Jouets de Collection n°15 avr/mai 2007
Jouets de Collection n°15 avr/mai 2007
  • Prix facial : 9,50 €

  • Parution : n°15 de avr/mai 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (230 x 290) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 49,7 Mo

  • Dans ce numéro : les trains Edobaud... massifs et exotiques.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Page de droite  : « Vue sul’derrière » Dessin d’Edmond Lavratte, qui fit des pompiers ridiculisés l’un de ses sujets de prédilection. Collection et photo Didier Rolland. Ci-dessous, à droite  : un ensemble qui résume l’univers de E. Lavratte  : une assiette historiée reprenant un de ses dessins d’une lithographie, le Monde Plaisant, revue à laquelle il collaborait régulièrement. Collection et photo de Didier Rolland. Ci-dessous  : Une étiquette de liqueur des pompiers de Nanterre, très rare, car les matériaux employés sont doublement périssables. Collection et photo Didier Rolland. 34 - Figurines - Jouets de collection nº 15 La gloire en chantant. Philibert et Burani s’épaulent pour composer la chanson « Les pompiers de Nanterre », mis en musique par Antonin Louis. Burani interprète cette chanson de manière burlesque, casqué et costumé. Dès 1868, la chanson connaît un succès immédiat, car la musique est entraînante. En voici les premières paroles  : « Je viens chanter, belles de France Un corps charmant, plein de vaillance… » Le succès confidentiel des cabarets ou des Café Concerts est très vite relayé par les chanteurs des rues, qui vendent les feuillets avec paroles et musique aux badauds mélomanes, massés au coin des rues ou des places ombragées. C’est un texte bon enfant qui souligne grassement le côté « joyeux drilles », francs buveurs, trousseurs de filles et par surcroît, protecteurs de la vertu de la « Rosière ». Le succès attire de gracieuses émules sur scène avec « Les pompières de Nanterre », cette fois-ci les paroles sont de Langlois et la musique de Barbiéri. L’audace ne paiera pas et le spectacle sera interdit. Une « Marseillaise des pompiers de Nanterre » tentera sa chance, mais sans jamais enterrer le succès « Des pompiers de Nanterre » de Burani qui, des années plus tard, sera remis à l’honneur, en 1922 par Yvette Guilbert, puis en 1933 par Bac et Laverne. « Le pompier », autre chanson, deviendra l’hymne national des étudiant des Beaux-Arts et écoles d’Architecture qui pourront la chanter de concert. Voici le début du premier couplet  : « On dit quelque’fois au village, Qu’un casque ça sert à rien du tout… » Cette fois–ci, c’en est trop ! Las de passer pour des benêts, les pompiers Nanterrois se rebiffent par voix de presse, sous la plume bienveillante du chroniqueur Thimotée Trim. La France d’après 1848 prend plaisir à s’invectiver dans les 470 titres de journaux et gazettes qui forment alors la presse d’opinion. « Le Petit Journal » se fit le défendeur des pompiers de Nanterre, tandis que « L’Eclipse » sera un pourfendeur mordant. Mais ces échanges de propos aigres-doux ne quitteront pas les colonnes de la presse écrite, et aucun écho sonore ne se répercutera sous la voûte étoilée des prétoires des palais de justice. Le pompier récupéré par la « réclame » La chanson de Burani est déjà présente dans bien des esprits, et la publicité, bien que naissante, va faire sienne l’image du pompier de Nanterre, en alliant le clinquant du casque, symbole du positionnement social, à la joie de vivre aux côtés bon enfant. Des images publicitaires, des affiches, des cartes postales, des assiettes illustrées, des étiquettes de spiritueux, inciteront les acheteurs à se laisser séduire par ces prescripteurs un peu ridicules, mais finalement bien sympathiques.
Vox populi L’aura des pompiers de Nanterre laissa une trace dans le langage de l’époque. A la presse et aux cartes postales comiques vinrent s’ajouter des expressions péjoratives qui s’immiscèrent dans le langage quotidien. « Arriver comme un pompier de Nanterre », signifie être en retard. « Avoir un plumet », allusion à l’absorption immodérée de boissons alcoolisées. « Avoir un coup de pompe » ou « être pompé », qui signifie être fatigué. « Le style pompier », genre en peinture de Salon exposée vers la fin 19 e dans lequel l’emphase et l’habileté technique remplacent le talent. Et même dans certaines maisons, signalées par une lanterne rouge au fond d’une alcôve secrète, où des dames de petites vertus n’hésitent pas à pratiquer un acte érotique vieux comme le monde, fraîchement renommé « un pompier » ! Fallait-il que ces dames aient un esprit pernicieux pour se moquer ainsi des pompiers de Nanterre ! Comment devient-on Rosière ? Le dictionnaire Larousse définit la Rosière en ces termes  : « jeune fille vertueuse à laquelle on décerne solennellement une récompense. » L’existence d’une Rosière remonterait au premier siècle de notre ère. C’était une jeune fille méritante et vierge, qui recevait des mains du seigneur local, un don de 20 livres. Sous l’Ancien Régime, la notion de virginité se cumulait avec celle de la pauvreté. En 1818, c’est sur la commune de Nanterre que fut institué la première « Fête du couronnement de la Vierge ». Cette élection était dirigée par des membres du clergé, secondés par des dames bien pensantes de la localité. Sur le front de l’élue était apposée une couronne de roses blanches. En 1905, lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, c’est le maire qui, seul, choisira la Rosière. Celle-ci devra émaner d’une famille nombreuse et déshéritée. Les demoiselles d’honneur seront choisies dans les classes aisées. Le symbole est à peine dissimulé, durant une journée, celui de l’inversion des classes. Une journée entière, l’élue pauvre est honorée, et les riches deviennent ses suivantes. Au fil des années, la Rosière devint une sorte de « Reine d’un jour », comme le titrera un journaliste. Ce titre sera repris par le présentateur Jean Nohain, dans sa célèbre émission radiophonique, dans les années 50. La fête du couronnement de la Rosière perdurera jusqu’en 1970, mêlant carnaval et fête foraine, tandis qu’à la manière des Miss, l’élue distribuait des milliers de baisers du haut de son trône fleuri. « …mais où sont les vierges d’antan ? ». L’humour casqué. Le ton rédactionnel des innombrables gazettes satiriques de cette époque ne donne aucune limite aux railleries. L’on peut se ridiculiser, s’entredéchirer sur tout et n’importe quoi, comme le clergé, l’armée, la politique, les arts, les mœurs, et pourquoi pas les pompiers ! Parmi la pléthore de caricaturistes et de dessinateurs humoristiques, Lavratte et Frison se spécialisent dans des dessins au trait lourd et disgracieux, mais explicités par de copieuses légendes. Edmond Lavratte, pourfendeur impitoyable de pompiers, des éclésiastiques et des corps constitués, publiera des dessins soit gravés, soit lithographiés. Il n’obtiendra qu’un succès d’estime, et vers 1888 se suicidera. Seuls, de nos jours, des amateurs gravitant dans l’univers du pompier et du dessin humoristique, lui voueront une reconnaissance d’amateurs éclairés. Jouets de collection nº 15 - F igurines - 35



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