MicMag n°4 déc 14/jan 2015
MicMag n°4 déc 14/jan 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de déc 14/jan 2015

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : CNCD-11.11.11.

  • Format : (235 x 335) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : le contrôle des frontières.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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#MICmag C’est le moment, c’est l’instant ! Avec celui-ci, quatre numéros de MICmag sont sortis jusqu’à présent. L’occasion pour nous de recueillir votre avis sur notre magazine ! Il vous a plu ? Des informations ont retenu votre attention ? Vous attendez d’autres éclairages ? Vous en voulez plus ? Nous avons besoin de vos idées et commentaires. Contribuez à faire vivre et évoluer MICmag. Pour réagir, une adresse : info@micmag.be En prise directe avec ce dossier, MICmag vous invite au cinéma ! Le Festival Cinéma Méditerranéen se déroulera du 5 au 12 décembre au Botanique à Bruxelles. Fictions, documentaires et concerts sont au programme de cette 14 e édition. Luxembourg, terre d’asile… … pour les grosses fortunes belges qui pratiquent l’évasion fiscale en toute légalité. (Merci Luxleaks.) MICmag vous offre 3 x 2 places pour chacun des 2 films suivants : Lundi 8 décembre à 19h15 Io sto con la spoza de Antonio Augugliaro, Gabriele Del Grande, Khaled Soliman – Palestine/Italie. Pour passer les frontières de l’Europe, un groupe de Palestiniens et de Syriens ayant fui la guerre, un poète palestinien et un journaliste italien imaginent un stratagème : un faux cortège nuptial avec sa mariée et ses invités. Mercredi 10 décembre à 21h Return to Homs de Talal Derki – Syrie/Allemagne. Durant 2 ans, le réalisateur suit Abdel Basset, 19 ans, gardien de but de l’équipe de foot nationale syrienne, devenu rebelle. Ses camarades et lui se battent pour protéger les habitants captifs de la ville assiégée de Homs. Envoyez un mail à pina.manzella@cbai.be en précisant la séance choisie et en mentionnant « concours MICmag ». Les gagnants seront avertis par retour de mail. www.cinemamed.be 02 800 80 04 info@cinemamed.be ~~ st«+aI 1 ~einéma ` Méditerranéen cum- 2 MICmag #4 / décembre 2014 migrations « Selon que vous serez puissant ou misérable,… », disait La Fontaine. En Belgique, mieux vaut être exilé fiscal qu’exilé tout court ! Alors que tout le volet « asile et migrations » de l’accord de gouvernement est rédigé sur le mode du « migrant abuseur » qu’il faut contrôler de près pour le renvoyer au plus vite, bizarrement, le ton est très différent dès qu’il est question de naturalisation. Une nouvelle mesure fait son apparition : la prise en compte des « mérites économiques » pour faciliter l’acquisition de la nationalité. Et là on se dit que c’est moche quand même pour Johnny et tous les Bernard Arnault de France et de Navarre qui ont loupé de peu la nationalité belge alors qu’on leur déroulerait le tapis rouge aujourd’hui. interculturel Parmi les nouvelles mesures de l’accord du gouvernement du 10 octobre dernier, il y a l’interdiction, dans la fonction publique, de tout port de signes ostentatoires reflétant des convictions personnelles (religieuses, politiques ou philosophiques). Les fonctionnaires exerçant une autorité en contact direct avec le public doivent avoir l’air neutre. Mais une apparence objectivement neutre existe-t-elle vraiment ? La présomption de neutralité est en principe exigée pour l’ensemble des agents de l’État et vise le service rendu plutôt que l’apparence de la personne qui le rend. En pratique, cette mesure pose donc de nombreuses questions. Le gouvernement se serait-il engagé sur la pente savonneuse des discriminations ? coopération L’aide au développement serait-elle principalement destinée à coopérer… aux coupes budgétaires ? On le sait, les temps sont durs pour le budget de l’État. La coopération avec les pays en développement fait donc figure de cible facile puisque ses bénéficiaires n’ont, par définition, pas le droit de vote en Belgique. Rappel : les dépenses annuelles en la matière avaient déjà été rabotées de plus de 500 millions d’euros lors de la législature précédente. Et là, le nouveau gouvernement annonce 279 millions de coupes supplémentaires d’ici 2019. Alors que la Belgique s’est engagée à consacrer 0,7 % de son revenu national brut à l’aide au développement, on devrait atteindre 0,35 % à partir de 2019, soit tomber en-dessous de la moyenne européenne. Vous avez dit mauvais élève ?
édito Danser, résister Henri Goldman Encore la Palestine. Cet été, Gaza a été bombardée. Plus de 2 000 morts. Pendant ce temps, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la colonisation avance à grands pas protégée par un appareil qui empêche tout contact entre les Palestiniens et les colons qui ont accaparé les meilleures terres. le profil Féminisme d’avant-garde Jamila Zekhnini I ~ I ~ I © Massimo Bortolini I Gratia Pungu est née en Belgique dans les années 60, peu après la vague des indépendances africaines, dont celle du Congo. Selon sa lecture, la société de l’époque accueille, en général, les enfants « métis » de manière hostile. Ils sont « objets de honte », quand, de surcroît, le métissage implique une transgression à la hiérarchie de prétendues races et de genre. Enfant, Gratia Pungu, est ainsi placée en orphelinat, bien que ses deux parents soient vivants, comme c’était le cas pour beaucoup d’enfants métis dans les colonies. Adulte, elle se heurte, dans sa vie professionnelle, à des propos ou des comportements, à caractère non seulement raciste, mais aussi sexiste. Elle partage ainsi le lot commun des femmes actives, au-delà de leurs origines. Nous sommes dans les années 80, période durant laquelle elle s’intéresse de plus près aux mouvements de lutte contre l’apartheid et féministe. Le premier mouvement aborde le problème du racisme mais, à l’époque, s’intéresse surtout à la figure de l’étranger et analyse peu le racisme dans ses ressorts propres à la société belge, notamment au travers de l’héritage colonial. Le second mouvement offre un cadre théorique performant pour l’analyse des mécanismes discriminatoires. Mais à l’heure actuelle, Gratia relève l’incapacité du mouvement féministe traditionnel à être porteur d’un projet d’émancipation pour toutes les femmes, quelles que soient leurs origines, culturelle et sociale, et en déplore l’exploitation par des mouvements ouvertement racistes. Les Israéliens et les Palestiniens ne se parlent pas, ne se connaissent pas. Il est plus facile de haïr quand « l’autre » n’a pas de visage humain. Côté israélien, un grand rabbin déclarait : « Les Palestiniens sont des serpents que Dieu regrette d’avoir créé. » En face, un prédicateur koweitien appelait « chaque mère musulmane à biberonner ses enfants à la haine des fils de Sion afin qu’une nouvelle génération se lève pour les rayer de la surface de la planète ». Et à l’intérieur de l’État d’Israël ? Surprise : un Israélien sur cinq… est Palestinien, descendant de ceux qui, en 1948, quand cet État a été proclamé, sont restés sur place. La situation de ces citoyens israéliens est paradoxale. Peut-on vraiment, en tant qu’Arabe, disposer de droits égaux dans un État juif ? En Israël non plus, ils ne se mélangent pas. Sauf dans quelques villes mixtes où des Palestiniens côtoient des Juifs trop pauvres pour aller vivre ailleurs. C’est le cas de Jaffa, à côté de Tel Aviv. Ville exclusivement arabe il y a 70 ans, elle compte encore un tiers de Palestiniens. Dans un climat échauffé par la guerre et l’intrusion de groupes d’extrême droite, la cohabitation n’est pas facile. Un homme, Pierre Dulaine, ancien champion de danse de salon, né à Jaffa en 1944, a fait un pari fou : faire danser ensemble des enfants, juifs et palestiniens, de sa ville natale. Danser ensemble, se toucher, se regarder dans les yeux, pour s’humaniser. Quand on danse ensemble, on ne peut plus se haïr. Ce rêve a débouché sur un film. Mais qui peut croire que le conflit pourrait disparaître par le miracle de la danse ? Il faut d’abord faire respecter le droit international et le chemin sera long. Mais toute solution juste de ce conflit interminable doit de toute façon déboucher sur une forme de cohabitation entre deux peuples condamnés à s’entendre. Danser ensemble, pour résister sans haine et ne pas insulter l’avenir. Militante active sur le terrain syndical depuis de nombreuses années, elle exprime ses convictions avec vigueur. « Je suis, aujourd’hui plus que jamais, persuadée de l’importance des luttes sociales, de leurs connexités, et de la nécessité d’y inclure les combats féministes et antiracistes. » « Dancing in Jaffa », de Hilla Medalia, sera projeté dans les salles à partir du 10/12. Une présentation publique aura lieu le 9/12, au cinéma Vendôme (Bruxelles). MICmag soutient cette présentation. MICmag #4 / décembre 2014 3



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