Gend'info n°411 aoû/sep 2019
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28 motos tout-terrain en journée, équipes cynophiles « défense » la nuit, appuyés par deux drones avec capacité nocturne, pilotés par des gendarmes SIC, la Cellule nationale d’observation et exploitation de l’imagerie légale, ainsi qu’un dispositif de lutte anti-drone. Côté piste, la Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Biarritz était renforcée par des militaires d’autres unités de la GTA et trente réservistes venus de toute la France, soit un effectif de 115 militaires. Un pool d’enquêteurs était armé par la section de recherches de la GTA et la B.R. du groupement sud, en mesure d’intervenir sur tout accident aéronautique, sans perturber le dispositif dédié au G7. La BGTA était également appuyée en permanence par un EGM du GTG, permettant d’armer des patrouilles mixtes sur le « taxiway », ainsi qu’un élément de détection et d’observation. Ce dispositif de surveillance côté piste était complété par trois drones de la GTA, dont deux filaires à capacité nocturne, offrant une retransmission d’images en direct vers le P.C. aéroport, ainsi que par un dispositif de lutte anti-drone H.24. Au plus fort de la manœuvre, la BGTA était ainsi en mesure d’assurer quatre escortes en continu. Lors des arrivées et des départs, deux pelotons d’intervention de G.M. étaient par ailleurs engagés sur le tarmac avec le Peloton de surveillance et d’intervention de gendarmerie Sabre, composé de militaires de la GTA d’Orly et de Roissy, tandis que sur les points hauts, six tireurs d’élite, également venus d’Orly et de Roissy, surveillaient le périmètre. À leurs côtés, un militaire du GIGN assurait la coordination avec les deux groupes tactiques de son unité placés en réserve d’intervention, au même titre que deux VBRG, la CNAMO et la cellule nationale NRBC. Deux autres dispositifs exigeants pour la GTA ont été mis en place à Pau, désigné comme aéroport de secours, et à Bordeaux, où les délégations japonaise et américaine ont fait escale avant de rejoindre Biarritz avec des avions plus adaptés, laissant la quasi-totalité des aéronefs sous la garde de la BGTA locale. a matrise de la e dimension Face aux menaces potentielles venues du ciel, l’armée de l’Air a coordonné un dispositif
particulier de défense aérienne, comprenant notamment d’importants moyens de lutte anti-drone, auxquels la gendarmerie a contribué à hauteur de trente militaires de la garde républicaine, de la GTA et de la G.D. Parallèlement à ce volet de défense aérienne, l’Institution a engagé huit hélicoptères en appui des unités terrestres et maritimes, afin de remplir des missions de reconnaissance d’axes, de renseignement administratif, d’ordre public ou judiciaire, avec une capacité de retransmission d’images en direct, permettant d’objectiver et de matérialiser les faits délictuels. La présence de trois E.C. 145 permettait, par ailleurs, une capacité de projection rapide des forces spécialisées (GIGN) et mobiles. En complément, elle a également déployé, au profit des différents GTG, 24 télépilotes de drones, en mesure d’acquérir des renseignements et des images dans un espace restreint et dans le temps de l’urgence opérationnelle. ne bulle maritime sous commandement de la arine En miroir du dispositif de sécurité terrestre, un Dispositif particulier de sauvegarde maritime (DPSM), placé sous le commandement de la Marine nationale, a été activé face à Biarritz et ses approches, entre Tarnos et Guéthary, du 22 au 27 août. Un arrêté conjoint du préfet maritime de l’Atlantique et du préfet des Pyrénées-Atlantiques a servi de support juridique pour définir un dispositif progressif de protection, articulé en trois zones  : surveillée, contrôlée et interdite. Aux côtés de la Marine nationale, la Gendarmerie maritime (GMAR) a déployé des moyens conséquents afin d’assurer la mission du DPSM sur l’ensemble de la zone côtière  : un patrouilleur de 32 mètres, appuyé par quatre vedettes de 20 mètres, trois semi-rigides et un jet-ski. Ce dispositif était complété par les moyens des brigades nautiques d’Arcachon et de La Tremblade ainsi que par ceux de la Douane, des Affaires maritimes et des CRS. L’ensemble était placé sous le commandement du Groupement de gendarmerie maritime de l’Atlantique. Dans le même temps, renseigné par sa cellule d’évaluation des menaces et d’analyse de la sûreté, le peloton de sûreté maritime et portuaire de Saint-Nazaire, renforcé par une équipe cynophile spécialisée en détection d’explosifs à bord des navires, a pu effectuer des contrôles de sûreté dans le port de Bayonne, sur des bâtiments de commerce préalablement ciblés. La réglementation temporaire mise en place, fruit d’un consensus entre l’État et les acteurs locaux, a su garantir la sécurité de l’événement tout en minimisant la gêne au tourisme et aux activités maritimes professionnelles. L’action coordonnée et efficace de l’ensemble des administrations présentes en mer a, quant à elle, permis de conserver la maîtrise du plan d’eau et de laisser sa sérénité à l’océan pour servir d’écrin au sommet. P interministériel et P forces Pendant la phase de conception de manœuvre, puis dans le temps de la conduite des opérations, le GCA Michel a été secondé par le général de division Ivan Noailles et par le général (2S) Pascal Bonnaud. Durant le sommet, les deux généraux ont représenté le COMFORGEND, respectivement au sein du Poste de commandement interministériel (PCI), d’où était orchestré l’ensemble de la manœuvre, et à la tête du P.C. forces gendarmerie. Chacun à son niveau a ainsi pu proposer les options les plus pertinentes pour la sécurité générale en zone gendarmerie et pour l’ordre public, aussi bien en zone gendarmerie qu’en zone police, lorsque les EGM étaient engagés. es temps forts du sommet Dans le cadre du contre-sommet, organisé du 19 au 26 août à cheval entre Hendaye et Irun, plusieurs manifestations, notamment le samedi matin à Hendaye, puis en milieu d’après-midi à Bayonne, ont cristallisé l’attention des forces de l’ordre. Fortement engagés sur ces deux communes, au profit de la police, les gendarmes mobiles ont assuré la protection des bâtiments officiels et le contrôle de leur zone, vérifiant les identités et les sacs des passants, avant de basculer en mission de maintien de l’ordre. « Les CRS étant concentrés sur Biarritz, la G.M. s’est vu confier, en ZPN, les missions de sécurisation et de maintien de l’ordre sur les secteurs de Saint-Jean-de-Luz/Hendaye et de Bayonne. Nous avons pu dérouler avec succès la manœuvre que nous avions élaborée en concertation avec la police, notamment à Bayonne où il s’agissait d’empêcher les manifestants de traverser les ponts et d’investir le Grand Bayonne. En fermant les ponts avec les DRAP, nous avons pu canaliser, en faisant un usage adapté et proportionné de la force, la manifestation sans qu’il y ait de débordement DOSSIER notable », explique le COL Watremez, attribuant l’efficacité du dispositif à l’étroite coopération instaurée localement  : « nous avons été associés dès la conception de l’opération et nous avons disposé d’une large marge de manœuvre en conduite. » Autre temps fort, cette fois en zone gendarmerie  : le déplacement des conjointes à Espelette et à Cambo-les-Bains, le 25 août, qui a nécessité la mise en place, dès 6 heures du matin, d’un important dispositif de sécurisation, à la main du GTG en charge du secteur, renforcé par des effectifs d’autres GTG. Quelque 350 G.D., d’active et de réserve, huit EGM, quatre escouades de la garde républicaine et les motocyclistes tout-terrain ont ainsi été déployés sur les itinéraires et aux abords des deux sites, avec le GIGN et la CNAMO en réserve d’intervention. Huit équipes cynophiles étaient également engagées, principalement sur les axes. La proximité de points hauts a nécessité la mise en place d’un important dispositif aérien (hélicoptères, six drones, quatre équipes de lutte anti-drone) et l’engagement du Peloton de gendarmerie de haute montagne pour interdire l’accès au Pic du Mondarrain. À Espelette, où la circulation était interdite, des barrages avaient été mis en place aux différents points d’entrée. Le village restait toutefois accessible aux piétons par un « sas », où les gendarmes contrôlaient les sacs et passaient les visiteurs au détecteur de métaux. La déambulation dans la rue principale, en présence d’habitants et de touristes, a nécessité la mise en place d’un dispositif discret, composé de trente gendarmes départementaux en costume civil, en appui des services de la Présidence. ne totale complémentarité des forces « La manœuvre globale du G7 a rassemblé l’ensemble des subdivisions et des unités spécialisées de la gendarmerie, l’ensemble de ses savoir-faire, de ses statuts et de ses grades, mais aussi, dans le cadre des unités de circonstance, l’ensemble des régions de France, a conclu le COMFORGEND. La complémentarité a été totale. Cet engagement collectif au sein des différents dispositifs nous a permis de parfaitement accomplir notre mission. » Par le commandant Céline Morin Photos  : GND F. Garcia 29



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