Le Ravi n°64 juin 2009
Le Ravi n°64 juin 2009
  • Prix facial : 2,80 €

  • Parution : n°64 de juin 2009

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association La Tchatche

  • Format : (289 x 410) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 26,6 Mo

  • Dans ce numéro : tous en campagne, ces citadins qui rêvent la vie en vert !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
2 le Ravi n°64 juin 2009 Au sommaire du mensuel régional qui reste vert 3 Page 4 Contrôle technique de la démocratie Conseil municipal de Bormes-les-Mimosas (83) Page Éric Gerets nous quitte Didier Deschamps revient Le quizz 5à9 La grosse enquête Tous en campagne ces citadins qui rêvent la vie en vert Sommaire détaillé page 5 10 à13 Notre belle région (g) Page 11 Iter explose les coûts Page 12 Universités de la matraque La région touche le fond Page 13 Yapasquepaca 14&15 Quand un porc éternue, le monde tremble Le pays d’Aubagne roule au gratuit 16 à20 métropoles & trous jolis Page 17 Marseille : Autorisation de séjour sur le trottoir Page 18 Château-Arnoux : le soleil ne brille pas pour tout le monde Avignon : les centres sociaux prennent l’eau Docu friction : le rapporteur Page 19 Toulon : un fumet de discorde Villeneuve-Loubet : la glacière fermée, le 06 frissonne Page 20 La grande Tchatche : Jean-Luc Bennahmias 21à26 RTTSommaire détaillé page 21 Page 28 Le reportage dessiné Tout train or not to train Page 27 Poids lourd Moi, Éric Cantona édito Je te vois ! Le 3 juillet, fin du suspens. Crier en plein jour « Sarkozy, je te vois ! » dans une grande gare comme Saint-Charles est-il « un tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d’autrui » ? C’est en tout cas le point de vue de l’officier du ministère public qui a réclamé 100 euros d’amende contre le prévenu, un professeur de philosophie marseillais. Ce dernier s’est ainsi permis d’interpeller des policiers en train de pratiquer le contrôle d’identité « un peu viril » de deux gamins. L’injure, a expliqué doctement le représentant du Parquet, peut être constituée simplement « en se montrant désagréable (…) même sans user de terme offensant ». En clair, seule l’intention suffit. Vous vous souvenez de Minority Report, le film de Steven Spielberg ? Des super flics, secondés par des voyants, écrouaient les criminels avant même qu’ils ne soient passés à l’acte. Nicolas Sarkozy et Tom Cruise ont peut-être d’autres points en commun que la taille… L’obsession sécuritaire nous plonge en pleine science-fiction. Quatre éditeurs basés à Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, ont été embarqués au petit matin pour « menace de commettre un délit ou un crime » et placés en garde à vue à Marseille. Il s’agit de François Bouchardeau et sa femme Johanna, de HB éditions, et de Samuel Autexier et de sa sœur Héléna, de la revue Marginales. Un cinquième « complice » a bénéficié du voyage. Leur crime ? Avoir en tant que membres du « Comité de sabotage de l’antiterrorisme » manifesté leur soutien à Julien Coupat, le Ben Laden de Corrèze, en voulant faire de l’humour. Ils ont photographié un de leurs tracts devant l’interphone de la maison secondaire de Bernard Squarcini, le grand chef du renseignement français. La diffusion de cette image ne lui a pas plu. On ne plaisante pas avec les barbouzes ! Les cinq impertinents ont été relâchés sans être mis en examen, faute de motif. Depuis ces péripéties, le fameux Julien Coupat est sorti de prison. On peux ne pas partager sa vision politique du monde. On peut trouver crétin le sabotage des caténaires de la SNCF, dont rien ne prouve qu’il soit coupable. Mais le traitement d’exception dont lui et ses amis ont été victimes est intolérable. Il menace nos libertés. Et parmi elles, une des plus précieuse : la liberté d’expression. le Ravi Infos & satire seront au rendez-vous du prochain numéro du Ravi chez les marchands de journaux dès le vendredi 3 juillet. Ou chez vous, la veille, en remplissant le bulletin d’abonnement page 24. le Ravi de plâtre Laroussi Oueslati Cantonné à la presse régionale depuis toujours, Laroussi Oueslati a enfin eu la reconnaissance nationale qu’il mérite : au mois de mai, le conseiller régional du parti radical de gauche (qu’il a rejoint depuis l’époque Tapie) et obscur président de l’Université du Sud Toulon-Var (USTV) a eu les honneurs du Monde. Le 5, dans un article sur le supposé trafic avec la Chine de diplômes de l’Institut d’administration des entreprises, le quotidien du soir relaye des accusation de « clientélisme » dans les attributions de postes et de financements à l’USTV. Grand prince, Laroussi Oueslati, avec le soutien de son équipe, dénonce aussitôt « une atteinte grave aux Toulonnais et à leurs représentants élus au plan local et national. » Quinze jours plus tard, le journal du soir annonce cette fois que Laroussi Oueslati renonce à retirer l’équivalent de 98 jours de salaire à onze enseignants-chercheurs pour fait de grève. Les mauvaises langues affirment que la sanction ne tenait de toute façon pas en cas de recours juridique... La démarche confirme cependant toute la subtilité du président de l’USTV lors du mouvement étudiant et enseignant de son université : provocations, menaces de travaux d’intérêt généraux pour les étudiants bloqueurs, tentatives de retournement de certains, appels aux forces de l’ordre, etc. Le radical de gauche affirme avoir refusé une troisième position sur la liste d’Hubert Falco, maire UMP de Toulon et sous-ministre à l’Aménagement du territoire, lors des dernières municipales. Il aurait dû. Il a le bon profil du candidat à l’ouverture. J.F. P.S’il était un animal : Un paresseux S’il était une chanson : « Constat » S’il était un objet : Une veste S’il était une devise : « Les conneries, c’est comme les impots, on finit toujours parles payer » S’il était un film : « Ridicule »
« C’est cher ? c’est pas cher ? Ça dépend... » 17h55 Perché sur les collines qui surplombent la côte, son port et le Fort de Brégançon cher à Bernardette et Jacques Chirac - beaucoup moins à Nicolas Sarkozy - le vieux village médiéval est une carte postale azuréenne : façades ocres, ruelles, touristes retraités et septuagénaire platinée en minijupe qui promène un petit chien ridicule. 17h58 Dans les escaliers qui descendent à la salle du conseil, deux quadras philosophent avé l’accent. Le premier : « T’entends piailler ? » Réponse du second avec la même finesse : « C’est les gonzesses ! » 18h03 Chemisette bleue largement ouverte, cheveux blancs et visage sévère, Albert Vatinet, maire depuis 1995 et conseiller général DVD soutenu par l’UMP, se lève et compte les élus tassés autour de la longue table de bois qui remplit pratiquement la minuscule salle du conseil. Vieille habitude de l’enseignant qu’il a été ? L’ambiance est en tout cas celle d’une classe dissipée. 18h07 Albert Vatinet ouvre la séance, mystérieux et un rien gêné : « J’ai une communication à vous faire. C’est un recours. Je vous en parlerai. » Puis tance l’assemblée de sa voix monocorde : « Il fait chaud, je vous demande de l’attention. » 18h09 Le maire se contorsionne et interroge Danielle Borghetti, sa première adjointe, le regard tourné vers le grand reporter du Ravi. Sans erreur possible : il est le seul à occuper une des rares chaises dévolues au public... 18h11 Quatre grandes et hideuses fresques de la vie quotidienne au 19e siècle légendées en provençal ornent les murs de la salle du conseil. Un minuscule buste blanc de Marianne et une photo de Nicolas Sarkozy complètent la décoration. 18h13 Tradition locale ? Contrairement à l’usage, le Directeur général des services (DGS) s’incruste sans pudeur dans les débats à l’occasion d’une demande de subvention à la Direction régionale des affaires culturelles pour la « restauration des archives municipales » (délibération 3). Albert Vatinet calme rapidement son ardeur en se réservant la conclusion : « C’est important pour l’histoire de la ville. » Les documents concernés sont des registres de décès... 18h17 Reconduction de la « convention Bormes-les-Mimosas- Association Seaguard Centre national secours et sauvetages nautiques » (délibération 4) pour le « passeport jeune », une semaine d’activités nautiques et une initiation au secourisme proposées aux jeunes Borméens chaque été. Question ingénue du maire : « Quelles sont les conditions financières pour les participants ? » Réponse convenue de François Arizzi, adjoint à la jeunesse et aux sports : « 50 euros, grâce à un accord avec la CAF. » Satisfaction du maire : « Un effort qu’on peut considérer comme du social, politique qui est assumée dans le budget communal. » En la matière, Albert Vatinet s’est surtout distingué par la missive envoyée l’été dernier à ses collègues du département à la suite de l’installation d’une mission évangélique de gens du voyage sur sa commune. Le premier magistrat les mettait « très amicalement en garde » : « protégez vos terrains privés ou communaux ; labourez-les ; rendez-les inaccessibles » (le Ravi n°55). L’opposition approuve en silence. 18h20 Petit moment de flottement. « Redevance et tarifs communaux. François, je crois », annonce l’apparenté UMP. Réponse catégorique de l’adjoint à la jeunesse et aux sports : « Non. » Albert Vatinet fiche technique par Jean-François Poupelin insiste : « Comme c’est le tennis… » Avec un enthousiasme non dissimulé, François Arizzi cède : « Si tu veux. » 18h21 Rebellion de l’opposition. « Il n’y a pas une erreur sur les dates ? », questionne Serge Defond, de la liste « Bormes demain » (DVG), à propos de la convention entre le tennis club de la ville et la commune pour la mise à disposition d’un F3 contre 350 euros mensuel (délibération 6). « Elle a été signée avec retard », concède sans plus d’explication le DGS. Anticipant une improbable question sur le loyer faramineux, son patron précise : Serge Defond conseiller d’opposition divers gauche « Il peut être révisable. Il fallait mettre un chiffre. » « C’est cher ? C’est pas cher ? Ça dépend... », se consultent Annick Carnino (DVG) et Yannick Bernard (PS). Puis abdiquent Bormes-les-Mimosas (83) Quatre fleurs (le maximum) au Concours des villes et villages fleuris (médaille d’or 2003). Projet de vidéosurveillance pour les parkings et bâtiments publics inscrits au budget primitif 2009. Le maire : Albert Vatinet (DVD soutenu par l’UMP) depuis 1995. Conseiller général. Enseignant à la retraite. 70 ans. La majorité : L’opposition : 1 conseillère de la liste « Bormes démocratie » (PS) et 1 conseiller de la liste « Ensemble pour l’avenir » (DVD). Le conseil municipal soumis au test du Ravi : Ravi compris. Bormes- les-Mimosas conseil municipal 25/05/2009 face à la conclusion habituelle et sans appel d’Albert Vatinet : « Des questions ? Des avis contraires ? Des abstentions ? » Unanimité. 18h24 L’attention réclamée par le maire en début de séance n’a toujours pas été contrariée : le conseil ronronne. Ses 62,89% au premier tour en mars 2008 semblent offrir à Albert Vatinet une autorité naturelle. 18h29 Le maire profite de la présentation confuse de Didier Couderc, simple conseiller municipal de la majorité, de la modification des travaux d’une structure multi-accueil (délibération 8) pour papoter avec son DGS. François Azirri saute sur l’occasion pour s’offrir la même liberté avec son voisin de gauche. 18h31 Récré. « J’ai amené un plan, je sais pas si tout le monde va voir », annonce Didier Couderc visiblement désireux de se rendre intelligible en déployant le document au milieu de la table. Sur les conseils de Danielle Borghetti, l’élu tente finalement de le suspendre d’une main, avant de recevoir l’aide de l’adjoint à la jeunesse et aux sports qui l’affiche à bout de bras. Les chiffres restent toujours aussi obscurs, au moins pour le public, mais le conseil apprécie. Rires et blagues potaches fusent : « Monte sur une chaise ! » (un conseiller DVD) ; « Tu peux me montrer à moi maintenant ? » (François Azirri), etc. Seul le maire semble indifférent, voire carrément hermétique, à ce moment de détente. Albert Vatinet le stoppe net en concluant, une nouvelle fois satisfait : « Les crédits ont été portés au budget supplémentaire 2009. » Unanimité. 18h33 François Arizzi s’offre une longue rasade d’eau. le Ravi n°64 juin 2009 3 19h37 Onzième et dernière délibération. Jean-Louis Valade, adjoint à l’urbanisme, annonce une subvention de 1 524 euros « dans le cadre de l’opération Au cœur du village. » Albert Vatinet y va une fois de plus de sa petite précision : « On finance chaque réfection de façade ou de devanture. » A Marseille, cette politique a notamment permis l’embellissement de la célèbre rue de la République. En attendant que les appartements connaissent le même sort… La gauche borméenne ne doit pas être au courant et ne dévie pas de sa stratégie : voter la délibération sans poser de question. 19h40 L’ordre du jour bouclé, Albert Vatinet attaque sa « communication » avec le même entrain que son adjoint à la jeunesse et aux sports à la lecture de la délibération 6 : à reculons. « Il s’agit d’une requête présentée au tribunal administratif de Nice par un voisin (sic) qui demande l’annulation du permis de construire de son voisin. Vous voyez l’ambiance », explique le maire. Avant de trancher : « Vous comprenez que je ne donne pas les noms. » Les élus DVG et PS ont visiblement parfaitement assimilé : ils affichent leur éternel silence religieux. Y compris lorsque le conseiller général précise : « C’est le cabinet d’avocat de la ville qui défendra la commune, car un permis a été signé. » Le maire pourrait pourtant perdre de sa morgue en cas de jugement favorable au plaignant... 19h42 Albert Vatinet clôt la séance le plus sérieusement du monde : « Ce conseil permet d’alléger le prochain. Il sera moins long, même si les comptes administratifs seront à l’ordre du jour. » Un nouveau grand moment de démocratie locale en perspective.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :