Gend'info n°406 oct/nov 2018
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commis sur des bâtiments publics, aucun événement majeur n’est recensé. En revanche, samedi 3 novembre, veille du scrutin, des renseignements font état de possibles actions. Les autorités doivent alors anticiper d’éventuels barrages sur les routes, au niveau de Saint-Louis, de Kouaoua, ou encore du col de la Pirogue, sur la RT1, axe principal de l’île. On parle également du possible blocage d’un bureau de vote à Kaala Gomen et de la distribution de tracts invitant au boycott du scrutin à Ouvéa. Au cours de la nuit précédant le scrutin, les gendarmes territoriaux et les DSI occupent le terrain de manière à déceler et prévenir tout incident. Dans les communes de la périphérie de Nouméa, des jeunes alcoolisés cherchent clairement l’affrontement avec les forces de gendarmerie, qui procèdent à quelques interpellations, notamment à Païta. Jour J  : occupation du terrain 4 novembre, jour du référendum. Quelque 1000 gendarmes sont mobilisés pour parer à toute éventualité et couvrir l’immense territoire que représente la Nouvelle-Calédonie, avec ses quelque 24 000 km 2 traversés par des axes routiers parfois peu roulants. « Nous redoutions un blocage d’axes aux abords des bureaux de vote ou que l’un d’eux ne puisse pas ouvrir pour une raison quelconque, explique le général Marietti. Nous avons donc adopté un dispositif pour assurer la surveillance simultanée des 200 bureaux dès la veille du vote, grâce à la mise en place de 76 patrouilles, appuyées par 24 groupes de gendarmes mobiles ou DSI, prêts à intervenir en 15 minutes, sur la plupart des sites. Un deuxième échelon, composé de six pelotons blindés et de cinq pelotons d’intervention, était en réserve d’intervention. Enfin, un peloton d’intervention et une équipe de l’antenne GIGN étaient en alerte immédiate à La Tontouta, pour être projetés par voie aérienne sur les Îles Loyautés. » Dès 6 heures du matin, des patrouilles effectuent la reconnaissance des principaux axes de circulation pour en vérifier la viabilité et l’absence de manœuvres qui pourraient annoncer des coupures de route. Aucun blocage ou autre trouble n’est alors à signaler. Les patrouilles se poursuivent toute la journée à travers l’île pour afficher une présence à la fois rassurante et dissuasive. Les lieux identifiés comme sensibles, à l’instar d’Ou- 26 véa et de Kaala Gomen, font en revanche l’objet d’une surveillance particulière. Les pelotons de gendarmes mobiles sont positionnés en divers points stratégiques de l’île de façon à pouvoir intervenir rapidement en cas d’incident aux abords des bureaux de vote, et éventuellement à l’intérieur, exclusivement sur réquisition du président du bureau, ce qui n’a pas été mis en œuvre. Déroulement nominal du vote À 8 heures, tous les délégués et observateurs ont rejoint sans encombre les bureaux de vote. Le président de celui de l’île d’Ouen et le délégué désigné ont eu la particularité d’être transportés par la vedette de la brigade nautique de Nouméa. Tous les bureaux ouvrent normalement à l’heure, y compris celui d’Ouvéa, où la distribution de tracts annoncée a bien eu lieu, sans toutefois créer de perturbations. Se trouvant à cours de tracts, le responsable indépendantiste a, en effet, dû rapidement écourter son opération, permettant aux votants de se rendre aux urnes en toute sérénité. À Kaala Gomen, l’action annoncée par le Mouvement du groupe révolutionnaire kanak (MGRK) n’a simplement pas eu lieu, certainement dissuadée par la présence des gendarmes locaux, postés en surveillance à 50 mètres de la mairie. Dans le même temps, à Arama, un feu allumé à une centaine de mètres du bureau de vote nécessite l’intervention des militaires de la brigade de Poum. Mais l’emplacement du départ de feu et les premiers éléments recueillis laissent penser que le bureau de vote n’est pas visé. La journée se déroule sans incident majeur. La situation est plutôt calme dans l’ensemble. Transport des plis  : une mission à part entière Après la fermeture des bureaux, à 18 heures, une nouvelle mission commence. Pour garantir la sincérité de l’élection, les plis électoraux des 215 bureaux de vote situés en zone de compétence gendarmerie sont d’abord acheminés par les présidents des bureaux de vote jusqu’aux mairies, puis des mairies jusqu’aux brigades. Les gendarmes sont ensuite chargés de les transporter jusqu’au Haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa. Les plis des brigades des îles Loyauté et ceux de la province nord sont respectivement acheminés par un avion CASA et un hélicoptère PUMA des forces armées de Nouvelle-Calédonie. À bord de chaque appareil, un officier de police judiciaire de la gendarmerie s’assure de l’acheminement des plis jusqu’à bon port dans le respect du cadre légal. Par ailleurs, les aérodromes des îles Loyauté sont tenus par les gendarmes pour garantir le décollage et l’atterrissage de l’avion chargé du transport. Les plis de la province sud sont, quant à eux, convoyés par la route sans aucune difficulté, la viabilité des axes ayant été assurée tout au long de la journée. Quelques troubles après l’annonce des résultats Çà et là, des personnes se rassemblent, dans le calme, à proximité des bureaux de vote, dans l’attente de la promulgation des résultats du dépouillement. Vers 23 heures, après l’annonce de la victoire du « Non » à l’indépendance avec 56,4% du suffrage et un taux de participation à plus de 80%, les déçus du « oui » et quelques fauteurs de troubles d’opportunité passent à l’action de manière localisée, dans la banlieue de Nouméa et du Mont- Dore. Dans le chef-lieu, des incendies de poubelles, de pneus, ainsi que celui d’un commerce mobilisent les forces de police, renforcées par des gendarmes mobiles. Les principaux troubles à l’ordre public se concentrent aux abords de Païta, où des feux sont allumés sur la RT1, près de l’échangeur, un engin de chantier est incendié, des inscriptions indépendantistes sont taguées. Les heurts et blocages sont résolus dans les deux heures qui suivent. L’agitation monte également du côté de la tribu de Saint-Louis, où des individus se préparent à entraver la circulation sur la RP1. Les automobilistes empruntant cet axe font systématiquement l’objet de jets de pierres et de projectiles. Pour la sécurité des usagers, la circulation est alors interrompue. Quelque 150 gendarmes mobiles sont engagés sur cette zone avec onze véhicules blindés. Toute la nuit, et le lendemain jusqu’en début d’après-midi, les militaires s’attachent à empêcher la mise en place d’un barrage, dégageant les obstacles au fur et à mesure. Les VBRG de la gendarmerie sont la cible de multiples
Quelque 250 délégués venus de métropole, des magistrats, des fonctionnaires des préfectures ou encore des universitaires, sont déployés dans chaque bureau de vote, de même qu’une quinzaine d’observateurs de l’ONU. La gendarmerie assure leur sécurité durant leur séjour, certains étant même escortés à l’issue du scrutin, sur terre comme en mer. Le soir venu, les principaux troubles à l’ordre public se concentrent en banlieue de Nouméa et aux abords de Païta, où quelque 150 gendarmes mobiles sont engagés avec onze véhicules blindés. 27



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