l'écolomag n°72 jui/aoû 2019
l'écolomag n°72 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°72 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : L'Ecolomag

  • Format : (315 x 470) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 32,8 Mo

  • Dans ce numéro : le féminin sans tabou.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 Vitamine L’écolomag n°72 ⎜ Juillet/Août 2019 En 2019, aussi étonnant que cela puisse paraître, les tabous autour de la femme sont encore trop nombreux. Certes, la parole se libère de plus en plus dans la presse, mais aussi dans l’édition avec des livres pratiques davantage ciblés, pouvant traiter de sujets féminins aussi diversifiés que l’endométriose, le pouvoir des femmes, le périnée, le microbiote vaginal, la contraception, le féminin sacré ou encore le plaisir des femmes après la ménopause. Mais ces ouvrages, cette parole qui se libère peu à peu montrent combien la femme a besoin de reprendre le contrôle sur sa santé, son bien-être et sa beauté. Et c’est bien par la connaissance qu’elle pourra se réapproprier son corps et découvrir son identité profonde. Framboisier et botanique Probablement originaire d'Asie Mineure, le framboisier pousse spontanément dans les bois, les forêts et les plaines de tout l'hémisphère nord  : Europe, Amérique du Nord et 0 800 916 796 Asie tempérée. Cet arbrisseau vivace, pouvant atteindre 2 m de hauteur, possède de longues tiges flexibles, dressées, cylindriques et garnies de nombreux petits aiguillons. Elles naissent à partir de la souche, fructifient après une année végétative et meurent. Les feuilles alternes du framboisier sont divisées en 3 à 7 folioles ovales, acuminées et dentées. De couleur vert clair sur le dessus, elles sont blanchâtres et velues en dessous. Ses fleurs, groupées en corymbes, possèdent 5 sépales blancs et tomenteux, entourant 5 pétales blancs, dressés, plus courts que les sépales. Le fruit, de couleur rouge, est formé de nombreuses petites 3912 drupes rondes, finement pubescentes, insérées sur le réceptacle floral. Chacune de ces drupes renferme une seule graine. Tailles minimum  : 0 800 916 796 0 800 916 796 0 800 916 796 PUB-EcoloMag-OrthoD3_2000-FR-2019-02.indd 2 15/02/19 11:30 Santé Bien-être & Beauté Les informations proposées ne se substituent pas à un avis médical auprès des professionnels de santé compétents. Demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien. Le féminin sans tabou La plante du mois Le framboisier (Rubus idaeusL.) Un allié au féminin Histoire et tradition du framboisier Au Néolithique, on récoltait déjà des framboises sauvages. Les Romains répandirent sa culture dans toute l'Europe, mais c'est au Moyen Âge qu'elle s'intensifia fortement. On confectionnait jadis du vinaigre de framboise pour se préserver de la peste ou des infusions pour lutter contre la fièvre et la faiblesse du cœur. Les framboises étaient aussi conseillées pour soulager les douleurs rhumatismales. Les feuilles s'employaient en décoction contre les angines et la diarrhée chronique. En Angleterre et en Hollande, on les utilisait dans le cas de troubles survenant pendant l'accouchement et les menstruations. En Pologne, les feuilles servent traditionnellement pour leurs vertus tonifiantes, astringentes et diurétiques. Étymologie et légendes autour du framboisier Rubus vient du latin ruber, rouge, rappelant Par Sophie Macheteau 0 800 916 796 la couleur des framboises. Idaeus signifie « du 1/2 heure jusqu'à diminution ou arrêt des crampes. Si, mont Ida », en Crète, car, selon Pline, il était après 3 heures, les douleurs ne s’effacent pas, arrêtez fait aussi une huile idéale pour réaliser des recouvert de framboisiers. Le framboisier est et revenez à une prise normale. soins réparateurs après-soleil. d'ailleurs surnommé « ronce du mont Ida ». La légende raconte que, autrefois, toutes les framboises étaient blanches jusqu'au jour où Ida, la fille du roi de Crète, allant en cueillir pour calmer la colère de Jupiter, s'égratigna le sein et teignit à jamais les fruits d'un rouge éclatant. Selon les coutumes allemandes, on suspendait des branches de framboisier sauvage au-dessus des portes pour protéger la maison. Dans certaines régions, en cas de décès, on place des branches de framboisier dans toutes les pièces pour chasser l'esprit du défunt. Dans le langage des fleurs, le framboisier symbolise les remords. CÔTÉ SANTÉ Leur forte teneur en tanins apporte aux feuilles de framboisier des vertus astringentes et anti-diarrhéiques efficaces pour soigner divers troubles intestinaux. Elles possèdent aussi des caractéristiques diurétiques et sudorifiques, qui les rendent intéressantes lors d'un refroidissement, d'une grippe ou pour une cure de printemps. Anti-inflammatoires et émollientes, les feuilles de framboisier s'emploient en bain de bouche et en gargarisme lors d'inflammations buccales (aphtes) ou pharyngées (angine). Elles sont douées d'une action régulatrice sur les muscles lisses, en particulier les muscles utérins. Ainsi, elles donnent du tonus à l'utérus et à ses ligaments, facilitant de ce fait les menstruations et l'accouchement. Ayant un effet antispamodique sur le muscle utérin, elles calment les crampes menstruelles et soulagent lorsque l’on souffre d'endométriose. Comment utiliser les feuilles ? 0 800 916 796 En infusion  : 1c. àc. de plante sèche par tasse d'eau pour un usage fréquent. Infuser 10 minutes. En cas de crampes menstruelles, 1c. às. de plante sèche par tasse d'eau. Infuser 10 minutes. 0 On veillera 800 à en boire 1 à 3 916 litre(s) par jour, comme 796 « tisane des lunes ». En teinture-mère (ou alcoolature)  : selon l'usage désiré, vous pourrez prendre de 20 à 200 gouttes (0,5 à 5 ml), 2 à 3 fois par jour. Si les douleurs des crampes menstruelles sont aiguës, prenez 40 à 60 gouttes chaque CÔTÉ BEAUTÉ Utilisations cosmétiques des feuilles Riches en tanins, les feuilles de framboisier ont des vertus astringentes, adoucissantes et tonifiantes. Elles sont conseillées dans le soin des peaux fatiguées et irritées, ainsi que des cheveux rêches et plats. Elles permettent également d'atténuer les rougeurs diffuses du visage en activant la microcirculation. Les feuilles de framboisier, reconnues pour leurs vertus antioxydantes, peuvent aussi entrer dans des soins pour peaux stressées et matures. Utilisations cosmétiques des fruits La framboise jouit de propriétés adoucissantes, émollientes et antioxydantes. Elle est conseillée dans des crèmes pour peaux sensibles, fragiles et irritées, tout particulièrement celle du contour des yeux. La framboise est aussi appréciée dans les soins pour bébés. Sa teneur en acides organiques et en vitamines lui confère des vertus exfoliantes et tonifiantes qui sont idéales pour redonner un coup d'éclat aux peaux ternes et fatiguées. Enfin, les graines de framboise peuvent constituer une poudre de gommage à incorporer dans des produits exfoliants. Zoom sur l’huile de framboise Obtenue par première pression à froid des pépins, l’huile de framboise est un véritable trésor pour l’épiderme. Riche en vitamine E, caroténoïdes et composants antiradicalaires, elle est idéale dans lutte contre les signes du vieillissement de la peau et prévient la formation des rides et ridules. Réparatrice, grâce à sa teneur exceptionnelle en acides gras essentiels (oméga 3 et 6), elle est également intéressante pour soulager les peaux sujettes à démangeaisons et adoucir les peaux sensibles. Elle est traditionnellement conseillée en complément dans le soin des peaux à tendance atopique (eczéma...). Cette huile peut être incorporée dans des crèmes de nuit riches et régénérantes, ou dans des textures plus fluides pour des soins de jour réparateurs et protecteurs. Sa grande richesse en antioxydants et caroténoïdes en Recette express  : masque réparateur après-soleil à l’huile de framboise Dans un bol, mélangez 1c. às. de fromage blanc, 1c. às. de gel d’aloe vera et 1c. àc. d’huile végétale de framboise. Appliquez en couche épaisse sur le visage. Laissez poser 20 minutes, puis ôtez l’excédent avec un linge propre, sans rincer. À faire 1 à 2 fois par semaine.
Le dossier du mois Libérons la parole sur le cycle féminin En 2019, aussi étrange que cela puisse paraître, parler du cycle féminin est encore une chose confidentielle qui se pratique dans certains cercles de femmes. Certes, la parole commence peu à peu à se libérer, mais il reste encore de nombreux sujets qui sont comme muselés par un silence aussi étonnant que déconcertant. Audrey Guillemaud, formatrice en méthodes de contraception naturelles et physiologie de la fertilité, répond à toutes nos questions, à l’occasion de la sortie de son livre Cycle féminin et contraceptions naturelles, aux éditions Hachette. À une époque où la communication est omniprésente sur le web et les réseaux sociaux, comment expliquez-vous qu’il y ait autant besoin d’écrire sur l’intimité de la femme ? Nos règles, notre sexualité, notre contraception, nos grossesses nous confrontent au questionnement répété de la connaissance profonde de notre corps. Sans certaines clés, on passe « à côté ». Vivre une vie de femme en ignorant comment fonctionnent nos hormones et nos cycles peut devenir un parcours du combattant, en étant ballotée de traitement en traitement à chaque étape – pourtant naturelle ! – de notre vie. La pilule prescrite presque automatiquement à chaque jeune fille, à des âges où le consentement contraceptif éclairé est à mon sens très difficilement présent – adolescence, voire préadolescence –, initie très tôt un détachement « quasi automatique » des questions du corps. Des questions pourtant vitales pour une femme en construction, qui, forcément, sont appelées à revenir par ailleurs, car elles font partie de nous. Il faudra, à un moment ou à un autre, les investir. Cela explique pour moi ce besoin d’écrire. Des interrogations émergent, qui ne peuvent être tues. Si ce n’est pas pour sa propre construction identitaire, c’est parfois pour son couple, pour son bébé que la femme ose cette liberté de penser son intimité autrement, et cherche des solutions, des clés. Ce sont ceux que l’on aime qui, bien souvent, nous ramènent à nous ! Comment expliquez-vous que les femmes se désintéressent de plus en plus de la contraception chimique ? La contraception chimique est comme tout médicament, et on note un désintérêt croissant pour ce mode de « soin », surtout lorsque l’on n’est pas réellement malade, la fécondité n’étant pas une maladie. Le nombre de plaintes de victimes des hormones de synthèse libère la parole de chacune  : sur ses réels inconforts, baisses de libido, hospitalisations… La contraception chimique se dévoile alors comme une forme de mise en danger et d’infantilisation de la femme plus que de libération. Car elle est souvent prise « faute de mieux » et propose l’accessibilité à une sexualité avec pénétration possible tout le temps en échange d’une castration chimique, qui bloque nos œstrogènes et notre testostérone naturelles. C’est-à-dire qu’un homme ne serait sans doute plus du tout en capacité d’avoir une érection correcte en prenant un traitement similaire, ni d’avoir du désir. Pas très « féministe » comme révolution. Ce qui pose la question de la qualité de ce que l’on propose aux femmes, une « qualité » que les Quand on pense à la santé de la femme, l’un des sujets qui nous vient spontanément à l’esprit est la contraception. Or, on constate qu’il existe encore beaucoup de tabous et d’omerta en la matière. Il est donc nécessaire de libérer la parole et c’est pour cette raison que nous avons consacré le dossier du mois à ce vaste sujet, en compagnie d’une spécialiste. Et, dans un tout autre domaine, nous aborderons le sujet ultra-tabou de l’hyper-flatulence, avec une journaliste passionnante qui est partie en croisade pour faire connaître la pathologie du SIBO (ou Small Intestinal Bacterial Overgrowth). hommes, bien certainement, n’accepteraient pas. N’est-il pas possible d’obtenir mieux et en reconnaissance totale de nos corps ? Il faut instruire les femmes sur leur corps vivant et sur leurs cycles avant tout, pour les libérer. La vraie libération, c’est la connaissance. Et, ensuite, choisir un contraceptif. Que répondre à celles et ceux qui pourraient penser que les contraceptions naturelles sont un retour dans le passé ? Je répondrais que chacune est libre de choisir, et que l’enjeu est simplement de permettre le consentement contraceptif individuel éclairé. Que chacune puisse choisir en connaissance, en pesant le pour et le contre, selon son mode de vie, sa santé et la reconnaissance de son corps, dans toutes ses capacités. Un exemple  : pour moi – et c’est personnel, et c’est éclairé –, le retour dans le passé serait de prendre la pilule alors que ma mère en a été victime et que je connais ses effets. Mais, pour certaines, sur leur voie personnelle, la contraception chimique est une avancée. Toute contraception est expérience. Et recourir à une contraception naturelle est un recul pour l’une mais ne le sera pas pour une autre. Donc il est très difficile de généraliser sur la notion de « retour dans le passé ». De plus, les méthodes naturelles d’aujourd’hui comprennent de nombreux protocoles d’observation de la fertilité lue au présent  : ce ne sont pas les méthodes « de nos ancêtres », ni des calculs, ni des approximations. Ce sont, notamment, les approches symptothermiques du cycle, efficaces à plus de 99% et reposant sur l’analyse érudite de nos 3 bioindicateurs de fertilité  : température, perte fertile, col, lus au présent, chaque jour. Cette connaissance possible du cycle, du point de vue de l’histoire des contraceptions naturelles, n’a rien d’une régression. Les femmes se font former et suivre à l’analyse symptothermique. Ce n’est pas une « cuisine » personnelle, mais ce sont des protocoles de double ou triple validation des autoobservations. Ce qui garantit la sécurité. Les protocoles d’auto-observation du cycle n’ont rien à voir avec Ogino-Knaus, ou le retrait, ou tout calcul de calendrier. Côté santé avec Audrey Guillemaud formatrice en méthodes de contraception La sympthothermie, de quoi s’agit-il ? La symptothermie suit le principe d’autoobservation de votre corps pour savoir si, aujourd’hui, vous êtes fertile ou infertile. Pour cela, il faut combiner 2 à 3 indicateurs physiologiques pour lire un cycle avec un double ou un triple contrôle. On lit donc le déroulé fertile du cycle entre deux périodes de règles, en associant l’analyse de  : la température corporelle au réveil, combinée à un autre « symptôme » physiologique de présence de la fertilité ; la glaire cervicale – ou perte naturelle fertile ; le col de l’utérus, par un toucher local  : on examinera son humidité, sa hauteur, sa position, son ouverture. Important  : même les cycles irréguliers sont lisibles avec cette méthode naturelle, puisque l’apparition et le retrait des signes fertiles, entre deux périodes de règles, sont notés au présent. Sans rien anticiper. On ne croira donc que ce que l’on verra. Sans rien pronostiquer ! En quoi cette méthode diffère-t-elle de la méthode Ogino ? Ogino-Knaus propose non une lecture au présent du cycle, mais de schématiser la durée moyenne de vos cycles, et de la couper en deux, en supposant que l’ovulation se situe pile au milieu du cycle. Ensuite, il s’agit de dégager une fenêtre fertile théorique autour de cette « mitemps ». C’est une méthode de calcul, et non une méthode d’auto-observation au présent. [La suite page 18] Juillet/Août 2019 ⎜ L’écolomag n°72 17



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