Philosophie de Vie n°6 mar/avr/mai 2016
Philosophie de Vie n°6 mar/avr/mai 2016
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°6 de mar/avr/mai 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 33 Mo

  • Dans ce numéro : être positif, est-ce bon pour tout.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Donner du sens à sa vie croix, où la souffrance et les bonnes volontés ne servent qu’à obtenir du mérite pour l’au-delà. Cette notion de souffrance continue de faire l’unanimité chez la plupart des théologiens actuels, dont, notamment René Laurentin (prêtre théologien) qui explique dans son livre « Dieu existe, en voici les preuves », le rôle de la souffrance dans la vie humaine. Le physicien Richard Feynman objecte que selon lui, « la scène [de l’univers] est à ce compte beaucoup trop grande pour la pièce [de nos seules existences] », opinion partagée par Bertrand Russell. Pour Wittgenstein, « croire en Dieu c’est comprendre que la vie a un sens, croire en Dieu c’est voir que les faits du monde ne sont pas le dernier mot, croire en Dieu c’est voir que la vie a un sens ». Des esquisses de réponses Pour certains, se poser la question « Quel est le sens de la vie ? » pourrait être une tentative d’atténuer une autre question, potentiellement plus angoissante  : « Quel est le sens de ma vie ? » (En fait, une interrogation plus réellement problématique serait le sens de cette question même, et sur quels présupposés elle se fonde). On peut regrouper les tentatives de réponse en deux grandes familles  : Et si le sens ultime était « l’Amour » ? 42 - Philosophie de vie n°6 Trouver « le » sens ou trouver « du sens », c’est un chemin de vie. > Religieuses et métaphysiques Le sens de la vie réside dans un principe qui est au-delà du monde physique, par exemple Dieu. Alors, tous nos actes prennent sens par rapport à un « jugement », qui peut avoir lieu après la mort ou à chaque instant de la vie, et qui détermine la qualité de la vie après la mort, de la vie éternelle ou de la réincarnation. LA PHILOSOPHIE DE L’ENGAGEMENT S’engager, c’est donner du sens à sa vie. Par sa définition en psychologie et ses effets, l’engagement peut devenir une voie philosophique pleine de sens. Définition de l’engagement « L’engagement correspond, dans une situation donnée, aux conditions dans lesquelles la réalisation d’un acte ne peut être imputable qu’à celui qui l’a réalisé. » (Joule et Beauvois, 1998). Les effets de l’engagement - Sur le plan cognitif, l’engagement débouche sur une consolidation des attitudes, et sur une plus grande résistance au changement (effet de gel), il peut même déboucher sur un meilleur ajustement de l’attitude à l’acte réalisé (effet de rationalisation). - Sur le plan comportemental, l’engagement débouche sur une stabilisation du comportement et sur la réalisation de nouveaux comportements allant dans le même sens (effet de pied-dans-la-porte par exemple). Aussi, la psychologie de l’engagement propose-t-elle un éclairage théorique différent de certains processus psychologiques (appropriation, rationalisation, ou au contraire rejet, extremisation, etc.) en jeu dans les organisations, processus susceptibles de favoriser le changement ou, au contraire de le freiner. S’engager est donc une façon extraordinaire de donner du sens à sa vie, et ce, quel que soit le type d’engagement. Prenons un exemple avec la solidarité. La solidarité internationale ne doit pas être l’affaire que des ONG et des Etats. Parce que chacun a son rôle à jouer pour faire avancer la société vers moins de pauvreté et d’injustices, « la solidarité internationale, c’est l’affaire de tous ! » > Immanentistes, naturalistes, matérialistes Plusieurs explications sont possibles  : Le sens de la vie individuelle est relatif uniquement à l’espèce, donc à la reproduction, et le reste est illusion. Richard Dawkins va encore plus loin en estimant que le sens de la vie avant que l’homme ne s’en mêle était purement la survie des gènes,
leur intérêt passant avant ceux des individus comme de l’espèce. Fondamentalement, la vie est dépourvue de sens, autrement dit elle est absurde. Cela fixé, il est possible de poser individuellement des objectifs donneur de sens  : bonheur, réussite, etc. La finitude de l’Homme reste radicale (la mort est la fin de tout, l’anéantissement de la personne et du sens de sa vie), mais il peut s’approcher d’une finalité relative. Dans une conception légèrement différente de la précédente, on peut aussi considérer qu’il appartient aux hommes de construire, non plus individuellement mais collectivement, un sens à leur vie, quand bien même celle-ci serait « au départ » ou « en soi », absurde. Dans sa thèse L’Action, le philosophe Maurice Blondel jette un pont entre ces deux conceptions du monde en exposant les vertus qu’il trouve à l’action au sens le plus large, « jonction entre l’immanence et la transcendance ». Le Baal Ha- Soulam, dans son « Introduction à l’étude des dix séfirot », exprime la thèse que notre vie existe pour que nous en trouvions le sens. William Shakespeare fait dire à Macbeth (acte V, scène 5)  : « La vie n’est qu’un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on n’entend plus ; c’est une histoire dite par un idiot, pleine de fureur et de bruit, et qui ne signifie rien... » Une vie qui se vide… Dans notre vie de tous les jours, nous connaissons tous des personnes pour lesquelles la vie ne semble plus avoir de sens, souvent à la suite d’un drame personnel. Ce peut être le cas d’une femme dont l’unique enfant est mort, de rescapés d’un attentat meurtrier, de victimes de viols ou de violences conjugales, de personnes qui se retrouvent du jour au lendemain sans abris dans la rue suite à une perte d’emploi… Dans ces cas très douloureux, l’existence semble s’être vidée de tout son sel et l’on Il appartient à chaque être humain de construire son sens. entend alors « la vie ne vaut plus d’être vécue », menant à la dépression, voire au suicide. Tous les psychologues s’accordent à dire que la seule façon de remettre sur pied ces êtres humains malmenés par la vie, c’est de briser l’isolement dans lequel ils s’enferment. Bref, que l’on croit en Dieu ou pas, c’est bien l’Amour le seul remède. Car se sentir aimé suffit à trouver du sens à la vie et à sa propre vie, même quand tout semble perdu. L’autre voie qui se dessine pour aider ces personnes blessées et solitaires, c’est de les engager à travailler sur elles, au sein de groupes de parole, ou dans le cadre de thérapies plus personnelles. L’idée centrale est de les amener à comprendre qu’elles ne sont pas seules, pas seules à en être passées par là, pas seules à souffrir. En se réappropriant une présence au sein d’un groupe, elles peuvent alors progressivement sortir de leur isolement et trouver un nouveau sens à leur existence  : au départ en se faisant aider des autres, puis peu à peu, en aidant à leur tour d’autres personnes dans le besoin. Quand la vie semble ne plus avoir de sens, seules la foi en Dieu, dans les autres et/ou en soi-même peuvent permettre de se sentir de nouveau « vivant ». En être « souffrant certes, mais bien vivant » … n J.B. POUR ALLER PLUS LOIN À LIRE Vivre c’est se mettre au monde plusieurs fois  : la première naissance est évidente, physique ; les autres passent parfois inaperçues. Une vie, avec ce qu’elle nous donne et nous inflige, suppose de chercher profondément en soi les ressources pour s’adapter, faire naître en nous, à chaque étape, un être renouvelé, amélioré, plus mûr, plus dense. Une vie pour se mettre au monde c’est une vie pour apprendre à faire corps avec ce qui advient, les joies et les drames ; une vie pour faire de son existence un tout, décousu parfois mais unique ; une vie surtout pour apprendre à rester dans l’émerveillement. On sort de cette lecture extrêmement positif et joyeux, quel que soit son âge. « Une vie pour se mettre au monde » de Marie de Hennezel et Bertrand Vergely, Editions Carnets Nord, 222 pages. Philosophie de vie n°6 - 43



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