Philosophie de Vie n°4 jui/aoû/sep 2015
Philosophie de Vie n°4 jui/aoû/sep 2015
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°4 de jui/aoû/sep 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 41,5 Mo

  • Dans ce numéro : la gentillesse en mode de vie... est-ce que cela paye ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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● La vie & moi LA VIE & MOI et sa présentation, la donnée et son approche sont indissolublement liés. C'est à ce fait-ci que le croyant actuel est devenu très sensible. Foi & croyance Quand on parle de croyance et de foi, il importe de distinguer  : 1. La certitude Savoir de manière certaine ou être convaincu ? Souvent le contenu traditionnel des "vérités de foi" ne peut pas être prouvé. Nos contemporains le ressentent très fort  : ils "ne savent" pas. En théologie, les dogmes étaient pourtant présentés comme savoir sûr  : une thèse était formulée, puis les soi-disant "preuves" étaient tirées de l'Ecriture, de la Tradition et de la "raison". La conclusion se tirait sans hésiter  : Voilà, maintenant c'est sûr qu'il en est ainsi. De fait, est-ce tellement sûr ? 2. La conviction Les réalités transcendantes, pourraiton les "prouver" ? On n'en a donc pas un savoir péremptoire, on avance seulement une conviction. A juste titre, car il est exact que certaines choses qu'on ne peut connaître vraiment, on les accepte, on les "croit", parce THINKSTOCK D.R. qu'elles semblent importantes pour donner sens à l'existence. On les trouve tellement acceptables qu'elles deviennent une conviction, même si celleci à proprement parler ne peut se prouver. Ces convictions sur les questions vitales sont indispensables pour se situer sur une base solide. Aussi les abandonne-t-on plus difficilement que les connaissances qui, elles, sont plus faciles à mettre au point après plus ample ou plus récente information. Mais il faut se garder de prendre conviction personnelle pour vérité absolue. 3. La confiance Les "définitions de foi" sont-elles ce qu'il y a de plus important ? Jésus est-il venu pour donner des "explications" au sujet de Dieu ou de notre existence humaine ? N'est-ce pas plutôt pour mettre notre existence sous impact divin et l'amener ainsi à sa pleine humanité ? Autrement dit, ne s'agit-il pas plutôt de "croire en Lui" (la foi) que de "croire des choses sur Lui" (croyances) ? La théologie ne doit-elle donc pas accentuer le bon agir, vu à partir de l'agir de Dieu et de Jésus, plutôt que le bon savoir ? « Se passer de Dieu... Je veux dire  : se passer de l'idée de Dieu, de la croyance en une Providence attentive, tutélaire et rémunératrice... n'y parvient pas qui veut. » (André Gide) Prier pour croire ? Pour de nombreux croyants, « Il faut croire pour prier et prier pour croire » Est-ce une contradiction ? Apparemment, oui, aussi convient-il de préciser les choses et de lever cette contradiction. Croire pour prier  : Beaucoup de personnes autour de nous ne prient pas du tout parce qu’elles n’ont pas la foi. Comment demander au nihiliste ou à l’athée convaincu de prier ? Il n’y a rien ni personne à écouter ni à qui parler. L’homme se tait. Il est seul. Il doit construire sa liberté comme il le peut, selon des critères qui varient infiniment de l’un à l’autre. Le philosophe spiritualiste ne prie pas non plus. « Il admet un Principe Absolu, un Etre initial, ou une Force, un Dynamisme primordial qui met tout en branle et soutient le flot continu et multiple des êtres. Mais on ne parle pas à un Principe. Et le Principe est muet. On peut le reconnaître, s’y soumettre, capter le maximum de force émanant de lui. Ça s’appelle le Yoga, le Zen, la méditation transcendantale, pas la prière. Car la prière est l’articulation d’un cri, l’écoute passionnée d’une réponse. Elle suppose un pari initial énorme  : quelqu’un peut me parler. Je peux l’entendre. C’est le pari initial de la foi, de la foi judéo-chrétienne et de la foi islamique  : Dieu est vivant. Il est quelqu’un qui a des oreilles et une bouche... un cœur pour aimer. » 44 - Philosophie de vie n°4 74 FÉMININPSYCHO
L’acte de croire Comment, en quelques mots, dresser un tableau du contexte dans lequel se situe la proposition de la foi aujourd’hui ? L’acte de croire se vit dans une recherche de sources nouvelles. Si la religion organisée a perdu du terrain, le « croire » en dehors du cadre des institutions est loin d’avoir dit son dernier mot. De plus, la recherche croyante est sensible à l’émotion. Les gens veulent un Dieu proche du cœur et du corps. Enfin l’acte de croire se situe aujourd’hui dans une quête d’identité. Face au foisonnement de propositions des sens, face aux questions que pose l’installation DE certaines religions en France, beaucoup s’interrogent  : à quoi est-ce que je crois ? Quelles sont les valeurs qui m’ont façonné ? Quelles sont mes appartenances, mes fidélités ?. Ce sont des questions importantes parce que l’identité religieuse donne des racines, inscrit dans une histoire et permet d’accéder à un groupe. Devant un tel constat, que faire, que vivre, quels chemins proposer ? THINKSTOCK D.R. Croyance & philosophie Pour Pascal, tout est une question de juste mesure. Il faut savoir « soumettre sa raison quand il faut, douter quand il faut et assurer quand il faut ». Autrement dit, il est indéniable qu'il y a des disciplines dans lesquelles l'on doit s'en remettre à l'autorité des anciens et des théories établies sans chercher à les remettre en cause (c'est le cas de l'histoire, la géographie, la linguistique, etc.) et d'autres domaines où il ne faut pas se reposer sur des croyances anciennes, mais chercher au contraire à remettre « Les fruits de la pratique spirituelle - la sérénité, la vigilance, la clarté de l'esprit - et ses manifestations extérieure - la bonté, le non-attachement, la patience - relèvent plus de la preuve que de la croyance. » (Jean-François Revel) en cause et dépasser le savoir existant (c'est le cas des disciplines scientifiques  : mathématiques, physique, géométrie). dimension à la croyance, puisqu’elle se situe à un tout autre niveau où le savoir n’est plus la base de la croyance. Descartes dit ainsi que le doute radical des méditations métaphysiques conduit à rejeter des vérités. Mais il n'exclut pas la possibilité de réintégrer ces vérités admises, puis rejetées, à l'édifice de la connaissance. Leur contenu sera le même mais leur statut aura changé. Mais il faut d'abord que l'ordre de sa méditation les fonde comme telles. Descartes n'efface pas ces représentations, il continue de les posséder, mais il suspend leur statut de vérité en attendant de les avoir fondées aux yeux de sa propre raison, en attendant de les avoir pensées. La croyance apparaît donc souvent comme un savoir « par défaut », c'està-dire un premier niveau de connaissance qu'il faut cependant chercher à dépasser pour atteindre des certitudes véritables. Lorsque nous progressons dans notre connaissance et dans nos méthodes de réflexion, la croyance est remplacée par le savoir, et lui cède le pas naturellement. Mais au-delà, la foi apporte une nouvelle L’homme a besoin de croire pour vivre et si ce n’est pas à première vue en un Dieu ou en l’Autre, c’est au minimum en croyant en lui qu’il pourra survivre aux aléas de la vie. n I.N. À LIRE « Croire en soi  : Ou la confiance perdue et retrouvée » de Jean-Claude Liaudet, Editions l’Archipel. « Croire en Dieu Croire en Soi » d’Anselm Grün, Editions Mediaspaul. THINKSTOCK D.R. Philosophie de vie n°4 - 45 FÉMININPSYCHO 75



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