Loco-Revue n°28H novembre 2010
Loco-Revue n°28H novembre 2010
  • Prix facial : 15 €

  • Parution : n°28H de novembre 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 92

  • Taille du fichier PDF : 66,6 Mo

  • Dans ce numéro : la peinture en modélisme.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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28 Diluer les peintures acryliques à l’eau : les bonnes méthodes et les bons produits Comme évoqué dans le chapitre précédent, les acryliques à l’eau requièrent certaines précautions en matière de dilution et beaucoup de modélistes sont souvent déroutés, voire frustrés suite à une mauvaise dilution de ce type de peinture. L’acrylique à l’eau demande en effet une attention particulière pour sa dilution étant donné que son solvant principal est l’eau. Pour commencer, prenez toujours en compte que ces peintures, plus que les autres encore, sont sensibles à la température (évitez de peindre par des températures inférieures à 10°c), à l’humidité, à la lumière et aux courants d’air, ces différents paramètres ayant une grande influence sur leur séchage. Il est important de souligner qu’une dilution à l’eau seule n’est pas recommandée pour deux raisons : une dilution excessive à l’eau seule affecte les propriétés du film de peinture et la tension superficielle élevée de l’eau en fait un très mauvais solvant face aux surfaces hydrofuges. Si vous souhaitez cependant diluer vos peintures à l’aide d’eau, l’utilisation d’un additif est conseillé. Il permet de maintenir les qualités, solidité et stabilité du film de peinture et d’éliminer la tension superficielle de l’eau. Le fluidifiant Flow-Aid de Liquitex est particulièrement efficace de ce point de vue. Ce fluidifiant étant concentré, il faut le diluer à raison d’une part de fluidifiant pour vingt parts d’eau distillée ou déminéralisée. Le mélange obtenu appelé eau « mouillée », permet de diluer votre peinture à raison d’une part d’eau « mouillée » pour quatre parts de peinture au maximum, soit 25% du volume de peinture. On peut également utiliser de l’alcool comme additif (vérifiez toujours au préalable sa compatibilité avec la peinture choisie. Voir tableau 1bis au chapitre 2). Mais, vu que les additifs comme l’alcool ne contiennent que très peu ou pas du tout de liant synthétique, ne dépassez jamais ce dosage, sous peine d’affecter à nouveau la stabilité du film de peinture. À ce propos, il est d’ailleurs préférable d’utiliser le diluant des fabricants (Tamiya, Gunze Sangyo par exemple) qui sont des polyalcools plus complexes et moins volatiles. Bien entendu, ce taux de dilution peut être augmenté pour d’autres usages, comme les lavis, les jus ou bien encore les filtres ou glacis, les exigences de tenue Les dilutions, une affaire de dosage Pour une application au pinceau (et à condition qu’elle soit effectivement applicable par ce moyen), une peinture achetée toute prête ne requiert généralement aucune addition de diluant. Il arrive cependant très souvent qu’en vieillissant une peinture s’épaississe, il suffit là aussi de la diluer légèrement avant utilisation. Il convient cependant d’éviter les excès de diluant qui, en fluidifiant exagérément la peinture, en diminuent le pouvoir couvrant, obligeant ainsi l’opérateur à prévoir un nombre de couches trop important. Pour une application à l’aérographe, la dilution des peintures est obligatoire afin de garantir un fonctionnement correct de l’appareil et l’application d’un film aussi mince que possible. En général, pour être pulvérisable dans de bonnes conditions, une peinture doit avoir la consistance du lait, ce qui correspond à une addition de 20 à 40% de diluant suivant sa viscosité originelle et sa couleur (les teintes claires contiennent toujours des pigments plus lourds et répartis en plus grand nombre dans leur liant). Ainsi que nous l’avons vu au chapitre précédent, il y a de nombreuses exceptions à cette règle et le taux de dilution acceptable par une peinture varie [HORS SÉRIE LOCO-REVUE 20] en fonction de sa composition. D’une manière générale, on peut dire que les peintures dont la filmification dépend d’une réaction chimique (oxydation des glycéro et, dans une moindre mesure, coalescence des acryliques à l’eau) nécessitent, pour bien fonctionner, un dosage relativement précis de leurs divers composants. Un surdosage de diluant ne permet pas d’obtenir une correcte filmification parce qu’il y a déséquilibre chimique au sein du liant qui, de ce fait, tarde à durcir ou n’y parvient pas totalement. Au contraire, la filmification des peintures séchant simplement à l’air n’est pas affectée dans son processus par un éventuel surdosage de diluant. Dans un tel cas, le film de peinture sera certainement peu couvrant, sans doute un peu moins adhérent, mais il séchera toujours. D’ailleurs, dans de nombreux cas, vous serez ravis de pouvoir compter sur cette caractéristique présentée par les peintures à séchage physique, en particulier lorsque vous voudrez patiner légèrement un matériel roulant ou un accessoire de décor (évocation d’une surface poussiéreuse, légèrement sale ou à la teinte passée). Dans tous ces cas, vous souhaiterez avant tout obtenir un film translucide, caractéristique que l’on ne peut attendre que d’une peinture largement diluée (à condition évidemment que sa charge pigmentaire soit de bonne qualité et présente notamment une du film de peinture n’étant pas les mêmes dans ces cas. Pour une application à l’aérographe, l’utilisation d’un médium spécialement conçu pour la dilution de ces peintures est particulièrement recommandée. Il permet d’augmenter la fluidité de la peinture et de réduire fortement les risques de bouchage de la buse ainsi que l’accumulation de peinture sur l’aiguille pendant les phases de pulvérisation. On peut utiliser le diluant Vallejo ou bien encore le Airbrush Medium de Liquitex par exemple. Ce dernier est en fait un médium préfiltré, prêt à l’emploi pour une utilisation à l’aérographe comme au pinceau d’ailleurs, dont la formulation est un prémélange d’émulsion de polymère acrylique, d’eau distillée, de retardateur et de fluidifiant Flow-Aid. Uniquement diluées avec ce médium, les peintures acryliques gardent leurs qualités et ne perdent ni leur flexibilité ni leur pouvoir d’adhérence, même à très forte dilution. Dans un premier temps, diluez au minimum votre peinture à raison d’une part de peinture pour deux parts de diluant Model Color/Prince August ou d’Airbrush Medium, soit 50% du volume de peinture. Si vous utilisez des peintures de type Model Air ou Prince August Air, l’ajout de quelques gouttes de diluant, dans une proportion de 10 à 15%, permet d’augmenter encore la fluidité et retarder le séchage de la peinture dans l’aérographe de manière significative. Ces taux de dilution doivent être augmentés si nécessaire, sachant que la dilution peut aussi varier en fonction de chaque couleur (variation de la taille des pigments et de leur concentration). En règle générale, la pression doit rester basse et sera comprise entre 0,8 et 1,2 bars maximum avec un godet à aspiration et de 0,5 à 1 bar maximum avec un godet à gravité à une distance de 10 à 15 cm environ de la surface à peindre. Retenez toutefois que la bonne dilution d’une peinture varie en fonction de la pression, du type d’aérographe utilisé, de la taille de la buse, du type de godet employé (gravité ou aspiration), mais aussi du type de peinture mis en œuvre et que par conséquent, il n’y a pas de règle universelle et précise dans ce domaine… Franck Tavernier grande finesse). Ceci dit, les surdosages de diluant provoquant des déboires sont beaucoup plus rares chez les amateurs débutants que les sous-dosages qui, plus ennuyeux, conduisent à un film épais, inesthétique, et provoquent des troubles de fonctionnement de l’aérographe. Là encore, de nombreux essais préalables de dilution vous aideront à trouver les dosages les mieux adaptés à la peinture utilisée et au genre de film que vous souhaitez obtenir. L’important est de toujours soigneusement noter vos conclusions ; ce n’est qu’à cette condition que vous arriverez à obtenir une constance dans la qualité de vos travaux de peinture. Encore un mot : lorsqu’après une séance de travail, il vous reste de la peinture diluée non utilisée, ne la mélangez jamais avec celle, non encore diluée, issue du pot d’origine ou obtenue par contretypage, car vous finiriez par ne plus savoir où vous en êtes dans vos dilutions… Sage précaution : pour une teinte donnée, prévoyez donc toujours deux récipients de stockage : l’un pour la teinte brute, l’autre pour la teinte diluée ! La base matante : simple à utiliser La base matante (ou agent de matage) fait partie des charges que l’on ajoute aux constituants
22 solides d’une peinture (voir chapitre 1) pour lui procurer certaines caractéristiques particulières. Comme son nom l’indique, la base matante sert à casser la brillance d’un film de peinture. Elle se présente sous l’aspect d’un liquide blanchâtre séchant très vite à l’air en donnant une couche poussiéreuse semblable à celle qu’on obtient en laissant sécher du Miror, petite expérience permettant d’ailleurs de s’apercevoir qu’une base matante n’est rien d’autre qu’une poudre micronisée (généralement du kaolin) mélangée à un solvant. Dans notre domaine, il est indispensable d’avoir toujours sous la main ce type de produit, afin de pouvoir ajuster avec précision l’aspect d’une teinte par ajouts successifs de petites quantités de base jusqu’à obtention du fini désiré. La plupart des firmes proposant des peintures offrent également de la base matante. Citons par exemple celle de Railcolor ou encore celle d’Interfer… Ces deux produits peuvent être fluidifiés à l’aide de diluant Interfer ou P502 Railcolor, au choix, lorsque vous constatez qu’ils ont tendance à se solidifier dans leur récipient, ce qui arrive souvent, mais n’a heureusement aucune incidence sur leurs qualités. Ces deux bases matantes peuvent être utilisées avec les peintures acryliques à solvant, nitrosynthétiques, et glycérophtaliques. Si l’on souhaite les utiliser avec de la peinture acrylique à l’eau, il faudra préalablement faire sécher à l’air (quelques minutes suffisent) la dose requise avant de la rediluer à l’eau distillée ou déminéralisée (éventuellement additionnée d’une petite quantité d’alcool dénaturé), car le diluant qu’elles contiennent n’est pas compatible avec ce type de peinture. Autre solution : employer la base matante Tamiya (réf. X-21) ou Hobby Color Gunze Sangyo (réf. H40) prévues d’origine pour les peintures acryliques à l’eau. Attention cependant avec certaines marques de peintures. Faites toujours un essai préalable ! En règle générale, pour mater une peinture brillante, il faut lui ajouter 3/10 de base matante, alors que 1/10 suffit pour lui conférer un aspect satiné. Il ne s’agit là que de valeurs indicatives, destinées à vous donner une idée des proportions habituellement employées. Dans la pratique, tous les degrés de matité peuvent être obtenus ; il faut néanmoins savoir qu’au-delà d’une certaine quantité de base introduite, les différents ingrédients d’une peinture risquent de se trouver en déséquilibre et de produire alors un film fragile. La base matante devra donc être introduite progressivement dans la peinture, en vérifiant après chaque ajout - et agitation soigneuse - le résultat obtenu. Bien entendu, cet ajout devra toujours se faire avant dilution et filtration de la teinte préparée. Pour terminer, remarquons que l’on peut naturellement se passer de base matante et préférer appliquer, plus classiquement, une fine couche de vernis satiné ou mate sur les surfaces déjà peintes. Toutefois, bien que plus radicale et plus rapide, cette dernière méthode conduit à ajouter une couche de plus (donc une épaisseur supplé- 3 - La conservation des peintures : quelques précautions suffisent Afi n de conserver à vos peintures toutes leurs qualités durant longtemps et obtenir d’elles les résultats escomptés, il faut les traiter avec certains égards. Voici quelques points importants à respecter. L’entretien des pots La plupart des peintures glycéro des grandes firmes (Humbrol, Revell…) sont conditionnées en petits pots métalliques avec couvercle emboîtable 22 - La base matante est l’une des seules charges que vous serez amené à ajouter à vos peintures pour en casser la brillance. C’est un produit composé d’une poudre micronisée mélangée à un solvant. Ainsi formulé, il peut être utilisé avec tous les types de peintures, à l’exception des acryliques à l’eau pour lesquelles la base matante Tamiya X-21 conviendra alors parfaitement. (Photo Jean-Paul Quatresous) mentaire !) sur la surface traitée. Accessoirement, cette couche est faite d’un produit - le vernis - dont le comportement dans le temps n’est pas toujours très fiable, comme nous l’avons vu plus haut. L’antisilicone : un additif parfois bien utile Comme signalé au chapitre 1, l’antisilicone est un produit que l’on ajoute à une peinture avant de l’appliquer sur un support présentant des traces siliconées (agent de démoulage) ou ayant été peint avec une peinture contenant déjà un antisilicone. En effet, la présence de silicones sur un support empêche le film de s’étaler correctement, provoquant à sa surface quantité de microcratères. Aujourd’hui, la majorité des modèles fabriqués en Chine sont peints avec des peintures contenant de l’antisilicone et il est donc nécessaire en cas de remise en peinture de ces modèles d’ajouter un peu d’antisilicone au mélange peinture/diluant. De l’antisilicone, on en trouve chez AMF 87. Baptisé « Anti’sil », il est vendu en flacon de 30 ml (réf. P604) et est compatible avec la plupart des peintures à solvant (il ne convient donc pas pour les peintures acryliques à l’eau). Il s’ajoute au mélange peinture/diluant à raison d’une goutte pour 10 ml. Notez que cette dose est à respecter soigneusement, tout excès risquant de provoquer l’effet inverse du résultat recherché (obtention de microcratères). Notez encore que l’Anti’sil peut s’avérer pratique pour la peinture des pièces moulées en résine dont les moules en élastomère de silicone laissent des traces aussi tenaces qu’invisibles. par simple pression. De la fermeture correcte du couvercle dépend la bonne conservation du produit. Il importe donc que ce couvercle demeure constamment en bon état et qu’il ne soit pas déformé lors de sa première ouverture par une [HORS SÉRIE LOCO-REVUE 20] 29



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