L'Illustration n°4985 17 sep 1938
L'Illustration n°4985 17 sep 1938
  • Prix facial : 5 F

  • Parution : n°4985 de 17 sep 1938

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Jacques-Julien Dubochet

  • Format : (275 x 371) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 60,5 Mo

  • Dans ce numéro : 1638-1938, le troisième centenaire de Louis XIV.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Nul n'en garantit la ressemblance. Le modèle n'a pas posé. Les artistes ont fait travailler leur imagination, sachant qu'un poupon de roi et un poupon de crocheteur offrent le même visage impersonnel et. que la différence entre eux consiste dans le décor et les dentelles. D'année en année paraissent ainsi des estampes où l'on voit 1\I le Dauphin, inconscient encore de l'honneur qui lui est attribué, recevoir de son père le cordon du Saint-Esprit, faire ses premiers pas, soutenu de la main par sa mère, batifoler autour du berceau de son frère,. Philippe, duc d'Anjou, accueillir le duc d'Enghien, vainqueur de Rocroy, enfin, tenir un lit de justice. De sa physionomie réelle, ces estampes ne permettent de rien inférer, sinon que l'enfant est robuste. Il a déjà pris conscience de sa dignité de roi ; il la fait. respecter, d'une main prompte, par son cadet indocile. Quand, à la mi-août, messieurs les échevins de Paris, nouvellement élus, lui viennent jurer fidélité, il répète, sans se tromper, les phrases qu'il convient de leur répondre. Son apparence physique ne nous est véritablement révélée que la. cinquième année venue. A ce moment, en effet (1643), des peintres, Juste d'Egmont et (l'autres, dont les toiles anonymes subsistent, et un médailliste, Jean Varin, ont pu l'approcher et nous transmettre la vision qu'ils ont retenue de lui. Le petit prince est habillé d'une robe blanche à double encolure de dentelle, traversée par le cordon du Saint-Esprit. Il porte sur un col un peu lourd un visage figé patla. pose, ni joli ni laid, aux joues rebondies formant avec le menton trop long une ligne disgracieuse. Les yeux noirs, taillés en amande, sont fort beaux. Le nez massif, dont on ne voit pas le profil, plonge vers la bouche, aux lèvres serrées. Du front spacieux, couronné d'un béguin à broderies d'où pend une plume blanche, les cheveux d'un Phot. Bulloz Louis XIV en 164S, c'est-à-dire âgé de dix ans, par Henri Testelin. (Musée de Versailles.) Phot. Bulloz Louis XIV jeune, par Puget. (Musée d'Aix.) blond doré, partagés par une raie, coulent en boucles naturelles sur les épaules. Vainement chercherait-on sur ce visage ingrat, à peine sorti de la chrysalide enfantine, les signes d'une beauté future. Cinq ans plus tard (1648), Louis XIV trouve en la personne d'Henri Testelin un peintre qui, sans le flatter, fournit de son modèle des portraits dont l'un tout au moins laisse transparaître certains éléments psychologiques. Il atteint alors la dixième année. Il est représenté, d'une part, en attitude de parade, assis sur son trône, en grand habit couvert du vaste manteau fleurdelisé à collet d'hermine ; d'autre part, moins solennellement, à mi-corps, bardé d'une cuirasse à clous d'or enserrée dans une écharpe blanche. Plus rien dans son visage ne subsiste des mollesses de traits de la petite enfance. La métamorphose est accomplie. Un prince charmant est né, dont les yeux brillent comme des escarboucles et dont la bouche forme un dessin sinueux et charmant. Il respire la santé. Il a gagné en force. Tandis que son intelligence s'éveille à la vie spirituelle, son corps se plie avec adresse aux exercices d'armes, de danse, d'équitation. Il est déjà cavalier émérite, chasseur plein de frénésie. Il va bientôt paraître dans un ballet de cour. Il s'intéresse ardemment aux problèmes politiques et il exècre messieurs du parlement., qui font. à cet instant échec à son autorité. En même temps, bien qu'il s'efforce de prendre un air sévère, il garde la spontanéité, les grâces et la sensibilité de son âge. A la collation qui suit, l'an 1645, le feu d'artifice de la Saint-Jean il révèle à messire le prévôt des marchands une gourmandise qui fait sourire ce vieux magistrat. Voit-il, un peu plus tard, sa mère, qu'il aime tendrement, triste ou contrariée, il fond aussitôt en larmes. La journée des Barricades venue, comme son jeune frère, effrayé des mousquetades populaires, lui réclame protection, il tire chevaleresquement son épée du fourreau et. le rassure en jurant de le défendre. Le mouvement de la Fronde, qui réduit à la
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