Francs-Jeux n°647/648 1er jui 1974
Francs-Jeux n°647/648 1er jui 1974
  • Prix facial : 3 F

  • Parution : n°647/648 de 1er jui 1974

  • Périodicité : bimensuel

  • Editeur : Francs-Jeux

  • Format : (186 x 274) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 49,6 Mo

  • Dans ce numéro : spécial vacances... découvre la mer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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POUR VOUS, FURET EST PARTI J'aime beaucoup me trouver au bord de la mer, au bord de cette grande rue verte et bleue sillonnée par des centaines de milliers de bateaux de toutes tailles fendant l'eau de leur étrave. Bouh ! que je suis romantique ! Telle est ma pensée mais aujourd'hui, la rue bleue est loin, loin au bout du sable, et moi, comme une mouette myope, f arpente le quai du port de Courseulles dans le Calvados à la recherche de la plus petite goutte d'eau de mer. Des bateaux, il y en a, bien sûr, mais leur quille est posée sur la vase encombrée de bidons de lessive, de vieilles chaussures et autres sous-marins pollueurs. Pourtant, quelqu'un vient à mon secours  : — Alors, Furet, on attend la marée ? — Oui, m'sieur. L'homme qui m'interpelle est habillé en bleu et il a une casquette de marin sur ses cheveux blancs. — C'est-y que tu voudrais embarquer, moussaillon ? — Oh non, fais-je en éclatant de rire• je n'aime pas le poisson ! Le marin se met à rire aussi et nous voici partis à longer le quai. — Je suis un vieux marin, Furet, explique mon nouvel ami. Jadis, il y a plus de quarante ans, tous les bateaux de pêche de Courseulles fonctionnaient à la voile. De belles voiles bien brunes rapiécées et trouées. Je l'interromps  : — Et s'il n'y avait pas de vent ? — Pas de vent, pas de poissons, répond le marin. D'ailleurs, les pêcheurs de l'époque avait au moins trois métiers. pêcheurs, jardiniers, ouvriers. menuisiers ! Toute la pêche se rapportait à la ligne car le vent n'était pas assez fort pour pousser un bateau et son chalut. — Il n'y avait pas du tout de filets ? — Si, Furet, répond mon ami, mais il s'agissait à l'époque de filets tendus en pleine mer, soutenus par les boules de verre bien connues et qu'on venait relever à la marée suivante... s'il y avait du vent pour gonfler la voile ! Au-dessous de nous, un petit chalutier s'appuie au quai. Il a l'air très malheureux. — Hé, Furet, fait mon vieux pêcheur. voilà le bateau-type de la pêche moderne telle qu'on la pratique dans la région. — Il y a tout juste la place pour une douzaine de crevettes là-dessus ! — Détrompe-toi, Furet, ce bateau ne mesure que six mètres de long mais il jauge six tonneaux
— Ah, on ne calcule pas en mètre cube ? — Non Furet, on continue à calculer comme au beau temps de la voile. Un tonneau égale près de 3 m3 (2,83 m3 exactement). On appelle ce type de bateau un canot de pêche. Il est équipé d'un moteur de quinze chevaux environ qui lui permet de naviguer à la vitesse de sept noeuds, c'est-à-dire à la vitesse d'une bicyclette... Tonneaux, chevaux, noeuds. le m'embrouille un peu dans tout ça. Si la secrétaire était avec moi, elle dirait qu'il faut un peu d'ordre dans ce bateau  : partout des cordes, des filets, des bouées, des bassines, des caisses à poisson, des treuils, des chaînes... — Reste-t-il encore de la place pour l'équipage ? — Bien sûr, répond le marin ! D'ailleurs, l'équipage d'un canot de pêche ne se compose que du patron et de son matelot. On peut être matelot à dix-huit ans et patron deux ans plus tard. — Oui, mais il faut un bateau ? — C'est le gros problème, explique mon marin. Un bateau coûte très cher, aussi cher que plusieurs voitures neuves ou qu'un gros camion. En général, un patron commence par un petit bateau très vieux qu'il change ensuite pour un plus grand et moins vieux. le jette un coup d'oeil à la coque très épaisse et fraîchement repeinte. — Un bateau vit le temps d'une carrière de pêcheur, précise mon ami, une trentaine d'années environ. Mais chaque année, le canot est désarmé, on le place à l'abri de l'eau et on le repeint, on vérifie tout son matériel avant de lui redonner l'autorisation de naviguer. C'est que la mer est une chose sérieuse, même à sept kilomètres des côtes. — Ces bateaux sont de vrais pédalos ! — Détrompe-toi Furet, regarde ces deux cuvettes l'une sur l'autre au niveau de la cabine... — Un pluviomètre, peut-être ? — Non, Furet, il s'agit d'un radar miniature. — Un radar. — Oui, les canots de pêche possèdent un radar. Ainsi ils risquent moins par temps de brume d'entrer en collision avec des collègues ou de manquer le port pour aller s'échouer sur des hautsfonds. L'Hirondelle.. est un petit chalutier côtier. Il ne passe jamais plus de neuf heures en mer, c'est-à-dire l'intervalle entre deux hautes mers. Au-dessus de la cabine, le mini-radar protégé par son dôme de plastique. Le poste de pilotage est bien abrité et tous les accessoires pour la pêche sont prêts A maree basse. Un mécanicien a demonte l'hélice de ce minichalutier. Le patron et son matelot, eux, viennent de passer une couche de goudron sur le bas de la coque. Il y a toujours du travail sur un bateau. Les boules suspendues à la mâture portent le nom du bateau et son port d'attache. Elles servent à repérer les casiers à homards placés par les pêcheurs.



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