Gend'info n°406 oct/nov 2018
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DOSSIER « Le Haut-Commissariat, au nom de l’État français, était le garant de la sincérité et du bon déroulement du référendum. Il revenait à la gendarmerie de veiller à ce qu’aucun trouble à l’ordre public ne vienne perturber le scrutin, que tous les Calédoniens aient accès aux bureaux de vote, et qu’à l’annonce des résultats, il n’y ait pas ou peu de débordements, présente le général Christophe Marietti, commandant de la gendarmerie pour la Nouvelle-Calédonie. Aussi, nous avons fait le choix en planification de renforcer le contrôle du territoire trois semaines avant le scrutin, pour faire en sorte qu’aucun conflit ne s’aggrave et ne se propage. » Et le général de revenir plus en détail sur cette préparation  : « Trois escadrons de gendarmerie mobile et seize officiers de police judiciaire sont arrivés préalablement en renfort, précédés de plusieurs mois par des personnels dédiés au soutien, chargés de préparer leur accueil, leur armement, leurs véhicules et leurs moyens de communication. Parallèlement, nous avons consolidé la résilience du COMGEND, en renforçant la sécurité des casernes, en améliorant les équipements de protection individuels et collectifs, en mettant à niveau les réseaux de communication et la géolocalisation de tous les véhicules. 22 Référendum en Nouvelle-Calédonie UN SCRUTIN DANS LE CALME Les différentes étapes du référendum, organisées dimanche 4 novembre, se sont déroulées sans incident sur l’ensemble du territoire, malgré quelques heurts localisés dans la banlieue de Nouméa et du Mont-Dore, après la fermeture des bureaux. Les forces de l’ordre sont restées mobilisées le lendemain, lundi 5 novembre, pour sécuriser la visite du Premier ministre, Édouard Philippe, et de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin. Enfin, nous nous sommes dotés d’un outil de commandement et de gestion de crise, en créant, grâce à l’appui des personnels du CPGC, une salle de crise dès avril 2017. » Recherche du renseignement, une mission clé À J-7 du scrutin, la gendarmerie de Nouvelle-Calédonie et le service de renseignement territorial intensifient et affinent la recherche du renseignement. Côté gendarmerie, cette mission, déterminante pour adapter la manœuvre opérationnelle, est principalement conduite par les unités territoriales, qui s’attachent à identifier les points délicats à prendre en compte pour que le scrutin se déroule dans de bonnes conditions et en toute sérénité. Ainsi, les jours qui précèdent le référendum, les gendarmes territoriaux ont pour objectif d’identifier les communes et les tribus où des actions pourraient perturber le vote, de connaître l’état d’esprit des leaders loyalistes et des Kanaks locaux, ainsi que les actions qu’ils sont susceptibles de monter, et enfin, de surveiller les itinéraires et les points de blocage éventuels. L’action des gendarmes départementaux est renforcée par celle des gendarmes mobiles, qu’ils soient détachés en brigade ou employés en mission de contrôle de zone dans le cadre des Détachements de surveillance et d’intervention (DSI). À l’approche du jour J, les renseignements recueillis permettent ainsi au COMGEND de répartir efficacement les forces sur le terrain, en adéquation avec l’état de la menace. Pilotage depuis le PCO Le Poste de commandement opérationnel (PCO) est un outil permettant à la fois de piloter la manœuvre et d’assurer la gestion et le suivi de crise. À cet effet, il effectue le recueil et la synthèse du renseignement par différentes voies (base de données de sécurité publique, radio, téléphone, images en direct depuis l’hélicoptère), afin de prendre les bonnes décisions et de renseigner de manière la plus complète possible les autorités (Haut-Commissariat, direction générale de la gendarmerie, cabinet du ministère de l’Intérieur, état-major des Forces armées de Nouvelle-Calédonie/FANC). Le PCO est mis en œuvre dès la veille du scrutin à 18 heures, et ce jusqu’à minuit, pour suivre les patrouilles de nuit, puis réactivé le jour J, dès 5 h 30 du matin, pour avoir un point précis sur l’accessibilité des axes. Douze personnes arment la salle de crise pour recueillir et synthétiser les renseignements, établir la cartographie, rentrer en liaison téléphonique ou radio avec les patrouilles sur le terrain, les échelons subordonnés, ou le P.C. de crise de l’état-major de zone. Sont également présents un représentant du groupement tactique gendarmerie, du soutien logistique, de l’intervention spécialisée et un officier de liaison des FANC. Des relèves sont assurées par un binôme en tant que de besoin pour garantir une capacité H.24. Accélération des enquêtes judiciaires Au cours des semaines qui précèdent le scrutin, les unités de recherches de Nouvelle-Calédonie, renforcées par des enquêteurs projetés depuis la métropole, mènent plusieurs opérations judiciaires visant à interpeller des individus ayant commis des violences, des vols, et étant susceptibles de constituer un noyau dur lors d’actions violentes avant, pendant ou après le référendum.
Quelque 2 400 procurations ont été établies en zone gendarmerie en amont de ce référendum, que ce soit en brigade, ou dans les tribus, au contact des habitants dans l’incapacité de se déplacer. 23



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