Optimiste n°1 nov/déc 2015
Optimiste n°1 nov/déc 2015
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°1 de nov/déc 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 13,7 Mo

  • Dans ce numéro : tout peut changer en mieux !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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44 Le défi d’être soi nouvel équilibre, c'est-à-dire par le retour à un sentiment de satisfaction suffisante, d'accord avec soi-même et avec ses choix. Ce qu’apportent les psys En consultation chez un psy, le premier point à aborder est le contexte de vie dans lequel s'insère la crise. Survient-elle à la suite d'un événement précis ou résulte-t-elle d'un processus au long cours ? Pourquoi cette question ? Parce qu’en fonction de la réponse, nous allons savoir si les crises maturatives précédentes ont été résolues ou s'il en reste des reliquats. Par exemple, nombre de personnes affirment « Je n'ai pas vécu de crise d'adolescence ». Ces personnes-là n'auront donc pas résolu complètement la question de l'autonomisa- EXPERT THINKSTOCK EXPERT FRÉDÉRIC LENOIR, Philosophe et sociologue Le processus d'individuation tion. Or, résoudre cette question est une étape incontournable. Lorsque cette tâche n"est pas accomplie en temps et en heure, elle va se représenter à la personne ultérieurement, par exemple lors de l'accès à la parentalité vers 20 ou 30 ans ou en milieu de vie. Le travail psychothérapeutique va donc se structurer autour des étapes de vie de la personne, autour des facilités ou des difficultés avec lesquelles elle a composé. L’importance du milieu de vie C'est l'approche de la réalité et de l'inévitabilité de notre propre mort à venir qui apparaît comme un élément fondamental de la crise du milieu de vie. La mort n'est plus une idée en général où la perte de quelqu'un d'autre  : « On se savait mortel, tout à coup on se sent mortel » R. Barthes. L'homme prend conscience de la LISBETH VON BENEDEK, Docteur en psychologie et psychanalyste. Changer ce qui doit l’être « La clé réside principalement dans la question  : "Qu'est-ce que je dois faire que je n'ai pas encore réalisé ? " Et aussi  : "à quoi ai-je dû renoncer dans la douleur ? " Entamer un dialogue avec soi est incontournable. Que ce soit avec un professionnel ou bien en se montrant authentique. En clair, c'est un moment de bilan où l'on doit jouer cartes sur table, de se donner les moyens de découvrir qui nous sommes réellement et changer ce qui doit l'être. » « Selon l’Insee, la période la plus heureuse d’une vie est celle comprise entre nos 50 et nos 70 ans. Cela me paraît assez logique. On a vécu, on a acquis de la maturité, on a pu tenir compte de ses expériences et de ses erreurs pour devenir plus authentiquement soi-même. C’est ce que CarlGustave Jung appelle « le processus d’individuation ». C’est souvent vers les 40-45 ans, à l’étape du milieu de vie, qu’ont lieu ces questionnements existentiels. C’est le moment où l’on cherche à savoir qui l’on est vraiment, ce pour quoi on est fait, et où on réajuste ses choix de vie. » condition précaire de son individualité propre, il fait le bilan de son passé, de ses réalisations avec souvent regrets, déceptions, d'autant plus que le temps s'amenuise. Entre 35 et 47 ans, plus ou moins consciemment, l'homme se pose des questions telles que  : « Qui suis-je ? Qu'ai-je accompli ? Mon œuvre estelle valable ? Ai-je vraiment envie de continuer à faire ce que je fais, à être ce que je suis ? » Il remet tout en question. D'après J. Lévinson la crise durerait environ cinq ans. En fait, la nature du conflit critique est plus fondamentale à considérer D.R. THINKSTOCK
que l'âge de survenue ; cette notion apparaît importante à Millard pour qui la crise du milieu de vie peut survenir n'importe quand à l'âge moyen. À l'occasion d'événements extérieurs significatifs de la vie (éloignement, déménagement, problèmes professionnels...) une impression de malaise existentiel, de changement intérieur mal accepté, un sentiment de remise en question du monde et de sa propre vie envahissent la personne. La personne d'âge mûr lutte en fait contre la mort  : mort de ses exploits physiques de jeunesse, des ambitions de son adolescence, de ses espoirs de grande réussite, mort de certaines ambitions pour ses enfants… C'est le deuil de la demi-vie. Mais ce qui est intéressant c’est qu’à chaque deuil suit une renaissance du sujet. Une renaissance pour soi Cette renaissance prend tout son sens parce que c’est grâce à cette remise en question de son existence à son milieu de vie, que l’on apprend enfin à se connaître vraiment, à se poser les bonnes questions et à définir ce qui est bon pour soi et ce qui ne l’est pas, donc ce que l’on veut et ce que l’on ne veut plus. Vous avez dû souvent entendre des amis vous dire « Je ne sais pas encore vraiment ce que je veux, mais ce que je sais c’est ce que je ne veux plus » ! C’est par exemple une épouse soumise tout au long de son premier mariage qui vient d’être quittée pour une femme plus jeune, qui affirmera enfin son caractère et recherchera alors une relation d’égal à égal avec son nouveau compagnon. C’est aussi un expert-comptable qui aura repris par obligation l’entreprise de son père qui décidera du jour EXPERT « Qu’est-ce que le bonheur sinon l’accord vrai entre un homme et l’existence qu’il mène ? » (Albert Camus) CHRISTOPHE FAURÉ, Psychiatre, auteur de "Maintenant ou jamais ! " La crise du milieu de vie « Je la rencontre chez mes patients. Entre 40 et 60 ans, on voit son corps se transformer, sa relation de couple se déliter ou se banaliser, ses parents vieillir, ses enfants partir, sa situation professionnelle ronronner. Et on ressent une urgence à s’accomplir. On vit aujourd’hui plus vieux, et à 50 ans, on a encore 30 années devant soi. Les femmes, plus proches de leurs émotions et plus conscientes de ce changement biologique dans leur corps, sont, de ce point de vue, plus aptes à conscientiser ce passage que les hommes, qui ont tendance à se jeter dans l’action. La crise n’est que la partie au lendemain de tout plaquer pour devenir peintre et vivre de son art, sa véritable passion. On se rapproche ici des thèses d’existentialisme de Sartre ; une philosophie humaniste car l'homme n'est soumis à aucun principe supérieur et qu'il décide lui-même du sens de sa vie. L'homme n'est prisonnier d'aucun déterminisme, d'aucune fatalité. « L'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe même de l'existentialisme ». Au cours de cette renaissance, il ne s’agit pas tant de changer, mais de changer sa façon de voir la vie et notamment sa propre existence. En s’explorant à l’intime de l’intime, on peut alors déterminer vraiment ce que l’on veut faire de sa vie. Et en se fixant des objectifs de immergée et spectaculaire d’un lent processus qui se fait en nous. La crise, c’est la Cocotte-Minute qui explose parce qu’on a refusé de reconnaître qu’on était anxieux de vieillir et qu’il était urgent de redonner du sens à sa vie. Mais il est possible de traverser cette période comme une évolution et pas une révolution, si on est lucide sur ce sentiment fugitif de déclin et de perte qui nous traverse et si on cherche à reconstruire quelque chose. Oui, on peut échapper à la maladie, à la dépression, à la crise si l’on accepte réellement de travailler et de préparer cette deuxième moitié de vie. » vie qui nous ressemblent vraiment, on peut alors s’épanouir pleinement. Si tout cela vous semble compliqué parce que vous n’êtes pas en pleine crise existentielle, prenez une feuille de papier et notez d’un côté ce que vous ne voulez plus et de l’autre ce que vous voulez vraiment au fond de votre cœur. Essayez, vous verrez, ça vaut vraiment le coup ! n J.B. THINKSTOCK 45





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