Jouets de Collection n°12 oct/nov 2006
Jouets de Collection n°12 oct/nov 2006
  • Prix facial : 9,50 €

  • Parution : n°12 de oct/nov 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (230 x 290) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 36,4 Mo

  • Dans ce numéro : les motos Arnold... innovation et animation sur deux roues.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Bateaux (1 ère Partie) Gil  : 3 lettres d’excellence pour des bateaux exceptionnels Textes & photos  : Philippe Guillotel Né en 1915 au début de la première guerre mondiale, Gilbert Dutrou, créateur de la marque Gil, fit son service militaire suivi de la guerre puis de la détention Outre-Rhin. Il sera retenu durant 7 années hors de la vie civile. Il semble bien que la guerre fasse partie de son destin. Alors faut-il s’étonner si le premier jouet qu’il commercialisa fut une vedette lancetorpilles ? Il faut laisser rêver les enfants La famille Dutrou est établie à Nemours, et Gilbert enfant aimait rêver aux bords du fleuve, le Loing. Très jeune ses parents décèlent chez lui une grande dextérité manuelle, ainsi qu’une irrésistible attirance pour la mécanique. Il ne tardera pas à fabriquer ses propres jouets, tels un hydravion, et des bateaux fonctionnant à la vapeur vive. Une école professionnelle de mécanique parachèvera le développement de ses aptitudes exceptionnelles. Puis à l’âge de 18 ans, il entre à l’école de formation chez Citroën et devient agent de maîtrise. L’armée le happera durant 7 années, enchaînant service militaire, guerre et captivité. Ci-dessus  : Voici un très petit aperçu de la production Gil qui pourrait s’intituler « Guerre et Paix ». Collection particulière. C’est lors de son séjour forcé dans l’est de l’Europe, alors qu’il conduisait un camion, qu’il fut fasciné par une locomotive à vapeur qui manoeuvrait vers un entrepôt. Ce sera avec des matériaux de fortune, comme la tôle des boîtes de conserve, du fil électrique, qui dénudé, fournira le cuivre pour les soudures, qu’il s’acharnera à mener à bien une œuvre personnelle. C’est un mécanicien allemand compréhensif qui lui fournit aussi de l’acide chlorhydrique ! Il réussit à reproduire cette machine qui fonctionna à la vapeur, longue d’une vingtaine de centimètres. Il y consacra son temps libre durant 3 années. Cette réalisation força l’admiration de tous et elle ne lui fut jamais confisquée, preuve de grand respect du travail bien fait. 14 - Bateaux - Jouets de collection nº12
Rendu à la vie civile, il séjourna un peu à Nemours, et retourna vers les bords du Loing. Au cours d’une après midi chaude, sous le couvert des arbres à l’un des méandres du fleuve, apparut une vedette lance-torpilles Anglaise qui fendait le fleuve avec une double vague d’écume blanche. La présence de cet élégant navire gris, discrètement ponté le subjugua. De retour à la maison familiale, il reproduisit ce bateau de mémoire, comme l’aurait fait un peintre, puis achevé, il le fit naviguer. Sa décision venait d’être prise, il consacrerait sa vie à faire des petits bateaux ! Il renonça à la carrière promise chez Citroën, au grand dam de son entourage. Il partit pour Paris et s’installa 49 avenue Trudaine. Seul dans une chambre en location, il commença à construire en plusieurs exemplaires cette vedette lance-torpilles en tôle, dont il avait fait le prototype quelques semaines auparavant à Nemours. Un garagiste voisin, amateur de bateaux, le mit en relation avec des collectionneurs, et écoula rapidement sa petite production, comme cela, « au noir ». Cette vedette sera son fétiche, et il la fabriquera jusqu’en 1978. Coup d’essai, coup de maître. L’atelier Gil C’est en 1947 que Gilbert Dutrou, âgé de trente ans, débute officiellement sa carrière d’artisan, au 18 impasse St Sébastien, à Paris dans le 11e. C’est dans un atelier de 40 mètres carrés qu’il imaginera et fabriquera ses bateaux, jusqu’à son départ en retraite, en 1978. C’est sous la marque Gil que seront vendus les bateaux, Gil étant l’abréviation de Gilbert. C’est un autocollant imprimé en 3 couleurs, bleu, blanc, rouge et or qui sera apposé sur tous les bateaux créés impasse St Sébastien. Si cette marque reste constante, elle peut aussi être accompagnée d’un écusson Gil Club, placé, lui, vers l’avant des vedettes civiles. Ce logo a été créé à la demande de collectionneurs qui s’étaient regroupés en club. Dans les premières années, une étoile filante sera apposée près de l’étrave. Elle portera les mêmes couleurs  : bleu, blanc, rouge et or et elle symbolisera la vitesse, d’une manière décorative. Quelques modèles porteront un Gil estampé sur le panneau arrière. Cet atelier n’est pas spacieux, mais il remplira bien son office. Les murs sont garnis d’étagères afin de libérer le maximum d’espace au sol. Les machines sont peu encombrantes  : une perceuse à colonne, une fraiseuse, une scie à ruban, une presse, des fers à souder et une cabine de peinture puissamment ventilée. L’accastillage, les canons, les barres à roue, les manches à air étaient fabriqués chez le même sous-traitant à Paris. Les premières vedettes étaient mécaniques et les moteurs, qui avaient un ressort trop fragile, cassaient assez souvent. D’autres moteurs vinrent d’Alsace, mais n’étaient pas, eux non plus, totalement satisfaisants. La motorisation de substitution fut électrique, et le moteur Jacky s’imposa, permettant une plus grande autonomie. Puis les moteurs électriques furent fabriqués à l’atelier, par M me Dutrou, avec une économie de temps et d’argent. Ainsi la production complète s’accomplissait dans 40 mètres carrés, avec un personnel très qualifié, qui ne dépassa jamais 2 personnes. L’on ne peut guère être plus artisanal ! Les coques en tôle de chez Gil Ce fut la même coque en tôle pliée qui équipa les vedettes civiles et militaires, ou les racers. Dans une feuille métallique, longue de 80 cm, la tôle était découpée selon le tracé du gabarit, avec une scie à denture fine, puis pliée à l’aide de pinces, et placée sur un modèle en bois pour rester fidèle à la forme initiale. Le tableau arrière, élément indépendant, était soudé. Par la suite, les coques furent pressées, ce qui permit d’utiliser une tôle plus épaisse, et d’obtenir une coque d’un seul tenant, plus résistante. Mais le tableau arrière sera perpendiculaire et non plus oblique. La coque une fois assemblée recevait une couche de peinture d’apprêt, suivie de 2 couches de peinture cellulosique, passée au pistolet, dans la cabine ventilée. Cette peinture avait un temps de séchage de 20 minutes, en laissant une dizaine de minutes entre chaque passage. C’est par séries de 25 à 30 pièces que les bateaux étaient mis en peinture. Le moteur monté, l’accastillage mis en place, les bateaux terminés étaient disposés sur des étagères, en attendant l’heure de la livraison. Précurseur du flux tendu, Gilbert Dutrou, n’avait jamais de stocks. La fabrication se faisait selon les quantités commandées. Le temps moyen de fabrication d’une vedette était de 2 heures. Des points de ventes Prestigieux « Au Nain Bleu », célèbre magasin de jouets de la rue St Honoré à Paris, fut l’un des premiers à vendre des bateaux Gil. Ils étaient commandés par quantité d’une à deux douzaines. Ils vendirent tous les modèles fabriqués par Gil, et même des commandes spéciales, comme les bateaux de pêche. « L’Oiseau de paradis », situé au 211 bd St Germain, fut un fidèle vendeur. « L’Automobiliste », appartenant à M. Adrien Maeght, et les grands magasins de Paris tels le Printemps, les Galeries Lafayette, le BHV, et aussi le Bon Marché se firent un devoir de commercialiser la marque Gil. Un représentant multicartes assurait les commandes et les contacts commerciaux. Parfois, il participait à la Foire de Paris, ou à la porte de Versailles, exposant sur le même stand toutes les marques de jouets qu’il représentait. Gilbert Dutrou, en bon artisan, préférait son atelier aux manifestations publiques. Il obtint cependant une médaille d’argent, en 1968, lors d’une exposition des Arts et Techniques. Les commandes spéciales Des collectionneurs ou des clients du « Nain Bleu » fournissaient des plans ou des photos à Gilbert Dutrou pour qu’il matérialise leurs rêves. De dépasser la longueur d’un mètre n’était nullement impossible. Les chalutiers eurent un grand succès et il y eût une douzaine de bateaux différents, radiocommandés, tous très soignés dans les détails. Gilbert Dutrou s’inspirait de bateaux de pêche existants, qu’il modifiait selon son inspiration ou les contraintes techniques. Il aimait particulièrement la côte vendéenne, soit vers les Sables, soit vers Croix de Vie, pour y prendre des photos de bateaux à quai, en cale sèche ou en pleine mer. Il y glanait des détails afin de serrer au plus près la réalité. Des bateaux de guerre lui furent ainsi commandés, tel le cuirassé « le Richelieu » long de 1m10 cm, propulsé par 4 hélices, pesant 10 kg, construit d’après des plans du musée de la marine. Il y eut aussi une adaptation du contretorpilleur « le Terrible » qui fut reproduit à 10 exemplaires. Jouets de collection nº12 - Bateaux - 15



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