Lisette n°1-11 25 sep 1921
Lisette n°1-11 25 sep 1921
  • Prix facial : 0,20 F

  • Parution : n°1-11 de 25 sep 1921

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Éditions de Montsouris

  • Format : (190 x 247) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 17,3 Mo

  • Dans ce numéro : Linette et son poilu.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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3 Je peux dire que, depuis quelque temps, mes journées sont mouvementées, et, grâce à vous, nies petites filleules étourdies ! A chaque instant on vient frapper à la porte de mon bureau, et je vois apparaître l'une des nombreuses personnes chargées de classer le fameux concours du « Baptême de la poupéen. Elle tient invariablement en main une ou plusieurs feuilles qu'elle brandit désespérément  : « — Encore une qui n'a pas mis son nom ! Celle-ci a oublié son adresse ! reconnaîtrie.i-vous l'écriture, Marraine ? Je viens à vous comme à mon dernier espoir ! » Mais votre pauvre marraine a beau examiner sur toutes ses faces la petite feuille incomplète, elle n'arrive pas à deviner de qui vient l'envoi. Je ne connais pas encore vos petits griffonnages à toutes, vous comprenei, et puis beaucoup d'écritures de fillettes se ressemblent. A regret, je rends le papier anonyme avec un soupir, car je connais d'avance la conclusion  : — Il va falloir le mettre au panier.. Et cela me peine, parce que cette feuille de concours représente le travail inutile d'une de mes chères petites amies et que la nécessité de l'annuler va causer une déception... Mais, aussi, pourquoi, mes chères filleules, n'ave ; -vous pas lu attentivement le règlement si clair et si complet du concours ? Beaucoup d'entre vous ont envoyé leurs réponses sans attendre la feuille spéciale du n°4, sur n'importe quel papier, sans joindre de bons. D'autres, au contraire, ont découpé ces bons, à tort et à travers, en les joignant aux rébus, découpés, eux aussi, bien qu'ils n'aient aucun rapport avec le concours ! VSEti erTrj G 0 z..yeeexer xe, eletve  : etja ecee de Ze fte.4. GIStItE AIME IIES ET 13lilleGBETTE Gisèle n'est pas contente du ohapeau que sa maman lui a donne pour Jouer au jardin. Elle décide de le modifier suieant son goût. Dans ce but, elle dévalise les rosiers grimpants et se fait une superbe guirlande. A la bonne heure 1 Voilà qui est charmant ! Ravis, la petite fille, pressée d'inaugurer son chef-d'œuvre, va s'asseoir à l'ombre dans le joli petit bois ; elle a justement reçu e Lisette s ce matin et compte passer une heure délicieuse. Le part im de son chapeau a, sans qu'elle s'en doute, attire Manchette, la grosse chèvre du fermier. e-Y>e sz) D'autres enfin, nous donnent des aperçus tout à fait inattendus de leur science mathématique ; c'est ainsi que les unes nous déclarent que sur les mille premières poupées, il y en aura 873 blondes et 253 brunes... (Elles ne feraient guère fortune ces petites « compteuses » là si elles tenaient un fonds de commerce !) Tandis que d'autres affirment qu'il y aura 50o brunes et 3oo blondes.. Et ce ne sont pourtant pas des petites qui ont fait ces erreurs ! ce sont des grandes, pour lesquelles les quatre règles ne doivent plus avoir de secrets !... Ce n'est donc pas ignorance, mes chères petites, mais étourderie... Je sais bien que c'est un petit défaut qui passe avec l'âge, niais à condition, toutefois, qu'on lui fasse un peu la guerre, sinon il a bien des chances de s'installer en vainqueur, dans quelque petite tranchée fortifiée, d'où l'on aura bien de la peine à le déloger plus tard. Les remèdes sont simples, pourtant  : réfléchir un tout petit instant avant d'agir... relire une seconde fois ce que l'on n'a pas très bien compris... écouter des deux oreilles quand on vous dit quelque chose au lieu de n'en ouvrir qu'une, à demi, et de tendre l'autre pour écouter la mouche qui vole ou le vent qui souffle !... Cela demande un effort très petit, mes filleules, un effort, récompensé bien vite par d'excellents résultats. L'étourderie amène tant de malheurs, petits et grands, depuis les déceptions personnelles dont elle est cause, jusqu'aux vraies catastrophes dont elle peut être l'originel.. Guerre donc à cette petite ennemie sournoise qui vient de jouer de si vilains tours à beaucoup de mes gentilles filleules, à l'occasion du « Baptême de la poupée ! » MARRAINE. L'animal se met à dévorer les belles roses cuivrées... La petite fille, plongée dans sa lecture, ne faisait pas un mouvement. A la fin, l'ardeur de Manchette faisant danser le chapeau, Gisèle y porta les mains agigo épouvante... D'un coup de langWeun peu brusque, la chèvre achevait son repas... Et la petite coquette, désolée, ne put que contempler le désastre, car le chapeau lui-même était deveni informe. Pendant ce temps, Manchette ruminait près de là les jolies roses parfumées, insensible aux larmes que sa gourmandise faisait répandre. 1
I LTITâ`\%" !, ; -NiUlf1ALL dee'reeree ROMAN ?. INÉDIT\1,1 N% CHAPITRE VI (Suite.) n\\hi — Demain, dit-il, j'apporterai une carabine Flobert, si Mlle de Beyle y consent. Pour une idée, on peut dire que c'est une bonne idée. En attendant quelle promenade amusante et comme on a bien l'impression d'étre dans une Ile déserte ! — Allons un peu de courage. nous approchons des hautes roches. C'est William qui encourage ses compagnons. Paul a le visage rayé d'une griffe profonde, et les mollets en sang. Ce sont les épines qui, en longues guirlandes, tapissent le sol et souvent même barrent le chemin qui l'ont ainsi meurtri, mais le croiraiton, lui si grognon habituellement, il sourit, il parle, il est vif et joyeux. Jack a fait un accroc à la manche de sa veste et Gribouillet a les mains déchirées. — Vois-tu, dit Francis pour le consoler, c'est tout à fait comme dans l'île de Robinson. Il nous'faudrait une hache pour avancer sans dommage maintenant. — Arrêt I dit soudain William à voix basse, on a bougé là-bas ! — On a bougé ? Ce n'est pas possible, qui veux-tu que ce soit ? — Je ne sais pas, mais j'ai vu remuer. — Un lièvre, un lapin. — Non pas, la forme que j'ai imparfaitement distinguée était haute et forte... un homme peutêtre... tenez, regardez, là... là, derrière ces arbres...voyez-vous à présent. —Oh ! mais c'est vrai...qui donc vient dans cette partie de l'île. Pas trop rassurés, les enfants se sont groupés et parlent à voix basse. Nul ne songe à plaisanter. — Qu'allons-nous faire ? demande Bernard. — Si qu'on s'sauvait 1 dit le prudent Gribouillet. Et il esquissait déjà un pas de retraite. — Vendredi ne quittait jamais Robinson, reprit William. A ces mots, le brave garçon Gribouillet grimpa reste cloué sur place. — Mais m'sieu Williàm, si des fois c'était une de ces grosses bêtes dont vous m'avez parlé. — Ça ne fait rien, il faut rester. — Approchons tout doucement, dit Francis, et puis l'un de nous montera sur un arbre, de là, il verra tout. L'idée était bonne. A pas comptés, les enfants s'approchèrent du bouquet d'arbres dans lequel se dissimulait évidemment une forme humaine, puis, leste comme on l'est à quinze ans, Gribouillet grimpa à un arbre  : — Ah ! ben par exemple, pour sûr qu'c'est trop fort ! — Quoi ? qu'y a-t-il Gribouillet, dis vite ? — La mère Gervaise, la mère Gervaise qu'est en train d'plumer un joli pigeon blanc... enfin elle le tortille, elle le tâte... voyez-vous c'te vieille qui peut seulement pas se traîner dans !'village et qui s'en vient jusqu'ici. — Et par où donc est-elle passée... vois-tu une barque ? — Pas plus qu'ici... ah 1 mais v'là qui est drôle ! Un magnifique pigeon blanc venait de s'élever dans les airs et s'éloignait d'un vol rapide.\‘‘N efe — C'est un pigeon voyageur, dit Jack. — Mais, que vient-il porter à la mère Gervaise, et elle-même pourquoi est-elle ici I... — D'après ses manigances, dit Gribouillet, bien sûr qu'elle devait lui attacher un papier sous l'aile... moi je trouve qu'elle est bien mystérieuse la mère Gervaise — Et elle aime joliment Françoise... Ah I elle se retourne. La mère Gervaise avait encore l'oreille fine. Bien que les enfants parlassent à voix basse, elle perçut des bruits inaccoutumés et s'en inquiéta. — Ah I te v'là Gribouillet, dit-elle, d'une voix que l'émotion rendait tremblante, que fais-tu donc sur cet arbre — Mais nous sommes tous là, madame Gervaise, dit Bernard, qui s'avança et découvrit ses amis, nous vous avons aperçue de loin sans vous distinguer. — Et vous vous êtes sans doute demandé ce que je fais là ? — Nous nous sommes seulement demandés comment vous êtes arrivée jusqu'ici. — Ici, dit la mère Gervaise, étendant son bras vers l'est, ici, il y a l'écluse des Martin, et près de l'écluse un vrai chemin de pierres ; à certaines heures on peut arriver jusqu'ici... moi j'y viens quelquefois. — Ah 1 vous venez quelquefois ? Elle regarda avec une méfiance mal disimulée les jeunes garçons qui l'observaient. — Que croyez-vous que j'y vienne faire ? demanda-t-elle. — Mais vous reposer sans doute, dit Bernard ingénument. — Oui, oui, m'y reposer, mon petit monsieur. —Et l'pigeon, mère Gervaise ? dit Gribouillet qui n'avait au- (cune arrière-pensée, vous l'avez laissé partir. La mère Gervaise blêmit sous.(c sa coiffe blanche. — Le pigeon... je l'ai trouvé à cette place, je l'ai caressé, ranimé avec un peu d'eau... mais ne croyez pas au moins que ce pigeon I... Allons, au revoir mes petits amis, soyez toujours bien gentils et bien bons et aimez ma pauvre Françoise, c'est une malheureuse enfant qui a besoin qu'on l'aime.- — Quelle singulière vieille, dit William, quand la Gervaise se fut éloignée, plus voûtée et plus triste que jamais. — Oh ! oui, singulière, moi elle me fait peur. — Non, elle a l'air bien doux et bien bon. William s'était baissé, ramassant à ses pieds un fragment de papier blanc, sur lequel il put lire  : « quinze jours... attendez... va bien. » C'est en vain que les enfants cherchèrent à compléter cette étrange missive, ils ne trouvèrent nul autre papier autour d'eux. — Qu'est-ce que cela peut vouloir dire ? demanda Francis. — C'est certainement une partie de la lettre que transportait le pigeon voyageur, dit Bernard... Maintenant à qui était-il envoyé ? C'est ce que nous ignorons. — Le pigeon était entre les mains de la mère Gervaise, reprit Jack, et ces admirables messagers ne se laissent guère approcher qu'à l'endroit où ils ont coutume de revenir. si



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