Intelligence Magazine n°8 jun/jui/aoû 2016
Intelligence Magazine n°8 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°8 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 20,7 Mo

  • Dans ce numéro : conseils pour se mettre au jogging en été.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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FORMATION Le cerveau et la mœlle épinière sont les premiers à se développer chez l’embryon. On estime que pendant la grossesse, 8000 neurones par seconde se créent dans le cerveau du fœtus. Mais après tout, leur dimension n’est pas vraiment un obstacle : 100 000 neurones tiennent dans un espace ridiculement petit, environ une tête d’épingle ! LA MATIÈRE GRISE Avec la matière blanche, elle correspond en fait à la zone du cortex, avec ses lobes frontaux, occipitaux, temporaux et pariétaux. 40 INTELLIGENCE MAGAZINE MÉDECINE RECHERCHE certains cas, le patient souffre même de ce membre qui n’existe plus concrètement. Cela peut aussi concerner les personnes qui sont depuis toujours paralysées. On peut ici parler d’une vraie douleur psychosomatique, car l’imagerie cérébrale a permis d’apporter (la souffrance étant bien réelle et non pas simulée) un véritable soulagement pour ces patients que l’on qualifiait d’imaginaires par le passé. Il se trouve que l’image du membre est toujours présente dans le cerveau. En effet, notre cerveau dispose d’une sorte de carte nerveuse de notre corps, or ce n’est pas parce que le membre est coupé que le nerf qui lui correspond a entériné sa suppression. Autre exemple connu de tous, l’effet placebo. On sait que les effets placebo fonctionnent parfaitement chez certains patients. Normalement, un médicament placebo ne peut donner aucun résultat positif si l’on se fie au fait qu’il ne contient aucune substance active. Pourtant, de nombreux effets cliniques ont prouvé que l’administration d’un placebo donnait lieu en fait à un effet thérapeutique, modeste mais bien réel. D’après les spécialistes, environ 35% des personnes sont concernées par cet effet, et ce quel que soit leur âge. Certains affirment que cela est même possible chez le nourrisson, ce qui peut effectivement s’expliquer si l’on considère que le placebo fonctionne même chez certains animaux domestiques. UN VRAI POUVOIR D’AUTOSUGGESTION Ces résultats découlent essentiellement d’un conditionnement psychique qui agit, surtout si le médecin est impliqué et joue son rôle avec conviction. Le pouvoir de guérison et d’autosuggestion du cerveau est ainsi prouvé. Le cerveau aurait également un rôle dans le déclenchement de certaines pathologies telles que les maladies de la peau où il arrive aussi que le psychisme joue un rôle. On sait ainsi que face à une grosse contrariété, ou un choc, certains voient apparaître des aphtes, des dartres, voire une attaque d’herpès, ou encore du psoriasis, et même de l’eczéma chez les tout petits. Afin d’avoir une meilleure idée de la complexité des liens entre cerveau et corps, on peut citer les cas des infarctus, qui ont pour la plupart des origines organiques, mais peuvent être provoqués par un choc émotionnel. De même après la crise cardiaque, on s’est aperçu que les patients qui reprenaient rapidement une vie normale avaient une meilleure espérance de vie que ceux, assez nombreux, qui souffraient ensuite de dépression. VOIR LE CERVEAU PENSER Il a fallu bien des années pour valider que certains patients souffraient effectivement de véritables maux, et que les malades imaginaires n’étaient finalement pas si nombreux. La déduction à partir de plusieurs faisceaux était souvent le lot des médecins pour parvenir au bon diagnostic. Aujourd’hui, les nouvelles techniques d’imagerie cérébrale ont permis d’être en prise directe sur le cerveau. Certains spécialistes ont dit que l’on pouvait enfin « voir le cerveau penser » sans pour autant avoir à utiliser des techniques invasives. On utilise aujourd’hui l’imagerie anatomique pour repérer AVC ou tumeurs, et l’imagerie fonctionnelle pour mesurer l’activité du cerveau en action. Cette dernière permet notamment de mieux connaître les régions du cerveau et d’être plus précis quant aux opérations chirurgicales qui doivent intervenir. Sur ce dernier sujet, on peut notamment évoquer l’une des sommités dans ce domaine, française qui plus est, Hugues Duffau. OPÉRATIONS À CERVEAU OUVERT Oui cela n’existe pas que dans les séries américaines. La preuve en est avec Hugues Duffau, né en 1966. En 2001, la Société des fédérations mondiales de neurologie lui attribue le Prix du jeune neurochirurgien pour être parvenu à appliquer de nouvelles méthodes opératoires qui étaient du ressort de la science-fiction il y a encore quelques années. Duffau réalise des opérations à cerveau ouvert, pendant lesquelles le patient est en partie conscient, ce qui permet de dialoguer avec lui, d’avancer notamment dans l’ablation des tumeurs à petit pas et d’éviter de nombreuses séquelles. C’est aux Etats-Unis qu’il s’est formé à cette méthode. Cela a permis en particulier d’avancer dans la connaissance du cerveau. En effet, dans ses publications, Duffau affirme qu’aucun des deux hémisphères n’a en réalité de fonction spécifique. Contrairement à ce que l’on disait des spécialisations hémisphère droit, hémisphère gauche. Selon sa théorie, le cerveau est avant
tout personnel et individuel. Chacun est unique, et de plus, chacun modifie son cerveau de façon différente dans le temps. Notre matière grise peut donc être assimilée à une gigantesque toile web qui fonctionne en réseau, grâce à des fibres qui sont elles relativement semblables chez tous les humains, alors que les terminaisons sont très différentes. Ceci a en partie été prouvé par des interventions que le neurochirurgien a effectuées sur la zone du langage, dite de zone de Broca. Il a procédé à l’ablation de cette zone à cause de tumeurs chez de nombreux patients sans que ceux-ci n’aient aucun effet secondaire quant à leur capacité à parler. Cette fameuse zone n’existe donc pas ! Grâce à lui, des opérations ont lieu aujourd’hui que les médecins s’interdisaient hier car elles portaient sur des zones dites intouchables de par les séquelles que l’on pensait qu’elles engendraient. De nouveaux progrès sont tout à fait envisageables encore aujourd’hui grâce aux nouvelles technologies. L’imagerie 3D n’est pas uniquement cinématographique et les nouvelles possibilités en matière d’animation 3D comme la création de nano-objets vont continuer à révolutionner l’étude du cerveau et des autres organes. DES THÉORIES À RÉVISER Cet organe est unique à plus d’un titre. Certainement le plus complexe, mais aussi le plus fragile, il est heureusement protégé par la boite crânienne. Sans lui, impossible de maîtriser notre système nerveux, de penser, de parler, de respirer, de marcher… En charge de ces nombreuses missions, il est évidemment très gourmand : pour 2% du poids d’un adulte, il consomme environ 20% de ses ressources en oxygène et nutriments et n’est jamais au repos, même pendant notre sommeil. Mais ce sont finalement les connexions qui sont indispensables : 200 millions de cellules et près de 50 000 connexions ! Si les progrès MÉDECINE RECHERCHE en matière de maladies sont possibles, autant dire que nous sommes encore très loin d’une véritable compréhension du cerveau humain. Les théoriciens ne disposent pas toujours de la science infuse, et la théorie du cerveau triunique différenciant différents niveaux et même différents cerveaux apparus au cours de l’évolution a vécu. Voici un rappel de cette pensée qui a prévalu jusqu’à récemment. Le cerveau reptilien ou cerveau primitif Comme l’indique son nom, c’est notre cerveau en quelque sorte préhistorique, celui des poissons, des reptiles et des oiseaux, en charge de notre survie car il contrôle toutes nos fonctions vitales comme la respiration par exemple. Situé à l’arrière du crâne, il inclut le cervelet. Le cerveau limbique Apparu ensuite avec la venue des premiers mammifères, il comprend l’hippocampe, l’hypothalamus et l’amygdale. Siège de nos émotions, il est aussi celui qui est impliqué dans le phénomène de mémoire Le néocortex Apparu plus récemment chez les primates, il enveloppe les deux cerveaux précédents. Nous ne sommes plus ici dans l’instinct mais dans le traitement de l’information, de l’imagination, sans oublier le langage. Cette théorie apparue dans les années 70 a été mise à mal. Elle a notamment été rejetée dans un ouvrage de Michel de Pracontal : « L’Imposture Scientifique en dix leçons ». Tous les scientifiques modernes rejettent cette superposition pour au contraire mettre en avant les interactions cérébrales, quelle que soit la zone. Mais certains cas ont prouvé que des zones pouvaient aussi continuer à fonctionner en toute indépendance. Complexe, vous avez dit complexe ? n V.D. LE CAS CÉLÈBRE DE DEREK AMATO Victime d’un accident où il se cogne la tête au fond d’une piscine, il présente des séquelles telles que pertes d’audition, de mémoire, et migraines. Mais il y a gagné un « don » : celui de pianiste. C’est ce que l’on nomme le « syndrome du savant acquis » théorie de Darold Treffert, qui met en avant des cas où certains patients déficients intellectuellement se mettent, de façon soudaine, à développer des savoirs exceptionnels (artistiques, mathématiques ou un type de mémoire photographique). Amato présente donc un « syndrome du savant acquis » comme une trentaine de personnes dans le monde. L’explication du génie ? POUR ALLER PLUS LOIN « Le cerveau qui voit » de Raymond Bruyer, édition Odile Jacob INTELLIGENCE MAGAZINE 41



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