Gend'info n°406 oct/nov 2018
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TIC  : en quête d’indices Si autrefois le témoignage et l’aveu suffisaient à emporter la conviction des magistrats et des jurés, la preuve scientifique est aujourd’hui un élément incontournable de l’enquête judiciaire. Tirant parti de cette évolution, la gendarmerie s’est dotée de Techniciens en identification criminelle (TIC), chargés de l’aspect criminalistique des investigations conduites par les enquêteurs. Le major Jean- Christophe Poupaert est l’un de ces passionnés, pour qui la recherche, le prélèvement et le conditionnement des traces et indices n’ont plus de secrets. 8 Portrait Sur l’écran, deux empreintes papillaires font l’objet d’une étude attentive. À gauche, celle relevée sur une scène d’infraction, à droite, celle de la victime. « Il s’agit de définir si les empreintes relevées appartiennent à la victime ou à une autre personne présente sur la scène de l’infraction  : nous procédons par discrimination », explique le major Jean-Christophe Poupaert, chef de la Cellule d’identification criminelle et numérique (CICN) du Groupement de gendarmerie départementale de l’Oise (GGD 60). Arrêts de ligne, bifurcations, îlots… Une comparaison effectuée à l’œil nu permet de déterminer des points caractéristiques communs entre les deux empreintes. « Un travail minutieux, mais nécessaire. C’est le point de départ pour définir la pertinence du relevé papillaire », ajoute le technicien, avant de se replonger dans l’étude des empreintes. Les similitudes sont nombreuses. Il en est déjà quasiment certain  : l’empreinte appartient à la victime. Il poursuit toutefois son analyse. « On considère qu’une empreinte est bien celle d’une personne à partir de douze minuties. Cette méthode ne laisse place à aucun doute, puisque deux êtres humains ne peuvent avoir la même empreinte. Pas même des jumeaux. D’où l’importance des relevés sur une scène d’infraction », affirme-t-il, un sourire en coin. Sur la trace des criminels Son arrivée en police judiciaire est pourtant bien loin de son projet initial. « À l’origine, je voulais entrer en gendarmerie mobile pour intégrer l’équipe légère d’intervention. » C’est en école de sous-officier que son goût pour la police judiciaire commence à se dessiner. « J’aimais assez l’idée de rechercher des éléments, même le plus petit détail, pour confondre des auteurs d’infractions. » À peine arrivé en unité territoriale, il se retrouve « aspiré » par la brigade de recherches. Au contact des « anciens », son attrait pour les enquêtes n’en est que renforcé. « J’ai eu la chance d’avoir des collègues passionnés. Ils m’ont appris à aimer « gratter » les affaires, à aller chercher le petit indice supplémentaire qui va faire basculer le dossier. Même s’il faut pour cela se poser et attendre toute une nuit dans un véhicule que la cible bouge enfin. » Parmi ces « mentors », un technicien en identification criminelle va le « tuiler » pendant quelques mois. Une rencontre professionnelle qui va définitivement orienter la carrière du jeune gendarme d’alors. « Il m’a donné le goût de la trace digitale. Son savoir m’a permis de commencer ma spécialisation. » Quatre années plus tard, il effectue un stage de six semaines à Fontainebleau, lui permettant d’obtenir la qualification tant attendue de technicien en identification criminelle. La technique au service de l’enquête « Dans l’Oise, nous avons la chance de travailler en binôme. Sur la scène de crime, il n’y a pas de grade. Seulement deux techniciens en combinaison blanche. » Ils appréhendent la scène, définissent le matériel à préparer et mettent en place leurs protocoles. Du plus loin au plus près. Du général au particulier. Pendant que l’un répertorie les indices,
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