Gend'info n°411 aoû/sep 2019
Gend'info n°411 aoû/sep 2019

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
14 Afin de montrer une forte capacité d’intervention, le GARSI a notamment été équipé d’une quinzaine de Toyota V8, de trois blindés et d’une douzaine de motos. Le GARSI commence à avoir de beaux résultats à son actif, ce qui participe à sa renommée dans la région.
Magazine L’action du GARSI au Sénégal La mise en place des GARSI (Groupes d’Action Rapides de Surveillance et d’Intervention) au Sahel contribue à la stabilisation de la zone, en renforçant les capacités opérationnelles des autorités nationales et leur contrôle effectif du territoire. Confiée à la gendarmerie nationale française depuis 2017, la coordination de ce projet européen multinational sur le territoire sénégalais a abouti au déploiement de l’unité, à Kidira, à la frontière Est du Pays. « La lutte contre les menaces transnationales au Sahel ne peut être effective qu’avec le renforcement des capacités opérationnelles des forces nationales de sécurité et la création de conditions favorables à une meilleure coopération transfrontalière, explique le colonel Alain Fousseret (Er), désigné par le directeur général de la gendarmerie pour occuper la fonction de coordinateur national du projet GARSI-Sahel. La création d’un GARSI au sein de chaque pays membre du G5 Sahel, mais aussi du Sénégal qui a rejoint le projet, est une proposition cohérente avec la stratégie de l’Union européenne pour ces États et leur volonté de coopérer entre eux pour trouver des solutions aux problèmes de la région. » Proposé par la garde civile espagnole, le projet GARSI-Sahel est adopté par le comité exécutif du Fonds Fiduciaire d’Urgence de l’Union européenne le 13 juin 2016. La gendarmerie nationale française, les carabiniers italiens et la garde nationale por- tugaise participent, dès lors, à sa mise en œuvre. « Ce projet ne prétend pas répondre à lui seul aux défis sahéliens mais propose un outil complémentaire s’intégrant pleinement dans une approche globale. » Dès l’année suivante, des dispositions sont prises pour créer les organes chargés de la mise en œuvre du projet et de son contrôle. La direction est confiée à l’Espagne, tandis que les responsabilités sont réparties au sein des institutions des trois autres pays. La gendarmerie française se voit confier deux postes de coordinateurs du projet (Sénégal et Burkina Faso) et un d’adjoint (Tchad). S’adapter au territoire Déployés à Dakar à compter du 1er octobre 2017, le colonel Fousseret et son adjoint, un lieutenant-colonel des carabiniers italiens, entament une mission de trois mois, dite de « diagnostic », afin de faire les premières propositions quant à la future unité à créer. Ils sont d’emblée convaincus par ce projet  : « Tout l’intérêt de la création d’une unité GARSI réside dans ses caractéristiques propres à lutter contre les différentes formes de criminalité  : robustesse, réactivité, polyvalence et nomadisation. » Le GARSI vient en complément des forces de sécurité intérieure pour accroître la présence de l’État en zone reculée et transfrontalière, en y menant ses missions principales  : prévenir et combattre le terrorisme et la criminalité organisée, intervenir en cas de menace grave à l’ordre public, participer au contrôle des frontières pour lutter contre l’immigration irrégulière, rechercher le renseignement et apporter un appui opérationnel au profit des services de police judiciaire. Il permet également une interopérabilité avec les forces des pays voisins (Mali-Mauritanie). « Nous avons réalisé un état des lieux sécuritaire. Rapidement, la partie Est du Sénégal est identifiée comme étant la plus exposée, avec une quasi-absence des services étatiques. Nous avons convaincu les autorités sénégalaises d’installer l’unité à Kidira, à la frontière du Mali et de la Mauritanie. » Des propositions concrètes sont formulées à destination des hautes instances du pays et de l’état-major de la gendarmerie nationale sénégalaise, unique bénéficiaire du projet de 6,4 millions d’euros. « Tout a été abordé  : organisation et type d’unité, besoins en matériels, doctrine d’emploi, interopérabilité avec les forces de sécurité du Sénégal et celles des pays voisins, dont les autres GARSI, précise le lieutenant-colonel Jean-Philippe Maas, du Bureau des relations extérieures militaires gendarmerie (BREMG). Le rôle du coordinateur est essentiel. À lui de comprendre le fonctionnement du pays et de la gendarmerie locale pour suggérer une réglementation ou une modification de la loi, afin de faciliter l’intégration du projet au cœur du dispositif des FSI et de pérenniser l’emploi du GARSI. » Cette mission de trois mois s’est clôturée par la production d’un rapport de diagnostic et d’un plan d’action, validés en comité de pilotage national en février 2018, puis approuvés par Bruxelles. Vient ensuite le temps de la mise en œuvre, initialement fixée à 17 mois. Appropriation du projet par les autorités sénégalaises L’action a d’abord porté sur le recrutement des personnels et leur formation, avec le soutien ponctuel d’experts du consortium. 15



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :