L'Illustration n°4985 17 sep 1938
L'Illustration n°4985 17 sep 1938
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°4985 de 17 sep 1938

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 60,5 Mo

  • Dans ce numéro : 1638-1938, le troisième centenaire de Louis XIV.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LA « BIENNALE » DE VENISE Tour le mois d'août a été empli à Venise par les festivités de la Biennale. Il y a un an, dans son numéro du 18 septembre 1937, L'Illustration a eu l'occasion de retracer l'histoire de ce grand tournoi cinématographique entre toutes les nations du monde. La Biennale, on s'en souvient, devait seulement, à son origine, faire alterner d'une année à l'autre les manifestations de peinture et de musique — d'où son titre. Mais, voilà six ans, grâce à la munificence du comte Volpi, ancien gouverneur de la Libye, actuellement ministre d'Etat, elle ajouta à son programme des représentations cinématographiques dotées de nombreux prix et qui connurent aussitôt une telle vogue qu'elles ont eu lieu, depuis, tous les ans avec un succès croissant. Elles avaient attiré cet été à Venise une prestigieuse colonie cosmopolite. La reine Nazli d'Egypte, mère du loi Farouk, y voisinait avec la duchesse de Tolède, qui est l'ex-reine d'Espagne, avec l'ex-roi Amanoullah d'Afgha- Pendant une séance de la Biennale. On reconnaît le comte Volpi, la comtesse Ciano etÂM. Dino Alfieri, ministre de la Culture populaire, La jeune interprète du film français Prison sans barreaux, Corinne Luchaire, sur le Grand Canal. Le jury international de la Biennale cinématographique de Venise. M. Bustamente (Mexique) ; le baron Villani (Hongrie) ; M. Croze (Italie), directeur de la Biennale ; le marquis Paolucci, directeur de l'Institut Luce ; MM. Sato (Japon) ; Maraïni, secrétaire général de la Biennale ; le comte Volpi, président ; M. Ordinski (Pologne) ; Mlle Metterholm (Suède) ; MM. Vincent (France) ; René Jeanne (France) ; Neville Kearney (Angleterre), et Harold Smith (Etats-Unis). nistan, avec la princesse héritière Juliana des Pays- Bas, accompagnée du prince de Lippe, son mari. L'année dernière, le cinéma français avait triomphé. La coupe Mussolini pour le meilleur film étranger avait été obtenue par un Carnet de bal, de M. Julien Duvivier. Nous ne pouvions espérer que cet honneur exceptionnel se renouvellerait, mais c'est encore la production française qui arrive en tête du palmarès avec six citations, alors que les Etats-Unis et l'Italie n'en ont obtenu que cinq, l'Allemagne, trois, l'Angleterre, deux, le Japon, la Tchécoslovaquie et la Hongrie, une. Encore un des films anglais primés : Break the news (Fausses nouvelles), est-il l'oeuvre d'un metteur en scène français, M. René Clair. L'équipe française s'est vu attribuer la coupe du jury international pour la meilleure sélection nationale, y compris la rétrospective de la Cinémathèque française ; la coupe du ministère de la Culture populaire pour le film Prison sans barreaux, de M. Léonide Moguy ; le prix du meilleur documentaire pour Karakoram, cette admirable fresque animée de l'expédition à l'Himalaya, de M. de Segogne, filmée par M. Marcel Ichac. Le prix du meilleur filin d'actualités pour le Voyage des souverains britanniques en France, tourné conjointement par les maisons françaises et les maisons anglaises et américaines de Paris. En outre, deux médailles désignant spécialement les mérites personnels des artisans du film ont été décernées à M. Marcel Carné, pour son film Quai des brumes, et aux techniciens du film Rubens et son temps. Il est probable que Quai des brumes aurait obtenu une récompense encore plus haute sans le caractère un peu morbide et déprimant de son atmosphère. Quant au film Rubens et son temps, nos lecteurs le connaissent bien ; nous en avons parlé dans notre numéro du 23 octobre 1937. C'est une magnifique reconstitution en couleurs de l'oeuvre picturale de Rubens et de ses contemporains, et L'Illustration est heureuse de rappeler que c'est sous son patronage qu'elle a été réalisée par MM. A. de La Rochefoucauld et A. Fabry. La projection de Prison sans barreaux devant le public d'élite de la Biennale suscita un tel enthousiasme que la principale interprète, Mlle Corinne Luchaire, la petite-fille de M. Julien Luchaire, l'auteur d'Altitude 3.200, de Boccace, d'une Femme et un Roi, fut mandée télégraphiquement à Venise pour être présentée à ses admirateurs. R. IDE B. L'I LLUSTR AT I ON 80 17 SEPTEMBRE 1938
UNE TOILE DE MAITRE ANIMÉE PAR LA FIGURATION DE « LA PASSION » A LUCERNE Une des manifestations artistiques les plus remarquées des grandes semaines de Lucerne fut la roprésentation traditionnelle de la Passion sur les ṃare:les de la cathédrale. Ce spectacle a de belles lettres de noblesse, puisqu'il se perpétue depuis cinq cents ans. Moins fastueuse qu'à Einsiedeln, où la présentation est grandiose, la Passion de Lucerne n'utilise qu'un petit nombre de personnages, une figuration réduite et un minimum d'accessoires, mais la pureté de son atmosphère, la Les Saintes Femmes emportent le corps du Christ. beauté de son texte et la ferveur de ses interprètes la rendent profondément émouvante. Les artistes qui incarnent les personnages sacrés ne sont pas des acteurs professionnels : c'est le peuple lucernois qui fournit cette distribution si remarquable. La cathédrale sert de toile de fond au spectacle. Et les scènes de l'auguste tragédie, si parfaitement réglées, se succèdent, dans la nuit, sous les étoiles, avec une splendeur, un style etun éclairage de toiles de maître. — E. V. Phot. J. Schneider



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