Gend'info n°406 oct/nov 2018
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La veille du référendum, le chef d’escadron César Lizurey, commandant la compagnie de Nouméa, fait le tour des différentes brigades de sa circonscription, afin de détailler aux militaires la manœuvre opérationnelle à mettre en œuvre dès le soir même et au cours de la journée du lendemain. Les techniciens en identification criminelle matérialisent les différents impacts de balles sur les véhicules blindés, dans le cadre de l’enquête visant à identifier les auteurs des tirs contre les forces de gendarmerie. tirs d’armes de chasse de gros calibre. Le dispositif de surblindage, effectué au cours de la phase préparatoire, a permis d’arrêter les projectiles, évitant ainsi les dommages corporels parmi les équipages des blindés. La circulation est finalement rouverte vers 13 heures, après le dégagement total et le nettoyage de la chaussée. Lors des opérations à Païta et à Saint-Louis, près de 450 grenades lacrymogènes sont tirées. Les images tournées par les caméras embarquées dans les VBRG et par les drones sont utilisées par les enquêteurs pour identifier les auteurs des tirs contre les forces de gendarmerie. L’après référendum, visite du Premier ministre Lundi 5 novembre, la Nouvelle-Calédonie se réveille avec un sentiment partagé quant au résultat du référendum. Les partisans de l’indépendance sont toutefois satisfaits du score obtenu par leur camp, plus élevé que ne l’annonçaient les sondages. Tous attendent désormais 2020, année qui sera marquée par un nouveau référendum. Lorsque le Premier ministre, Édouard Philippe, et la ministre des Outre-mer, Annick Girardin arrivent sur l’île en visite officielle, les incidents de la nuit sont terminés, à l’exception du blocage de la route à Saint-Louis. Après avoir atterri à Nouméa le matin, le Premier ministre se rend au Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie pour y rencontrer le haut-commissaire et les autorités de la province sud. L’après-midi, il se rend en hélicoptère à Koné, dans la province nord, où le vote indépendantiste est arrivé en tête, pour y rencontrer les autorités locales, à majorité kanak. Le dispositif de maintien de l’ordre bascule en sécurisation d’autorité, mobilisant les gendarmes départementaux de la compagnie de Koné et les gendarmes mobiles sanctuarisés localement en DSI et en renfort brigade, appuyés par un contre-tireur de l’antenne GIGN de Nouméa et des gendarmes mobiles de l’escadron 23/1 de Rosny-sous-Bois. La visite du Premier ministre, dont la rencontre avec les différentes forces politiques de l’île a contribué à garantir la tranquillité d’après référendum, s’est déroulée sans incident. Les jours suivant le scrutin, le calme est revenu, en dehors des caillassages « habituels » ciblant les véhicules de gendarmerie aux abords de certaines tribus. Le 9 novembre, l’opération d’évacuation des manifestants perturbant l’accès à la mine de Kouaoua, reportée dans un premier temps, est finalement déclenchée. Malgré quelques tensions, les occupants finissent par démonter leur campement dans le calme, sous l’œil attentif des gendarmes départementaux et mobiles. Le 9 novembre dans l’après-midi, le calme étant revenu sur l’ensemble du territoire, le poste de commandement opérationnel, mis en place à l’occasion de la tenue du référendum, est désactivé. Engagement, compétences, professionnalisme et sang-froid « Au lendemain du vote, on peut affirmer que le résultat du scrutin est indiscutable, et que les troubles ont été contenus. La mission de la gendarmerie est une réussite. Nous le devons d’abord à l’évaluation précise de la menace depuis plusieurs mois, grâce à la qualité de la remontée du renseignement issu des unités de la gendarmerie et de la police nationales, ainsi que du service de renseignement territorial, ce qui a permis la juste définition du dispositif. Tous les incidents qui ont eu lieu avaient été anticipés », estime le général Marietti, qui souligne également le caractère impérieux de l’anticipation et de la planification, quand on se situe à 17 000 km de la métropole, pour faire acheminer dans les temps les véhicules, les munitions, les matériels et les équipements, mais également pour procéder aux aménagements de sécurité. « D’autre part, la première évaluation, dès janvier 2017, le suivi, sous forme de comités de pilotage avec la direction générale, en présence de tous les acteurs du soutien, ainsi que le suivi, au quotidien sur place, de l’avancement de la manœuvre logistique, sont des éléments qui ont contribué à la réussite, souligne-t-il, avant de conclure  : Mais au final, on doit le bon déroulement de cette opération à l’engagement et aux compétences des femmes et des hommes de tous les services et de toutes les unités de gendarmerie, affectés ou en renfort, ainsi qu’au professionnalisme et au sang-froid des militaires. Confrontés à des situations de maintien de l’ordre tendues, avec des tirs d’armes à feu, ils ont toujours su veiller au juste emploi de la force sur le terrain. » Par le LCL (R) Jean-François Cortot et la CNE Céline Morin Photos  : MAJ F. Balsamo 29



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