l'écolomag n°72 jui/aoû 2019
l'écolomag n°72 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°72 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : L'Ecolomag

  • Format : (315 x 470) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 32,8 Mo

  • Dans ce numéro : le féminin sans tabou.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SANTÉ, BIEN-ÊTRE & BEAUTÉ (suite) 18 ENGAGÉE ET RESPONSABLE envers toutes les femmes 100% Fabriqué sans phtalate, dioxine, pesticide (dont glyphosate) Fabriqué avec du coton biologique *En contact direct avec la peau 0% parfum plastique* viscose & chlore coton bio hypoallergénique sécurité www.silvercare.es/fr Comptoir des lys  : 12 rue de la Blanchardière - 49300 Cholet Tél.  : 02 41 55 66 65 Une marque du Groupe Nature et Stratégie L’écolomag n°72 ⎜ Juillet/Août 2019 [La suite de l'article de la page 17] Pourquoi méconnaissons-nous autant le cycle féminin ? Je pense qu’il y a des mouvements d’oubli complexes, sociaux, mais aussi plus personnels, liés à nos histoires familiales et à la façon dont on nous transmet une certaine image de la femme, dès le plus jeune âge, avec un grand manque d’informations concrètes sur la puissance du féminin et nos capacités à nous autoanalyser. Sur un aspect sociétal, certes, des moments de l’histoire sont à mentionner. Ceux qui ont amené la femme à travailler autant qu’un homme dans des rythmes de plus en plus artificiels et urbains, et sur des travaux de force, d’usine, de chaînes… que me rappelle aussi le salariat moderne. Rythmes répétés, dans lesquels il est évident pour la femme que, si elle n’est pas un homme, elle sera désavantagée car bien moins « linéaire » sur le plan de l’énergie – règles… – et bien moins « libre » – grossesses… Mais, à l’échelle micro, on peut pointer tout cours d’éducation sexuelle ou tout dialogue dans les familles sous-entendant que la femme doit « cacher » son cycle, ou que les menstruations, ou encore les accouchements, sont « douloureux » et se doivent de l’être. Cela fait intégrer aux jeunes filles qu’il n’y a rien d’intéressant ni à comprendre, ni à investir (seule ou à deux) la physiologie féminine, puisque les manifestations du féminin ne semblent pas porteuses d’une possible construction identitaire positive. Qu’il vaut mieux « gommer » un aspect de soi. Et, aujourd’hui, tout ce qui pousse à nier la positivité de nos différences va dans cette voie. La libération sexuelle n’a-t-elle pas fait avancer les choses ? Pour moi, la libération sexuelle n’a pas vraiment fait avancer les choses. Car la contraception chimique libre et l’IVG légalisée ne pallient qu’aux situations d’urgence et n’ont pas réglé le problème de fond de la construction identitaire féminine positive  : que chaque femme ose connaître son sexe et sa physiologie. Ces « révolutions » n’ont pas provoqué d’empowerment réel féminin spécifique. Être femme nécessite pourtant cette instruction de fond. La liberté, ce n’est pas nier, bloquer, oublier le corps intégral et ses questions. C’est être invitée à se comprendre et à regarder son sexe « en face ». Qui suis-je, moi, femme, profondément ? Toute une quête part de là. Notre corps n’est pas qu'à fleur de peau, ou superficiel. Les enjeux sont extrêmement profonds. Des mouvements, comme ceux du self-help dans les années 70-80, ont intégré des notions d’auto-examens gynécologiques possibles – du col notamment. Combinés à d’autres analyses autonomes possibles, comme la courbe thermique, révélée depuis les années 1930 et popularisée dans les années 1970, ainsi qu'aux connaissances sur l’auto-examen de la glaire cervicale par la femme seule  : ces auto-examens redonnent cet empowerment purement féminin ! Qui, enfin, passe par la reconnexion vraie à son corps ! Une vraie reconnaissance de notre sexe, de notre physiologie  : en lui faisant face. Que l’on ose toucher, regarder, et ne plus catégoriser comme une partie à redouter, ni comme un objet ou une aire de jeux. Tout auto-examen possible montre que la santé de la femme et le bon fonctionnement du corps féminin sont d’une grande beauté, sont des mécanismes nobles et d’une assise formidable pour toute jeune fille et femme en construction identitaire. Dans un monde où tout va de plus en plus vite, avons-nous réellement le loisir de prendre le temps d’observer les rythmes énergétiques de notre cycle ? A-t-on le temps de vivre et d’accueillir la vie en nous, est presque la question. Être vivant prend du temps, celui de manger, de dormir... de s’accorder 30 minutes par jour d’exercice et de marche, 10 minutes par jour de cohérence cardiaque... Lire sa fertilité, pour une femme, c’est 3 minutes par jour de connexion à son horloge intérieure. Pour savoir comment ses organes se sentent et où en sont ses hormones. Pour l'intime féminin en santé, on ne consacre sans doute pas assez de temps, ou alors ce temps, s’il est consacré, est employé uniquement à cacher ou modifier l'apparence des choses de l’intime – les règles, la pilosité… Or, on peut changer les choses. Adopter l’auto-observation du cycle, jour après jour, permet cet autre regard sur le cycle vivant sous notre peau, témoin direct de notre santé – température, perte naturelle fertile, col. Cela ouvre ensuite vers la possibilité de pratiquer une contraception naturelle de façon fiable, basée sur l’observation de la fertilité. La question qui fâche  : les méthodes de contraception naturelles sont-elles moins fiables que les méthodes chimiques ou hormonales ? Cette question est absolument essentielle, car la contraception naturelle est une contraception hautement humaine. Elle réussit si vous êtes formée et pratiquez vos auto-observations sans oubli et avec assiduité. Elle ne réussit pas si le couple la pratique sans être formé et/ou avec des incompréhensions restantes ou des La liberté, ce n’est pas nier, bloquer, oublier le corps intégral et ses questions. C’est être invitée à se comprendre et à regarder son sexe « en face ». négligences dans les auto-observations. C’est un peu comme les différences de fiabilité entre une pilule prise avec soin et constance, ou une pilule prise avec des oublis ou des irrégularités. En contraception naturelle, si le couple a reçu une formation initiale auprès d’un formateur agréé et a respecté ses 3 à 6 cycles d’entraînement sans relation sexuelle, les méthodes sont internationalement reconnues fiables à plus de 99% pour le couple les appliquant avec soin et constance. Soit une fiabilité comparable aux contraceptifs hormonaux. Ces chiffres sont reconnus par le Quotidien des médecins et l’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé. Quels arguments et conseils donneriezvous à toutes les femmes qui veulent franchir le cap de la contraception naturelle mais qui n’osent pas ? En tout premier, je conseillerais de s’informer par des lectures  : se questionner à deux, en prenant le temps qu’il faut, sans être déjà en dynamique de formation. Puis, je conseille de se former en couple, à deux. Cela change tout ! Car la contraception est celle du couple, pas uniquement celle de la femme ! Et comme cette contraception appelle à varier sa sexualité pour ne pas prendre de risque, cela s’explore aussi à deux. 5 bonnes raisons de passer à la contraception naturelle ? 1. Vous faire passer en premier. En s’autoobservant. Les femmes ne choisissent pas « une méthode », elles se choisissent elles-mêmes. 2. La santé. Pas d’effets secondaires, pas d’« ajouts » au corps. 3. Le désir. Une libido naturelle, donc vivante et boostée, et une sexualité plus variée et plus créative, puisque tout n’est pas toujours possible. La méthode propose d’explorer en période fertile une sexualité sans pénétration ou d’être associée au préservatif ou au diaphragme, selon le choix unique du couple. 4. L’émancipation. Pas besoin d’un médecin, le couple formé gère à deux. 5. La confiance en soi  : celle que vous pouvez avoir en votre corps. Vous voyez que le corps féminin est « autrement » capable. Il peut vivre sans assistance-s. La contraception naturelle permet-elle de devenir réellement actrice de sa fécondité ? Oui, de mon point de vue, car détenir le savoir, c’est détenir le pouvoir. L’intimité de la femme est pour moi ce domaine dont elle devrait être la spécialiste avant tout le monde ! Son cycle, ses hormones, sa fertilité, sa sexualité  : lui appartiennent. Cela n’exclue pas de consulter un médecin si besoin et au contraire d’ailleurs  : car la femme qui sait comprendre seule que quelque chose ne va pas, sauve bien souvent sa santé (voire, sa vie dans certains cas)  : car elle peut agir à temps, et faire des choix médicaux plus éclairés, avec son soignant. C’est cela pour moi, être pleinement actrice, de sa fécondité. Le mot de la fin ? La symptothermie et la connaissance profonde du corps féminin sont un cheminement merveilleux pour toutes les femmes qui, comme moi, ressentaient, en tant que dépositaires du féminin, qu’il leur manquait quelque chose. Une part de confiance en nous, en la vie, en son corps, que personne ne nous avait transmise. En formation, cette sensation de manque est récurrente. Parfois, elle s’incarne dans une peur de ne pas savoir gérer son cycle, de tomber enceinte sans le vouloir – même sous contraception –, de ne pas savoir accoucher. Finalement, il s’agit toujours d’une peur de la non-maîtrise des ovaires et de l’utérus. La symptothermie lève le voile sur ces aspects et vous sécurise  : « Alors, c’est comme ça que cela se passe ! » Et la femme pourra décider de tout, s’analyser en toute discrétion, sans recours à un homme ni à un médecin. La symptothermie est donc, de mon point de vue, un enjeu de santé publique  : il s’agit de la part d’éducation identitaire positive qui manque à de nombreuses femmes. La prise de conscience qu’un potentiel de vie incroyable en soi ne nous « rabaisse » pas ; mais, au contraire, que l’on peut le MAÎTRISER seules. Et cela change tout. Tout notre rapport au monde. Le cycle vivant peut amener vers plus de vitalité et d’expansion encore, et non vers la destruction – verrouiller le cycle, prendre des cachets –, si le corps est accueilli en connaissance. J’aime mon corps vivant et je choisis si je veux concevoir ou pas, sans altération, sans destruction, sans me blesser, puisque mes périodes me sont claires. J’aime le féminin en moi et sa puissance. L’auto-analyse de votre fertilité vous aide à être pleinement épanouie et incarnée dans un corps puissant, dans un corps capable. C’est donc un cadeau de confiance en soi que je souhaite à chaque femme, en cadeau à vousmême, mais aussi en cadeau aux femmes de votre lignée, pour vos mères, pour vos filles. C’est un empowerment, une évolution dans la conception de la santé des femmes. C’est le premier pas permettant d’échapper à l’hypermédicalisation des femmes et à « la reconstruction d’une médecine pour les femmes, par les femmes… en dépit des loups ! » (Rina Nissim). Pour aller plus loin Cycle féminin et contraceptions naturelles d’Audrey Guillemaud Pour une féminité consciente et épanouie Un livre très complet et pratique sur le cycle féminin et les contraceptions naturelles ! À l’heure où nous nous posons tant de questions sur les différents moyens de contraception, et où grandit l’intérêt pour les cycles de la nature (lune, saisons, écologie…), Audrey Guillemaud, formatrice en contraception naturelle, propose dans ce livre de découvrir  : Les rythmes énergétiques et biologiques du cycle féminin L’historique et l’efficacité des méthodes de contraception naturelle La symptothermie, méthode globale de gestion de la fertilité. Et enfin, un cahier qui vous permettra de noter et d’observer vos cycles. Éditions Hachette Pratique - 256 pages - 19,95 €
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