Le Parisien Economie n°530S 30 mai 2016
Le Parisien Economie n°530S 30 mai 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°530S de 30 mai 2016

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Le Parisien Libéré

  • Format : (278 x 375) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 4,1 Mo

  • Dans ce numéro : les entreprises face au défi climatique.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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02 ÉCONOMIE Sur votre agenda Le rendez-vous des solutions vertes Vous êtes entrepreneur et à la recherche d’éco-solutions ? Direction le Rendez-vous des éco-entrepreneurs, organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Marseille- Provence, qui se déroulera demain au Palais de la Bourse dans le II e arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône). Une conférence sur l’économie du partage et des ateliers tels que « L’entreprise libérée : le monde change, les patrons aussi ! » sont programmés. De 13 h 30 à 19 heures. 9 la Canebière. Inscription gratuite et obligatoire sur le site www.ccimp.com. Le salon emploi De nombreux postes seront à pourvoir au « Salon des 10 000 emplois », qui se tiendra jeudi 9 juin, à l’Espace Champerret dans le XVII e arrondissement de Paris. Des entreprises de divers secteurs (assurance, commerce, restauration, tourisme, immobilier, industrie, services à la personne…) seront présentes pour recruter des salariés en CDD, CDI, intérim ou en alternance. Réservé aux diplômés du bac au bac + 5. De 10 heures à 18 heures, 6, rue Jean-Oestreiche, Paris (XVII e). Entrée gratuite à télécharger sur www.jobrencontres.fr. Le livre pour les nouveaux managers Vous venez de prendre un poste de manager ? Valentine Chapus-Gilbert, spécialiste en coaching, et Marine Cousin- Bernard, professionnelle du management, publient la deuxième édition de l’ouvrage « Manager, ça s’apprend » aux éditions EMS. Un livre divisé en neuf chapitres (les missions, le quotidien, les outils…), qui répond à toutes les questions que se posent les nouveaux chefs de service et dirigeants. Prix : 22 €. LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 MAI 2016 twipe_ftp Comment faire rimer économie avec écologie Sur le site Internet de la Semaine européenne du développement durable, qui débute aujourd’hui, ne figurent que quelques noms d’entreprises. Le grossiste Transgourmet ou la banque Natixis… Rares sont les sociétés qui ont prévu cette année des animations pour sensibiliser leurs salariés à l’écologie. Six mois après la grand messe de la COP21, qui a conduit 177 parties (176 pays + l’Union européenne) à signer l’Accord de Paris — limitant le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés par rapport à la température planétaire moyenne de 1860 — quels sont les engagements des grands groupes industriels en matière de développement durable ? (DR.) La réussite de l’Accord de Paris dépendra aussi des entreprises. Six mois après la COP21, des grands groupes industriels se sont officiellement engagés à verdir leurs pratiques. Laurent BABIKIAN, directeur France-Benelux de l’ONG CDP (ex-Carbon disclosure project) Laurent Babikian est directeur France-Benelux du CDP (excarbon disclosure project). Une ONG qui étudie l’impact climatique (émissions de gaz à effet de serre, consommation En décembre, tous étaient présents au parc d’exposition du Bourget (Seine-Saint-Denis) pour présenter leurs solutions afin de préserver le climat. Au point de susciter l’agacement d’associations de défense de l’environnement, qui les accusaient de greenwashing. Cette technique de communication consiste à faire croire que ses pratiques sont plus vertes qu’elles ne s’avèrent en réalité… En janvier dernier, le groupe EDF a ainsi été retoqué par le Jury de déontologie publicitaire pour avoir diffusé durant la COP21 une campagne affirmant que 98% de son électricité produite en France n’émettait pas de CO2. Oubliant ainsi que si les centrales nucléaires ne répandent pas de gaz à effet de serre, l’extraction d’uranium, nécessaire à sa production, lui si. Aider les entreprises à définir des plans d’action pertinents Le comportement des grands industriels semble pourtant avoir évolué depuis la COP21. En témoigne l’engagement pris par 157 sociétés — dont 16 françaises (Carrefour, L’Oréal, Danone…) — de participer au Science based targets. Une initiative mise en d’eau et déforestation) de sociétés cotées en bourse pour le compte de 827 investisseurs. Il décrypte l’enjeu que représente désormais le développement durable pour les grandes entreprises. Les entreprises jouent-elles un rôle dans la réussite de l’Accord de Paris ? On sait que certaines sont de grosses émettrices de gaz à effet de serre. Si les entreprises continuent à produire comme elles le font aujourd’hui, la température moyenne de la planète progressera de 4 à 6 °C d’ici 2050. Bien plus que ne le prévoit l’Accord de Paris. La Terre ne pourra pas le supporter. Le niveau de l’océan augmentera, faisant disparaître de nombreuses îles sans relief, place par les Nations unies et trois ONG de défense de l’environnement (WWF, CDP et WRI) pour élaborer avec les grands groupes une feuille de route afin de réussir l’Accord de Paris. « Nous n’y parviendrons pas sans eux, rappelle Pascal Canfin, le directeur général du WWF France. Les sociétés qui ne s’adapteront pas au défi climatique finiront par disparaître. Et elles en ont enfin conscience. On le voit, car nous travaillons désormais avec leur direction générale et non plus seulement avec leur département environnement. » C’est justement pour aider ces entreprises à définir des plans d’actions pertinents que le Science based targets a été lancé. « Il faut que les industriels puissent savoir exactement ce que ces deux degrés représentent pour eux. Les enjeux ne sont pas les mêmes selon les secteurs », explique Aurélie Pontal, responsable de partenariats-initiative climat & entreprises chez WWF France. Le Science Based Targets a laissé deux ans aux sociétés signataires pour se fixer des objectifs précis. Il sera encore temps de les juger après. HÉLÈNE HAUS @helene_haus L’AVIS DE… « Si les entreprises continuent comme aujourd’hui, la température progressera de 4 à 6° d’ici 2050 » contraignant alors des populations à l’immigration climatique. Les entreprises prennent-elles vraiment ce problème au sérieux ? Oui, d’autant que la question environnementale intéresse de plus en plus leurs actionnaires. En France, l’article 173 de la Loi sur la transition énergétique va obliger d’ici la fin 2016 les investisseurs à produire une sorte de bilan carbone annuel de leur portefeuille d’investissement. Cela va certainement les encourager à financer les sociétés les plus écoresponsables et à délaisser les plus polluantes. Que ces entreprises peuventelles justement mettre en place pour réduire leurs émissions carbones ? 2 o C C’est la hausse maximale de température fixée par l’Accord de Paris par rapport à la température moyenne de 1860. Pour ne pas la dépasser, nous pouvons donc encore émettre 1 010 milliards de tonnes de CO 2, d’après les projections de l’Agence internationale de l'énergie (AIE). Si nous continuons à produire comme aujourd’hui, cela nous laisse une réserve d’environ 20 ans. Il faut qu’elles aient une stratégie d’atténuation de leurs émissions sur le long terme, qui soit alignée avec l’objectif scientifique des 2 degrés. Au final, c’est l’ensemble de leur chaîne de production qui doit être revue. Ce travail devra notamment se faire avec leurs fournisseurs. Investir dans l’innovation pour développer des produits bas carbone sera également indispensable. Mais il n’y a pas que la réduction des émissions qui est importante, la question de la gestion de l’eau dans leur cycle de production est une vraie bombe à retardement. Il faut qu’elles prennent en compte ce problème au plus vite. PROPOS RECUEILLIS PAR H.H.
La chasse au CO 2 est lancée Seize grandes entreprises françaises se sont engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre d’un programme créé par les Nations Unies et trois ONG environnementales. Zoom sur quatre d’entre elles. C ent-cinquante-sept sociétés ont déjà rejoint le plan Science based targets. Lancé par les nations unies et trois grandes ONG environnementales (WWF, CDP et WRI), ce programme veut inciter les entreprises à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pour permettre la réussite de l’Accord de Paris. Parmi ces groupes industriels, 16 sociétés françaises se sont engagées à définir un plan d’action pour y parvenir. Zoom sur quatre d’entre elles dont la politique de réduction d’émissions carbones est déjà notée depuis plusieurs années par l’ONG CDP (ex- Carbon disclosure project), l’un des quatre initiateurs du Science based targets. L’Oréal. En octobre 2015, le numéro 1 mondial des cosmétiques a promis de réduire de 60% d’ici 2020 les émissions de CO2 de ses usines et de ses centrales de distribution par rapport à 2005, en construisant notamment des bâtiments HQE (haute qualité environnementale). Moins ambitieux sur les émissions liées au transport de ses marchandises, il s’est engagé à les baisser de 20% d’ici 2020 (comparé à celles de 2011). twipe_ftp (Getty Images/iStockphoto.) (LP/G.Bourdon.) Le numéro 1 mondial des cosmétiques a promis de réduire de 60% d’ici 2020 les émissions de CO 2 de ses usines. En novembre, Danone, leader de l’agroalimentaire, a annoncé vouloir diviser par deux ses émissions de CO 2 d’ici 2030. (DR.) Note du CDP en 2015 : « A » pour la troisième année consécutive. Carrefour. En septembre 2015, l’enseigne de grande distribution À LA UNE ÉCONOMIE 03 INITIATIVE Domino’s Pizza fait le pari de livrer électrique Avouons-le, les livreurs de pizzas, de sushis ou autres produits n’ont pas vraiment bonne presse en ville. Bruyants, polluants, roulant souvent trop rapidement, ils sont régulièrement accusés de tous les maux. Pour Domino’s Pizza, acteur incontournable avec quelque 280 enseignes dans l’Hexagone, il était temps de redorer le blason de la profession. Le mois dernier, la filiale française de la chaîne américaine a inauguré à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de- Seine) un nouveau concept de point de vente très écolo puisque la flotte de livraison est écoresponsable. « Avec ces scooters et vélos électriques, nous revendiquons une identité plus urbaine et plus moderne. Cela témoigne de notre volonté de mieux nous insérer dans les quartiers en étant moins bruyants et plus respectueux de l’environnement », explique Bart de Vreese, directeur des opérations chez Domino’s Pizza France. Positif pour l’image « Tout en réduisant notre empreinte carbone, nous nous inscrivons vraiment dans une logique de proximité et de mieux vivre ensemble », poursuit le manager. Et puis, il ne le cache pas, « en termes d’image, c’est très positif ». Ces scooters électriques équipent le point de vente d’Issy-les-Moulineaux de Domino’s Pizza. (DR.) A Issy-les-Moulineaux où se trouve le siège du groupe, Domino’s Pizza a travaillé main dans la main avec la municipalité. « Fort du soutien des élus, nous n’avons pas eu de problème pour installer nos bornes de recharge devant notre magasin », explique Bart de Vresse. Conçu par Carrefour mise notamment sur la réduction des émissions liées à sa production de froid. Sodexo nourrit quotidiennement 50 millions de personnes à travers le monde et veut lutter contre le gaspillage.(DR.) a certifié qu’elle abaisserait de 40% d’ici 2025 les émissions carbones de ses magasins (par rapport à celles de 2010). Avec pour objectif final une diminution de 70% d’ici 2050. Pour y parvenir, le groupe compte notamment réduire de 40% d’ici 2025 ses émissions liées à la production de froid et de 30% (LP/J.-N. Guillo.) EDF, le système de recharge pour les scooters électriques a été installé par sa filiale Sodetrel. Une histoire ancienne Domino’s Pizza et le respect de l’environnement, ce n’est pas vraiment une nouvelle histoire. Aux Etats-Unis, une partie de la flotte est déjà passée à l’électrique et en France, les magasins franciliens de Fresnes (Val-de- Marne) et de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis)roulent déjà écolo. Qelques scooters électriques sont testés à Paris depuis le début de l’année. Reste que passer à l’électrique a un coût non négligeable. Selon Domino’s Pizza, le prix du scooter est quatre fois plus élevé qu’un véhicule thermique. « Nos livraisons en ville se faisant sur de petites distances, nous sommes de plus en plus intéressés par les vélos électriques », souligne Bart de Vreesse. Dans la capitale, le pizzaïolo serait en négociation avec la Mairie de Paris pour passer à la vitesse supérieure. Des annonces pourraient tomber bientôt… SANDRINE BAJOS @sbajos celles portant sur le transport de ses marchandises. Note du CDP : « B » en 2015, soit mieux qu’en 2014, où Carrefour avait obtenu un « C ». Danone. En novembre dernier, le leader de l’agroalimentaire a annoncé vouloir diviser par deux ses émissions de CO2 entre 2015 et 2030. S’il a déjà diminué ses émissions directes (en matière de production, d’emballage ou de logistique), il souhaite désormais agir sur les indirectes (générées par les agriculteurs avec lesquels il travaille), qui représentent 65% du total de ses émissions. Note du CPD : « B » en 2015, soit moins bien qu’en 2014, où Danone avait décroché un « A ». Sodexo : En 2015, l’entreprise de services, qui nourrit quotidiennement 50 millions de personnes à travers le monde — dont 1,5 million en France — a promis de réduire ses émissions carbones de 34% entre 2015 et 2020. Un objectif qu’elle compte notamment atteindre en luttant contre le gaspillage alimentaire. Note du CDP : « C » en 2015, soit moins bien qu’en 2014, où Sodexo avait été gratifié d’un « B ». H.H. LE PARISIEN ÉCONOMIE I LUNDI 30 MAI 2016



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