Le Sport Hebdo n°2 2 avr 2010
Le Sport Hebdo n°2 2 avr 2010
  • Prix facial : 2,50 €

  • Parution : n°2 de 2 avr 2010

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 12,4 Mo

  • Dans ce numéro : exclusif... pour Jacquet, les bleus peuvent gagner.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 12 - 13  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
12 13
12 LE SPORT HEBDO N°2 - DU 2 AU 8 AVRIL 2010 « J’étais attendu au tournant »
MATHIEU BASTAREAUD Vous avez fait un retour tonitruant en équipe de France. Vous attendiezvous à briller aussi vite ? Quand j’ai appris ma sélection pour le premier match du tournoi contre l’Ecosse, j’étais content. C’était déjà une belle marque de con - fiance de la part des sélectionneurs de me rappeler. Je voulais tout donner sur le terrain pour leur rendre cette confiance. Je suis jeune, j’ai envie de jouer et de gagner des titres. Pouvez-vous retirer quelque chose de positif de la période difficile que vous avez vécue fin 2009 ? Oui, je pense avoir grandi physiquement et mentalement. Mais j’ai aussi mûri sur le terrain. Je lève plus la tête, je me sens mieux et ça se voit sur le terrain. Dès le premier match en Ecosse je voulais juste faire un bon match, bien débuter mon Tournoi. Je savais que j’étais attendu au tournant. Le plus important était d’aider l’équipe à gagner ce match. Les deux essais, c’était un plus. Le premier, j’ai juste à me coucher pour aplatir, même ma grand-mère l’aurait mis (rires). Le deuxième était un peu plus construit. Qu’avez-vous ressenti quand vous avez marqué votre premier essai en Ecosse (et son premier essai en équipe de France, Ndlr), pour votre grand retour en équipe de France ? J’étais ému. Il est clair que ça fait plaisir de marquer et de faire ce genre de matches, même si après on est dix fois plus attendu au deuxième, puis au troisième match et ainsi de suite. Comment aviez-vous préparé ce match en Ecosse ? Je me suis surtout attaché à me mettre dans ma bulle, à ne pas me mettre plus de pression qu’il y en avait. Je savais qu’il y aurait de la pression, avec tout ce qui s’est passé, elle fait partie de mon quotidien. Il fallait juste que j’apprenne à la gérer. Ça n’efface pas les choses, parce qu’elles resteront, mais je les ai mises derrière moi pour continuer à avancer. Pour moi, cette histoire est derrière depuis un moment. Après, si les gens veulent rester là-dessus, ils font ce qu’ils veulent. Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer ? Le regard des autres était difficile à vivre. Il a fallu que je reparte de zéro. Tout recommencer. Mais j’ai eu la chance d’être parfaitement soutenu par ma famille et mes coéquipiers comme Mathieu Blin par exemple. Je ne les remercierai jamais assez. Comme je vous le disais précédemment tout cela m’a fait grandir. Quand tout te sourit et que tu es aussi jeune, parfois, tu as tendance à te prendre pour le roi du monde, te prendre pour un autre. Ce genre de choses remet les idées en place. Comment se passent les travaux d’intérêts généraux auquel vous êtes soumis ? Ça se passe bien. Je vais dans les écoles de rugby, RUGBY « C’est une aventure qui marque » Le Parisien a formé avec Yannick Jauzion une paire de centres quasi infranchissable lors du dernier Tournoi des 6 Nations. A 21 ans, le Bastareaud version 2010 est de nouveau prêt à croquer la vie à pleines dents et c’est les Bleus et le Stade Français qui devraient en profiter. Propos recueillis par Valérie Pratdessus « Je ne suis plus le même » évoquer mon parcours, donner ma vision du rugby. Si je peux donner des conseils, j’en donne. J’ai eu la chance de coacher des jeunes pendant un après-midi, ça ne m’était jamais arrivé et ça m’a beaucoup plu. En plus, l’entraîneur a été sympa de me laisser sa ligne de troisquarts. C’était un échange, eux me posaient beaucoup de questions, c’était super ! Vous ne le prenez pas comme une sanction alors ? Non, sinon j’y serais allé en reculant. J’y suis allé avec le plus d’enthousiasme possible et l’envie de me donner à fond, rien que par respect pour ceux que j’avais en face de moi. Je me devais d’être correct avec eux. Ça m’a permis de faire un travail sur moi-même, de partager, de m’ouvrir, à une époque où c’était un peu difficile pour moi. C’était bien car j’avais l’impression que les jeunes n’étaient pas là pour me juger. Même si je n’ai pas une énorme expérience du rugby, le moindre petit conseil que je pouvais leur donner, ils adoraient ça. Ça m’a fait du bien et ça m’a fait plaisir. C’est toujours plaisant de voir des enfants heureux, des enfants qui boivent vos paroles. Votre cote de popularité ne cesse de grimper, les gens vous reconnaissent dans la rue. Est-ce que ce sont des choses faciles à gérer ? On me reconnaît plus facilement. Ça fait toujours plaisir et je commence à m’y habituer. Je suis quelqu’un de plutôt discret, voire même un peu renfermé, même si sur le terrain, je donne tout ce qu’il faut pour obtenir cette attention. Il faut s’y faire, je vis avec, en tout cas, ça me pèse moins qu’auparavant. Je me rends compte que je suscite l’attention dans les mauvais comme dans les bons moments, je n’y peux pas grand-chose. En même temps, je passe difficilement inaperçu, des physiques comme moi, à mon poste, avec les cheveux que j’ai, les tatouages que j’ai, il n’y en a pas beaucoup. Ça me gêne plus pour mes amis. Je suis là pour passer un bon moment avec eux et je passe la soirée à être interpellé. Que vous disent les gens lorsqu’ils vous croisent ? Ils sont souvent gentils. Ils ont des mots gentils en général. Après, il y aura toujours des personnes pour me critiquer, pour me faire une blague parce qu’ils se DANS LES VESTIAIRES Gallas se met au rugby croient marrants. Je n’y prête pas attention. Aujourd’hui, ça me blesse moins, ça m’atteint moins. Il fallait aussi que je vole de mes propres ailes, que je me lance et que je vive l’aventure à fond sans tout le temps ressasser le passé. Je continue à appeler ma psy pour lui dire comment je me sens aussi physiquement. Quand on se parle, on n’évoque pas que le mental ou le rugby, mais la vie en général. Quand tu vis une aventure comme ça et qu’en plus tu gagnes, c’est énor - me. C’est une aventure qui marque. On a vu que le Bastareaud, côté terrain, s’était métamorphosé. Comment est le nouveau Bastareaud dans la vie de tous les jours ? J’extériorise et je m’ouvre un peu plus aux autres. Ce n’est pas dans ma nature, mais j’y travaille. C’est mon gros chantier pour l’année 2010. n Quel est le point commun entre Mathieu Bastareaud et William Gallas ? Hormis le fait d’être tous les deux des sportifs de haut niveau et de porter le maillot de l’équipe de France, les deux hommes ont également un lien de parenté puisqu’ils sont cousins et c’est finalement grâce à Mathieu que William s’est intéressé au ballon ovale : « Depuis que mon cousin a commencé à jouer au rugby, je me suis intéressé à ce sport. C’est vrai qu’avant je ne connaissais pas du tout cette discipline. Mais c’est un sport qui me plaît parce que j’aime le combat. Malheureusement, je n’ai pas l’occasion de voir souvent Mathieu. Nous avons deux emplois du temps très chargés. Mais je suis très content de voir qu’il a réussi à percer et à réaliser son rêve ». LE SPORT HEBDO N°2 - DU 2 AU 8 AVRIL 2010 13



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :