Intelligence Magazine n°7 mar/avr/mai 2016
Intelligence Magazine n°7 mar/avr/mai 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°7 de mar/avr/mai 2016

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 27,4 Mo

  • Dans ce numéro : cerveau et alimentation.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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EXPERT UNE INFIRMIÈRE TÉMOIGNE « Chaque jour je voyais cette malade très gentille, très calme, mais très atteinte et qui ne se souvenait plus de son mari, ni des vingt dernières années. Les souvenirs très anciens revenaient, mais la mémoire récente était totalement effacée. Or elle regardait la télé et notamment une série populaire sur une jeune fille pas très jolie et sur ses aventures alors qu’elle se lançait dans la vie professionnelle. Or, lors d’une soirée, nous nous sommes aperçus que non seulement elle se souvenait d’airs de sa jeunesse, ce qui n’était pas vraiment étonnant, mais qu’elle avait totalement mémorisé les paroles du générique de cette série récente ». UNE MUSIQUE OBSÉDANTE Mais il existe un autre phénomène passionnant à étudier et qui parlera à tout parent d’enfant en âge d’être fan de « La Reine des Neiges ». « Libéré, délivrée… », ça vous dit quelque chose ? Plus sérieusement, qui n’a pas eu l’expérience d’une mélodie qui ne cesse de hanter le cerveau et dont on ne parvient pas à se débarrasser, y compris en allant dormir ? Ce phénomène a bien entendu intéressé les chercheurs. Ce sont des Anglais qui ont réalisé une étude sur des personnes ayant ressenti ce phénomène en les questionnant sur différents éléments, tels que la fréquence, les émotions ressenties, les soucis de concentration éventuels. À SAVOIR MUSIQUE ET AUTISME Des expériences ont démontré que les comportements des enfants autistes pouvaient être améliorés grâce à la musique. En effet, alors même que l’on constate des retards en termes de langage, cela n’est pas constaté au niveau de la musique. Les autistes perçoivent parfaitement le contenu émotionnel de la musique, ce qui peut être utilisé pour faire passer certains messages. Attention cependant, il ne s’agit que d’un outil et non pas d’un remède magique qui permettrait une amélioration de l’état dans sa globalité. 32 INTELLIGENCE MAGAZINE ENQUÊTE COMPRENDRE Les résultats ont été différenciés en fonction des individus et de l’état d’occupation. Des personnes ont ainsi écouté à plusieurs reprises la musique de Pretty Woman, ou des génériques de James Bond, qui sont des airs relativement entêtants. On a ensuite demandé à ces cobayes d’effectuer certaines tâches, plus ou moins complexes. Plus le travail était compliqué, moins la musique était retenue. Une musique subsiste en tête dans un cerveau qui est donc relativement oisif. Autre élément, plus on écoute de musique, plus on est susceptible d’être touché par ce type de phénomène. Pourtant, certaines personnes ne peuvent travailler en musique, alors que pour d’autres, cela semble au contraire être une aide à la concentration. Il est ainsi courant que certains étudiants apprennent leurs cours en ayant systématiquement un fonds musical ce qui ne semble pas les déranger, bien au contraire, même si la musique est assez trépidante. Selon les chercheurs, cela est lié à l’épaisseur de la matière grise du côté droit du cerveau. Il est clair que les musiques plus obsédantes sont des airs relativement simples où la répétition du rythme joue un rôle primordial. Certains neurologues estiment que cela tient au phénomène de la madeleine de Proust, sauf que ce n’est pas l’odorat, ni l’enfance qui est en cause. C’est bien l’ouïe et probablement des souvenirs qui remontent du fond de la préhistoire ou dans nos gênes historiques et sont donc imprimés dans chaque être humain. Olivier Sacks, célèbre neurologue britannique, auteur de « Musicophilia, la musique, le cerveau et nous ». LES CAPACITÉS DU CERVEAU Il est bien entendu que les études menées sur la musique sont une opportunité supplémentaire de pouvoir découvrir les capacités du cerveau. Il convient de faire la différence entre l’aspect mélodique et l’aspect rythmique. « Il n’existe pas un centre cérébral de la musique » explique le Professeur Platel. Olivier Sacks, célèbre neurologue britannique décédé en août dernier, a étudié des patients souffrant de différents troubles, tels que l’autisme ou le syndrome de Tourette. Mais il a aussi exploré le monde de la musique associé au patient notamment dans son livre « Musicophilia, la musique, le cerveau et nous » qui porte entre autres sur la capacité de la musique à modifier notre humeur et parfois à nous guérir. Il évoque dans ce livre des cas totalement atypiques, et entre autres, celui de Tony Cicoria. Cet homme est chirurgien quand en 1994, catastrophe, l’homme est foudroyé près d’une cabine téléphonique. Il en réchappe et s’en sort avec quelques troubles de la mémoire et un effet secondaire  : il ne peut s’empêcher d’écouter, mais aussi de jouer
QUAND LA MUSIQUE PERTURBE… Les musiques de type Heavy Metal et autres musiques techno sont fréquemment écoutées avec un volume très élevé et ont un effet excitant sur le système nerveux. Les battements cardiaques augmentent, tout comme la respiration, voire la tension. Certains spécialistes de la médecine chinoise estiment que ce type de musique est perturbant pour l’équilibre énergétique. du piano jusqu’à composer et donner des récitals. Il fait partie de ce que l’on nomme les génies dits « accidentels ». D’autres cas existent, tels que Lachlan Connor, jeune étudiant ayant reçu des coups violents suite à un match, hospitalisé pendant deux semaines. A sa sortie, il se révèle être un musicien hors pair capable de jouer très rapidement une dizaine d’instruments différents sans pour autant avoir étudier le solfège. Sa mère, interrogée, explique pourtant qu’il n’avait pas de don spécifique avant cet accident. Lachlan Connor, jeune étudiant devenu un prodige musical. Troisième cas, celui de Chebaline, compositeur russe qui suite à un AVC, se retrouve incapable de parler. Pourtant, la musique reste préservée chez lui, il continue à en jouer et même à corriger les compositions de ses élèves comme si de rien n’était. La zone cérébrale du cerveau a été préservée et n’est donc pas identique à celle du langage. DES MYSTÈRES ENCORE BIEN GARDÉS ENQUÊTE COMPRENDRE Le cerveau garde donc son mystère et il semble que ses capacités soient bien plus importantes que ce que l’on soupçonne. Alors, don inné ou apprentissage permettant de parvenir à une véritable virtuosité ? Il est clair que les grands musiciens ont probablement des facilités pour la musique, comme l’on peut en avoir pour les mathématiques ou l’écriture. Mais le fait est que le travail et l’apprentissage jouent un rôle primordial pour atteindre un niveau élevé. Comment expliquer alors que de simples accidents permettent de révéler de nouveaux dons, en particulier pour la musique ? S’agirait-il d’une simple activation pour parvenir à un niveau nettement supérieur ? Peut-être, les réponses des scientifiques restent encore incertaines. Mais après tout, l’homme de Néandertal était déjà sensible à la musique. Certains spécialistes estiment que la musique est tout comme le langage le fruit d’une évolution du cerveau, et ce quels que soient le continent et la culture. CERVEAU MAIS SURTOUT ÉMOTION La musique est pourtant un langage, même s’il est différent des mots. C’est un langage qui éveille des émotions. Ainsi, des patients qui au contraire des exemples précédents ont perdu la capacité à être musiciens suite à un accident, continuent à réagir sur leurs morceaux préférés d’un point de vue émotionnel. La preuve en est que ces éléments sont bel et bien séparés. Une personne saine peut ressentir cette même expérience. Combien de fois réagit-on à une mélodie de façon affective avant même de se souvenir de son titre ? L’air met de bonne humeur, ou rend triste avant même que l’on connaisse son titre ou LA SYMPHONIE NEURONALE Ce terme est fréquemment utilisé lorsque l’on évoque le thème de l’influence de la musique sur le cerveau. L’imagerie médicale permet de vérifier que plusieurs zones du cerveau deviennent actives à l’écoute de la musique, présentant des couleurs diverses. Les neurones prennent vie et c’est ce que l’on appelle la symphonie neuronale. son auteur. Il semble bien que la musique ait en effet son siège dans une zone cérébrale bien à elle. Quant au fait qu’elle améliorerait la capacité mathématique ou autre, cela reste à prouver. C’est plutôt l’apprentissage de la musique qui développe le don à l’apprentissage d’une autre science. Ainsi, certains êtres peu doués par ailleurs peuvent développer des qualités musicales hors pair, tandis que d’autres assez rares, sont atteints de ce que l’on nomme dysmusie, une sorte d’incapacité à développer des compétences dans le domaine de la musique, alors qu’ils peuvent être par ailleurs tout à fait brillants. Peu importe. Peut-être que la musique est comme certains théoriciens le pensent, une première forme du langage ou alors une forme de besoin qui permet à un groupe de communiquer et de se sentir uni ? La communion par la musique, voilà un phénomène universel. Pas si mal, non ? n F.R. À LIRE POUR ALLER PLUS LOIN « Le cerveau musicien, neuropsychologie et psychologie cognitive de la perception musicale » de Bernard Lechevalier, Hervé Platel, Francis Eustache. Collection Questions de personne, Ed. de Noeick Supérieur. « De la note au cerveau, l’influence de la musique sur le comportement » Daniel Levitin, traduction Samuel Sfez, Ed. Héloïse d’Ormesson www.daniellevitin.com INTELLIGENCE MAGAZINE 33



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