Intelligence Magazine n°8 jun/jui/aoû 2016
Intelligence Magazine n°8 jun/jui/aoû 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°8 de jun/jui/aoû 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 20,7 Mo

  • Dans ce numéro : conseils pour se mettre au jogging en été.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DROIT STATUT JURIDIQUE DE L’ANIMAL Depuis l’an dernier, l’animal dispose d’un nouveau statut juridique reconnaissant notamment qu’ils sont « des êtres vivants doués de sensibilité ». Cette phrase a ainsi permis d’ôter les animaux de la catégorie des biens. Pour autant, il ne s’agit pas d’une véritable révolution, loin de là. L’INFLUENCE DE DARWIN La fameuse phrase de Charles Darwin, « l’homme descend du singe », a été mise à mal au fil du temps, du moins dans son acception première. La fameuse théorie darwiniste joue bien entendu un rôle primordial dans le fait que l’homme se doit de respecter l’animal. En le faisant, c’est lui-même qu’il respecte, car ils partagent en effet des gènes communs. L’homme dispose donc d’un capital physique commun avec les autres primates. Les scientifiques ont pu mettre en avant le fait que ce patrimoine était particulièrement proche du bonobo et du chimpanzé, ainsi que des grands singes de types orang-outan et gorille. Les théories actuelles mettent en avant le fait que l’homme aurait partagé un ancêtre commun avec ces singes il y a plus de six millions d’années. C’est la raison pour laquelle notre ADN est identique à 98,7%. Quelques pourcents qui font effectivement la différence. Or avoir des ancêtres communs est très différent de « descendre de ». On peut donc rayer de notre imaginaire la fameuse image où le singe se redresse peu à peu pour aboutir à l’homo sapiens. La famille des hominoïdes s’est développée il y a environ 20 millions d’années à partir de l’Afrique pour aller vers l’Asie et l’Europe. Pascal Picq, l’un des grands paléoanthropologues estime qu’à présent « On ne pourra pas avancer sur les plus anciens représentants de la lignée humaine tant qu’on n’aura pas des fossiles datés de 10 à 5 millions d’années, soit avant et après le dernier ancêtre commun ». ETHOLOGIE Il s’agit de l’étude du comportement des diverses espèces animales, proche de la biologie comportementale. 34 INTELLIGENCE MAGAZINE ENQUÊTE COMPRENDRE DES DIFFÉRENCES INDÉNIABLES Pascal Picq La fameuse théorie darwiniste joue bien entendu un rôle primordial dans le fait que l’homme se doit de respecter l’animal. Des scientifiques La supériorité de l’intelligence humaine sur l’animal remonte à loin, et notamment au fait que c’est l’homme qui a domestiqué certaines espèces, pour les charrues, pour la chasse, et bien d’autres besoins. On estime également que la consommation de protéines animales a joué un rôle important dans le développement de son cerveau. Si la supériorité, ou du moins la différence, de l’intelligence humaine en matière de raisonnement, d’apprentissage, de créativité ne fait pas vraiment de doute, l’approche moderne a changé. LA FABLE D’ESOPE Il s’agit d’un test cognitif : un objet flotte sur une surface d’eau trop basse pour l’atteindre simplement. Le sujet doit choisir entre divers outils celui qui lui permettra d’atteindre le fameux objet. Ce test a été effectué à la fois par des enfants de 4 à 10 ans, et par des… corvidés. Résultat : les corvidés y parvenaient dans le même temps que les enfants de 5 à 7 ans. En revanche une différence importante est apparue : l’enfant une fois qu’il a réussi ce test a acquis cette connaissance nouvelle et est capable de réussir ensuite facilement le test, comme les enfants de plus de 7 ans. En revanche, l’oiseau n’y parvient pas.
Les scientifiques avancent aujourd’hui qu’il convient de ne pas procéder à des comparaisons pures entre les uns et les autres, mais d’accepter le fait que les intelligences sont de nature spécifique en fonction des espèces. On ne nie plus aujourd’hui que les animaux communiquent entre eux, à leur façon. Cependant, il est clair qu’ils nous touchent plus particulièrement lorsqu’ils ont tendance à adopter des attitudes qui se rapprochent des nôtres. Ainsi, lorsque l’éléphant pleure ses morts, ou qu’un chien ne veut quitter la tombe de son maître, c’est notre affect qui est touché. Il est donc aujourd’hui normal de considérer que les humains ne sont évidemment pas les meilleurs, loin de là, mais qu’ils ont développé d’autres qualités, souvent nécessaires à leur survie dans un environnement hostile ou difficile. Des philosophes La question de l’intelligence animale n’est pas récente. Les philosophes grecs se la posaient déjà. Aristote cherchait à repérer les différentes formes d’intelligence et était convaincu que seul l’homme disposait du « logos », soit la capacité de raisonnement et d’abstraction, mais il reconnaissait à l’animal une intelligence plus pratique. Les stoïciens avaient quant à eux tendance à penser que les dieux avaient accordé la raison aux hommes et non aux animaux et que le traitement était donc logiquement différent entre l’homme et l’animal. D’autres tels Plutarque estimaient au contraire que les animaux disposaient d’une capacité de raisonnement et de ce fait ils devaient bénéficier des mêmes droits que Aristote ENQUÊTE COMPRENDRE l’homme. Il était donc de ce fait impossible de les abattre pour les manger. Les « animaux machine » de Descartes définissent sa pensée. Pour lui, les animaux se rapprochent plus des machines que de l’homme de par le fait qu’ils ne disposent pas de la parole pour exprimer leur pensée. Or, il imaginait déjà que l’on puisse accorder le pouvoir de parole à des machines et que cela n’en ferait pas pour autant des hommes. Descartes aurait sans doute adoré les grands films de science fiction mettant en scène des robots humanoïdes. Il faudra attendre les travaux de Darwin et les pionniers de l’étude du comportement animal pour parvenir à une sorte de consensus sur le fait que l’intelligence animale existe bel et bien. Les discussions portent aujourd’hui sur ses capacités. Difficile également d’oublier la phrase si célèbre de Gandhi : « On reconnaît le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont il traite ses animaux ». Descartes considèrait que l’animal se rapprochait plus de la machine que de l’homme. DES DIFFÉRENCES ESSENTIELLES Il y a bien évidemment une différence essentielle lorsque l’on évoque la question de l’intelligence animale par rapport à l’intelligence humaine. Si des inégalités existent bel et bien entre les hommes et ce que l’on nomme leur intelligence, les points communs l’emportent cependant en ce qui concerne les capacités d’un genre qui est l’homo sapiens. Chez les animaux, il en va différemment. Comment comparer les capacités réelles d’une truite, d’un aigle, d’un chat, d’une tortue ou d’une fourmi… Leurs différences sont non seulement physiques, mais il est extrêmement complexe d’étudier tous ces univers sans reconnaître que les écarts entre niveaux d’apprentissage sont immenses. Les qualités développées sont des conséquences de l’art de survie en fonction des espèces et la proximité par rapport à l’homme a également joué un rôle. INTELLIGENCE MAGAZINE 35



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