L'Ami de Musée n°47 été 2014
L'Ami de Musée n°47 été 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°47 de été 2014

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : FFSAM

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,0 Mo

  • Dans ce numéro : collections et musées d'archéologie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 une première étape un guide du musée en braille a été édité. La seconde étape a permis de réaliser une copie en résine du vase de Vix permettant à des malvoyants de découvrir tactilement cet objet exceptionnel (photo). Ces deux outils – le guide en braille et la copie du vase – sont très régulièrement utilisés. La troisième étape de ce programme pluriannuel est actuellement en cours ; elle consiste à doter le musée d’un équipement d’audio-guides comportant une séquence destinée à des visiteurs malvoyants, mais aussi une présentation des collections en Français, Anglais et Allemand. La collaboration entre un musée et sa société d’Amis repose sur la complémentarité. D’un côté un service public, dépositaire de patrimoines exceptionnels, avec ses qualités reconnues de rigueur et de compétence scientifique, mais aussi ses contraintes administratives. De l’autre une association qui peut allier rapidité de décision et souplesse de gestion. Cette remarque trouve une application dans le contexte actuel  : on ne va plus au musée pour les mêmes raisons qu’il y a cinquante ans. Désormais c’est souvent pour La Ville de Poitiers, malgré les destructions massives du XIX e siècle qui firent disparaître l’un des plus grands amphithéâtres de Gaule, a conservé de très nombreux témoignages de Lemonum, capitale de la Civitas Pictonum. C’est la Société des Antiquaires de l’Ouest, l’une des premières sociétés savantes de France (1834) qui céda en 1947 une grande partie de son patrimoine aux musées de Poitiers. L’exceptionnel hypogée, haut lieu de la naissance des arts chrétiens en Occident, en constitua un élément essentiel. Grâce à cette cession, le musée Sainte-Croix de Poitiers dispose d’un remarquable fonds ancien de la Préhistoire avec les plaques gravées de La Marche (Lussac-Les-Châteaux). Mais c’est l’emblématique statue d’Athéna (photo ci-contre), copie romaine d’une Athéna grecque archaïque, unique dans les collections des musées de la France qui en est le fleuron. Il faut bien sûr ajouter un important ensemble lapidaire d’époque romaine (bornes milliaires, dédicaces, inscriptions funéraires…), de statuaire, de mobilier en bronze, verre et céramique provenant en particulier des fouilles des nécropoles autour de la ville. La construction, sur le site de l’abbaye Sainte-Croix, d’un nouveau musée dont nous fêtons le quarantième anniversaire a donné lieu à la mise au jour d’un édifice peint imposant d’époque participer à un événement  : une exposition temporaire, une conférence, un spectacle. Autant d’initiatives à mettre au crédit du dynamisme des conservateurs. C’est à ce prix que les visiteurs viennent et surtout reviennent. L’organisation de tels événements implique des prestations un peu exceptionnelles, pour lesquelles l’administration du musée ne dispose pas forcément des moyens adéquats. Les Amis sont alors appelés à la rescousse. Mais certains de s’interroger  : n’est-ce pas sortir de la mission d’une société d’Amis, à savoir contribuer à l’enrichissement des collections, que de consacrer une fraction de ses modestes ressources à l’accompagnement d’éphémères manifestations ? La réponse à cette interrogation légitime se trouve dans l’observation lapidaire par laquelle Laurent Olivier, Conservateur en chef du Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, concluait un article célébrant le cinquantième anniversaire de la découverte du vase de Vix  : « Un patrimoine archéologique qui n’intéresse que les archéologues est un patrimoine mort 1 ». 1 - Laurent Olivier, Tombes princières et principautés celtiques, Catalogue de l’exposition Autour de la Dame de Vix – Celtes, Grecs et Étrusques. 27juin- 14 octobre 2003. Éditions du Musée du Châtillonnais Poitiers Athéna et le patrimoine archéologique des musées de Poitiers Par Alain Tranoy, Président des Amis des Musées de Poitiers romaine. Ces découvertes furent intégrées aux collections archéologiques aménagées au même niveau du musée, ce qui donne une grande cohérence à la présentation. Des acquisitions comme les tombes des « Dames de Naintré » ou des donations comme le très rare décor de stuc paléochrétien de Vouneuil-sous-Biard sont récemment venues enrichir le musée. Fondée en 1949, la Société des Amis des Musées de Poitiers (SAMP) s’est largement impliquée dans l’enrichissement de ces collections archéologiques. Ces dernières années, la SAMP a participé à la restauration d’objets en bronze pour l’exposition Feux de camp (2008-2009), à l’achat, avec l’aide du Crédit Agricole, de l’important trésor de Chevanceaux (Charente-Maritime) composé de monnaies gauloises en or du peuple picton et tout récemment à la restauration de céramiques de la tombe aristocratique d’Antran (Vienne), destinées à l’exposition du Grand Palais Moi, Auguste, empereur de Rome. La récente prise de conscience des enjeux de ce patrimoine archéologique, la création d’un poste d’archéologue municipal, devraient permettre à l’avenir une meilleure connaissance de la ville antique de Lemonum et un plus grand souci de préservation des découvertes et de leur valorisation auprès du public.
Périgueux Vesunna, site-musée gallo-romain À Périgueux, le musée gallo-romain Vesunna présente un concept unique et une scénographie audacieuse, dans une architecture de Jean Nouvel. Le site archéologique de la domus de Vésone, objet phare de la présentation, est enrichi par des collections qui présentent la cité antique, le territoire des anciens Pétrucores, la vie publique et la vie privée de leurs habitants. Le site archéologique. La domus de Vésone fut construite vers le milieu du I er siècle de notre ère, sur le plan classique d’une maison romaine organisée autour d’un péristyle. Les peintures murales découvertes in situ datent de cette période. Au milieu du II e siècle, les pièces furent remblayées d’un mètre et firent l’objet d’une profonde transformation qui mit en valeur, dans une savante scénographie, des pièces de réception organisées autour de plusieurs péristyles et donna à l’ensemble un aspect monumental. La surface de cette demeure (domus en latin), son emplacement au cœur de la ville, laissent penser qu’elle appartenait à l’une des plus riches familles de l’aristocratie locale. Le bâtiment fut démonté pierre à pierre vers la fin du III e siècle, lors du repli de la ville dans un épais rempart. Aucune construction n’avait bouleversé le site lorsqu’en 1959 un projet d’immeuble motiva des fouilles archéologiques. Le terrain jouxtait le monumental vestige du temple de la Tutela Vesunna, dit Tour de Vésone. Il était bordé par la rue des Bouquets qui donna son premier nom au site. Les fouilles réalisées entre 1960 et 1977 révélèrent un site qui se distingua rapidement par son ampleur (environ 4 000 m²), par l’élévation des murs conservés (1 menviron) et surtout par l’ensemble des peintures murales retrouvées en place dans l’aile ouest de la maison. Par Élisabeth Pénisson, directrice de Vesunna, conservateur en chef du patrimoine Le concept muséographique. Il fallut attendre 1993, pour que la Ville de Périgueux lance un concours d’architecte dont l’objectif était de protéger les vestiges, de les révéler, de les rendre accessibles au plus large public et d’y installer le mobilier archéologique regroupé depuis près de deux siècles. Le projet architectural fut confié à Jean Nouvel et le musée ouvrait au public dix ans plus tard. L’architecture résolument contemporaine est conçue comme une fenêtre ouverte sur le passé, enfoui sous la ville moderne. Un large parapluie plane au-dessus des murs antiques. La visite commence à l’étage, offrant une vue spectaculaire sur les vestiges archéologiques et, au-delà des vastes façades vitrées, sur la Tour de Vésone et le rempart du Bas- Empire. Il semble ne pas y avoir de frontières entre intérieur et extérieur, entre le minéral du musée et le végétal du parc extérieur. Les collections du musée. Les collections présentées proviennent des fouilles de la ville antique (Vesunna) et de son territoire (Civitas petrucoriorum), l’actuel Périgord. Elles expliquent la ville et le mode de vie de ses habitants, leurs échanges avec l’Empire romain et la continuité de certaines pratiques celtes. Leur richesse est certainement le fonds lapidaire composé de blocs réemployés dans le rempart du Bas-Empire  : décor architectural, inscriptions, monuments funéraires, sculpture… Un musée pour tous. Des outils didactiques accompagnent le visiteur  : maquettes de la ville et des principaux monuments, film et images 3D. Le service médiation propose des visites guidées et de nombreuses formules d’ateliers ou de visites actives pour les scolaires ou les enfants en périodes de vacances. Des audioguides, en cinq langues, proposent une visite confortable et indépendante. Les équipements et outils mis en place en 2013 pour l’obtention du label Tourisme & handicap ont amené l’équipe à maintenir sa démarche vers l’accessibilité et l’accueil de tous les publics. Le travail de réseau. Le musée veille à rester dans l’actualité et à diffuser les résultats des travaux menés par les scientifiques (recherches universitaires, fouilles archéologiques…) avec pour supports les expositions temporaires, conférences ou journées thématiques. Du fait de sa jeunesse, Vesunna n’est pas encore soutenu par une association d’Amis. Il s’appuie sur le réseau des nombreuses associations locales qui œuvrent dans les domaines de l’archéologie, du patrimoine ou de l’animation locale. Les partenariats et projets partagés sont multiples  : manifestations, connaissance du patrimoine archéologique ou relais pour le mécénat privé. Dossier Collections & musées d'archéologie 15



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