Philosophie de Vie n°6 mar/avr/mai 2016
Philosophie de Vie n°6 mar/avr/mai 2016
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°6 de mar/avr/mai 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 33 Mo

  • Dans ce numéro : être positif, est-ce bon pour tout.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Développement personnel La sagesse, ça se cultive ! Du latin « sapientia », la sagesse est relative à l’intelligence, au jugement, au bon sens, à la prudence, au savoir, à la science, à la philosophie. Elle est couramment utilisée pour désigner le caractère de celui qui est raisonnable, ou qui fait preuve de modération dans les désirs. Mais la sagesse serait surtout le résultat d’une recherche personnelle et ardente de l’essentiel par la voie de la raison. Dans la tradition classique, de l’Antiquité jusqu’aux cartésiens, elle se rapporte, en revanche, au savoir, à la science, à la philosophie, la connaissance parfaite, englobant généralement l’idée de vertu. Elle est un prélude à un troisième sens dérivé de celui-ci car elle s’entend aussi du caractère de celui qui est un sage, qui réalise un type moral idéal, qui parvient à la vertu. Mais la sagesse ultime pourrait surtout permettre d’atteindre « un état de lucidité et de bonheur ultimes » par acceptation de ses propres souffrances et par amour profond des hommes. Des définitions multiples LA SAGESSE QUI GUÉRIT Voici une sagesse, qui prend en compte l’intégralité de l’être humain (corps-âme-esprit-pneuma), et le place au centre de ses préoccupations pour l’amener à la découverte de son « Être authentique » et le guérir des diverses maladies spirituelles déjà diagnostiquées par les maîtres de l’Antiquité. On retrouve ainsi l’approche holistique et transdisciplinaire qui caractérise l’œuvre de Jean- Yves Leloup. De Jean-Yves Leloup, Albin Michel, 256 pages, 18 € . 70 - Philosophie de vie n°6 Il n’est pas facile de définir simplement la Sagesse mais on peut en indiquer quelques composantes afin de mettre en relief ce qu’apporte la philosophie  : L’art de vivre et de mourir. Rappelons l’adage  : « Philosopher c’est apprendre à mourir. » Bien que ce soit plutôt donner à l’existence, si possible, sa pleine justification. La connaissance de soi ou tout au moins la recherche de soi  : qu’il s’agisse de la nature humaine en général ou du moi singulier. Le sens de la méditation, du recueillement et de l’intériorité. Et celui de l’interrogation. Le sens des valeurs, de leur authenticité et de leur juste hiérarchie. La formation du jugement et l’ouverture de l’esprit hors des spécialisations limitatives. Le sens d’une action, enrichie par la pensée, et conforme aux impératif de la dignité humaine. La délivrance de l’esprit, tiré du sommeil qui l’empêche d’exercer ses prérogatives. L’inquiétude radicale qui s’exprime dans la formule socratique  : « Je sais que je ne sais rien ». Bien d’autres éléments encore constituent la sagesse. Comme l’a montré Vialatoux, elle est faite à la fois du détachement des contingences et de l’engagement dans les tâches qui incombent à l’homme digne de ce nom, elle est à la fois contemplation et action. Une disposition de l’esprit Aristote a formellement défini la sagesse au livre VI de l’Éthique à Nicomaque. La Métaphysique reprend en quelque sorte les mêmes idées et la majorité des auteurs du Moyen Âge se sont inspirés de ces grands textes malheureusement trop méconnus. La sagesse est un habitus, c’est-à-dire une disposition de l’esprit, une vertu intellectuelle. L’habitus peut être inné ou acquis par l’exercice. L’habitus se définit par son acte et l’acte à son tour est défini par son objet. Selon les philosophes du XIII e siècle, il y a cinq grandes vertus intellectuelles fondamentales. Ces vertus portent le nom de sagesse, d’intelligence, de science, d’art et de prudence. Les philosophes de cette grande époque divisent ensuite ces cinq vertus en deux groupes principaux  : intelligence, science et sagesse concernent la fonction spéculative de l’esprit, ou si l’on veut, l’intellect spéculatif. Ces vertus perfectionnent l’esprit en tant qu’il connaît simplement. Art et prudence concernent la fonction pratique de l’esprit. Art et prudence perfectionnent l’esprit humain, en tant qu’il dirige l’activité de l’homme. Un caractère fondamental Le caractère fondamental de la sagesse est le suivant  : la sagesse est toujours à la recherche de la raison ultime, la raison dernière des choses. La sagesse remonte jusqu’à la cause finale de tout être et de toutes choses. Cette définition de la sagesse implique que la sagesse est théorique ou spéculative. La fin de À LIRE la sagesse est la contemplation des causes premières. En soi, elle ne vise aucune application pratique. Elle n’a, il va de soi, aucune utilité. Elle est absolument désintéressée. La sagesse, ainsi définie, est donc différentes des sciences particulières. Les sciences exactes ou expérimentales ne portent que sur un domaine limité. Elles ne remontent jamais au-delà des causes secondes. Elle explique un phénomène par un autre phénomène. La science exacte s’abstient forcément de sortir de son champ d’investigation qui est celui de l’expérimental et du calculable. Il y a donc une différence d’ordre entre les sciences exactes ou expé- SAGESSES PHILOSOPHIQUES En parcourant ces cours familiers et chaleureux, illustrés d’exemples, qui prennent leur essor avec Homère et qui s’achèvent avec Heidegger et Foucault, en passant par Bouddha, Rousseau, Freud et Sartre, les débutants vont pouvoir comprendre, sans jargon inutile, les piliers sur lesquels reposent en dernière instance les œuvres les plus fondamentales de notre histoire intellectuelle, morale et spirituelle. Et constater, grâce au guide incomparable qu’est Luc Ferry, combien leur compréhension est indispensable à celle du temps présent. « Sagesses d’Hier et d’Aujourd’Hui » de Luc Ferry, Flammarion, 976 pages, 25 € .
rimentales et la sagesse, science de toutes choses, par les premiers principes, à la lumière de la raison. La sagesse transcende les sciences expérimentales. Elle ne nie pas l’ordre dans lesquelles celles-ci évoluent. Elle respecte ce que les sciences réalisent dans leur domaine, elle s’appuie parfois sur leurs découvertes, mais ne transpose jamais leurs procédés dans l’ordre philosophique. La voie de la sagesse n’est donc pas celle des sciences exactes. Vers une connaissance de soi Pour cheminer vers la sagesse, les philosophes sont nombreux à penser qu’il faut d’abord se connaître soi-même. La première étape pour être enfin soi-même est d’abord de savoir qui l’on est vraiment. Éternelle question de Socrate  : « Qui es-tu toi qui sais ? » à nos modernes interrogations passant parfois par le divan freudien, sans oublier les innombrables journaux intimes pour tenter de comprendre notre humaine condition, la quête du moi débouche sur celle de l’homme et du sens de la vie. Chez les bouddhistes, la connaissance de soi est la forme première de la méditation, unique voie d’accès à la sagesse. Peu à peu délesté des influences dogmatiques, politiques et religieuses, des carcans familiaux et personnels, de toute forme de préjugés et de peurs, l’esprit peut enfin s’ouvrir à la seule vraie liberté. La connaissance de soi franchit les frontières de la personnalité pour entrer dans le monde infini de l’âme…. Tout un programme. La connaissance de soi est le savoir qu’une personne acquiert sur ellemême, en termes psychologiques ou spirituels, au cours de sa vie à l’occasion de ses expériences. « Gnothi seauton » en grec ou « Nosce te ipsum » en latin, « Connais-toi toimême », est la formule inscrite sur le fronton du temple de Delphes, dont Socrate a fait sa devise, initiant par là même une tradition millénaire qui ne sera contestée sérieusement que « Une partie importante de la sagesse et de la connaissance consiste à ne plus vouloir transformer les gens en ce qu’ils ne sont pas, mais à accepter ce qu’ils sont, à comprendre leur expérience de vie. » (Fun-Chang) Philosophie de vie n°6 - 71



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