort, avec lesquelles il faut bâtir une vie. Ces lettres entendent dépeindre un état d’esprit qui tente de répondre à l’invite de Spinoza  : « Bien faire et se tenir en joie ». spirituels menant au lâcher-prise. D’ailleurs, c’est à la fois l’inspiration chrétienne comme la pensée bouddhiste qui ont poussé l’auteur à étudier la philosophie zen et à méditer afin de travailler les deux notions de solidarité et de liberté intérieure. C’est dans son ouvrage « Le philosophe nu » que l’auteur se dévoile le plus. Il n’hésite pas à détailler les difficultés qu’il a à résister aux passions qui viennent contrarier la pensée raisonnée. Il y aborde aussi pour la première fois son approche de la pratique zen. L’homme va encore
plus loin, en s’installant en Corée avec sa famille afin d’être à même d’approfondir quelques questions vitales, et cheminer vers l’ascèse. Il ne cache pas souffrir des hauts et des bas de l’existence. Mais si la joie est au cœur de sa pensée, l’injustice n’en fait pas partie. Selon Alexandre Jollien, le handicap, comme la souffrance oblige l’homme à être conscient du malheur très tôt dans la vie. C’est en côtoyant la souffrance que l’on se construit avec solidité, car il faut des forces pour ne pas céder au total découragement. Sur le handicap, son avis est évidemment plus pertinent que celui qui d’un penseur qui n’a jamais souffert. Il ose affirmer que « le handicap n’est pas un problème … il le devient dès que je commence à réfléchir, à comparer, à regretter, à vouloir ». Concilier l’abandon et l’action Dans le Petit traité de l’abandon, paru en 2015, Alexandre Jollien tente de dessiner l’ascèse, l’art de vivre qu’il essaie de vivre au quotidien, tant bien que mal. Au final, c’est toujours l’art de la joie qu’il esquisse mais sans passer par le vernis qu’impose peu ou prou l’écriture. Il explique  : « En effet, quotidiennement, j’enregistrais la récolte de mon enquête  : rassembler des exercices spirituels pour concilier l’inconciliable  : l’abandon et l’action. S’abandonner, c’est accueillir la vie telle qu’elle se présente, vivre en un sens la non-fixation, chère à la pensée bouddhiste. Dès que je me fige, dès que je m’arrête, je souffre. » Ce livre visite vingt thèmes qui constituent à ses yeux le cœur d’une vie spirituelle. De l’amitié au zen en passant par la gratitude ou la bienveillance, c’est le chemin du « oui » qui se dessine. Au fond, l’ascèse c’est d’en faire moins, se dépouiller de tout ce qui nous entrave pour danser joyeusement dans la ronde de l’existence. Cet ouvrage essaie d’être un viatique pour accompagner les hauts et les bas de l’existence. La joie est toujours possible Grâce à Alexandre Jollien, on mesure vraiment que la joie est toujours possible, quelles que soient les circonstances. Pour cela, tout un art de vivre est requis, des exercices spirituels et une ascèse. Mais l’ascèse consiste à en faire toujours moins, à se libérer des fausses questions, à laisser de côté toutes les comparaisons qui nous tuent, pour découvrir que la joie, la paix, que nous cherchons à l’extérieur, sont déjà au cœur de nos vies. Depuis 2013, le philosophe est parti vivre à Seoul pour approfondir la pratique du zen et la mystique chrétienne. Ces deux sources le nourrissent au fond de son cœur car déclare-il  : « Pour moi, toute vie spirituelle se déploie sur deux chantiers  : la solidarité et la liberté intérieure. Chaque jour, je me couche une heure durant pour pratiquer la zazen. Durant deux fois une demi-heure, je laisse les pensées, les émotions, les peurs, la crainte naître, se manifester et disparaître. Le Christ comme le Bouddha me nourrissent. L’un me prodigue l’amour, la foi, la confiance, l’autre m’invite à la compassion, à la non-fixation et au détachement. Bref, tous deux m’aident à découvrir la vie au-delà des étiquettes et à retrouver « Ne jamais oublier que ce sont mes fragilités qui sont la source de ma fécondité. » (Alexandre Jollien) SON DERNIER LIVRE la simplicité et la spontanéité d’un enfant. » C’est suite à ce voyage, qu’il nous offre dans son dernier livre « Vivre sans pourquoi », les clés de son chantier intérieur  : sortir de la dépendance aux qu’en-dira-t-on pour exister par nous-mêmes, passer du désir de plaire à tout prix à un amour plus vrai, vivre à l’écart de la dictature de l’après pour essayer de profiter de l’ici et maintenant, se libérer des objectifs qui nous aliènent et qui nous traînent. En découvrant le chemin de vie, de joie et de spiritualité de ce philosophe hors du commun, on a vraiment envie de le suivre. Car selon lui, « peu importent les blessures, les faux pas, le chaos. Tant pis si ne je suis pas à la hauteur de mes rêves, pourvu que je garde le cap, dans la joie. » n E.S. Sources & site officiel  : www.alexandre-jollien.ch ITINÉRAIRE SPIRITUEL Vivre sans pourquoi, quitter la dictature de l’après, se détacher du poids du qu’en-dirat-on, oser un amour plus vrai, tout cela réclame un véritable art de vivre. Alexandre Jollien retrace ici l’itinéraire spirituel qui l’a conduit à tout quitter pour s’installer avec sa femme et ses trois enfants en Corée du Sud. Avec humour, il raconte comment il se met à l’école de Jésus et du Bouddha. Il confie ses doutes, ses désillusions, ses joies et les péripéties qu’il traverse. Il livre les leçons apprises en chemin et l’enseignement lumineux qu’il en tire, un appel toujours plus fort à descendre au fond du fond pour trouver la paix, la joie et un authentique amour du prochain. Ce journal spirituel est une invitation à mettre en pratique une ascèse très concrète  : de ton corps, de ton âme et de l’autre, tu prendras grand soin. « Vivre sans pourquoi » d’Alexandre Jollien, Seuil, 320 pages, 17,50 € . Philosophie de vie n°7 - 39



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