MicMag n°2 jun à sep 2014
MicMag n°2 jun à sep 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun à sep 2014

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : CNCD-11.11.11.

  • Format : (235 x 335) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Adnan Januzaj, le footballeur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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MICmag pour parler de nous « MICmag ? Je vous vois venir : on va encore nous bassiner avec les étrangers »… N’ayez crainte, cela n’arrivera pas. Pourquoi ? Mais parce que les étrangers… sont des Belges, et réciproquement. Nous sommes officiellement plus de onze millions. Dont environ 1,2 million de nationalité étrangère. Dont deux tiers d’Européens, qu’on ne peut plus vraiment considérer comme des étrangers. Parmi les quelque dix millions de Belges selon les papiers, beaucoup sont nés étrangers : près de 900.000. En remontant d’une génération, on ne trouve plus en Belgique que 60 % de personnes « d’origine belge ». En remontant de deux, on arriverait sans doute à 50 %, et nettement moins à Bruxelles. Et tout ceci s’entremêle au gré des amours d’où naissent des petits métis qui construiront la Belgique de demain. Heureusement, Wallons et Bruxellois ne sont pas des obsédés de l’identité nationale. Nos racines sont multiples. Il nous suffit de partager le présent et, si tout va bien, l’avenir. Quant au reste du monde qui nous préoccupe, ce ne sont que les terroirs d’origine de cette moitié d’entre nous dont les ancêtres ne sont pas des Gaulois. En parlant des Blacks, des Arabes ou des Latinos, MICmag ne parlera finalement que de nous. www.micmag.be migrations Plus de 107 000 migrants auraient été interceptés au sud et à l’est de l’Europe en 2013. C’est ce qui ressort des derniers chiffres diffusés par Frontex, l’agence de contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne. Les principales portes d’entrée sont l’Italie avec notamment l’île de Lampedusa (50 000), la frontière gréco-turque (30 000), la route des Balkans (19 000) mais aussi l’Espagne avec le détroit de Gibraltar et les enclaves de Ceuta et Melilla (7000). Ces migrants viennent aujourd’hui de Syrie, d’Afghanistan, d’Erythrée, de Somalie, du Kosovo… Ils n’auront pas eu la possibilité d’introduire une demande d’asile sur le territoire européen. Interpellant quand on sait que ces pays figurent dans le « Top 10 » des pays d’origine des réfugiés reconnus en Belgique en 2013. interculturel Jusqu’il y a peu, le paysage politique flamand devait composer avec un important parti d’extrême droite : le Vlaams Belang. Aux élections du 25 mai, ce parti s’est fait rétamer. Ainsi, au Parlement flamand, il ne conserve que 6 sièges sur 21, ne drainant plus que 6 % des voix. On est loin des 24 % de 2004. Comme de juste, on applaudit. Pourtant, si l’extrême droite flamande part en vrille, on ne peut pas encore en dire autant des slogans anti-immigrés, vieux démons et courtes vues qui surfent sur les peurs et piègent la raison. Son leader Filip De Winter ne détient pas le monopole d’analyses assassines du genre « Le problème n’est pas le vieillissement mais le brunissement ». Citoyens, partis politiques, médias ont les moyens d’enrayer la mécanique de la haine de l’Autre. En défendant les valeurs du vivre ensemble et du dialogue, en tordant le cou aux idées fausses avec des chiffres et des arguments avérés. coopération Après deux ans de baisse, l’aide mondiale au développement a augmenté de 6,1% entre 2012 et 2013, atteignant 134,8 milliards de dollars. Mention particulière pour l’Angleterre (+27,8%), l’Italie (+13,4%) et la Suède (+6,3%). Les pays scandinaves, l’Angleterre et le Luxembourg ont même dépassé l’engagement international d’allouer 0,7% de leur revenu national brut (RNB) à l’aide au développement. La Belgique, elle, fait partie des 11 pays donateurs qui ont enregistré en 2013 une baisse de leur aide : - 6,1%, soit 0,45% de son RNB. Pourtant, en 2010, la Belgique avait presqu’atteint l’objectif de 0,7% (0,64 très exactement). Mais entre 2011 et 2013, ce montant a fondu d’un tiers. 2 MICmag #2 / juin 2014
- i • ©AFP édito Musée juif : un attentat qui met le « vivre ensemble » à l’épreuve Henri Goldman le visage Januzaj, le Diable aCCueilli en Messi François CoRBiau Son visage ne figure pas dans l’album original « Panini », signe que tout s’est fait très rapidement. Peu importe. Il était attendu et la Belgique lui a déroulé le tapis rouge. « Il marque du droit et du gauche, son pied gauche est phénoménal, il est rapide et va droit au but », explique le sélectionneur de l’équipe nationale belge, Marc Wilmots. En football comme en politique, on appelle ça des « mérites exceptionnels ». Et en Belgique, ça ouvre des portes. Depuis 2012, seules les personnes qui démontrent des mérites exceptionnels dans les domaines sportifs, scientifiques et socioculturels peuvent encore devenir belges via la procédure prévue à la Chambre. Conséquence : aucune naturalisation en 2013, alors qu’elles s’élevaient à près de 5000 l’année précédente. Mais si Adnan Januzaj constitue un atout sportif indiscutable pour notre pays, la question ne s’est pas posée dans son cas. Fierté nationale Né à Bruxelles d’un père albanais et d’une mère croate tous deux originaires du Kosovo, le jeune Diable possède la double nationalité. La Belgique et l’Albanie ont longtemps attendu qu’il fasse son choix. Il aurait même, dit-on, tapé dans l’œil du sélectionneur national anglais et du turc qui aurait tenté de faire jouer les origines de ses grands-parents pour le sélectionner. Maintenant qu’il a opté pour les Diables Rouges, il doit répondre aux questions des journalistes sur son intégration dans l’équipe, mais aussi sur son attachement véritable à notre pays. Une équipe métissée qui, avec sa jeune génération, est devenue le symbole renouvelé d’une identité moderne et multiculturelle. Désormais, les Fellaini, Lukaku, Chadli ou Kompany côtoient des noms « bien de chez nous ». Ensemble, ils incarnent la Belgique d’aujourd’hui et de demain. À l’image d’une certaine équipe de France « black-blanc-beur » qui avait remporté la Coupe du monde en 1998. De quoi inspirer nos Diables ? Un crime. Particulièrement odieux, comme tous ceux qui tuent à l’aveuglette. Mais la cible est juive et le tireur, semblet-il, musulman. On le sait : entre Juifs et musulmans, la moindre étincelle enflamme les passions. Dans les actions et les réactions, il importe de rester juste. Jusqu’à présent, bravo. Les autorités belges et la société civile ont réagi avec gravité et responsabilité. Certains attendaient les musulmans au tournant. Ceux-ci furent présents, sans ostentation. Des communiqués sobres de solidarité et de compassion. Juste. Dans de telles circonstances, surtout ne pas donner l’impression qu’une victime pèse plus qu’une autre en fonction de son origine. Ne pas réduire le criminel à sa religion. Refuser le principe ignoble de la responsabilité collective et la spirale mortifère des actions en représailles. En faisant ce constat lucide : cette pratique est malheureusement courante de nos jours, et ce sont tout autant des puissances militaires que de petits artisans du crime qui y recourent. Pourtant, certains ne peuvent s’empêcher de mettre de l’huile sur le feu. Et pas seulement à l’extrême droite. Ainsi, le philosophe Michel Onfray, déjà mieux inspiré, s’est fendu de ce tweet après l’arrestation du suspect : « Mehdi Nemmouche le tueur antisémite de Bruxelles : à quand la grande manifestation de musulmans pour se désolidariser de cet islam-là ? ». On a envie de lui répondre comme Mohamed Ali après le 11 septembre quand on lui demandait quel effet ça lui faisait de partager la religion de Ben Laden : « Et vous, quel effet ça vous fait de partager la vôtre avec Hitler ? ». MICmag #2 / juin 2014 3



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