Gend'info n°406 oct/nov 2018
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Plusieurs individus, considérés comme dangereux et visés par des enquêtes judiciaires, sont ainsi interpellés à Saint-Louis, en périphérie de Nouméa, lieu identifié comme très sensible, avant d’être incarcérés. Des procurations par centaines En amont du référendum, l’établissement des procurations représente une part importante de l’activité des gendarmes territoriaux. À l’accueil des brigades, les plantons se consacrent presque entièrement à cette mission. Au sein des tribus et des établissements de santé, les patrouilles se rendent au contact des électeurs dans l’incapacité de se déplacer pour voter. Au regard de l’importance de ce vote pour l’avenir de leur île, nombreux sont ceux à accomplir cette démarche, spécifiquement encadrée par un décret publié le 25 avril dernier. Au total, ce sont près de 2 400 procurations qui sont établies en zone gendarmerie. Prise en compte des particularités locales Traditionnellement adeptes de la chasse, ouverte toute l’année sur l’île, la grande majorité des Calédoniens est, de fait, armée. Ils transportent donc régulièrement des armes de grande chasse. Nombreux sont également les habitants qui possèdent dans leur véhicule un couteau ou une machette. Dans le cadre du référendum, des arrêtés sont publiés afin d’interdire tout transport d’armes, du samedi 3 novembre après-midi au lundi 5 novembre matin, ainsi que la vente d’alcool et sa consommation sur la voie publique. Une réquisition du procureur de la République permet aux gendarmes de procéder à l’inspection des véhicules pour s’assurer de leur application. Vote sous observation Au regard du caractère historique de ce vote, de sa sensibilité certaine, la commission de contrôle du référendum, chargée de veiller à la régularité et à la sincérité du scrutin, est présente sur l’île. Quelque 250 délégués venus de métropole, des magistrats, des fonctionnaires des préfectures ou encore des universitaires, seront déployés dans chaque bureau de vote le 4 novembre, de même qu’une quinzaine d’observateurs de l’ONU, pour observer le déroulement 24 du scrutin et régler d’éventuels problèmes d’inscription sur la liste électorale spéciale. La gendarmerie est chargée d’assurer leur sécurité durant leur séjour en brousse. La veille du vote, les gendarmes prennent d’ailleurs contact avec les observateurs et les délégués disséminés dans tous les hôtels et gîtes du territoire, pour s’assurer de leur bonne arrivée, échanger les contacts et se mettre à leur disposition en cas de difficultés liées à la sécurité. Certains seront d’ailleurs escortés à l’issue du scrutin par la gendarmerie vers leur hôtel. Tensions autour du site minier de Kouaoua À quelques heures du vote, quelques tensions commencent à poindre. À Kouaoua, un groupe de jeunes kanaks, en rupture avec les anciens des tribus, bloque l’accès au site d’exploitation minière (nickel). Au cours des derniers mois, ce centre a par ailleurs été victime de plusieurs incendies d’origine criminelle touchant son convoyeur Serpentine, le plus long au monde (11 km), bouleversant les expéditions et le cycle de production. Cette action de blocage, distincte des troubles pouvant entraver le déroulement du vote, est toutefois susceptible d’envenimer le climat général. Le dialogue établi pendant plusieurs jours avec les jeunes manifestants permet de débloquer la situation et de libérer l’accès de la mine. Toutefois, ces derniers ne quittent pas les lieux, générant un climat de crainte parmi les employés, qui refusent de rejoindre la mine. Aussi, dans un souci d’apaisement, l’évacuation du site est reportée à une date postérieure au référendum. Sécuriser les mairies Un des premiers objectifs pour les forces de l’ordre est de garantir l’ouverture, le jour J, des 277 bureaux de vote répartis sur l’île, dont 215 en zone gendarmerie. À ce titre, la gendarmerie doit notamment veiller à l’intégrité des mairies, c’està-dire veiller à ce qu’elles ne soient ni dégradées, ni visitées avant l’ouverture du scrutin, ce qui pourrait impacter l’ouverture de plusieurs bureaux de vote, puisque toutes les urnes doivent être stockées en mairie jusqu’au dernier moment. Mais hormis quelques tags et dégradations Les douze personnes qui arment la salle de crise du PCO ont pour mission de recueillir et de synthétiser les renseignements, d’établir la cartographie, de rentrer en liaison téléphonique ou radio avec les patrouilles sur le terrain, les échelons subordonnés, ou le P.C. de crise de l’état-major de zone. Le jour J, dès 6 heures du matin, des patrouilles effectuent la reconnaissance des principaux axes de circulation pour en vérifier la viabilité. Des points de contrôle fixe permettent également de vérifier le respect de l’arrêté interdisant le transport d’armes à feu.



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