Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
Philosophie de Vie n°7 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 7,80 €

  • Parution : n°7 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 23,0 Mo

  • Dans ce numéro : santé, terrorisme, avenir, a-t-on raison d'avoir peur.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Surmonter toutes les épreuves DOSSIER « Surmonter toutes les épreuves » Des clés pour apprendre 26 - Philosophie QUESTION PHILOSOPHIE de vie n°7 26 à tout surmonter Quand on vient de vivre un traumatisme ou un évènement très douloureux, la perte de repères est quasi immédiate. Mais heureusement, elle n’est pas définitive. Ce qui s’est produit nous pousse alors de façon bien involontaire au changement. Or, changer veut dire quitter ce que nous connaissons et perdre nos repères. Pour passer ce cap difficile, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner. Certains trouveront l’aide nécessaire dans la foi, d’autres auprès d’un psy. Qu’importe la méthode, ce qui compte, c’est de se reconstruire, pour que la pulsion de vie intérieure l’emporte sur la pulsion de mort ! dividuelles ou des opportunités de l’environnement. Après John Bowlby, qui a introduit le terme dans ses écrits sur l’attachement, en France, c’est l’éthologue Boris Cyrulnik qui développe le concept de résilience en psychologie, à partir de l’observation des survivants des camps de concentration, puis de divers groupes d’individus, dont les enfants des orphelinats roumains et des enfants des rues boliviens. En fait, la résilience serait le résultat de multiples processus qui viennent interrompre des trajec- Impossible de traiter de ce sujet sans évoquer le thème de la résilience. La résilience est, à l’origine, un terme pour expliquer la résistance des matériaux aux chocs. Les premières publications dans le domaine de la psychologie datent de 1939-1945. Werner et Smith, deux psychologues scolaires américaines à Hawaï, travaillaient avec des enfants à risque psychopathologique, condamnés à présenter des troubles. Elles les ont suivis pendant trente ans et on noté qu’un certain nombre d’entre eux « s’en sortaient » grâce à des qualités intoires négatives. Présentée par Boris Cyrulnik comme étant « l’art de naviguer dans les torrents », la résilience peut concerner chacun de nous un jour puisqu’il s’agit de réussir à rebondir et à surmonter les épreuves de la vie. Les secrets de la résilience Comment se fait-il qu’un même événement soit vécu par l’un comme le choc de sa vie et par l’autre comme une simple péripétie ? La réponse tient donc un concept, celui de « résilience ». Couramment accepté et utilisé aux États-Unis (où l’on a plutôt une vision enthousiaste et optimiste des choses), il n’a été que récemment introduit en Europe et en France où il est plus difficile à imposer, comme si la culture du malheur et l’attitude fataliste étaient préférables. Mais qu’est-ce que la résilience ? « C’est un processus d’auto guérison et de résistance aux maladies, et en particulier aux maladies mentales », explique le psychiatre nordiste Jean-Luc Roelandt. En France, « La résilience définit la capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient dû être délabrants. » (Boris Cyrulnik, psychiatre)
l’éthologue et neuropsychiatre Boris Cyrulnik, est un pionnier du concept. « Le mot « résilience » vient du latin et signifie « ressauter », explique le médecin. Non pas ressauter à la même place, comme si rien ne s’était passé, mais ressauter un petit peu à côté pour continuer d’avancer... Résilier un engagement signifie aussi ne plus être prisonnier d’un passé, se dégager. La résilience n’a rien à voir avec une prétendue invulnérabilité ou une qualité supérieure de certains mais avec la capacité de reprendre une vie humaine malgré la blessure, sans se fixer sur cette blessure. » Commencer par parler Quand on a le sentiment d’avoir perdu tous ses repères suite à un deuil, un divorce, un licenciement ou tout autre problème que l’on juge majeur dans notre vie, il existe de multiples solutions pour retrouver le goût de vivre et se reconstruire peu à peu. La première des solutions vient de la parole qui est libératrice. La parole a de multiples fonctions, à commencer par le déclenchement de la communication. Constructive, libératrice ou destructrice, elle est capable de tout. Elle est d’abord affirmation de soi, par l’expression du « je ». Ce pronom personnel, affirmé à haute voix, enclenche le « tu ». Cette mystérieuse capacité d’action de l’individu ne peut être découverte que dans le rapport au Verbe. L’important, c’est donc d’abord de parler. On peut parler à ses proches, à un groupe d’entraide, à un médecin, un psy, un homme de foi. Qu’importe, puisque le premier acte à poser est de parler pour libérer la pulsion de vie qui est en soi. Ensuite, à chacun de trouver les solutions dans la foi ou dans l’analyse notamment. Retrouver ses repères par la foi Ensuite, pour certains, la reconstruction passera par la foi, chrétienne ou autre. Avoir la foi, pour tout croyant, c’est vivre en accord avec ses convictions spirituelles. Elles sont souvent appuyées sur un message fondateur qui donne un sens à l’existence. Pour le chrétien, la foi est une relation à Dieu dont il reçoit la Parole. Elle est tout autant une question de cœur que d’intelligence, même si le croyant est conduit à s’interroger et à réfléchir en permanence sur sa foi et sur les conséquences qu’elle peut avoir dans sa vie quotidienne et ses engagements dans la société. Si la foi est adhésion à un ensemble de vérités et suppose donc une connaissance, elle est d’abord un lien à Jésus le Christ, qui nous révèle Dieu. Elle est un acte de confiance et une source de joie. Elle se traduit dans des actes concrets d’amour, de paix et de réconciliation, au nom de l’Évangile. On n’a pas la foi comme on possède un livre mais en étant un témoin vivant de celui en qui l’on croit. Dans l’Évangile, c’est bien souvent à des humbles et des petits que Jésus dit « Ta foi t’a sauvé… » Quand on se sent démuni, perdu, après un échec sentimental, la perte d’un être cher ou tout autre drame qui nous affecte, se tourner vers Dieu est un moyen de trouver un vrai sens à la vie, d’aller de l’avant, pour abandonner des pulsions morbides et se tourner vers l’avenir. C’est également un moyen pour comprendre ce qui nous est arrivé, faire le deuil des erreurs passées ou des tristesses présentes. La parole est libératrice, la prière aussi. Soigner les maux par la psychanalyse Une autre méthode essentielle pour trouver de nouveaux repères et se reconstruire vraiment est d’entamer une psychanalyse. L’ambition d’une psychanalyse est de retrouver les chaînons manquants, reconstituer les souvenirs oubliés, ou si le souvenir fait défaut, en retrouver les traces qui, elles, demeurent. Il s’agit donc, en analyse, de construire du sens et d’ouvrir un espace de représentation. A l’énoncé proustien  : « N’ayez pas peur de tout dire, la vérité est toujours au-delà », l’énoncé freudien, « dites tout ce qui vous vient à l’esprit », concourt à la même recherche, celle d’une subjectivité sans entrave encore à découvrir. Peut-on vraiment en finir avec son incomplétude, son manque et son désir ? Ce n’est pas vivre que de vivre sans souffrance  : il restera toujours une souffrance irréductible inhérente à la vie qui non seulement restera à jamais intraitable, mais qui constitue l’essence de notre condition humaine. Ce que peut apporter la cure psychanalytique, c’est essentiellement de permettre de modifier l’attitude adoptée vis-à-vis de cette souffrance. Si le patient en identifie la source, il peut réussir à mieux vivre avec elle. Guérir de son angoisse reviendrait finalement à réussir à vivre avec elle, sans angoisse. Lorsqu’elle est réussie, la psychanalyse amène le patient à conquérir une nouvelle faculté psychique  : celle de percevoir à l’intérieur de lui-même la cause inconnue des difficultés qui l’assaillent. Progressivement se développent en lui une intelligence du dedans et une intuition intérieure qui lui permettent de gérer les crises de l’existence. Mieux se connaître et s’accepter permet aussi de cultiver, au-delà de soi, la capacité de découvrir l’autre et d’apprécier la beauté de la vie, de profiter tant des grandes que des petites choses de l’existence. On comprend mieux alors que la guérison soit perçue par nombre de psychanalystes comme un bénéfice annexe, l’essentiel étant dans l’émergence de la part inconsciente qui mine le sujet, non sous la forme d’un saut intellectuel qui irait de l’ignorance au savoir, mais de la résurgence d’une émotion douloureuse et ignorée. Très souvent, retrouver son équilibre passe par la mise à jour de ses blessures, et ce, quelles que soient les méthodes employées pour y arriver. Colère, humiliation, culpabilité, angoisse et tristesse, toutes ces émotions traversent la personne. Les dire, les reconnaître, reconnaître aussi ses erreurs, le mal subi, le mal qu’on a fait subir est toujours bénéfique. Le faire en groupe, avec l’aide d’un thérapeute compétent ou d’un prêtre attentif est indispensable. Accepter son histoire, reconnaître loyalement ses torts dans l’effondrement de sa vie, retrouver la paix intérieure, pardonner, ne se fait pas sans l’aide active et discrète d’un tiers, de l’Autre, bref de l’altérité. Pour certains, ce sera avec un psy. Pour d’autres, ce sera dans la prière, la fréquentation des sacrements, l’eucharistie en particulier, dans la participation à une vie paroissiale ou de mouvements chrétiens que se reconstruira une « santé « spirituelle. Renaître à la vie, après de longs mois de souffrance, est possible. Cela passe nécessairement par la parole qui est donnée et celle qui est reçue. n J.B. Philosophie de vie n°7 - 27



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