L'Ami de Musée n°47 été 2014
L'Ami de Musée n°47 été 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de été 2014

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFSAM

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : collections et musées d'archéologie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 Cité de la préhistoire, musée régional de la préhistoire, Orgnac-l'Aven (Ardèche) Outre les musées nationaux de Saint-Germain-en- Laye et des Eyzies, auxquels s’ajoute le musée de Cluny, près de 200 musées en région sont exclusivement ou essentiellement consacrés à l’archéologie. Leur statut est varié, départemental (Arles, Bavay ou Le Grand- Pressigny), municipal (Carnac, Toulouse) ou régional, dans un unique cas (futur musée de la Romanité à Narbonne). Les musées associatifs sont nombreux mais souvent dans une situation assez précaire. L’archéologie est par ailleurs présente dans la plupart des 1 220 musées de France. Ces musées ont un ancrage territorial fort, lieux d’accueil et de valorisation d’un patrimoine qui retrace l’histoire ancienne d’une aire géographique dont les contours varient. Ils sont présents dans toutes les régions, le sud de la France abritant plus de la moitié des musées, entre Aquitaine et Rhône-Alpes. Une cartographie qualitative de ces musées n’aurait aucun sens, chacun d’eux recelant des richesses, plus ou moins exceptionnelles, abondantes ou variées, plus ou moins valorisées ou accessibles, qui offrent toujours au moins une belle surprise sur l’histoire ancienne des lieux. À ces collections d’archéologie métropolitaine, il faut ajouter les collections parfois exceptionnelles d’archéologie méditerranéenne (Marseille), égyptienne (Boulognesur-Mer ou Lille) et précolombienne (Auch), sans oublier les musées ultramarins (Guadeloupe et Martinique). L’objectif premier des musées archéologiques doit être de parvenir à relater à la fois l’histoire des territoires dans lesquels ils s’inscrivent et les points forts qui les identifient de façon originale, afin d’éviter une présentation redondante des traits majeurs des civilisations du passé, similaires d’un territoire à l’autre, tandis que chacun offre des vestiges prêtant à une valorisation unique. Ces musées sont le lieu de destination des découvertes locales ou régionales, pour leur exposition, préservation et mise à disposition des chercheurs. Le premier récolement décennal des collections des musées de France a été pour eux une source d’angoisse, en raison de l’importance numérique des collections, de la disparité des inventaires et du statut parfois obscur des collections. Il a cependant permis de souligner leur rôle éminent dans la préservation des collections anciennes et de resserrer les liens entre musées et services régionaux de l’archéologie pour éclaircir l’identité, scientifique et juridique, des collections et pour construire des projets communs de préservation et valorisation du patrimoine. Nouvelles des musées d’archéologie en région Par Catherine Louboutin Conservateur en chef du patrimoine Bureau des réseaux territoriaux - Service des musées de France Ces derniers mois, deux musées territoriaux ont été inaugurés. Le nouveau musée départemental d’Alba-laromaine (Ardèche), bel exemple de musée étroitement associé à un site archéologique qu’il complète et enrichit, répond à la volonté de dimensionner un projet en fonction des collections et dans la perspective d’un fonctionnement futur supportable par la collectivité. La Cité de la préhistoire à Orgnac-l’Aven (Ardèche), principal musée abritant les collections préhistoriques régionales (entre 350 000 et 500 ans avant notre ère), offre une double complémentarité, thématique avec le musée d’Alba, patrimoniale et touristique avec l’aven d’Orgnac et l’espace de restitution de la grotte du Pont d’Arc. MuséAl, musée départemental d'Alba-la-romaine (Ardèche) Bientôt, deux nouveaux musées seront consacrés à la Narbonnaise gallo-romaine, à Nîmes et à Narbonne. Ils se veulent des musées d’exception inscrits dans un large réseau régional de sites et de musées. Les musées engagés ou amenés à s’engager dans des rénovations fondamentales sont nombreux, malgré les difficultés budgétaires actuelles. Il faut saluer le dynamisme de villes moyennes, telles Épernay ou Saint-Dizier, et de conseils généraux, tels ceux du Nord (Bavay) ou de Côte-d’Or (Alésia), qui portent des projets et inscrivent leurs musées archéologiques dans un territoire unique avec une volonté de rayonnement national et le souci d’un équipement de qualité, au service du public, de la valorisation et de la préservation d’un patrimoine par définition irremplaçable.
La scénographie du musée d’histoire de Marseille Par Adeline Rispal, architecte, scénographe Une promenade sensible et signifiante Nous sommes avant tout des êtres vivants, sensibles, recherchant ins tinc ti vement des espaces dans lesquels nous pouvons nous épanouir. L’épanouissement sera d’autant plus grand que cet espace donnera du sens à nos actes. C’est l’un des rôles primordiaux de l’architecture que de protéger et favoriser les activités humaines propres à l’épanouissement. La scénographie est au croisement de ces deux niveaux de quête du sensible et du signifiant dans l’espace muséal au bénéfice des visiteurs. Pour cela, elle interpelle le génie du lieu et tente d’en extraire les strates profondes qui entreront en résonance avec les visiteurs. Car c’est bien sur l’inconscient collectif et individuel des visiteurs qu’agit la scénographie, tout comme la littérature ou le cinéma. L’exposition permanente du musée d’Histoire de Marseille a été glissée, dès sa création dans les années 70 1, entre les fondations des entrepôts portuaires et commerciaux grecs et romains et le centre commercial qui les a tout à la fois découvertes et recouvertes. Cet espace était dédié à un parking dans ce qui devait devenir le centre commercial de la Bourse. Cette permanence des structures portuaires et commerciales se traduit dans les imposants poteaux qui portent le bâtiment et dans l’implantation du musée en contact avec le Port antique. Pendant le concours, nous 2 avons opté pour une implantation des galeries permanentes en bordure du site, puis nous avons canalisé la puissance de ces alignements de poteaux en les intégrant dans les vitrines architecturales pour créer de longues salles, perpendiculaires à ce qui était le rivage méditerranéen, à la manière d’un arsenal prêt à abriter la collection d’épaves grecques et romaines trouvées sur le site et dans le Vieux-Port. La banalité spatiale du parking a laissé la place à un alignement de vaisseaux de verre scandant et abritant les collections du musée, les strates d’une histoire à lire dans sa profondeur que les visiteurs traversent par une allée de biais dévoilant les navires tournés vers le large. Les mobiliers muséographiques sont constitués d’éléments modulables empilés à la manière de marchandises sur un quai, de « ballots ». Ces éléments fixent les activités des visiteurs dans le musée  : signalétique des 14 sections, frises chronologiques, cartes, écrans multimédia, parcours enfants, lieux de repos pour contempler, expérimenter, rêver, Ils s’agrègent et prolifèrent selon les besoins pour s’adapter à tous les besoins des visiteurs dans le temps. La médiation écrite low-tech dans un contexte d’abondance multimédia Les nombreux documentaires qui ponctuent la visite autorisent de multiples entrées dans l’histoire de la ville. Dans ce contexte, l’enjeu de la médiation écrite était de proposer une lecture ouverte que chaque visiteur peut décliner à sa manière et à son rythme, selon ses conceptions, sa culture. Ici, hormis les textes introductifs de chacune des douze séquences installés sur les « ballots » et les cartels à proximité des collections, les textes didactiques sont regroupés dans un journal offert aux visiteurs dans sa langue. Ces derniers sont ainsi libres de le lire quand et où bon leur semble, pendant et/ou après la visite. Cette proposition modifie l’accès des visiteurs aux contenus du musée  : ils ne sont pas dans un « livre en 3D », mais dans un espace avant tout de rencontre avec soi-même et les autres. Exposer l’histoire des hommes Exposer l’histoire des hommes c’est d’abord l’analyser comme système complexe dans lequel les éléments sont en perpétuelle interaction ; c’est aussi déplacer notre point de vue, et avec nous celui du visiteur, à travers les regards croisés des intervenants spécialisés qui nous éclairent ; c’est exprimer son ancrage dans le territoire physique et social qui l’a reçue et dans celui qui la reçoit ; enfin c’est prendre en compte l’homme comme acteur sensible central de l’exposition. 1 - Cf. J.-F. Pousse in Le musée d’Histoire de Marseille - Ante Prima/AAM Éditions 2013 2 - Studio Adeline Rispal, architectes, scénographes. www.adelinerispal.com 7Dossier Collections & musées d'archéologie



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