Gend'info n°411 aoû/sep 2019
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« La première difficulté était de trouver un vivier solide d’une vingtaine de cadres (commandement, adjoints, chefs de section, gradés d’encadrement), afin de les envoyer en Espagne pour recevoir une formation de deux mois aux techniques pédagogiques et aux tactiques de commandement », explique le LCL Maas. Cette formation s’est poursuivie pendant un mois au Sénégal et a permis de mettre en place la hiérarchie et la répartition des diverses responsabilités. Les techniques dispensées pendant les mois suivants ont, cette fois, bénéficié à toute l’unité et à des personnels spécialisés en police judiciaire, en renseignement et en soutien. Simultanément ont été réalisées des dotations en matériels et en équipements adaptés aux besoins de la nouvelle unité. « La gendarmerie sénégalaise s’est totalement approprié le projet et a mis de nombreux moyens en œuvre afin de le faire aboutir, reconnaît le colonel Fousseret. Cette adhésion a permis de venir compléter des moyens déjà intéressants. Le texte de création du GARSI, définissant le cadre juridique de l’unité, est devenu un décret signé par le président de la République. Quelle meilleure preuve de l’enthousiasme du Sénégal pour ce projet ? » Si le GARSI sénégalais a bénéficié d’environ 3,6 millions d’euros de dotation, il est important de noter que l’Union européenne n’a pris à sa charge ni l’armement létal, ni l’immobilier. « La gendarmerie sénégalaise a construit une caserne dédiée au GARSI et a procédé à une dotation complète, à neuf, en matière d’armement. C’est un acte d’appropriation très fort », ajoute le colonel. Un engagement d’autant plus remarquable qu’il ne semble pas être le même selon les pays… « La différence est notable, par exemple avec le Burkina Faso, également sous coordination française, note le LCL Maas. Certes, le contexte est différent, avec un positionnement de l’unité dans le Nord, avec les difficultés que l’on connaît, en l’absence de tout État de Droit, armée ou forces de l’ordre. Mais l’absence de budget propre au départ pour créer une caserne pour les deux unités fut une difficulté majeure, qu’il a fallu contourner. » Pour faire face au terrorisme, existant grâce au financement des trafics d’armes, de drogues ou encore d’êtres humains, il fallait que le GARSI puisse montrer une forte capacité d’intervention. Il a notamment été équipé d’une quinzaine de Toyota V8, de trois blindés, d’une douzaine de motos, etc. 16 « Il a surtout perçu des moyens exceptionnels  : deux camions de vie en campagne, permettant de déployer un peloton d’une trentaine de personnes en autonomie complète pendant presque un mois, dans des zones même très reculées. Le GARSI a ainsi la capacité de s’installer dans des zones où plus personne n’est présent et de perturber les trafics qui peuvent s’y dérouler. » De même, des moyens de transmission très sophistiqués ont été mis à disposition, tout comme des caméras thermiques, afin d’observer les trafics de nuit et surveiller les frontières, ou encore des drones avec caméras de vision nocturne. Enfin, l’action de conseil et d’accompagnement stratégiques permanente conduite par le coordinateur et son adjoint, a été doublée de phases de mentorat ponctuel opérationnel avec le concours de missionnaires de courte durée. Le tout constituant un des points forts du projet. Un mentorat nécessaire L’action de mentorat stratégique est conduite par le colonel Fousseret et son adjoint à destination du commandement de la gendarmerie sénégalaise. « Il s’agit de veiller à ce que le projet reste bien conforme aux objectifs », précise le colonel. Ainsi, son emploi doit être prioritairement axé sur les zones reculées et doit permettre l’interopérabilité avec les forces de défense et de sécurité des pays voisins. Plusieurs périodes de quinze jours ont été conduites par des experts du consortium au titre du mentorat opérationnel. « Nous sommes venus au Sénégal à trois reprises, pour voir évoluer les personnels de l’unité, apprendre à les connaître et travailler avec eux. », précise le lieutenant Mathieu Bigot. Binômé avec un lieutenant espagnol à l’origine de la conception des formations, l’officier français dispose rapidement d’une vision globale du projet et prend à cœur cette mission de mentorat des 150 personnels du GARSI. Lors du premier déploiement, l’unité n’était pas encore sur sa zone d’emploi à Kidira. « Dans la banlieue de Dakar, notre mission était de les accompagner dans leur mise en condition opérationnelle et leur montée en puissance. Nous les avons aidés à s’organiser, à gérer une instruction, les matériels, la mise en place d’alertes, de moyens pour répondre rapidement à une sollicitation. Ils n’avaient pas encore l’habitude de travailler ensemble. Maintenant, on voit qu’un esprit de corps s’est créé. » Lors du second mentorat, le GARSI étant enfin déployé à Kidira, les lieutenants ont pu les accompagner sur leur zone de travail et évaluer l’organisation de la caserne, du service, des missions et, surtout, la gestion du matériel. « Nous avons pu nous rendre compte que l’unité était très bien intégrée dans le paysage local. C’était l’un des points essentiels à travailler, car ils étaient nouveaux sur la zone. Sur 150, seule une dizaine était originaire de Kidira. Nous leur avions conseillé de chercher l’appui de la population, en leur expliquant que les renseignements obtenus les aideraient à ramener la sécurité dans la région. » Ce qu’ils ont très bien fait, en orientant leurs missions sur la reconnaissance de zones, les prises de contact avec les chefs de village, les autorités, mais également par le biais de l’aide militaire auprès de la population (présence d’un infirmier-major qui faisait des visites médicales dans les villages). « Les périodes d’un mois et demi entre les missions nous permettaient de constater les belles avancées réalisées. Nous étions donc très confiants quant à l’aboutissement du projet. Ils commencent à avoir de beaux résultats à leur actif, ce qui participe à leur renommée dans la région… » En effet, à peine déployés à Kidira, les personnels du GARSI sont engagés à la suite d’un double homicide et réussissent un beau coup de filet en interceptant une quinzaine de véhicules et 27 personnes. Depuis, ils enchaînent les succès, avec des missions d’interception à la frontière, des interpellations de braqueurs de bureaux de postes, etc. « En quelques mois, le GARSI sénégalais a eu l’occasion de se distinguer à plusieurs reprises. Favorablement accueillie dans sa zone d’action, l’unité dispose aujourd’hui des outils techniques et tactiques ainsi que du matériel nécessaire pour fonctionner toute seule, reconnaît le colonel Fousseret. Pour autant, la poursuite du mentorat, au même titre que l’augmentation du nombre de ses personnels, permettrait d’en asseoir définitivement la capacité opérationnelle. Des propositions, récemment effectuées en ce sens, ont d’ailleurs été approuvées par Bruxelles, qui a validé une seconde phase du projet et la formation de 75 gendarmes supplémentaires.. Cette unité, capable de tenir la place qui lui est assignée, doit encore gagner en maturité. » Par la chef d’escadron Gaëlle Pupin Photos  : BREMG
PAYS COORDINATEURS GUARDIA CIVIL G.N. G.N.R. CARABINIERS FINANCEMENT PHASE 1 2017 - 2021 42 MILLIONS € (FONDS FIDUCIAIRE D’URGENCE U.E.) PHASE 2 2019 - 2022 25 MILLIONS € DIRECTION PROJET GUARDIA CIVIL ORGANISATION FORMATION INITIALE (ESPAGNE) - COMBAT - INTERVENTION PROFESSIONNELLE - RENS. - P.J GARSI SAHEL Groupes d’action rapides de surveillance FORMATION COMPLÉMENTAIRE (PAYS BÉNÉFICIAIRES) TACTIQUE + TECHNIQUE  : 4 à 5 mois ACCOMPAGNEMENT MENTORING 9 mois et d’intervention OBJECTIFS  : Création d’unités opérationnelles ROBUSTES et AUTONOMES, dédiées au contrôle des flux, à la lutte contre le crime organisé et le terrorisme, d’un effectif de 150 hommes chacune. SÉNÉGAL MAURITANIE MALI BURKINA FASO TCHAD FORMATION TERMINÉE pour 5 des 6 pays. BILAN ARMES, EXPLOSIFS, STUPÉFIANTS saisis, migrants illégaux interceptés, passeurs interpellés. NIGER AUTONOMIE complète pour 5 pays à l’été 2019 et pour le TCHAD en décembre 2019. BANDE SAHÉLO-SAHAR I E NNE INTEROPÉRABILITÉ NATIONALE (INTRA-PAYS). INTEROPÉRABILITÉ RÉGIONALE recherchée. PERSPECTIVES LÉGENDE Pays bénéficiaires Trafics/flux d’armes, de stupéfiants, de migrants. Groupes armés terroristes et trafiquants Compagnies GARSI FIN PHASE 1 PHASE 2 CRÉATION de 7 unités supplémentaires  : MALI = 3 BURKINA FASO = 2 MAURITANIE = 1 NIGER = 1 17



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