Gend'info n°411 aoû/sep 2019
Gend'info n°411 aoû/sep 2019

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
sur place. Lors d’investigations majeures, l’office peut détacher des personnels, être co-saisi ou bien prendre la direction de l’enquête. « L’objectif est de pouvoir couvrir tout le spectre, du dossier local à l’équipe commune d’enquête internationale », présente le chef d’escadron Éric Bayle, commandant la Division de la stratégie et de l’analyse (DSA). Bien entendu, l’OCLAESP est également responsable de la formation de l’ensemble des Enquêteurs atteintes à l’environnement et à la santé publique (EAESP). Une formation rénovée… « Aujourd’hui, de plus en plus d’affaires touchent la santé publique et/ou l’environnement. De fait, toutes les composantes de l’Institution peuvent être concernées, la gendarmerie départementale bien évidemment, mais aussi la gendarmerie maritime pour tout ce qui concerne les pollutions et la police des pêches, la gendarmerie de l’Air, avec les découvertes de munitions, la gendarmerie des voies navigables, la garde républicaine qui, dans le cadre de ses patrouilles à cheval, peut être à même de détecter des pollutions, des dépôts de déchets, des atteintes à la faune, ou encore la gendarmerie des transports aériens pour toutes les infractions à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et les trafics de médicaments, poursuit le CEN Bayle. Il nous est donc apparu nécessaire de rénover notre formation, non seulement en ciblant un plus large panel de personnels, mais aussi en adaptant davantage le contenu aux problématiques rencontrées sur le terrain et en utilisant les nouvelles technologies à notre disposition pour dispenser cet enseignement. » Ainsi, après une année blanche, consacrée à élaborer cette réforme, la DSA a lancé sa nouvelle formation EAESP cette année. Toujours organisée au Centre national de formation à la police judiciaire et encadrée par l’OCLAESP, elle se déroule désormais en deux temps  : un Enseignement à distance (EAD) de 9 modules, permettant de traiter le socle d’infractions liées à l’environnement et à la santé publique, au terme duquel une certification donne accès à un présentiel de deux semaines visant à approfondir les thématiques au travers de cas concrets, de présenter les partenariats extérieurs et de sensibiliser aux opérations internationales (Europol). 10 « En partant de l’expérience de nos formations et en nous appuyant sur le fonds documentaire de l’office, nous avons élaboré, en lien avec le CPMGN pour l’aspect technique et certains de nos partenaires pour le contenu, des modules sur tous les sujets, explique le CEN Bayle. Nous voulions une formation moderne, un outil utilisable par tous les apprenants, voire tous les gendarmes face à un cas concret, leur permettant d’acquérir les bons réflexes en termes de procédure afin de pouvoir répondre à toutes les problématiques du quotidien, et de connaître leur biotope, c’est-à-dire les différents acteurs évoluant dans ces domaines  : Office national des forêts (ONF), Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), Agence française pour la biodiversité (AFB), Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL)… Tous ces partenariats sont précieux, notamment pour augmenter la capacité de détection des infractions. L’idée, pour accéder au présentiel, est de remplir au moins 70% du parcours à distance ouvert de mai à octobre. » … pour un public élargi Preuve de l’intérêt que suscite la matière, la formation 2019 a enregistré plus de 270 candidatures… pour trente postes ouverts au présentiel en novembre prochain, puis trente autres en mars 2020, avant le lancement d’un nouveau cycle. « L’appel à volontaire concernait l’ensemble du territoire. Nous avons voulu élargir la formation à un plus grand nombre de personnels en diversifiant les unités  : sections d’appui judiciaire et unités de recherches, mais également brigades territoriales et gendarmeries spécialisées. L’objectif est également de pouvoir intervenir sur les flux, c’est pourquoi nous organisons des formations spéciales à Strasbourg à l’attention des compagnies des voies navigables, et que nous envisageons de sensibiliser et de former les militaires des EDSR », développe l’officier. Déjà ouverte à l’AFB, cette formation pourrait également intéresser, l’École nationale de la magistrature, qui a participé à la phase test des modules d’EAD. Enfin, il est envisagé d’accorder, dès 2020, un accès à la police nationale, par l’intermédiaire du commissaire de police, Madame Bois, adjointe au chef de l’OCLAESP. Cette nouvelle formation est par ailleurs intégrée dans le Fonds de sécurité intérieure environnement piloté par l’OCLAESP au niveau d’Europol. « Nous souhaitons que ces modules d’EAD deviennent de véritables outils de travail, des outils accessibles à tous via Gendform, insiste le CEN Bayle. Parallèlement, nous souhaitons élaborer des guides thématiques facilement disponibles depuis Néogend. Celui sur les déchets est en cours d’élaboration et nous travaillons actuellement sur la thématique du dopage et de la CITES. » L’enquêteur AESP au cœur de la PSQ Qu’ils soient saisis par soit-transmis d’un parquet, par une autre unité, par le dépôt de plainte d’un particulier ou d’une association, alertés par une administration partenaire ou simplement témoins d’une infraction dans le cadre de leurs missions quotidiennes, les enquêteurs AESP sont désormais clairement identifiés sur leur circonscription comme les référents pour les questions environnementales et de santé publique. « La problématique environnementale se rencontre partout en France, sous différentes formes  : déchets, phytosanitaires, pollutions en tous genres, installations classées, espèces protégées, déboisement illégal, destruction de cours d’eau… Les auteurs de ces infractions peuvent être des particuliers, des professionnels (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, industriels…) et parfois même des collectivités, analyse l’adjudant (ADJ) Matthias Choquet, de la BTA de Perros-Guirec (22), dont l’intérêt pour les questions environnementales date de bien avant sa qualification d’EAESP, en 2013. Les gendarmes départementaux sont donc régulièrement confrontés à ces atteintes environnementales, bien plus qu’aux problèmes de santé publique, mais sans forcément avoir le temps, la connaissance et le réseau nécessaire pour traiter ces dossiers. » La criminalité environnementale se traque aussi sur le Web « Avant 2015, et la création des services d’enquête de l’AFB et de l’ONCFS, on travaillait davantage sur soit-transmis. Aujourd’hui, outre nos propres constats, les alertes des particuliers, des associations ou encore des autres administrations, notre travail repose en grande partie sur de l’initiative, précise l’ADJ Choquet. Pour ma part, chaque semaine j’effectue une ou deux cyberpatrouilles sur les sites de vente en ligne, en ciblant les espèces protégées, vivantes ou naturalisées, les produits en ivoire,
Les patrouilles de surveillance générale permettent aux gendarmes du poste à cheval de Compiègne de détecter de nombreuses atteintes à l’environnement. Elles sont aussi l’occasion de nombreux échanges de renseignement avec les différents acteurs œuvrant sur la zone. Sur sa circonscription, comprenant des sites classés soumis à des réglementations bien spécifiques, l’adjudant Choquet multiplie les dossiers environnementaux. Un travail qu’il mène en lien avec de nombreuses administrations partenaires. 11



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :