Le Sport Formule 1 n°1 mars 2011
Le Sport Formule 1 n°1 mars 2011
  • Prix facial : 4,80 €

  • Parution : n°1 de mars 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (315 x 400) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 11,5 Mo

  • Dans ce numéro : le champion du monde 2010 Sebastien Vettel déjà chez Ferrari ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Dimanche 28 septembre 2008, premier Grand Prix de Singapour de l’histoire. Alors qu’il s’est élancé de la 13 e place sur la grille de départ, Nelson Piquet Jr perd inexplicablement le contrôle de sa Renault au 16 e tour de la course et vient l’encastrer dans le muret de sécurité. Il abandonne bêtement et assiste depuis son stand à la victoire de son coéquipier Fernando Alonso. 30 août 2009, moins d’un an plus tard, la chaîne de télévision brésilienne TV Globo, forcément un peu supportrice de son compatriote, qui plus est fils du triple champion du monde (1981, 1983 et 1987) et qui vient d’être remercié par l’écurie Renault faute de résultats, révèle que le pilote Renault avait, et à la demande de ses patrons POLÉMIQUE Briatore de retour dans les paddocks ? Exclu à vie du monde du sport automobile par la FIA en septembre 2009 dans le cadre du « crashgate » du Grand Prix de Singapour 2008, puis délesté de sa sanction par la justice civile française, Flavio Briatore a néanmoins accepté de rester à l’écart de la F1 jusqu’en 2013. Avant de revenir dans le milieu ou de se ranger définitivement… des voitures ? Vincent Géhin A 81 ans, Bernie Ecclestone pourrait repasser le flambeau au sulfureux Flavio Briatore… Consignes d’équipe : fin de l’hypocrisie Le crashgate de Singapour aura au moins eu un mérite : mettre à jour, voire un terme, aux fameuses consignes d’équipe. Une pratique pourtant presque ancestrale qui a été très souvent utilisée, de façon plus ou moins ostensible et légale. On se souvient par exemple de l’attitude de Gerhard Berger, coéquipier soumis et « impeccable » d’Ayrton Senna dans les années 90, qui s’échinait comme il le pouvait à gêner le peloton avec sa McLaren pour permettre à son leader, parti en pole, de creuser un écart décisif entre lui et les autres voitures et n’être jamais rattrapé. Personne ne s’en offusquait alors, et il faudra attendre 2002 pour que le règlement sportif de la FIA, article 39.1, n’interdise officiellement ce genre de pratique. Pourtant, outre le scandale de Singapour qui avait surtout provoqué un ralentissement de la course et quelque part faussé celleci, d’autres pratiques similaires ont été clairement identifiées depuis : lors du Grand Prix d’Allemagne 2010, Felipe Massa, pourtant longtemps en tête du Grand Prix, a simulé, tour après tour, une baisse de cadence de sa monoplace pour permettre à son leader Fernando Alonso de le rejoindre et le dépasser, avant de s’imposer et de revenir dans la course au titre en reprenant treize points à Hamilton, quinze à Button, dix-sept à Webber et dix à Vettel. D’abord désespérément aveugle devant la manœuvre, la FIA finissait par prendre ses responsabilités en infligeant… 100 000 dollars d’amende à la Scuderia, ce qui représentait une goutte d’eau par rapport aux sanctions infligées aux dirigeants de Renault en 2008. Sans être forcément aussi franches, d’autres consignes d’équipe ont également été pratiquées depuis de nombreuses années, plus insidieuses et invisibles, ne serait-ce qu’en favorisant techniquement la monoplace du pilote numéro 1 par rapport au numéro 2. C’est d’ailleurs en substance ce que Mark Webber reprochait à l’écurie Red Bull en 2010 lors de la lutte de fin de saison pour le titre où lui et Vettel étaient engagés avec les mêmes chances mathématiques de toucher le Graal. Et ce, bien qu’officiellement chez Red Bull, on déclare ne « favoriser aucun des deux pilotes et ne pas faire de consignes d’équipe ». L’écurie autrichienne double championne du monde 2010 (pilotes et constructeurs) l’a redit pour 2011, mais elle aura(it) toute latitude pour le faire : car la FIA a décidé de mettre fin à l’hypocrisie en supprimant l’article 39.1 de son règlement sportif 2011. Mais a prévenu ceux qui pourraient être tentés d’en abuser que des punitions importantes pourraient leur être infligées pour avoir terni l’image de la F1. dans l’écurie, Flavio Briatore et Pat Symonds (directeur exécutif d’ingénierie), délibérément abandonné à Singapour pour permettre l’entrée en piste de la voiture de sécurité, et geler les positions à ce moment-là, la première place de Fernando Alonso principalement. L’enquête diligentée par la FIA confirme les allégations de TV Globo et le 21 septembre 2008 reconnaît les trois protagonistes de l’affaire (Piquet, Briatore, Symonds) coupables de tricherie. Ces derniers sont lourdement sanctionnés : radiation à vie du monde de la Formule 1 pour Flavio Briatore et exclusion de cinq ans (soit jusqu’à 2013) pour Symonds. Celui-ci accepte sa punition, même s’il a trouvé un stratagème pour revenir en F1 par un autre biais. Briatore, lui, n’accepte pas la sanction et attaque la FIA en justice auprès du Tribunal de Grande Instance de Paris, où siège l’instance automobile, car il estime que l’exclusion à vie, donc à durée illimitée, est contraire à la jurisprudence du droit du travail de la Cour européenne des Droits de l’Homme. La justice civile française « J’ai été jeté comme un criminel ! » donnera d’ailleurs raison à l’Italien le 5 janvier 2010 et condamne même la FIA à verser 15 000 euros de dommages et intérêts au plaignant (et ex-coupable). Après avoir décidé de faire appel, la FIA accepte finalement le jugement, après avoir conclu un accord avec Briatore et Symonds, qui acceptent de « n’occuper aucune fonction opérationnelle en Formule 1 jusqu’au 31 décembre 2012 ainsi que dans toutes les autres compétitions affiliées à la FIA jusqu’à la fin de la saison 2011 », comme elle l’expliquait dans un communiqué le 12 avril 2010 (jour des 60 ans de Briatore). L’Italien, qui a été remercié par Renault, et remplacé par Eric Boullier cinq jours avant le verdict de la FIA, ne récupère donc pas son poste au sein de l’écurie française, ni au sein d’un autre « top-team » du plateau, le monde très aseptisé (et très hypocrite) de la Formule 1 ayant profité de l’affaire pour lui fermer les portes, à l’image du manager de Ferrari, Stefano Domenicalli, qui déclarait : « Les gens n’aiment pas les plats réchauffés. Il devra trouver d’autres opportunités » que rebondir au sein de l’écurie italienne. Il n’a depuis pas eu d’autres opportunités. Et on imagine mal ce gagneur, habitué à briller dans les plus hautes sphères des affaires ou du show-biz, se contenter d’un rôle à responsabilités chez Toro Rosso, HRT, Lotus ou Virgin. Il n’est d’ailleurs même pas sûr qu’il ait envie de revenir en F1 à partir de janvier 2013, comme il le déclarait le jour de sa victoire en justice : « J’ai été jeté comme un criminel. Je ne reviendrai plus jamais en Formule 1 comme chef d’équipe, mais je pourrais peut-être revenir après 2012 dans un autre rôle… » Sa coquette fortune, née de ses succès sportifs passés (champion du monde des constructeurs en 1995, 2005 et 2006 en tant que directeur des écuries Benetton et Renault) et autres affaires (directeur commercial de Benetton, de l’écurie de Formule 1 éponyme, directeur de l’écurie, management des pilotes Jarno Trulli, Giancarlo Fisichella, Fernando Alonso, Mark Webber, Heikki Kovalainen, création et exploitation d’un night-club luxueux à Porto Cervo, d’une collection de vêtements pour hommes, gestion de droits télés de la F1 dans différents pays…) et estimée à 120 millions d’euros, mettait de toute façon le fils d’instituteur à l’abri du besoin et il n’est pas du tout dans l’obligation de retrouver une fonction professionnelle exécutive dans le monde de la F1 pour vivre. Surtout qu’il a touché une indemnité de 15 000 euros, même si cela fait office « d’argent de poche » pour lui. Il a donc repris ses activités de gestion de contrats de pilotes (Alonso, qu’il fera signer chez Ferrari pour 2010, Webber, qui finit troisième du championnat 2010 derrière l’Espagnol principalement). Une radiation à vie d’activités en rapport avec la FIA l’en aurait évidemment privé, tout comme ses activités de gestion de droits télés de la F1 en Espagne, via sa société Stacourt qui a versé à deux autres entreprises dont elle dépend et détenues par Briatore (le FB Trust et Formula FB Business) de sérieux dividendes. Très ami avec Bernie Ecclestone, avec qui il a été co-propriétaire du club anglais de football des Queens Park Rangers, Briatore a donc ses entrées dans le milieu côtoyé par le Britannique, et celui-ci pourrait d’ailleurs laisser sa place à Briatore le jour de la retraite venue. D’autant qu’Ecclestone a déjà plus ou moins posé les jalons d’un tel scénario en déclarant, quelques jours avant La revanch SCHUMOHE Successeur d’Ecclestone ? TMO'\Indispensable pour su i-or..1 P'.•,, "° toute la saison PIr, x Calendrier, circuits, écuries, t i• i- pilotes, palmarès, records, 7 retro, interviews, nouveautes, pronostics, télé, transferts... >a Lafont Un 2"M titre pour La surprise PETROV HAMILTON presse VOTT EL 7 SUTIL gagner pour Kubea n'est plus le mime Numéro Spécial Grands Prix - à conserver toute l'année SpécialF1 le communiqué de la FIA du 12 avril : « Je pense qu’il pourrait prendre un rôle dans la promotion de la F1 », soit pile poil les fonctions occupées par le grand argentier de la F1, qui a tout de même 81 ans, via la Formule One Management (FOM). En attendant, Briatore semble profiter à plein de sa vie d’homme, aux côtés de sa femme, le mannequin Elisabetta Gregoraci, qui lui a donné un fils le 18 mars 2010, Falco Nathan. Et peut-être bien définitivement, comme il l’a laissé entendre dans une interview : « J’ai gagné sept titres avec des équipes différentes, je veux continuer à prendre du plaisir dans ce que je fais. C’est ma motivation, je n’ai pas besoin d’un emploi. Pour le moment, je ne prendrais aucun plaisir en Formule 1. Je suis satisfait ce que je fais, être un père, un mari, m’occuper de mes investissements ». Et si d’aventure, il voulait absolument redevenir actif dans une écurie à partir de 2013, il pourrait s’inspirer du petit coup de malice de Pat Symonds, l’autre coupable du « crashgate » : être consultant auprès d’une équipe via une société créée à cet effet, comme le fait Symonds avec Neutrino Dynamics au sein de Virgin Racing. Et ce, grâce à un vide juridique reconnu par la FIA : l’interdiction frappant Symonds et Briatore ne concerne qu’un « rôle opérationnel », mais pas « la consultation par l’entremise de leur compagnie personnelle ». Briatore n’a pour le moment pas vu la faille, ou n’a pas voulu la voir… Indispensable pour suivre la saison ! Le Sport Spécial F1 En vente chez votre marchand de journaux ou en version digitale sur www.lafontpresse.fr Prochain numéro : le 2 avril 2011



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