Le Sport Hebdo n°2 2 avr 2010
Le Sport Hebdo n°2 2 avr 2010
  • Prix facial : 2,50 €

  • Parution : n°2 de 2 avr 2010

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 12,4 Mo

  • Dans ce numéro : exclusif... pour Jacquet, les bleus peuvent gagner.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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40 DIDIER POULMAIRE A quand remonte votre passion pour le sport ? Tout jeune et j’en veux pour preuve que lors d’un conseil de classe, mon prof de français avait dit à mon père : « Avec votre fils, c’est prioritairement le sport et accessoirement les études ». Le soir, quand mon père était rentré à la maison, il m’avait dit : « Tu vas inverser la tendance. Ça va être prioritairement les études et accessoirement le sport ». Pour arriver à ses fins, il m’a mis chez les jésuites ! Quel est l’événement sportif qui vous a le plus marqué ? La mort de Senna. J’ai commencé à être avocat le jour de sa mort. C’est un sportif qui me fascinait. J’aime aussi admirer les grands footballeurs, Zidane, Platini, Messi, Ronaldo. J’aime le sport en général en fait, que ce soit le foot, le sport automobile, la natation, l’athlétisme. En faisant ce métier, j’ai découvert beaucoup de sports. J’ai aussi été marqué par les différents Jeux Olympiques que j’ai pu découvrir de l’intérieur. Comment avez-vous débuté ? En 1994, j’ai intégré l’un des plus grands cabinets d’avocat d’affaires et créé le département sport. J’étais persuadé que ce secteur allait se structurer. Je suis aussi parti six mois aux Etats-Unis et là-bas j’ai appris le sport business. Et c’est en vous occupant de Laure Manaudou que vous vous êtes fait connaître. On a parlé de moi à travers Laure, mais avant elle, j’ai fait beaucoup de choses. Je travaillais déjà avec Amélie Mau- LE SPORT HEBDO N°2 - DU 2 AU 8 AVRIL 2010 resmo et je lui avais fait signer un contrat de 10 ans avec Alain Afflelou. J’étais aussi dans le milieu de la F1, je suis intervenu pour pas mal de sportifs. Quel est votre objectif quand vous prenez en mains les destinées d’un sportif ? Mon objectif était de rapprocher le secteur économique et le sport. Je veux faire en sorte que l’argent soit au bénéfice de l’athlète. Je travaille toujours dans le respect de l’athlète. Quand Laure avait 17 ans, je lui ai fait signer un contrat de 5 millions d’euros, elle a signé de gros contrats. Quel est votre rôle auprès du sportif ? Il y a de plus en plus d’enjeux, les situations sont complexes, il faut tout étudier à la loupe maintenant. Il faut être de plus en plus présent. Le sportif a besoin des acteurs de l’économie et in ver sement. Je joue un rôle de pédagogue, je sensibilise les athlètes à l’importance des sponsors et les sponsors aux contraintes très dures auxquelles sont soumis les sportifs, je leur parle du fonctionnement de l’athlète qui lui est le plus démuni dans l’histoire car il n’est pas du tout préparé. Nous avons d’ailleurs un site internet (www.didierpoulmaire.com) qui détaille le tout. PASSION SPORT « En France, on n’a pas bien réussi le mariage entre le sport et l’argent » Avocat spécialisé dans le droit du sport, Maître Poulmaire gère les intérêts de nombreux sportifs dont Laure Manaudou et YoannGourcuff. Il nous explique comment il travaille avec ses poulains, nous parle de sa passion, de sa vision du sport et de son métier. Propos recueillis par Valérie Pratdessus « Yoann, quand il ne jouait pas trop au Milan AC, il y avait beaucoup moins de personnes qui l’appelaient » Est-il plus facile de s’occuper d’un garçon ou d’une fille ? Chaque athlète est un cas particulier. Je ne vais jamais les solliciter, c’est eux qui viennent. Dans le cas de Yoann, c’est sa maman qui est venue me voir, pour Laure, c’était son père. Il y a toujours une petite période de fiançailles, j’attends de voir à qui j’ai affaire. Avant de débuter une collaboration avec quelqu’un, je pars d’une page blanche, je discute avec l’intéressé et si le courant passe, je m’engage, mais pas sur du court terme. Yoann, ça fait quatre ans qu’on travaille ensemble par exemple, Amélie, 10 ans et Laure, 6 ans. Je travaille toujours sur la durée, les athlètes aiment ça et ils savent que je serai là dans les bons comme dans les mauvais moments. Pour Yoann, par exemple, je peux vous dire que quand il ne jouait pas trop au Milan AC, il y avait beaucoup moins de personnes qui l’appelaient ou prenaient de ses nouvelles qu’aujourd’hui. Les agents passent d’un joueur à l’autre. Moi j’accorde beaucoup d’importance à la dimension humaine. Gérez-vous tout de A à Z ? Oui et je peux vous dire que ça prend beaucoup de temps. Je cherche à sécuriser l’avenir de l’athlète en lui choisissant des partenaires qui l’aideront sur la durée. Mais bon, comme je ne suis pas expert dans tous les domaines, j’ai mis en place une plate-forme en m’entourant des meilleurs professionnels selon les secteurs. Le sport est devenu tellement complexe qu’il faut faire appel à des professionnels. Il faut aussi apprendre au sportif à gérer sa carrière tout seul. Je ne crois pas aux gourous. Dans le milieu, il y a trop d’agents qui se positionnent comme des gourous, on leur raconte trop d’histoires. Ma carte de visite, c’est mon travail. N’est-ce pas un discours un peu utopique dans un monde parfois superficiel ou l’argent coule à flots ? Y a-t-il encore de la place pour les valeurs humaines ? Oui je crois aux valeurs humaines. Au bling-bling, j’oppose le travail. Le sport se professionnalise, le sportif doit se professionnaliser comme les économies qu’il a en face. Mais il peut se professionnaliser tout en gardant ses valeurs. D’ailleurs, je ne travaille pas avec beaucoup de sportifs (Manaudou, Bousquet, Gourcuff, Mauresmo) car j’estime qu’il est impossible de bien gérer beaucoup de sportifs à la fois. La qualité est antinomique de la quantité et puis je ne travaille pas que pour les sportifs. J’ai aussi été l’avocat de la BNP dans le tennis, j’ai travaillé avec le groupe Accor, dans l’univers du luxe, avec Sharapova, Yao Ming, avec Tiger Woods dans le golf. Vous dites qu’il y a beaucoup d’argent dans le sport mais moi, je trouve que le sport a pris beaucoup de retard en France. On n’a pas bien réussi le mariage entre le sport et l’argent. Il y a énormément de choses à faire au niveau du sponsoring dans le sport, des stades. Y a-t-il un sportif pour qui vous aimeriez travailler ? Non. Je suis très fier de travailler avec les miens (rires). J’essaye d’être à la hauteur de leurs sacrifices. Je suis fier d’être à leurs côtés, car ils véhiculent des valeurs fortes. L’objectif, c’est qu’ils soient les meilleurs dans leur catégorie. Je veille aussi à préparer avec eux leur après-carrière, je ne les abandonne pas une fois qu’ils ne sont plus sous les sunlights. n DANS LES VESTIAIRES Mauresmo prépare le marathon de New York Ancienne numéro 1 mondiale et vainqueur de deux tournois du Grand Chelem, Amélie Mauresmo a mis un terme à sa carrière fin 2009. Celle qui a décroché 25 titres sur le circuit WTA depuis ses débuts professionnels en 1993 (plus l’Open d’Australie et Wimbledon en 2006), qui a été numéro un mondiale pour la première fois en 2004, a décidé de prendre du bon temps. Elle a fait ses adieux au public français en février et se prépare à disputer le marathon de New York en fin d’année.
« Senna me fascinait » LE SPORT HEBDO N°2 - DU 2 AU 8 AVRIL 2010 41



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