Philosophie de Vie n°6 mar/avr/mai 2016
Philosophie de Vie n°6 mar/avr/mai 2016
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°6 de mar/avr/mai 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 33 Mo

  • Dans ce numéro : être positif, est-ce bon pour tout.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Le droit au bonheur DOSSIER « Se connaître soi-même » jeune femme devenant épouse, puis mère au foyer ; la conquête de l’autonomie des femmes, le déclin du patriarcat, la démocratie familiale... Désormais, une telle trajectoire n’est plus « naturelle ». Le couple est plus instable, les rôles assignés à EXPERT 20 - Philosophie de vie n°6 l’homme ou à la femme ont perdu de leur évidence. De là découlent une instabilité et une incertitude des relations et configurations personnelles. Derrière la crise identitaire - faut-il se marier ou non ?, faut-il prendre le nom de son mari ?, RENÉ DAUMAL, POÈTE, CRITIQUE, ESSAYISTE, INDIANISTE ET ÉCRIVAIN FRANÇAIS « LE VRAI SOMMEIL DE L’ESPRIT » « Tel homme s’éveille, le matin, dans son lit. A peine levé, il est déjà de nouveau endormi ; en se livrant à tous les automatismes qui font que son on corps s’habiller, sortir, marcher, aller à son travail, s’agiter selon la règle quotidienne, manger, bavarder, lire un journal – car c’est en général le corps seul qui se charge de tout cela –, ce faisant il dort. Pour s’éveiller il faudrait qu’il pensât  : toute cette agitation est hors de moi. Il lui faudrait un acte de réflexion. Mais si cet acte déclenche en lui de nouveaux automatismes, ceux de la mémoire, du raisonnement, sa voix pourra continuer à prétendre qu’il réfléchit toujours ; mais il s’est encore endormi. Il peut ainsi passer des journées entières sans s’éveiller un seul instant. Songe seulement à cela au milieu d’une foule, et tu te verras environné d’un peuple de somnambules. L’homme passe, non pas, comme on dit, un tiers de sa vie, mais presque toute sa vie à dormir de ce vrai sommeil de l’esprit. Et ce sommeil, qui est l‘inertie de la conscience a beau jeu de prendre l’homme dans ses pièges  : car celui-ci, naturellement et presque irrémédiablement paresseux, voulait bien s’éveiller certes, mais comme l’effort lui répugne, il voudrait, et, naïvement il croit la chose possible, que cet effort une fois accompli le plaçât dans un état de veille définitif ou au moins de quelque longue durée ; voulant se reposer dans son éveil, il s’endort. De même qu’on ne peut pas vouloir dormir, car vouloir quoi que ce soit, c’est toujours s’éveiller, de même on ne peut rester que si on le veut à tout instant. » L’individu est tiraillé entre ses identités multiples. Il hésite, zappe, oscille entre ses multiples appartenances. Il est en « quête de soi » permanente. arrêter sa carrière pour faire des enfants, au risque de se voir enfermer dans le rôle de mère au foyer ? - et derrière la question identitaire (qui suis-je ?, que dois-je faire de ma vie ?) se profilent des enjeux personnels très concrets. On peut faire à propos des identités religieuses ou politiques le même constat que pour la famille ou le travail. L’individu est tiraillé entre ses identités multiples. Il hésite, zappe, oscille entre ses multiples appartenances. Il est en « quête de soi » permanente. Les engagements collectifs et les appartenances communautaires ayant moins d’emprise sur l’individu, il se retrouve à la fois plus libre, mais aussi plus désemparé. Le déracinement de l’individu est sans doute l’une des causes principales de la « quête identitaire » dont traite abondamment la littérature sociologique. Une quête identitaire essentielle Faire retour sur soi n’est pas un acte qui ne fait que stupidement redoubler la perception. La prise de conscience de soi favorise un éveil. Si je me suis comporté comme un imbécile, si j’ai été violent et que j’en prends conscience, je ne suis plus tout à fait un imbécile ou un violent au sens habituel, je commence à me voir tel que je suis. Mais la vigilance quotidienne autorise-t-elle la prise de conscience ? Avouons que non. C’est un peu comme si dans la vie quotidienne la plupart d’entre nous étions dans une sorte de somnolence et qu’il nous fallait quelques instants de lucidité dans notre existence pour casser la routine de nos habitudes. La prise de conscience ne devrait pas être seulement occasionnelle. La prise de conscience est un processus continu où elle n’est rien. On ne peut dire en ce sens que l’on s’éveille définitivement, car si c’est pour s’endormir dans une nouvelle habitude, ce n’est plus une prise de conscience. Lucidité & introspection Le processus continu d’éveil par lequel nous mettons constamment en lumière ce que nous sommes est la lucidité. (texte) La lucidité est un état de constante observation de tout ce qui advient en moi et pas seulement une vigilance qui m’attache à l’extériorité. Elle ne peut pas reposer sur une division entre un sujet/objet, parce qu’elle n’est pas en réalité le résultat d’une réflexion introspective sur soi. Observer sans juger, sans condamner, ne crée pas de division, l’observation lucide se maintient dans l’unité du sentiment. La lucidité n’est pas une forme d’auto-analyse où le moi se diviserait en moi-juge/moi-condamné, ce qui caractérise l’introspection. La lucidité et l’introspection sont donc deux choses très différentes. Par contre, l’introspection reste enfermée dans l’arène de l’ego qui se glorifie, ou se condamne, qui se juge ou se déjuge. « L’introspection cultive les conflits, les processus d’isolation du soi » explique Krishnamurti. « Il est tout à fait symptomatique que l’introspection aboutisse souvent à ce constat déprimant que je n’arrive pas
à me changer, je suis « moi » si médiocre, si petit que je n’arrive jamais à être celui qui je voudrais être. Elle cultive le conflit avec soi, car elle enveloppe toujours un jugement, une évaluation, or comprendre et se comprendre, ce n’est pas juger. » La conséquence en est que la lucidité - correctement comprise - ne nourrit pas l’ego, elle tend plutôt à le dissoudre. Il n’y a pas de « moi » dans la lucidité, mais seulement la conscience témoin, la conscience attentive à ce qui est, la conscience impersonnelle qui est capable justement de discerner les mécanismes de l’ego et sa nature. C’est donc dans cette conscience, par un processus de constante découverte que peut avoir lieu une véritable connaissance de soi. De l’intérêt du chemin… Faut-il pour autant abandonner toute recherche de soi ? Faut-il, au contraire, poursuivre l’entreprise commencée et aller toujours plus avant dans la recherche de la connaissance de soi ? Avons-nous les moyens d’explorer notre inconscient ? S’il est fort improbable que nous puissions parvenir à une connaissance absolue de nousmêmes - ce qui ferait de nous l’égal des « dieux « qu’évoque l’inscription du temple de Delphes -, nous pouvons tout de même accéder à une meilleure connaissance de nousmêmes. L’introspection nous permet de mettre de l’ordre dans nos sentiments, l’appel au regard de l’Autre nous donne une vision de nousmêmes plus objective, la psychanalyse permet de faire remonter à la surface du conscient nos désirs secrets, le maintien en éveil de notre conscience agrandit notre entendement, et l’esprit d’autocritique assure la constance de nos recherches, indispensable dans la mesure où nous sommes des êtres de changement et où nous ne sommes plus les mêmes d’un moment de notre vie à un autre. Le nécessaire travail intérieur Mais on ne le dira jamais assez  : décider d’entreprendre un travail intérieur, avec l’aide d’un spécialiste, demande beaucoup de courage et C’est donc dans cette conscience, par un processus de constante découverte que peut avoir lieu une véritable connaissance de soi. EXPERT GUY LAZORTHES, AUTEUR DE « L’ÉTHIQUE MÉDICALE ET LA PHILOSOPHIE » LA CONNAISSANCE DE SOI « Elle éclaire tout homme sur ce qu’il est et ce qu’il peut ; elle le sauve des illusions souvent funestes qu’il se fait sur lui-même. « N’est-il pas évident, cher Xénophon, dit Socrate, que les hommes ne sont jamais plus heureux que lorsqu’ils se connaissent eux- mêmes, ni plus malheureux que lorsqu’ils se trompent sur leur propre compte ? » En effet, ceux qui se connaissent sont instruits de ce qui leur convient et distinguent les choses dont ils sont capables ou non. Ils se bornent à parler de ce qu’ils savent, cherchent à acquérir ce qui leur manque et s’abstiennent complètement de ce qui est au-dessus de leurs capacités ; ils évitent ainsi les erreurs et les fautes. Ceux qui ne se connaissent pas et se trompent sur euxmêmes sont dans la même ignorance par rapport aux autres hommes et aux choses humaines en général. La connaissance de soi est la science première. « Connais-toi toi-même » veut dire  : renonce à chercher hors de toi, à apprendre par des moyens extérieurs ce que tu es réellement et ce qu’il te convient de faire ; reviens à toi, non pas certes pour te complaire en tes opinions, mais pour découvrir en toi ce qu’il y a de constant et qui appartient à la nature humaine en général. » de volonté. Car ce que l’on va apprendre de soi n’est pas forcément agréable à entendre. Il va falloir comprendre, accepter ses propres douleurs, ses propres défauts, ses propres erreurs. C’est donc tout un nettoyage de l’égo qui va se mettre en œuvre, pour renaître à quelqu’un de plus ouvert, de plus tolérant, de plus construit. Très peu d’individus sont capables de mener ce travail long et douloureux, car il conduit souvent à « accepter l’inacceptable », à « nous détacher à ce qui nous attache », à « voir ce que nous aimerions ne jamais regarder ». Et l’auto-analyse, nous direz-vous ? En quoi consiste-t-elle et est-elle possible pour le commun des mortels ? Le principe de l’auto-analyse est né lorsque Freud a considéré les rêves comme des expressions humaines à part entière et mis au point une méthode pour les interpréter. Cette pratique n’est pas, pour autant, réservée au fondateur de la psychanalyse. Elle est accessible à tous ceux qui acceptent leur inconscient. Cependant, s’ouvrir à sa part irrationnelle nécessite rigueur, pratique et lucidité. Là encore, des spécialistes peuvent nous aider à instaurer ce dialogue entre nos parties les plus méconnues, nos désirs secrets et notre pensée consciente, grâce à l’attention portée à nos rêves, nos actes manqués, nos symptômes et nos relations aux autres… n J.B. À LIRE Pierre angulaire de renseignement de Krishnamurti, la connaissance de soi est la forme première de la méditation, voie d’accès à la sagesse. « De la connaissance de soi » par Krishnamurti, Decitre Interactive. Philosophie de vie n°6 - 21



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