Jouets de Collection n°13 déc 06/jan 2007
Jouets de Collection n°13 déc 06/jan 2007
  • Prix facial : 9,50 €

  • Parution : n°13 de déc 06/jan 2007

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (230 x 290) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 40,2 Mo

  • Dans ce numéro : Meccano et les vertus de la publicité.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vieux papiers çait-il. Hélas, l’année suivante, le graphiste de service a confondu drapeau tricolore du Tour de France avec drapeau… hollandais ! Carrément. En effet, pour placer en vedette la Ford précisément Vedette, une voiture de conception américaine totalement fabriquée en France, Dinky Toys n’hésite pas à utiliser la hauteur d’une grue et sa flèche. A l’extrémité de celle-ci, elle accrochera en superposition trois exemplaires de Vedette Ford chacune coloriée de l’une des trois différentes couleurs de notre drapeau tricolore. Il y a d’abord au sommet la Vedette de couleur bleue, celle du milieu qui est en blanc, puis celle du bas qui est en rouge. Hélas, la pub n’est pas toujours parfaite et, en l’occurrence, l’esprit cocorico est annihilé par la disposition des couleurs qui est horizontale (style drapeau hollandais) et non verticale (style drapeau français), comme cela aurait dû l’être en toute logique. 30 - Vieux papiers - Jouets de collection nº13 La pub pro adopte les canons du graphisme français en vogue à ce moment-là dans les ateliers de dessin. Ça y est  : sur cette publicité datant de 1954, les trains à vapeur Hornby ont disparu à l’avantage d’une moderne rame tractée par un motrice BB réellement électrique. Représenté par un simple moteur également électrique 100-220 volts, l’illustration Meccano manque d’éclectisme. Outre la Buick Roadmaster et le poste de ravitaillement (absents de l’illustration), la pub Meccano fait découvrir à ses revendeurs la Vedette 54 (Ford), le fourgon postal (Peugeot D3A), la camionnette Citroën 1200 kg et le tracteur Panhard avec sa semi-remorque citerne d’essence (Esso). Ces deux dernières miniatures seront également utilisées pour décorer la couverture du catalogue MHDT de la même année aux côtés de la Buick Roadmaster. Au tout début de la décennie 1950, MHDT diffuse les chiffres positifs suivants qui sont réellement parlants. Ses usines produisent 4 autos miniatures toutes les 10 secondes, soit 24 pièces à la minute ou encore 12.000 Dinky quotidiennement, entraînant automatiquement la fabrication de 50.000 pneumatiques par jour. Cette cadence infernale aura permis l’obtention de 550.000 traction avant Citroën, 450.000 Peugeot 203, 490.000 2 CV Citroën et 200.000 Aronde Simca. Ces bons résultats furent diffusés sous forme de publicité payante dans les organes de presse spécialisée, de façon à fidéliser les bons amis revendeurs, les bons comptes faisant les bons amis, c’est bien connu. C’est dans l’un des numéros du « Jouet français et les jeux de France » que, graphique à l’appui, Meccano démontre que le chiffre de 300.000 jouets produits au cours de l’année 1941 – en pleine guerre, il faut le rappeler – est passé à 425.000 jouets en 1945, suivant en cela la courbe ascensionnelle des naissances en très net progrès à dater de 1945, année de fin de guerre, des couples retrouvés et par-delà le bonheur auquel s’ajoute la création des allocations familiales 4 en 1946, avant que cette courbe ne se stabilise à dater de 1947. Par conséquent, la publicité Meccano profite de ces courbes positives pour rappeler à ses revendeurs que plus que jamais, ils doivent engranger des jouets du groupe, rappelant au passage que ce dernier sera présent du 15 au 24 avril 1950 à la Foire de Lyon et du 13 au 29 mai de la même année à la Foire de Paris où, sous-entendu, il se tiendra bien évidemment à leur disposition pour prendre des commandes. Seule, la pub demeure identique à elle-même Il faut croire que les revendeurs ont été attentifs à l’énoncé de cette publicité et compris l’appel, car désormais les autos miniatures Dinky-Toys roulent à tombeau ouvert et rien ne peut arrêter leur expansion massive. En 1945, sur les 425.000 jouets du groupe MHDT, 100.000 concernent des Dinky- Toys ; en 1952, ce chiffre a doublé avant de doubler encore une nouvelle fois en Le style du graphisme – et même les couleurs dites « espagnoles » jaune et rouge alors très en vogue – n’ont pas changé en 1955 et conservent l’essentiel de la pub de l’année précédente. Les mouvements se situent plutôt au rayon Meccano, ainsi que sur la voie Hornby avec la venue d’un autorail Bugatti et la réapparition de trains à vapeur. Au garage des miniatures, les nouveautés portent les noms d’« auto échelle de pompiers » (Delahaye), de Studebaker Commander, de fourgon Simca Cargo, toutes trois portées en illustration sur cette publicité, auxquelles il faut ajouter les miniatures suivantes non illustrées  : Simca Cargo benne basculante et miroitier, dépanneuse Citroën et Berliet benne carrière. Sept Dinky Toys d’un coup pour répondre à la demande des bambins de plus en plus envoûtés par l’apparition de ces autos. Les camions deviennent les poids lourds de la vente. Il faut dire qu’avec leurs possibilités de manoeuvres, ils bénéficient d’un pouvoir d’attraction plus important que celui des autos. 4 Allocations familiales  : les allocations familiales concernent une prime spéciale attribuée en France par l’Etat de façon à aider les familles à élever leurs enfants et composées d’au moins deux enfants. Cela reste à prouver, mais indirectement un très petit pourcentage des sommes attribuées a servi à l’acquisition de jouets, en particulier des miniatures Dinky Toys. 1953. En 1954, il est passé à 5.500.000 exemplaires et en 1955 à plus de 7.000.000. Meccano fait part d’un optimisme résistant à toutes épreuves quand il annonce en 1956, qu’avant la fin de l’année, il aura probablement vendu plus de 10 millions d’exemplaires de Dinky Toys ! L’équation est simple  : en 1955, quand, en France, la moyenne des voitures des adultes est de 0,05 par citoyen, elle est de 5 autos par enfant. Et comme si ces chiffres publiés par Meccano n’étaient
pas suffisamment parlants, le rédacteur des annonces du groupe arguait pour encourager l’achat des petites Dinky Toys que « la plus belle conquête de l’homme » en miniature « roule à meilleur compte » que l’auto du paternel, qui atteint « un prix de vente, une fiscalité et des délais de livraison » totalement autres. La collec tion des DT se faisait alors dans la sérénité la plus totale. Avec de tels chiffres officiels (plus de 25 millions d’exemplaires en seulement quatre ans et la production générale s’est étalée sur 27 ans !) , il est difficile de croire ceux qui annoncent que les miniatures Dinky Toys sont des objets rares et, par conséquent, chers. Virtuellement un demi-siècle plus tard, qu’est devenu l’esprit collection des Dinky Toys ? D’abord, la publicité ayant fait son oeuvre le nom Dinky Toys est devenu, pour beaucoup, un nom commun. On dit désormais, quelle que soit la marque, des « petites Dinky Toys », et non plus des autos miniatures, comme on dit une Mobylette pour tous autres cyclomoteurs quelle qu’en soit la marque de fabrique, ou comme on disait autrefois un Kodak pour nommer un appareil photographique, voire un Frigidaire ou son diminutif Frigo pour un réfrigérateur. Ensuite, faut-il le rappeler, la fabrication de ces autos miniatures a cessé comme ont disparu à tout jamais dans les décharges publiques une partie des millions d’exemplaires produits. Le marché se compose, par conséquent, uniquement de pièces anciennes neuves en boîte (les célèbres « mint and boxed ») issues des collections constituées au cours des années passées, d’éléments d’occasion subsistant néanmoins présentables, d’écaillés, d’épaves, de repeints, de prototypes, d’essais de couleurs, de réalisations d’origine douteuses, constituant un amalgame de vérité et de mensonge. Les prix généralement attribués à ces jouets se sont évidemment emballés au cours de ces cinq dernières décennies, pour atteindre parfois des niveaux hyperréalistes frisant souvent les frontières de l’arnaque et tout cela dans une ambiance de montées sérieuses d’adrénaline. Les collectionneurs ont également changé. Leurs culottes ne sont plus courtes (et encore que l’été venu…) et ils ont vieilli. Cette publicité fut diffusée dans la presse non spécialisée et la presse spécialisée dans le commerce du jouet. La légende qui l’accompagne rappelle qu’en « 1946 (au sortir de la 2 e Guerre mondiale), on vendait 100.000 modèles réduits ; en 1952, 2 millions ; en 1953, 4 millions ; en 1954, 5 millions et demi ; en 1955, plus de 7 millions et qu’en 1956, les ventes allaient dépasser vraisemblablement les 10 millions de voitures ». A la lecture de ces chiffres, il est diffi cile d’admettre que les Dinky Toys sont des autos miniatures rares, même en considérant qu’un grand nombre d’entre elles ont achevé leur carrière dans les décharges publiques. Les enfants sont informés que Meccano sortira onze nouveautés en 1956 parmi lesquelles les autos Chrysler New-Yorker, la 403 Peugeot, la DS Citroën, ainsi que l’autocar Chausson, le camion Willème fardier et, appartenant à une nouvelle série, l’avion Super G Constellation. Dépliants Meccano. Technique Dans les premiers temps, les dépliants publicitaires Meccano destinés à ses jeunes clients apparaissaient biannuellement ou annuellement et étaient réalisés selon le procédé dit de l’héliogravure. Les spécialistes de l’impression collaborent les uns après les autres à la fabrication de ces catalogues qui font, encore aujourd’hui, le bonheur des collectionneurs et des historiens du jouet. Parmi ces imprimeries, on peut citer les noms d’Arts graphiques DMC SA à Mulhouse, les Etablissements O. De Rycker SA, en Belgique, les noms des illustrateurs dont le bien connu Jean Massé, le maquettiste M. Wetzel ou encore le grand photographe Franck Horvat, de l’agence Magnum, dont le descendant Jean-Michel, s’il ne s’intéresse pas aux autos miniatures, avoue posséder un penchant sérieux pour les réels microcars et plus particulièrement pour ceux à propulsion électrique. Le procédé de l’héliogravure coûtait relativement cher et pour abaisser le prix de revient à l’unité, il était nécessaire d’augmenter le tirage d’impression avec, pour conséquence, de disposer d’un quota de catalogues parfois trop important, mais avec pour avantage, de faire réellement connaître au plus grand nombre l’existence des jouets des marques Meccano, Hornby et Dinky Toys. Cette surabondance de diffusion de catalogues joua en faveur de Meccano dont les ventes s’envolèrent au fil des ans. Nanti de très bons résultats de vente obtenus grâce à la publicité, le groupe publia ses résultats sous la forme classique de communiqués de presse insérés gracieusement dans la presse spécialisée, économique, quotidienne et périodique, formule généralement acceptée par les rédactions dès lors que l’on est fier de rendre compte des excellents résultats d’une société française. Avec Meccano, Hornby et Dinky Toys, l’orgueilleux cocorico national prenait une résonance particulière, puisque le groupe en question était d’origine britannique, même si certains produits étaient fabriqués en France et que la succursale française conservait une certaine indépendance au niveau de la publicité. Jouets de collection nº13 - Vieux papiers - 31



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