L'Officiel Auto n°1 mar/avr 2016
L'Officiel Auto n°1 mar/avr 2016
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°1 de mar/avr 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 69,3 Mo

  • Dans ce numéro : dossier french touch.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER/French Touch Il y a soixante ans… la naissance d’Alpine Avec le recul, la destinée de Jean Rédélé paraît évidente. Bercé dès son plus jeune âge dans un univers où automobile, compétition et Renault étaient les maîtres mots, il s’est aussi démarqué par une vision avant-gardiste de la technologie et du commerce. Né le 17 mai 1922, Jean est le fils aîné d’Émile Rédélé, concessionnaire Renault à Dieppe après avoir été le mécanicien attitré de Ferenc Szisz, premier « pilote d’usine » de la Marque au début du siècle. Dès la fin de ses études à HEC, Jean est remarqué par la Direction Générale de Renault pour ses idées commerciales novatrices. À seulement 24 ans, il devient le plus jeune concessionnaire de France en prenant la suite de son père. Considérant que « la course est le meilleur banc d’essai pour les modèles de série et que la victoire est le meilleur argument de vente », Jean Rédélé participe à ses premières compétitions à l’âge de 28 ans. Après un coup d’essai au Rallye Monte-Carlo 1950, il remporte le tout premier Rallye de Dieppe au volant de la nouvelle 4 CV, face à des modèles bien plus puissants ! Ce succès au retentissement national conduit Renault à lui fournir une 4 CV « 1063 » – la version spéciale course – pour la saison suivante. Tout en décrochant de nouveaux succès, Jean Rédélé cherche à améliorer les performances de son bolide. Sa quête le mène jusqu’en Italie, chez Giovanni Michelotti. Il lui commande une 4 CV Spéciale Sport, caractérisée par une carrosserie en aluminium bien plus aérodynamique que le 42/L’OFFICIEL AUTO modèle d’origine. Au fil du temps, cette collaboration entre le rallyman français et le styliste italien donnera naissance à trois exemplaires uniques. En attendant la livraison de sa nouvelle arme, Rédélé poursuit sa carrière au volant de la « 1063 ». Concessionnaire Renault à Paris et Etampes, son ami Louis Pons devient son équipier. Toujours en quête de performances, le duo finance le développement d’une boîte de vitesses à cinq rapports, conçue par André-Georges Claude. Cet artifice leur permet notamment de remporter leur catégorie aux Mille Miglia, cette Cabriolet A 106. Mécaniquement, l’Alpine A106 conserve le châssis et les trains roulants de la 4 CV. 1965, Jean Rédélé et Amédé Gordini, avec sa célèbre casquette. fameuse course entre Brescia et Rome. La trajectoire de Jean Rédélé passe ensuite par les 24 Heures du Mans ou le Tour de France Automobile. En 1953, il touche enfin sa 4 CV « Spéciale ». Pour sa première sortie, il remporte le 4e Rallye de Dieppe devant deux Jaguar et une Porsche ! L’année suivante, l’équipage Rédélé/Pons décroche une troisième victoire de catégorie aux Mille Miglia, puis remporte la Coupe des Alpes. « C’est en sillonnant les Alpes à bord de ma 4 CV que je me suis le plus amusé. J’ai donc décidé d’appeler mes futures voitures « Alpine », pour que mes clients retrouvent ce plaisir », dirat-il plus tard. Car l’idée de créer sa propre marque taraude l’esprit de Jean Rédélé. C’est son beau-père qui l’aide à franchir le pas. Notamment propriétaire du Grand Garage de la Place de Clichy, situé rue Forest, Charles Escoffier est un des plus importants concessionnaires Renault de l’époque. En demandant à son gendre de l’aider à développer et commercialiser une série de « coaches » déjà commandés chez Gessalin & Chappe, il le conduit à créer la « Société des Automobiles Alpine », le 25 juin 1955. A106 : le début d’une formidable épopée En imaginant ses futures automobiles, Jean Rédélé voulait s’appuyer des principes élémentaires : une mécanique simple mais compétitive, utilisant un maximum de pièces de série et recouverte d’une carrosserie légère et attrayante. D’un certain point de vue, le coach imaginé par Charles Escoffier respecte ces prérequis… même si Jean Rédélé n’en assume pas vraiment la paternité ! Dessiné par Jean Gessalin et construit par les frères Chappe, le premier prototype est présenté par Charles Escoffier au comité directeur de Renault en février 1955. Une fois l’homologation validée, Jean Rédélé impose quelques modifications, issues des 4 CV développées avec
Michelotti. Le coach prend la dénomination A106 : A comme Alpine et 106 en référence au nom de code 1062 de la 4 CV, qui sert de banque d’organes. Début juillet, trois exemplaires de l’Alpine A106 aux couleurs du drapeau français – une bleue, une blanche et une rouge – paradent dans la cour du siège de la Régie Renault, à Boulogne-Billancourt. Même s’il n’affectionne pas particulièrement la ligne de la première Alpine, Jean Rédélé n’en est pas moins fier d’être devenu un constructeur automobile à part entière. Mécaniquement, l’Alpine A106 conserve le châssis et les trains roulants de la 4 CV. Le moteur à quatre cylindres en ligne de 747 cm3 est proposé en deux versions de 21 ch et 38 ch. Cette première Alpine se distingue avant tout par une carrosserie en polyester, collée au châssis d’origine de la 4 CV. En option, il est possible d’équiper l’A106 de la boîte de vitesses à cinq rapports « Claude », ou de la suspension « Mille Miles » constituée de quatre amortisseurs à l’arrière. Fidèle à ses principes d’amélioration continue – à une époque où le kaizen n’est pas encore entré dans le vocabulaire de l’industrie automobile – Jean Rédélé cherche sans cesse à faire progresser l’A106. Lassé des réticences de Chappe & Gessalin à faire évoluer l’A106, le Dieppois finit par ouvrir sa propre structure industrielle : RDL. Cette prise d’indépendance se traduit par le lancement d’une version cabriolet, dessinée par Michelotti et présentée au Salon de Paris 1956. Une troisième variante est lancée en 1958 : l’A106 « Coupé Sport ». Il s’agit en fait d’un cabriolet sur lequel est soudé un hard-top ! Avec 251 exemplaires produits entre 1955 et 1960, l’A106 a permis à Jean Rédélé d’installer son entreprise. Mais il ne s’agit que d’une première étape… A108 : la première Berlinette Faut-il parler de l’A108 ou des A108 ? Les variantes de carrosseries et de configurations sont telles qu’il est difficile de schématiser l’histoire d’un modèle produit à 236 exemplaires A 108 Berlinette Coupé Sport A 108 avec phares englobés. entre 1958 et 1965. L’appellation A108 apparaît au Salon de Paris 1957. Les carrosseries du coach A106 – produit par Chappe & Gessalin – et du cabriolet RDL sont d’abord conservées, car c’est sous le capot que s’opère la métamorphose : le moteur de la 4 CV est remplacé par le 845 cm3 « Ventoux » de la Dauphine. Au fil des évolutions, il sera possible d’opter pour un bloc réalésé à 904 cm3 et préparé par Marc Mignotet ou pour le moteur de la Dauphine Gordini (998 cm3). Le style évolue aussi, à partir d’une variante de l’A106 dessinée par Philippe Charles, un jeune dessinateur de 17 ans ! En partant du cabriolet dessiné par Michelotti, il recouvre les phares d’une bulle de plexiglas, et prolonge l’arrière pour obtenir une ligne plus élancée. Baptisée « berlinette », cette voiture est alignée au Tour de France Automobile 1960 pour deux équipages, Féret et Michy, par Jean Rédélé. Le succès d’estime est tel que ce nouveau visage s’impose rapidement sur les cabriolets et coupés sport produits par RDL. Un autre virage important est pris en 1961, avec la généralisation du châssis - poutre sur tous les modèles. Cette architecture est basée sur une robuste poutre centrale, sur laquelle sont rapportées des traverses latérales supportant des berceaux avant et arrière. Améliorant la rigidité et la légèreté, cette innovation constitue la clé des qualités routières des Alpine à travers les générations. Willys-Interlagos : l’exemple d’une politique d’exportation innovante Conscient qu’un développement international peut lui apporter des relais de croissance, Jean Rédélé se heurte à un manque de moyens, qui ne lui permet pas de créer et développer un réseau d’export traditionnel. Il choisit une autre voie en proposant à des partenaires industriels de fabriquer ses automobiles sous licence. Il faut dire que les Alpine sont relativement faciles à assembler, y compris par du personnel non qualifié. Elles sont aussi réputées pour leur fiabilité, puisque leur mécanique provient de la banque d’organes Renault. Après un échec en Belgique – moins de 50 exemplaires de l’A106 seront fabriqués par l’industriel Small – c’est au Brésil que Rédélé trouve un débouché. La société Willys-Overland, qui fabrique déjà des Dauphine sous licence Renault, lance une production à partir des outillages fournis par l’usine de Dieppe. À partir de 1960, l’usine de Sao Paulo livre les Interlagos, du nom du célèbre circuit brésilien. De prime abord, seul un œil exercé peut distinguer une Interlagos de sa sœur jumelle Alpine A108. Le partenariat se poursuit avec l’A110. Au total, un millier de Berlinettes et cabriolets sont produits jusqu’en 1966. L’OFFICIEL AUTO/43



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