Jouets de Collection n°10 jun/jui 2006
Jouets de Collection n°10 jun/jui 2006
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°10 de jun/jui 2006

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : LR Presse

  • Format : (230 x 290) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 39,4 Mo

  • Dans ce numéro : les boîtes Rowntree... confiseries et ferblanterie à l'anglaise.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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L’art de le collection Peut-on restaurer un jouet ancien ? textes & illustrations  : Louis Chavannes Sans doute quelques collectionneurs seront ils choqués, voire même scandalisés par le titre de cet article ? Leur réponse sera  : quel que soit l’état de ces jouets  : cabossés, écaillés, rouillés, incomplets, ils doivent rester tels qu’on les a achetés ! D’ailleurs certains penseront que la tentative de transformer une ancienne relique très endommagée en quelque chose qui se rapproche de sa condition originelle est un exercice qui cherche à induire en erreur, à tromper, que c’est une approche complètement fausse du « hobby » du collectionneur, et que l’utilisation d’un pinceau même limitée aurait comme résultat de réduire la valeur de leur « relique ». En fait si l’on veut ouvrir le débat, il faut étudier le point de vue des protagonistes du problème c’est-à-dire le point de vue du vendeur (le marchand), de l’acheteur (le collectionneur) et du restaurateur. Notre étude se limitera volontairement aux problèmes de la restauration des trains anciens, les seuls pour lesquels nous avons une certaine compétence. Le point de vue du vendeur. Le plus souvent, le vendeur préfère vendre un jouet « dans son jus ». On est souvent impressionné par l’insistance de certains vendeurs à mettre l’accent sur la qualité et la valeur d’un jouet très usagé ou incomplet, mais qui n’a subi aucune retouche. 48 - L’art de la collection - Jouets de collection nº10 (1 ère Partie) On pourrait accuser le vendeur de vouloir se défausser en ce qui concerne la responsabilité d’une restauration. En fait le problème n’est pas aussi simple. D’une part le vendeur est obligé de défendre sa réputation en jouant sur l’authenticité et la qualité du jouet qu’il vend et il sait bien que les vrais collectionneurs n’apprécient pas les vendeurs qui proposent sur le marché des jouets « bidouillés ». Mais aussi certains marchands avertis savent que la venue à la collection est motivée souvent par la nostalgie de l’enfance et que le jouet que l’on aurait souhaité avoir est infi niment respectable dans sa forme de jouet usé. On peut même penser que ce collectionneur nostalgique affectionnera moins un jouet neuf ou remis à l’état d’origine qu’un jouet qui a vécu. En fait, dans la réalité, presque tous les marchands ont un réseau de restaurateurs attitrés, chacun ayant sa spécialité (réparations mécaniques, réfection de pièces manquantes, travaux de soudure et de peinture). Interview d’un vendeur. Questions posées à Patrick AYME, spécialiste de la vente des jouets anciens, (également collectionneur passionné), établi au Marché Malassis des Puces de St Ouen, et organisateur du salon Toymania. Question N°1  : Dans quelle mesure peut-on restaurer un jouet ancien ? Réponse  : Quand cela est nécessaire. Patrick AYME, spécialiste de la vente des jouets anciens Question N°2  : Une restauration doit-elle se limiter au remplacement des pièces manquantes ou peut-elle être plus importante ? Réponse  : Le remplacement des pièces manquantes est nécessaire pour pouvoir « jouer » mais une restauration beaucoup plus importante peut être nécessaire. Question N°3  : Quels sont pour vous les critères qui déterminent la nécessité d’une restauration, la valeur du jouet, sa rareté, son risque de dégradation, ou le plaisir de le restaurer ? Réponse  : Tous ces facteurs peuvent intervenir, mais on peut parfaitement désirer restaurer un jouet sans valeur pour le simple plaisir de lui redonner son aspect d’origine. Question N°4  : Le vendeur doit-il annoncer à l’acheteur que le jouet a été restauré même s’il s’agit de petites restaurations ?
Réponse  : Absolument, un jouet restauré n’est pas un jouet d’origine et la transparence à ce sujet est indispensable. Question N°5  : Un jouet qui a subi une restauration est il dévalorisé par rapport à un jouet d’origine ? Réponse  : Oui, mais tout dépend de la qualité de la restauration, celui qui a restauré un jouet avec goût et qui a compris le sens qu’il fallait donner à cette restauration n’a pas dévalorisé le jouet. Le problème, c’est le « mauvais restaurateur ». Question N°6  : Y a-t-il beaucoup de « mauvais restaurateurs » ? Réponse  : Oui, surtout des amateurs inconscients et quelques professionnels auxquels il ne faut jamais confier la restauration d’un jouet. Le point de vue de l’acheteur. L’acheteur cherche toujours un jouet dans le meilleur état possible. Beaucoup d’acheteurs préfèrent, s’ils ont le choix, surpayer un jouet en excellent état par rapport au prix moyen, ceci dans le but d’avoir un objet exceptionnel pour le plaisir de le posséder, et peut être aussi pour le désir de faire une plus-value dans l’avenir, le goût de la collection n’allant pas sans l’envie de faire un placement lucratif. Le collectionneur veut donc un jouet en parfaite condition, comme s’il était sorti la veille de la fabrique, et si possible dans sa boîte d’origine. Pour les jouets qui font l’objet de cet article, il faut s’estimer heureux d’en trouver quel que soit leur état, et leur usure est un témoignage qu’ils ont servi à quelque chose, qu’ils ont une histoire au lieu d’être restés neufs enfermés dans une boîte. C’est même toute leur noblesse. Depuis plusieurs années, on observe une raréfaction de la découverte de jouets anciens en bon état, le marché étant de moins en moins alimenté par les vide-greniers et les successions, et les prix pratiqués dans les ventes aux enchères spécialisées invitent les collectionneurs à réfléchir sur le problème de la restauration. Une approche différente est donc possible, c’est de considérer que certains jouets anciens en mauvais état méritent d’être restaurés pour leur rendre hommage et surtout pour rendre hommage à ceux qui les ont conçus et fabriqués. Cette attitude et cette pensée sont souvent retrouvées pour justifier tous les travaux de rénovation dans le domaine artistique. « La restauration ou la rénovation doit être comprise comme une tentative de remettre en valeur quelque chose de beau. Et de lui faire retrouver son aspect d’origine. » La restauration doit cependant respecter certains principes de base. La restauration professionnelle. Le travail de restauration doit être de très de haute qualité, tout en tenant compte de l’état du jouet et de sa rareté. Si le travail de restauration est important, et si l’objet est rare, il vaut mieux le confier à un professionnel. La restauration professionnelle est un art qui demande beaucoup d’expérience et de minutie. Un bon restaurateur est quelqu’un qui, par passion, essaye de retrouver les méthodes de travail des fabricants de l’époque, et d’approcher le plus possible les modèles originaux en utilisant les mêmes matériaux et les mêmes procédés de fabrication. Il existe d’excellents professionnels dont le travail coûte cher, mais dont la qualité du résultat valorise l’objet que vous avez fait restaurer. Certains collectionneurs ou marchands souhaitent que le restaurateur, dans un esprit de « fair-play », laisse sur l’objet restauré une marque distinctive de son travail, pour éviter toute confusion possible. Si un expert peut en effet, au premier coup d’œil, déceler une restauration, il n’en est pas de même pour un collectionneur novice qui peut être amené à payer très cher un jouet dit « en état d’origine » alors qu’il s’agit d’un jouet particulièrement bien restauré. Pour le restaurateur c’est un problème de conscience personnelle. Le point de vue du restaurateur. Pour être restaurateur il faut posséder beaucoup de qualités. D’abord, il faut avoir la passion de l’objet à restaurer. Ensuite il faut avoir la maîtrise complète de la restauration, ce qui ne s’acquiert qu’avec une longue expérience. Ces exigences entraînent souvent chez le restaurateur un certain malaise. Ce malaise est dû au fait qu’il a l’impression de faire un travail minutieux, long et difficile qui n’est pas reconnu à sa juste valeur. En France, le statut de réparateur n’est pas encore reconnu comme en Angleterre où les restaurateurs ont pignon sur rue (Littledale). Dans les catalogues des maisons de vente aux enchères Christie’s ou Sotheby’s on trouve souvent la mention « restauré par… », ce qui ne déprécie en aucun cas l’objet mis en vente. Dans notre pays, le restaurateur reste discret, ne fait aucune publicité pour son travail, ayant parfois l’impression d’agir comme un faussaire. Cette situation regrettable devrait évoluer dans l’avenir vers une reconnaissance plus justifiée de la valeur de leur travail. Interview d’un restaurateur. Pour toutes ces raisons, il est difficile de trouver un restaurateur qui veuille s’exprimer sur le sujet car il se sent lié au collectionneur qui désire que l’on ne fasse aucune publicité sur la restauration, pour entretenir un certain flou sur l’authenticité du jouet. Le responsable de cette situation n’est pas le restaurateur, mais le collectionneur qui impose le silence au restaurateur sur la nature exacte du jouet. Ceci ne concerne que les restaurateurs spécialisés dans la restauration de jouets anciens de grande valeur. Olivier LANCELIN est venu à la restauration des jouets anciens par le modélisme. Il travaille dans son atelier-magasin, M.V.M, à Levallois-Perret. Sa maîtrise technique lui permet d’aborder le problème de la réfection et de l’usinage de pièces métalliques de précision. Sa compétence est impressionnante dans le domaine de la vapeur vive. Une adresse à retenir pour tout collectionneur averti. Du fait qu’il travaille au grand jour, Olivier se sent libre de répondre à toutes nos questions. Ci-dessus  : Olivier LANCELIN est venu à la restauration des jouets anciens par le modélisme. Jouets de collection nº10 - L’art de la collection - 49



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