Gend'info n°411 aoû/sep 2019
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un groupe de planification opérationnelle, associant les principaux sachants du CPGC, en matière de transmissions, de logistique ou encore de géomatique, et de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle, a été mis en place au niveau central, tandis qu’une structure miroir était établie au niveau de la région. Cette phase de planification s’est intéressée non seulement aux modes d’action de l’adversaire, mais également à ceux de l’Institution, abordant, en étroite collaboration avec les échelons territoriaux, l’ensemble des problématiques, de la génération de forces décidée à l’échelon central, au volet logistique, en passant par la manœuvre renseignement. eux axes de manure La manœuvre élaborée par la gendarmerie reposait sur deux piliers. Tout d’abord un contrôle de sa zone de compétence de manière anticipée, de façon à atténuer la menace. Puis, la constitution de groupes de force robustes et manœuvrables, formés par l’ensemble des subdivisions de la gendarmerie, afin d’empêcher l’adversaire de porter atteinte aux différents sites du sommet. Programmée en trois phases, la mise en œuvre du dispositif a commencé début août, avec une prise en compte du terrain grâce aux moyens mis en œuvre par la RGNA, permettant la montée en puissance, par palier, de l’ensemble des forces. « Il était important de s’approprier le terrain largement à l’avance afin de conduire des actions dissuasives pour atténuer le niveau de la menace », estime le colonel Santarelli, placé à la tête de l’état-major des opérations. Parallèlement, afin d’assurer une couverture optimale de la zone, les techniciens des Systèmes d’information et de communication (SIC) locaux ont déployé un système de radiocommunication mobile PTN (Projectable Telecommunications Network). « Cette montée en puissance, d’une réelle complexité, a été possible grâce au travail de la chaîne logistique, animée par des militaires du corps de soutien et des personnels civils, qui a œuvré pendant de nombreux mois et qui, dans les dernières semaines, a permis de concrétiser l’accueil, en termes d’hébergement et d’alimentation, de tous nos militaires », insiste le GCA Michel. L’effort logistique s’est également traduit 26 par la mise en place d’une base logistique avancée, armée par 48 personnels venus de toute la France, afin d’assurer le soutien de l’ensemble de la manœuvre gendarmerie, notamment en termes de mobilité, de matériel et d’armement. réation de roupes tactiques intersubdiisions L’importante mission de contrôle de zone exigeait de renforcer le Groupement de gendarmerie départementale des Pyrénées-Atlantiques (GGD64). Près de 1 600 G.D. ont ainsi été déployés, impliquant une nécessaire réorganisation. « La manœuvre gendarmerie concernait seulement deux compagnies, dont l’une à 90%, c’est pourquoi nous avons décidé de découper le terrain de manœuvre en quatre secteurs différents, Nord, Est, Centre et Sud, suivant une logique de terrain et d’axes. L’un d’eux a été organisé autour de l’événement de la journée des conjoints, puis le reste a été réparti normalement, dans une volonté de cohérence territoriale mais également en termes de déploiement des forces, présente le colonel Christophe Vercellone, alors commandant le GGD64. Nous avons ensuite placé chaque secteur sous le commandement d’un Groupe tactique intersubdivisions (GTIS), dirigé par un chef de secteur issu d’une compagnie territorialement compétente et donc connaissant bien sa zone. » Mis en œuvre au profit de la G.D., ces quatre GTIS étaient composés de gendarmes locaux, renforcés par des compagnies de circonstance, et de gendarmes mobiles issus des Groupements tactiques de gendarmerie (GTG) de secteur, comprenant de deux à quatre EGM. Ces derniers étaient ainsi en mesure d’appuyer les contrôles et d’intervenir en cas de troubles à l’ordre public. « Cette capacité d’appui était l’un des objectifs de notre organisation, poursuit le colonel. En outre, lors d’événements d’ampleur pour la gendarmerie, à l’instar de la journée des conjoints ou d’une situation de maintien de l’ordre, programmée ou inopinée, le GTIS passait alors sous le commandement du GTG afin d’organiser une manœuvre cohérente. » utoroute et aéroport deux T dédiés Outre ces quatre secteurs, un cinquième GTG était spécifiquement en charge de l’autoroute A63, depuis la frontière espa- gnole jusqu’à l’échangeur avec l’A64, avec pour mission d’empêcher le franchissement de cette ligne par des groupes de contestataires violents et de permettre la libre circulation sur ces axes en prévenant tout blocage, notamment aux péages. Gendarmes départementaux et mobiles, renforcés par les B.Mo. de circonstance, les forces de la guardia civil et l’UOFA ont ainsi assuré, très en amont du sommet, une présence visible H.24, notamment à travers de nombreux points de contrôle visant à détecter les éléments perturbateurs connus des autorités. Enfin, un sixième GTG avait pour mission de sécuriser les abords de l’aéroport, en lien avec la sécurité publique, afin d’empêcher toute intrusion, mais également d’appuyer la police aux frontières sur l’aéroport et la Gendarmerie des transports aériens (GTA). Ce GTG renforçait par ailleurs la sécurité publique sur le Centre presse Iraty. Ces six GTG, ainsi que les deux spécifiquement dédiés à la zone police, à Bayonne (15 EGM) et en zone sud (Hendaye et Saint-Jean-de-Luz), étaient placés sous le commandement du colonel Philippe Watremez, à la tête du Groupement opérationnel de maintien de l’ordre (GOMO) sur ce G7. éroport sous aute sureillance Point d’arrivée et de départ des délégations, l’aéroport de Biarritz était l’un des centres névralgiques du sommet. Sa sécurité a été coordonnée depuis un poste de commandement spécifique, dirigé par un sous-préfet dédié, en lien étroit avec la direction générale de l’aviation civile. Pour assurer une bulle autour de la plateforme, celle-ci a ainsi été fermée à tous les vols commerciaux du 22 août minuit jusqu’au 27 août, 8 heures. L’ensemble du site a été vidé, puis passé au crible le 23 août par le pool interministériel de déminage, appuyé par les sept équipes cynophiles de la GTA. Durant quatre jours, seules les personnes dûment accréditées ont été autorisées à y pénétrer. Le GTG aéroport a assuré une présence permanente de cinq EGM pour contrôler le périmètre extérieur. Afin de s’adapter à la nature du terrain, des moyens spéciaux ont également été déployés  : cavaliers de la garde républicaine et
Principal lieu d’arrivée et de départ des chefs d’État et de gouvernement, ainsi que de leur délégation, l’aéroport de Biarritz a bénéficié d’un dispositif de sécurité renforcé, auquel ont contribué la gendarmerie des transports aériens et un groupement tactique de gendarmerie dédié. Intégrées au pool de déminage interadministrations, quatre équipes cynophiles de la gendarmerie ont participé à la décontamination des véhicules et des points particuliers, à l’instar des hôtels des délégations, de la salle de conférences ou encore de la salle de presse. DOSSIER 27



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